PRÉFACE XV
qu'il s'abstiendra de faire enlrer en ligne la Hévélalion, rEcritiire elle-même en proclamant Toblitéralion'. Plus afïirmatif encore, M. Bros, considère comme désormais écartée l'explication des relii>ions sauvages par un recours à la survivance d'une Hévélalion primordiale, « étant donnée l'invraisemblable fidélité de mémoire qu'il faudrait attribuer à ces races décbues. » — « L'bumanité sous ses différentes formes, ajoute-t-il excellemment, est semblable à elle-même; elle est sollicitée par les mêmes aspirations ; elle a les mêmes besoins. Est-il étonnant qu'elle soit sujette aux mêmes misères et que son imagination enfante, sous l'impulsion du même désir de savoir et d'être protégée, les mêmes rudimentaires conceptions; qu'elle soit victime des mêmes enfantines associations d'idées^? »
Rien ne s'oppose dès lors à ce que, de part et d'autre^ on n'adopte une définition purement objective de la religion, dans le genre de celle que j'ai préconisée depuis longtemps : (( la façon dont l'homme réalise — spéculativement et pratiquement, — ses rapports avec la puissance surhumaine et mystérieuse dont il croit dépendre. » — Un autre point d'entente, au sujet duquel M. Bros est très explicite dans le passage que je viens de citer, c'est que, à la source du sentiment rehgieux, considéré comme un produit naturel de l'esprit humain, réside une illusion, mais une illusion qui renferme un élément de vérité, a soûl of Iriiih, ainsi que l'écrit à ce propos Herbert Spencer. Pour le grand philosophe évolutioniste, cette « âme de vérité, » c est Tidenlilé entre la force que l'homme perçoit en lui-même et la force dont il perçoit les effets à travers la nature; identité qui se
\. p. Lagrange. Religions sémiliques. Paris, 1903, p. \.
2. A. Bros. Religion des penples non civilisés. Bibliothèque de vulgarisation. Paris, 1908, p. 8.