LES MYSTÈRES DE MITHRA DANS L'EMPIRE ROMAIN
De tous les dieux encore vivants, Mithra est sans doute le plus vieux, puisqu'il était déjà vénéré avant la séparation des Hindous et des Perses. C'est aussi la divinité qui a possédé, dans le passé, le domaine le plus étendu, puisque, il y a quinze ou seize siècles, il était adoré des bouches du Gange à la Grande- Bretagne et à la Mauritanie. Il nous intéresse à la fois comme Tunique représentant du panthéon indo-éranien qui se soit introduit en Europe sous son nom originaire et comme le porte-drapeau de la dernière campagne dirigée par le paganisme classique contre le christianisme naissant.
Sa fortune, dans le monde occidental, a été aussi rapide et aussi éclatante que son déclin. Au i*"'" siècle de notre ère, il était à peu près inconnu de la société gréco-romaine. Au ni^, telle était sa puissance que — pour répéter une expression souvent citée d'Ernest Renan — « si le christianisme eût été arrêté dans sa croissance par quelque maladie mortelle, le monde eût été mithriastc. » Au v*", son nom même disparaît, et, s'il reste quelques vestiges de son passage, c'est dans le manichéisme qu'il faut les chercher, parmi les obscurs sectaires qui, jusqu'en plein moyen âge, rêvèrent de concilier Zoroastre avec le Christ.
Les traités grecs, latins et syriaques qui décrivaient les mystères de Mithra ne leur ont guère survécu. Pendant longtemps.
1. Extrait de la Revue de l i'niverailt' de Bruxelles, l. ^^ juin r.HMi.