COLORATION
Sur les individus vivants, la couleur est rougeàtre pâle, avec des aires plus foncées, en forme de bandes transversales sur les
pattes, etréparties en taches plus ou moins étendues sur le céphalothorax.
TRIBU DES DORIPPÆ, ORTMANN.
ETHUSA, Roux.
Ethusa mascarone, HEnpsr.
1782. Cancer mascarone, Herbst, Arabben and Krebse, LT, p. 491, pl. IT, fig: 69, 17. 1782. Dorippe mascarone, Rœmer, Genera Insect., pl XXXIE, fig. 1.
1828. £thusa mascarone, Roux, Crust. de la Méditerranée, pl. XI.
1865. Ætlusa mascarone, Heller, Crust, südl. Europa (ubi syn.) p. 142.
SECTION DES OXYSTOMES. 23
Cette espèce est munie d’une pleurobranchie à la base des pattes 2 et 3 d’une paire d’arthrobranchies à la base des pattes antérieures et des pattes-mâchoires postérieures, et d’une branchie plus petite, qui parait
être une podobranchie, à la base des pattes-machoires de la 2° paire.
Hamrar. — Travailleur, 1881 : juillet, Nice.
Deux exemplaires femelles d'assez grande taille.
Talisman, 1883 : 28 juin, n° 56, 38 mètres; Lanzarolle : lat. N. 28°49, long. O. 1613. Sable et roches. |
Un exemplaire femelle un peu plus étroit que les précédents, et présentant quelques soies sur le front.
Talisman : juillet, ilot Branco, 60 mètres.
Une femelle ovigère.
ArrinitTÉs. — Cette espèce est extrèmement voisine de l’Æ, anericana, qui s'en distingue toutefois par sa largeur plus faible, par ses épines frontales externes qui sont divergentes, par la faible largeur, lallongement et la direction antéro-externe de l’épine antéro-latérale de la carapace, par les poils rares, mais allongés, de ses fouets antennaires, par les doigts très peu écartés de ses pinces, par l’absence presque complète de stries longitudinales sur le propodite des grandes pattes, enfin par la forme de la carapace qui est moins large et beaucoup plus rétrécie antérieurement. Quand on connaîtra un plus grand nombre d'individus de ces deux espèces, peut-être sera-t-il possible de les réunir en une seule au moyen de formes intermédiaires. Les spécimens de Gorée, qu'a décrits Miers, paraissent précisément différer beaucoup moins de l'E. americana que ceux de la Méditerranée; mais l’exemplaire trouvé par le « Talisman » à l’ilot Branco est tout à fait typique, et ne se rapproche de l'espèce américaine que par sa pelite laille.
Mlle Rathbun considère lÆ, americana comme une simple variété de l'E. mascarone (1).
Disrriguriox. — Cette espèce est surtout répandue dans la mer Méditerranée où elle a été signalée par de nombreux naturalistes ; mais elle se trouve aussi dans l'Atlantique, à Gorée et aux îles Canaries (Miers), de
A) M. J. Raraeux, Synopsis of the american species of Ethusa, with descriplion of « new species, — Proc. biol. Soc. Wash., vol. XI, p. 109, 1897.
même qu'au large de l’ilot Branco. Elle est sublitlorale et ne paraît pas descendre au-dessous de 90 mètres.
L'E. americana à été trouvée par le « Blake » au large de la Floride entre 15 et 30 brasses de profondeur.
CocoraTion. — Céphalothorax et abdomen de couleur grise légèrement teintée de rose sur le vivant; de nombreuses petites lignes brunes sur le céphalothorax, des bandes transversales d’un brun verdàtre sur l’abdomen. Partie frontale du test jaune ; pattes antérieures jaunâtres ; pattes ambulatoires rougeâtres avec quelques taches blanches ; œufs rouge-pourpre.
Ethusa rugulosa, Enw. et Bouv.
PI. X, fig. 1-4.
1897. £thusa rugulosa, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier. Bull. du Mus., {IT p.298. 1897. £thusa rugulosa, E.-L. Bouvier, Bull. de la Soc. philom. de Paris, sër. VII, t. IX, p. 65.
La carapace est presque aussi large que longue, ses bords latéraux sont légèrement arqués et la distance qui sépare les pointes des dents antérolatérales est plus grande que la moitié de sa plus grande largeur. Le sillon cervical s’atténue latéralement, mais devient très distinct vers la ligne médiane et délimite fort nettement en avant l'aire cardiaque ; le sillon branchial est également assez net, et l'aire cardiaque tout entière est parfaitement accusée sur son pourtour. Le test présente de fines granulations qui sont particulièrement marquées sur les aires cardiaque et branchiales ; il est recouvert d’une pubescence extrèmement courte qui retient les particules terreuses en suspension dans l’eau et qui présente çà et là quelques poils simples plus allongés ; les autres parties du corps présentent les mêmes ornements, mais les poils longs et les granulations sont plus rares sur les pattes. Le front est creusé d’un sinus médian aigu et assez profond; il est muni en outre de deux sinus arrondis et beaucoup moins échancrés, qui déterminent chacun deux dents frontales dont l’interne est plus saillante que l’externe. Les lobes antéro-latéraux s’avancent presque jusqu’au niveau de la dent externe et délimitent un sinus orbitaire profond et triangulaire ; ces lobes sont munis, comme les sinus latéraux du front, de poils assez allongés.
Les pédoncules oculaires sont très courts, mais font saillie néanmoins
SECTION DES OXYSTOMES. 25
au fond du sinus orbitaire ; Particle basilaire des pédoncules antennulaires n'est pas du tout renflé, et le fouet des antennes, qui est complètement dépourvu de poils, dépasse lextrémité des pinces.
L'orifice efférent de l’appareil respiratoire n’atteint pas tout à fait le point où l'épistome se joint au front; l'orifice afférent ne présente pas, en dehors, de tubercule saillant. La formule branchiale est semblable à celle de l’£. mascarone.
Les pattes antérieures sont assez grèles et semblables ; toutefois la droite est un peu plus grande que la gauche. La pince est légèrement plus forte que le carpe; ses doigts sont séparés à leur base, faiblement sillonnés, munis de quelques dents obtuses et un peu plus longs que la portion palmaire, Les pattes de la 5° paire sont plus longues que celles de la 2°; dans toutes deux, le propodite est plus court que le méropodite et muni en dehors de deux faibles sillons longitudinaux; les doigts sont beaucoup plus longs que le propodite, fortement cannelés, et s’élargissent légèrement au voisinage de la pointe. Les pattes des deux paires suivantes sont un peu plus pubescentes que les autres ; leurs propodites présentent des poils allongés sur la moitié antérieure de la face externe et leurs doigts sont complètement nus, sauf en arrière où ils présentent
une rangée de quelques poils raides.
Harrrar, — T'alisman, 1883 : 23 juillet, n° 103, 275-150 mètres; environs de la Praya. Bancs de corail rouge.
Deux spécimens mâles. Le plus grand de ces spécimens, qui nous à servi de Lype, présente les dimensions suivantes :
Longueur maximum, de la carapace. +... 5.0 7 millim. Largeur D de cc ue GG — Distance qui sépare les pointes des dents antéro-latérales. ni = — les deux dents frontales externes. .... 2,6 — Loncueurdes pattes antÉReULes, ce co 98 — — deSIDINCeS Te CESIPALES re. k — — TÉSUOI IS enter CC 2.1 — — de la 2° patte ambulatoire droites............. 185 — — du méropodite de cette patte................. 5 — ee AUIPROpOUIE rer eee 4,2 — — (6 STE OS ET 0 RD CO CC COOL D — — de la 3° patte ambulatoire droite............... 20,6 — — du méropodite de cette patte... Perte 5,5 —
F e , (TALISMAN. — Cruslacés.) 4
26 GRUSTACES.
Lonsueur du propodite..:...: M2 "" "mr rt ue 4,4 millim. — dés doigts res Re rer CEE Arenirés. — L'Æ. ruqulosa se range parmi les Ethuses dont les
pédoncules oculaires sont très courts et dont les dents antéro-latérales, très développées, arrivent sensiblement au même niveau que le front; à ce groupe appartiennent en outre l’Æ. microphthalma Smith, V£E. ciliatifrons Faxon, et lÆ. lata Rathbun. Elle diffère de la première par son front cilié, par sa carapace peu rétrécie en avant, par ses dents frontales externes plus courtes que les dents internes, par ses granulations plus nombreuses, par les doigts peu dentés de ses pinces et par ses dents antérolatérales qui ne dépassent pas le front. Elle diffère des deux autres espèces par sa carapace qui est plus longue que large, par ses dents frontales inégales, par ses pédoncules oculaires qui dépassent le fond du sinus orbitaire, enfin par ses pinces un peu plus fortes que le carpe et munies de doigts peu dentés. Elle se rapproche de l'£. ciratifrons et se distingue de lÆ, lala par les sillons dorsaux de sa carapace, qui sont très distincts, et par le développement de son sillon cervical qui limite très distinctement en avant l'aire cardiaque.
Ethusa rosacea, Epw. et Bouv.
PI. IT, fig. 5 (en couleur). — PI. X, fig. 5-8. 1897. Æthusa rosacea, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Bull. du Mus., Lt. HE, p.298. 1897. £thusa rosacea, E.-L. Bouvier, Bull. de la Soc. philom. de Paris, sèr. VIE, & IX,
La carapace est à peu près aussi large que longue, et légèrement renflée au niveau des régions branchiales; elle présente quelques poils courts sur les parties antérieures et latérales de la région gastrique, des granulations nombreuses et très apparentes sur les régions branchiales, d’autres granulations plus rares et moins saillantes vers la partie postérieure de la région gastrique etsur l'aire cardiaque. Cette dernière se trouve parfaitement délimitée par un sillon qui est, par endroits, assez profond; elle est un peu ouverte en avant, et ne présente aucune relation directe avec les sillons branchiaux et cervicaux, qui sont d’ailleurs à peine indiqués sur la face dorsale. La région gastrique est indistinete. Le front présente
un profond sinus médian ; les saillies rostrales qui limitent ce sinus
SECTION DES OXYSTOMES. 27 se terminent en pointe courte et se prolongent latéralement jusqu'à l’épine externe, qui est à peine indiquée. Le lobe antéro-latéral est, au contraire, fort saillant; il est triangulaire et se termine par une pointe aiguë, qui atteint sensiblement le mème niveau que la saillie rostrale; ce lobe et le bord frontal tout entier sont munis de poils allongés, dirigés en avant.
Les pédoncules oculaires sont courts, incurvés en avant, et s'avancent un peu dans le sinus orbitaire qui est limité en dehors par le lobe antérolatéral. La cornée est noire et terminale.
Les pattes antérieures sont inégales, la droite étant beaucoup plus longue et plus forte que la gauche. Le méropodite de ces appendices est gréle, assez long et arrondi ; le carpe est à peine plus fort et très rond; les pinces, surtout la droite, sont beaucoup plus grosses que le carpe, et s’élargissent en approchant des doigts qui sont incurvés vers le bas, un peu plus courts que la portion palmaire el ondulés sur leurs bords en contact; il y a un hiatus très évident entre les deux doigts de la main droite. Les pattes de cette paire sont lisses, mais présentent pourtant quelques granulations, notamment sur la face externe de la région palmaire. Les deux paires de pattes suivantes sont longues et assez grèles ; elles présentent des granulations nombreuses sur la partie antérieure des trois grands articles intermédiaires, ainsi que des poils extrèmement courts. Leurs doigts sont aplatis d'avant en arrière, légèrement tordus, et munis de trois saillies longitudinales séparées par des sillons, sur leur face antérieure ou externe; ils s’élargissent un peu en avant et se terminent assez rapidement en pointe aiguë. Ceux de la première paire paraissent plus courts que ceux de la seconde, mais ils sont, comme eux, sensiblement plus longs que le propodite. Ce dernier article est muni de deux légers sillons sur sa face postérieure ou externe. Les pattes des deux dernières paires n’atteignent pas tout à fait l'extrémité du méropodite des précédentes; elles sont munies de poils nombreux qui s’allongent beaucoup sur la face antérieure du carpe; leurs doigts sont très aigus et plus courts que le propodite.
Le premier segment abdominal du mäle est plus long et aussi large
que le second; le troisième est un peu plus large et se soude avec les
deux suivants en une pièce qui se rétrécit beaucoup en arrière; cette pièce ne présente presque plus trace de séparation des segments ; le plus antérieur, toutefois, s'accuse à droite et à gauche par une saillie arrondie, large et peu élevée, tandis que les deux segments suivants n'ont qu'une saillie médiane impaire. Le sixième article est un peu plus long que large, presque carré; il est aussi étroit que les deux articles précédents et un peu plus long que tous les deux réunis. Le telson est plus court et arrondi en arrière.
Hawrrar, Variations. — Talisman, 1883 : 12 juillet, n° 85, 930 mètres, au sud
des Canaries : lat. N. 22°52’, long. O. 19°43". Sable vasard vert. Un spécimen mâle dont les dimensions sont les suivantes :
Longueur de la carapace jusqu'au fond du sinus rostral.... 11 millim. — — VICOMPTISIeTOStTe CRE. ee 12 —
Largeur maximum de la carapace (régions branchiales)... 101,2 —
Longueur de la patte antérieure gauche.................. 161/2 — — = droite... Re teser 18 1/2 — — du méropodite dercette palte.=. "er" t| —- — du carpe PT Te D = — de la pince M Lens ent 9 — — dela 2°patte droite te nee rrenreriie 94 — — duspropoditerde CetteApatle RE Ce Core 71/2 — — des doigts I 91/2 — — dela spatle ATONE A Re Ce 361/2 — — dupropodite deicettempatle eee re cree 18 — — (0 OO EP tn 101/2 —
13 juillet, n° 87, 1 013-1113 mètres; au nord du banc d'Arguin: lat. N. 22°3, long. 0. 19°53". Sable vasard verdâtre.
Un spécimen de même taille que le précédent, mais plus granuleux et muni, sur le front, de poils encore plus allongés.
Arrnirés. — Cette espèce appartient au même groupe que l’£. rugulosa, mais elle se distingue de cette dernière, de même que des trois autres espèces voisines (Æ£. microphthalma Smith, Æ£. ciliatifrons Faxon, et £. lata Rathbun), par la forme de son front, dont les dents externes sont à peine indiquées, par la disparition complète de toute pubescence à la surface de son test, enfin par les doigts, élargis en palettes, de ses pattes ambulatoires. Elle n’est pas sans analogie avec PÆ£. ciliahifrons, mais sa carapace est beaucoup moins large, ses doigts préhensiles sont
à peine dentés, et sa pince droite est énormément plus développée que
SECTION DES OXYSTOMES. : 29 la gauche. Ce dernier caractère la rapproche à certains égards de PÆ: microphthalma, où au moins d’un des spécimens de cette espèce décrits par M. Smith (1), mais elle s’en distingue par son front cilié, de mème que par tous les autres caractères signalés plus haut.
CocorarTiox. — Les trois paires de pattes antérieures, les flanes et la partie frontale du test sont d’un rouge pàle; le reste du corps est gris avec une légère Leinte rose sur le vivant.
ETHUSINA, S.-I. Smith.
Ethusina abyssicola, S.-l. Smiru.
PI. I, fig. G (en couleur).
1884. Ethusina abyssicola, S.-1. Smith, Ann. Rep. Conun. Fish. and Fisheries for 1882. p. 349, pl. Il, fig. 1, la.
1897. £thusina abyssicola, E.-L. Bouvier, Bull. de la Soc. philom. de Paris, sr. VIT, t. IX, p.66:
1899. £thusina abyssicola, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésull. des camp. scient. de U «Hirondelle » (supplément) ef de la « Princesse-Alice », fase. XIHIT, p. 18. Nos spécimens ressemblent complètement à ceux qu'a décrits oufigurés S.-I. Smith. Nous ferons remarquer, toutefois, que les doigts de leurs grandes pattes ambulatoires sont manifestement tordus, que leurs saillies rostrales sont tantôt obtuses, tantôt acuminées, enfin que leurs épines susorbitaires ont une longueur extrèmement variable. L’aire cardiaque est toujours assez distincte et les dents latérales du 3° segment abdo-
minal sont peu saillantes.
La formule branchiale est celle qu'a indiquée M. Smith.
PATTES. PATTES-MACHOIRES
— a = D. — V IV II Il I II II I Pleurobranchies ....... (] 0 fl il 0 0 0 0 Arthrobranchies,...... 0 0 0 0 2 2 0 0 Épipod. et podobr. ..... (Q 0 ( 0 ] Ep Ep Ep
L'arthrobranchie antérieure des pattes-maächoires de la troisième paire est très réduite.
Hanrrar. — T'alisman, 1883 : 19 juillet, n° 102, 3655 mètres; iles du Cap-Vert : lat. N. 15°48', long. O. 22°43". Vase grise.
(4) S.-L Sir, Preliminary Report on the Brachyura and Anomura dredged in deep water off the
south coast of New Englund by the U. S. Fish Commission in 1880 and 1882. — Proceed. U. S. Nat. Mus., t. VI, 1883, p. 22.
Un exemplaire mäle sacculiné et, de ce fait, ayant un peu la forme élargie des femelles.
29 août, n° 131, 2995 mètres; Açores : lat. N. 38°38/, long. O. 27°26. Vase blanche molle.
24 août, n° 133, 3975 mètres; entre les Açores et la France: lat. N. 42°45", long. O0. 2337’. Vase blanche molle,
Douze exemplaires des deux sexes, dont une femelle sacculinée.
2% août, n° 134, 4060 mètres; lat. N. 42°19/, long. O. 23°37°. Mème fond.
Quatorze exemplaires des deux sexes.
Disrmmuriox. — Cette espèce a été d’abord draguée à l’est des États- Unis, entre 38°52-37° lat. N. et 73°68-69°23" long. O. (Greenwich), par des profondeurs variant entre 1497 brasses et 2221 (2750 à 4 050 mètres). Nous venons de voir qu'elle se retrouve dans l'Atlantique, entre les Acores et la côte française, par des profondeurs semblables (2995 à 4060 mètres). C’est donc une espèce tout à fait abyssale.
Si, comme il y a lieu de le croire, l’£. Challengeri Miers doit être considérée comme une simple variété de lÆ. abyssicolu, l'espèce sera répandue dans la plupart des mers, car le « Challenger » a capturé l'espèce de Miers dans les parages du Japon (par 1875 brasses) et l'« Albatros » entre les îles Galapagos et Acapulco (par 2232 brasses).
Cest, de tous les Crabes, le plus abyssal ; il paraît être localisé par des fonds compris entre 2 500 et 4500 mètres.
CoLorarION. — Céphalothorax bleuàtre sur le vivant, avec une légère teinte violacée; pattes et abdomen d’un blanc jaunâtre, avec les doigts de couleur rose.
Ethusina Talismani, Epw. et Bouv.
PI. IT, fig. 6 (en couleur). — PI. X, fig. 9 et 10. 1897, Lthusina Talismani, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Zull.du Mus., t. IT, p.300. 1897. Æthusina Talismani, E.-L. Bouvier, Bull. de la Soc. philom. de Paris, sér. VIH, t. IX, p. 66. :
1899, £thusina Talismani, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Résult. des camp. scient. de «Hirondelle » (supplément) e{ de la « Princesse-Alice », fase. XI, p. 19.
Celle espèce est très voisine de PF. abyssicola dont elle diffère par les caractères suivants :
A0 pores , se , Un . .
{° L'épine extra-orbitaire, au lieu d'être rudimentaire comme dans
SECTION DES OXYSTOMES. 31 l'E. abyssicola, est toujours remarquablement développée, surtout chez la femelle où elle arrive presque au niveau des autres saillies frontales ; = 2° Les pédoncules oculaires sont beaucoup plus réduits, mais leur surface cornéenne est plus grande; absolument invisibles du côté dorsal chez la femelle, ils se voient très légèrement chez le mâle au fond de l’échancrure orbitaire ;
3° La carapace est totalement couverte de fins granules contigus et serrés qui lui donnent un aspect chagriné et rugueux des plus caractéristiques. Dans l£. abyssicola, au contraire, la carapace est plutôt lisse, luisante, et n'a que de rares granulations. Ces dernières se retrouvent sur les pattes, où elles sont d’ailleurs plus sensibles au toucher qu'à la vue ; elles manquent absolument sur les appendices dans l'E, abyssicola ;
4° On ne voit pas trace de lobe mésogastrique dans notre espèce, tandis que sa partie postérieure arrondie est parfaitement distincte dans l'E. abyssicola;
5° Les doigts des pattes ambulatoires 3 et # sont à peine .plus larges que le propodite et profondément cannelés sur leur face externe aplatie ; ils ne s’élargissent pas vers le bout sur cette face et ne sont nullement tordus. Dans l’'£. abyssicola, s sont ordinairement beaucoup plus longs que le propodite, légèrement tordus et se dilatent un peu vers l'extrémité sur la face externe.
Le dimorphisme sexuel de notre espèce rappelle beaucoup celui de l'E. abyssicola : les femelles se distinguent des mâles par leur carapace plus large, par leurs pointes frontales plus courtes et plus obtuses, par le plus grand dévelodpement de lépine orbitaire externe, et souvent par leurs yeux un peu plus réduits.
Hamrar, Variations. — T'alisman, 1883 : 24 juin, n° 40, 2212 mètres; au lar du cap Ghir : lat. N. 30°3', long. O. 14°2". Vase grise, coquilles brisées.
Un exemplaire mäle représenté dans la planche X, figure 9.
24 juin, n° 41, 2115 mètres : lat. N. 30°1", long. O. 12°6". Môme fond.
Un exemplaire femelle représenté dans la planche IT, figure 6.
25 juin, n° 43, 2075 mètres; au lar Vase grise, coquilles brisées.
Un mäle un peu plus petit que le précédent.
op sc
ge du cap Ghir : lat. N. 29°52’, long. O. 14°4'
25 juin, n° 44, 2083 mètres: lat. N. 2952", long. O. 147". Même fond.
Un grand exemplaire mäle, à demi brisé.
16 août, n° 130, 2235 mètres ; Açores : lat. N. 37°55", long. O. 29°22". Vase grise molle.
Un exemplaire mâle.
L'espèce, comme on voit, paraît être localisée dans des fonds compris entre 2 000 et 2500 mètres.
Voici les dimensions comparées des deux premiers exemplaires :
eo) ?
Longueur maximum de la carapace........ ......... 7 millim. 10 millim. Largeur — = ee ete eee ne 6 — 9,5 — Distance des dents frontales externes (à la pointe). .... 3 -- 3,6 — — des dents extra-orbitaires (à la pointe)........ 42 — 5,3 — Longueur des pattes antérieures AR CE Il — 13 — Hrdespinces delCesIDALES te cer eEr cer 0 4 — 5,9 — — JestdoisiS ee ee ce CCE CCE 2,1 — 3,3 — — “de la 2°patte.ambulatoire droite..." """ 21,5 — UN — du propodite deceltempatte ee. 5,3 — 6,5 — du dois ere be CRTC CCE 5,8 — brisé à l’extr.
Arrinirés. — Outre ses affinités avec l£. abyssicola, cette espèce se rapproche aussi de l’Æ. gracilipes Miers, dont elle se distingue par ses pédoncules oculaires beaucoup moins longs, par ses dents extra-orbitaires à peine dirigées en dehors, par sa carapace moins large et par les doigts relativement plus courts de ses pattes ambulatoires. L’£. gracilipes fut trouvée aux Philippines, par le « Challenger », sur des fonds compris entre 700 et 1425 brasses. Notre espèce présente aussi des affinités assez étroites avec l'£. sruthiana Faxon, que l« Albatros » a recueillie au large de l'ile des Cocotiers par 170-800 brasses ; elle en diffère d’ailleurs par sa carapace plus rétrécie en avant, par sa dent frontale externe plus longue que la dent interne, par ses fortes granulations et par l'absence de poils.
CoLorarTion. — Le thorax et l’abdomen de cette espèce sont verdâtres
sur le vivant ; les pattes sont d’une teinte uniforme grise.
DORIPPE, Fabr.
Dorippe armata, Wuire.
1847. Dorippe armata, While, List Crust. Brit. Mus., p. 54 (sine deser.). 1881. Dorippe armata, E.-J. Micrs, Ann. and Mag. of Nat. Hist., sér. 5, vol. VIT, p. 269, pl. XV, fig. AetAa.
SECTION DES OXYSTOMES. 33
Hagrrar. — Talisman, 1883 : Saint-Vincent du Cap-Vert.
Trois petits exemplaires.
Ilot Branco, par 60 mètres.
Huit spécimens dont le plus petit, qui est une femelle déjà pourvue d'œufs, mesure 7 millimètres de longueur sur 10 de largeur, et le plus grand, qui est un mâle, 17 millimètres sur 23. Les œufs sont un peu plus gros que ceux de la D. lanata.
Cette espèce se fait remarquer par sa forte épine latérale, par sa gouttière respiratoire qui n’atteint pas tout à fait le bord frontal, par les stries longitudinales qui ornent les méropodites de ses grandes pattes, par les sept anneaux libres de son abdomen, enfin et surtout par son dimorphisme sexuel, dont les caractères sont la forme spéciale et l'énorme développement de la pince droite du mâle.
DisrrBuriox. — La D. armata a été signalée au Congo (White), à Gorée (Miers), à Benguela et à Praïa das Conchas (Osorio); elle se trouve aussi, comme on vient de le voir, aux îles du Cap-Vert et au large de Pilot Branco. C'est done une espèce des eaux tropicales de l'Atlantique oriental. Elle paraît être côtière ou subcôtière, mais descend parfois jusqu’à 60 mètres de profondeur.
Dorippe lanata, L.
1766. Cancer lanatus (1), Linné, Syst. nat. 12° édit., tt IE, p. 104%.
1802. Dorippe lanata, Bose, Hist. nat. des Crust., LT, p. 208.
1863. Dorippe lanata, Heller, Crust. südl. Europa, p.188, pl IV, fig. 9 (ubi syn.). 1783. Cancer facchino, Herbst, Arabben and Krebse, UT, pl. Il, fig. 68 (mâle).
Hamirar, Variarioxs. — Travailleur, 1881 : juillet, Nice.
Deux exemplaires, dont une femelle avec des œufs très petits et très nombreux; ces deux spécimens sont de grande taille et le céphalothorax de la femelle ne mesure pas moins de 26 millimètres de longueur sur 34 de largeur maximum. Les saillies de la carapace sont relativement peu élevées et les épines du bord antérieur du méropodite des deux grandes patles ambulatoires sont moins nombreuses et moins apparentes que dans le dessin du Règne animal de Cuvier (p. 138, pile le 9):
Talisman, 1883 : 6 juin, n° 2; 99 mètres; golfe de Cadix : lat. N. 36°53, long. O0. 10°52", Vase, coquilles.
Trois spécimens : deux femelles avec des œufs, et un mâle.
(1) C’est bien Cancer lanatus que Linné a appelé celte espèce, et non C. lunatus, comme cela se trouve dans Milne-Edwards, à la suite d'une faute d'impression qui a été religieusement conservée par la plupart des auteurs.
(TALISMAN. — Crustucés.) 5
Ces spécimens sont moins velus que les précédents, les diverses saillies de leur carapace et de leur abdomen sont plus apparentes et leur taille est d'ailleurs plus réduite. Les dimensions de la carapace du plus grand (une femelle) sont de 17 millimètres sur 22.
6 juin, n° 3, 106 mètres; lat. N. 3653", long. O. 40°52", Mèmes fonds.
Trois spécimens mâles et une femelle semblables aux précédents, de même taille, mais plus richement couverts de poils.
9 juin, n° 5, 60 mètres; lat. N. 36°26’, long. O. 8°47. Mèmes fonds.
Deux individus mâles un peu plus grands que les précédents. Dimensions du céphalothorax, 49 millimètres sur 2%.
Dans cette espèce, les différences sexuelles sont bien peu importantes ; c’est à peine si, chez le mâle, la région palmaire de la pince droite est un peu plus grande et plus renflée que la gauche.
Disrrigvriox. — Cette espèce est essentiellement méditerranéenne, mais peut s'étendre, comme on vient de le voir, à quelque distance au delà de Gibraltar, dans l'océan Atlantique. Elle habite toujours de faibles pro-
fondeurs.
SOUS-FAMILLE DES CYCLODORIPPINÆ, E.-L. Bouvier TRIBU DES CYMONOMLE, E.-L. Bouvier.
CYMONOMUS, A. M.-Epw.
Cymonomus granulatus, NonMax.