‹ Croyances, rites, institutionsChapitre 82 sur 132 · LK LIBRE EXAMEN CHEZ LES GRECS · texte numérisé non relu

LK LIBRE EXAMEN CHEZ LES GRECS

les dieux du présent et du passé, de la Grèce et de l'étranger; il y ajoute même les démons du néo-platonisme, bons et mauvais, qui sont des êtres intermédiaires entre Thcjmme et la Divinité suprême. Cette tliéosophie mystique ne l'empêche pas d'avoir écrit contre la superstition (oî'.o-oai.jjLov'.a) un traité que, quatorze siècles plus tard, le naïf Amyot déclarera « dangereux « à lire, parce qu il contient une doctrine fausse, car il est cer- « tain que la superstition est moins mauvaise et approche plus « près du milieu de la vraie religion que le firent l'impiété et « l'athéisme. — Plutarque y définit la superstition comme « un « jugement faux accompagné de passion, » et il donne du superstitieux un portrait ({ui s'appliquerait encore aujourd'hui à maints dévots :

« Leur arrive-t-il malheur ; ils ne s'en prennent ni aux autres ((. hommes, ni aux circonstances, ni au hasard, ni à eux-mêmes ; « ils croient que ce qu ils souffrent ils l'ont mérité et qu'ils suce bissent une expiation infligée de main divine. » L'imagination du superstitieux prolonge même ses terreurs au delà du tombeau : « Devant lui s'ouvrent les gorges profondes de l'enfer, « se déploient des fleuves qui roulent à la fois des flammes et « des pleurs, s'épaississent des ténèbres qu'il peuple de mil- « liers de fantômes. » Dans son traité sur Isis et Osiris, le même sage n'hésite pas à proclamer cjue le premier devoir de l'homme est la recherche du vrai, même et surtout quand il s agit des choses divines. A cet elTet, l'homme doit « tout (( rapporter à la raison » (t-l tov kô-^o^/ àvo'.^Tiov aTzavTa] \ « Ce « n'est pas la rol^e de lin, ajoute-t-il, ni lusage de se raser, « qui font le prêtre d'Isis. Le véritable Isiaquc est celui ([ui, ayant « reçu de la tradition les pratiques du culte des divinités, y « applique les recherches de sa raison et s'étudie philosophic[ue- « ment à en pénétrer la vérité! » — On voit qu'aujourd'hui Plutarque donnerait raison à l'abbé Loisy contre le Pape.

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