COLORATION
La couleur du corps et des appendices est, sur le vivant, le jaune-soufre à peine teinté de vert; elle est absolument uniforme.
DROMIA, Fabr.
Dromia vulgaris, H. Mizxe-Enwanps.
PI. IX, fig. 15.
1792. Cancer Dromia, Olivi, Zool. adrial., p. 45.
1S02. Dromia Rumplhii, Bose, ist. nat. des Crust., UT, p.229.
1837. Dromia vulgaris (1), H. Milne-Edwards, ist, nat. des Crust., LU, p.178, pl XXT, fig. 5-8.
1887. Dromia vulgaris. J. Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p.39 (ubi syn.).
1897. Dromia vulgaris, E.-L. Bouvier, Bull. Soc. philom. de Paris, sér.8, & VII, p.18, fig. 14.
1825. Dromia ægagrophila, Brébisson, Catal. des Crust. du Calvados, p.15.
1884. Dromia communis, Beltrémieux, Faune viv. de la Charente, p.32.
Hamrrar, Variations. — Talisman, 1883 : Sénégal, 80 mètres.
Un spécimen mâle dont la carapace mesure 22 millimètres de longueur. Dans ce spécimen, les poils paraissent moins serrés que dans les individus de nos côtes, ce qui tient à ce qu'ils ne sont pas agglutinés par des matières terreuses. Ils sont d'ailleurs faits de la même manière, c'est-à-dire aigus et munis, au voisinage de la pointe, de courts rameaux acuminés. Ces rameaux s'étendent, parsemés çà et là, jusqu'au voisinage de la base, dans le spécimen du « Talisman », tandis qu'ils sont localisés au voisinage du sommet dans les grands individus de Saint-Vaast que nous avons étudiés; mais il n'y a pas là matière suffisante pour l’établissement d’une espèce.
C’est la première fois, croyons-nous, que la D. vulgaris a été signalée sous des latitudes aussi rapprochées de l'équateur.
La Praya, 10-30 mètres.
Un spécimen mâle plus petit que le précédent et recouvert par une éponge.
Disrrisuriox. — Cette espèce se trouve répandue dans l'Atlantique oriental depuis le: sud de l'Angleterre jusqu'aux iles du Cap-Vert; (1) H. Milne-Édwards a réservé le nom de D. Rumphii à une espèce des Indes Orientales que
Fabricius (Suppl., p. 359) avait déjà décrite sous ce nom et que Rumphius appelait Cancer lanatus. (TALISMAN. — Crustacés.) 3
en Amérique, on la trouve dans la Floride et aux Antülles. Elle habite des profondeurs assez faibles et ne paraît pas descendre au-dessous
de 100 mètres.
Dromia nodosa, Edw. et Bouv.
PLUS fe) 12-14
1898. Dromia nodosa, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier. Bull. du Mus., t [V,
Cette espèce se fait remarquer par sa carapace fortement bombée, à sillons profonds séparant des régions très saillantes ; ses bords présentent trois dents rostrales dont la médiane est fort évidente, un denticule oblus sus-orbitaire, une grosse dent obtuse située en dehors de lorbite, et trois dents latérales subaiguës qui décroissent en dimension d'avant en arrière. Le sillon cervical passe entre les deux dernières dents latérales, et arrive sur les côtés de l’aire cardiaque qui est pentagonale ; en avant de la suture, on voit un autre sillon plus large, mais non moins net, qui va de l’angle antérieur de l'aire cardiaque à l’espace compris entre les deux premières dents latérales ; entre ce sillon et la suture cervicale se trouve comprise une région très distincte, qui correspond à l'aire branchiale antérieure et que subdivise en deux lobes saillants une dépression intermédiaire. Plus en avant, on observe un autre lobe plus saillant, qui occupe le bord postérieur de la région hépatique. L’aire gastrique n'est pas nettement séparée de cette dernière région et ses lobes sont moins distincts que les autres; elle est parcourue sur une grande partie de sa longueur, jusqu’au rostre, par un sillon souvent effacé, el présente en arrière deux paires de petits lobes assez nels; en avant, celle aire se termine par deux saillies trilobées. L'aire intestinale, qui occupe le bord postérieur de la carapace, est fort réduite, mais bien accentuée. Sur les flancs, dans la région ptérygostomienne, on voit un tubercule obtus assez éloigné du cadre buccal. La carapace es lisse dans toute son étendue, mais présente sur la plupart des régions saillantes un petit nombre de poils courts et dressés.
Les pédoncules oculaires sont dilatés à leur base et un peu rétrécis
en arrière de la cornée; le bord inférieur de la cavité qui les loge est arrondi et bien saillant. Les fouets antennaires, étendus latéralement, ne dépassent pas beaucoup les bords latéraux de la carapace.
Les mandibules sont complètement inermes; les pattes-mâchoires inférieures se font remarquer par la surface inférieure concave et presque lisse de leur méropodite.
La pince des pattes antérieures est couverte, même sur la base des doigts, d’une couche serrée de poils jaunes et assez courts ; son bord inférieur est infléchi vers le bas, ses doigts sont plus longs que le propodite, et séparés à leur base par un léger hiatus. Il y a, outre la pointe terminale, six dents sur le bord du doigt immobile, et cinq sur le bord du doigt mobile. On observe une large saillie sur le propodite à la base du doigt mobile, et une sorte de tubereule au point où il s'articule en dessus avec le carpe. Ce dernier article est beaucoup plus accidenté que le précédent ; il présente sur sa face externe, en arrière du propodite, deux gros tubercules, plus en arrière une légère saillie longitudinale, et au-dessous de celle-ci une nodosité lisse, étroitement échanerée en arrière. Le méropodite est muni, un peu en arrière de son bord antérieur, d'un sillon transversal ; comme Particle précédent, il présente beaucoup moins de poils que la pince.
Les deux paires de pattes suivantes n’atteignent pas la base du propodite des pattes antérieures ; elles sont couvertes de courts poils, et présentent un sillon longitudinal sur la face supérieure du carpe. Les doigts, y compris la griffe terminale, ont à peu près la même longueur que le propodite ; ils sont assez grèles et armés d’une rangée de cinq ou six soies raides sur leur bord inférieur.
Le pattes de la 5° paire sont plus courtes que celles de la 4°; elles se terminent comme elles par la fausse pince caractéristique des Dromies.
L'abdomen du mâle présente sur les tergites de tous ses anneaux, sauf sur le premier, un sillon transversal qui délimite deux saillies, lune antérieure et arrondie, l’autre postérieure et allongée en travers. Il y à
11: ps ne x À en n LS une saillie pilifère sur chacun des épimères des anneaux 5, # eo.
Haprrar, Variarions. — ZTalisman, 1883 : 29 juillet, n° 107, 75 mètres; iles
du Cap-Vert : canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine. Sable, coquilles. Cinq exemplaires mâles.
Le plus grand, qui nous a servi de type, présente les dimensions suivantes :
Longueur maximum de la carapace...................... 18 millim. Largeur de la carapace à l'extrémité de la 2° épine latérale... 21 — Longueur de la patte antérieure droite, au maximum d’ex-
ténSiONianusee coesercee ne eee cocon ect 2T — Longueur de la pince depuis son articulation supérieure.... 10,7 — Mongueur'destdoiets rer EC Ce 6,7 — Hauteurmaximumidetlafpince een Eee rer ee 5,7 — Longueur de la patte ambulatoire antérieure droite........ 419 — — duMpLopodite re Re ee ere 3,8 —
— AU AOIEE SM EN SE E EPECE R E 4 —
Le plus grand des quatre autres spécimens mâles a un céphalothorax de 8 millimètres de longueur; il est, comme les plus petits, déjà pourvu de ses pattes copulatrices.
ArriniTÉs. — Par les fortes saillies et par le faible revêtement pileux de sa carapace, de même que par les tubercules et les nodosités de ses pinces, cette espèce diffère de toutes les Dromies jusqu'ici connues et se rapproche beaucoup des Cryptodromia. Pourtant, son palais est encore complètement lisse, et c’est à peine s'il se relève un peu latéralement, à la place où se trouve le bourrelet saillant qu’on observe dans ce dernier genre.
SUBDIVISION DES BRACHYURES PROPR' DITS, BRACHYURA GENUINA, Boas
SECTION DES OXYSTOMES, Epw.
FAMILLE DES DORIPPIDÆ, Epw.
SOUS-FAMILLE DES DORIPPINÆ, E.-L. Bouvier.
TRIBU DES PALICÆ, E.-L. Bouvier.
PALICUS, Philippi.
Palicus Caroni ROUX.
PI. I, fig. 3 (en couleur) et fig. 4-5. — PI. X, fig. 11, et pl. X, fig. 1-4.
1828. Cymopolia Caronii, Roux, Crust. de la Méditerranée, pl. XXI, fig. 1-7.
1849. Cymopolia Caronii. Lucas, Anim. art. de l'Algérie, Crust., p. 25, pl UE fig. 1
1863. Cymopolia Caronti, Heller, Crust. süûdl. Europa, p. 140, Taf. IV, fig. 8 (ubi syn.).
1897. Palicus Caronii, E.-L. Bouvier, Bull. Soc. philom. de Paris, sèr. VUE, CIX, p.65.
1838. Palicus granulatus, Philippi, Zeit. Jahresb. Ver. [. Naturk. in Cassel, p. 11.
La formule branchiale de cette espèce est la suivante :
PATTES. PATTES-MACHOIRES
— D EE : — — vV IV II IL I Il I I Pleurobranchies ....... (O Ù il ! 0 0 0 0 Arthrobranchies....... 0 0 0 0 2 2 { réduite O Epipod. et podobr...... 0 0 0 0 ( Ep Ep Ep
Les trois épipodites sont très allongés, surtout ceux des pattes-mächoires antérieures et postérieures.
Les pinces, notamment celle du côté gauche, sont ornées en dessus
de saillies et de lobes aplatis; la saillie antérieure du méropodite des
pattes ambulatoires n’est bien développée que sur celles de la 1" paire: elle est très réduite dans les deux paires suivantes. La coloration des spécimens dans l'alcool est d’un brun rougeûtre; c’est à peine si, sur les pattes, on distingue les bandes transversales plus fortement colorées
que Roux a représentées.
Hanrrar. — Zravailleur, 1882: 9 août, n° 52, 100 mètres; Desertas: lat. N. 3230", long. O. 18°51’. Corail, rochers.
Deux exemplaires : une grande femelle avec des œufs ; un mâle.
Talisman, 1883 : 28 juin, n° 56, 30 mètres? Parages des Canaries, dragages dans la Bocayna : lat. N. 28°49", long. O. 16°13’. Sable, rochers.
Une dizaine de beaux exemplaires, pour la plupart femelles et souvent avec des œufs.
29 juillet, n° 107, 75 à 90 mètres ; îles du Cap-Vert: canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine. Sable, coquilles.
Six exemplaires : quatre femelles et deux mâles; quelques femelles ont des œufs.
Juillet, îlot Branco, 60 mètres.
Six exemplaires, la plupart femelles et avec des œufs.
Disrripurion. — Cette espèce a été longtemps considérée comme étant propre à la Méditerranée où elle se trouve par des profondeurs variant de 50 à 160 mètres. En fait, elle se rencontre aussi dans l'Atlantique oriental; le « Challenger » l’a signalée aux îles du Cap-Vert, et le « Talisman » l’a draguée, comme on vient de le voir, dans les mêmes régions. La « Princesse-Alice » l’a capturée aux Acores.