Revue de l'Histoire des Reliffions. t. XLIX
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\o\v\ M. John Hoherlson (jui pcnso découvrir dans .Ii'siis le héros d'un mf/sfcrc jiiit, où Ton leprésentait le (ils d un dieu sacrilié par son père pour le salut des lionuiies et où les assistants nianj^eaient la victime pour s'assimiler sa substance ; ce ([ui permet d'identifier à la passion du Christ les aventures des dieux païens mourant pour renaître : Osiris, Tammouz, Adonis, Attis, Dionysos. Héraclès, sans conn)terles « millions » de victimes humaines (jui ont été partout sacrifiées pour assurer par un processus ma<^i(jue le salut des survivants.
Il m est impossible ici de suivre l'auteur dans les 480 pages de l'argumentation serrée (|U il consacre à la défense de ses vues, en y comprenant une dissertation sur le culte de Mithra et une digression sm* les îinciennes religions du Mexicpie et du Pérou. (Juand il soutient, à l'instar de M. Frazer, (jue les biographies du Christ, particulièrement les récits de sa naissance, de sa passion et de sa résurrection, ont englobé de nombreux détails légendaires, fournis soit par des mythes, soit par des rites préexist;mts. je serais assez tenté de lui donner raison, lors même (jue je ne me trouverais pas toujours d'accord avec lui sur la nature et l'origine des emprunts. Bien plus, s'il s'était borné à soutenir c|ue le récit de la Passion, tel qu'il se rencontre chez Matthieu et dans les Actes de Pilale, olfre le caractère d'une représentation dramatique transformée en narration, il y aurait lieu de prendre en sérieuse considération cette thèse qu'il présente avec autant d'originalité que de force cl qui constitue peut-être les meilleures pages de son livre. Mais il m'est imj)ossible de ne pas lui fausser compagnie, malgré toute son érudition de bon aloi, quand il soutient que cette représentation — si représentation il y a — n'a aucun fondement historique, à moins de se rapporter vaguement à l'exécution d'un certain Jésus ben Pendira, mis à mort pour sédition, selon le Talmud, quelque cent ans avant notre ère^
I. M. Robinsoii a depuis repris cette thèse clans un jrros volume, rempli d'aperçus originaux, cpii mériterait une étude approfondie ; Chrislianity iind Miftholoni/ (Londres, ^^'alls et Co, I910|. — La lecture en renforce cette imprcs- >ion qu il y a lieu d'attribuer," dans la formation des mythes, une grande part au parallélisme des procédés de Tesprit humain et qu'il se rencontre dans les 10\angiles beaucoup de mythologie; mais je u'cii relire point la conviction qu'il faille renoncer à tenir oour léels les principaux faits de la vie et de la carrière de Jésus, lois que le travail de l'exégèse contemporaine ma permis d'en lenler le résumé dans le syllabus reproduit plus loin.