CHRISTS PAÏENS
Tout au moins devons-nous reg-arder comme acquis que le christianisme a eu un fondateur; que ce fondateur s'est nommé Jésus; qu'il enseignait 1 éthi(jue du Sermon sur la montagne ; qu'il a été crucifié sous Ponce Pilate ; enfin que ses disciples immédiats ont cru à sa résurrection et à son retour prochain en qu.ilité de Messie. Nous avons à cet efïet, même en laissant de côté les Evangiles, le témoignage incontestable de Paul qui s'est trouvé personnellement en rapport avec les disciples directs de Jésus, notamment Pierre, Jac({ues, etc. Je sais bien qu On a toujours la ressource de contester l'authenticité des Epîtres pauliniennes, malgré toutes les apparences contraires ; mais M. Robertson les invoque comme « ostensiblement les premiers témoins, » quand il veut établir que, pendant les premières décades du christianisme apostolique, on avait sur la vie, la mort et même la doctrine de Jésus, des idées sensiblement différentes des indications fournies par les évangélistes. Si la passion de Jésus avait été un mythe, les juifs du temps qui se trouvaient partout aux prises avec Paul n'eussent pas manqué d'opposer à sa thèse de la Résurrection que rien de pareil à la vie et à la mort de Jésus ne s'était passé à Jérusalem.
L'auteur reproche à l'exégèse contemporaine de tenir pour vraisemblables les traditions dont l'invraisemblance ne peut être démontrée, (^ue fait-il donc lui-même, quand, de ce que « il n'y a pas une conception associée avec le Christ qui ne lui soit commune avec un ou tous les Sauveurs des cultes antiques, » il conclut que Jésus est un personnage aussi mythique ({ue ces « Christs païens? » Voici un échantillon de sa méthode : voulant montrer comment l'épisode de la couronne d'épines contribue à faire de Jésus un succédané des victimes royales ou célestes offertes en sacrifice, il écrit : «^ La couronne d'épines peut être conçue comme remplaçant le nimbe du Dieu soleil, ou la couronne placée sur la tête des victimes sacriticatoires en général, ou la couronne portée spécialement par les victimes humaines dans les cortèges du sacrifice, conformément au récit d'Hérodote sur Héraclès en Egypte, ou la véritable couronne d'épines affectée à des usages religieux dans le district d'Abydos, ou quelque autre pratique rituelle, comme celle qu'on a songé à explirpier par le mythe de la couronne dérisoire d'Héraclès. » — Ici l'auteur ajoute, il est vrai,
avec infiniment d'à-propos, cette réflexion qui peut servir de résumé et de conclusion à toute ma criticiue : Xo limil can bc set to fhr possibiliti/ of such analof/ies from pagan religions j)racticc.