SECTION DES OXYSTOMES. AA
gueur des épines de sa carapace, de l’Z. spinosa Miers qu'on trouve aux Canaries et sur les côtes du Sénégal. Toutefois, comme ce caractère est à peu près le seul qui distingue les deux espèces, il y aura lieu d'examiner, quand on connaîtra plus de spécimens de l’Allantique, si
la seconde espèce n’est pas une simple variété tropicale de la première.
TRIBU DES EBALLÆ, Mrers.
EBALIA, Leach.
Ce genre est très riche en espèces, mais son étude est rendue fort difficile par les variations considérables que beaucoup de ces dernières peuvent subir. Nous avons soigneusement comparé chacune des suivantes avec les exemplaires et les types qui se trouvent dans les collections du Muséum.
1° Espèces où le 3° segment abdominal est encore libre chez la femelle, le 6° segment chez le mâle.
Ebalia Cranchi, Leacu.
PI. XII, fig. 1-3.
1815. Æbalia Cranchii, Leach, Halac. brit., pl XXV, fig. 12-15. 1887. £balia Cranchit, Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p.55 (ubi syn.). 838. Æbalia discrepans, Costa, Fauna del Regno di Napoli, Crust., Tav. V, fig. 3-4.
49. Ebalia Deshayesi, Lucas, Anim. art. de l'Algérie, p.22, pL I, fig. 7. 872. Ebalia chiragra, Fischer, Fonds de la mer, t. IE, p. 45, pl. L fig. 1.
Hapirar, Variarioxs. — Travailleur, 1881 : 11 juillet, n° 15, 40 mètres; au large de Villefranche : lat. N. 43°40', long. E. 5°. Fond coralligène.
Trois exemplaires, deux femelles et un mâle à tubercules dorsaux très développés.
16 juillet, n° 24, 77 mètres ; au large de Bonifacio : lat. N. 41°22’, long. E. 6°47. Graviers, coraux.
Un exemplaire mâle à granules très saillants sur les pattes.
Travailleur, 1882 : 43 juillet, n° 12, 550 mètres; golfe de Gascogne : lat. N. 44°6", long. O. 9°29’. Roche.
Deux exemplaires, un mäle et une femelle à bords latéraux obtusément arrondis et un peu rugueux.
Golfe de Gascogne.
Un mäle et une femelle.
TALISMAN, — (Crustacés.) 6
20 juillet, n° 31, 70 mètres; Berlingues.
Deux individus mâles. Le plus grand, qui mesure 8 millimètres de longueur sur S"m,5 de largeur, est tout à fait normal; ses bords latéraux sont tranchants, relevés, et coupés, suivant une ligne droite, dans leur région moyenne; il y a sur la carapace trois grosses saillies, une saillie branchiale de chaque côté, et une saillie cardiaque; deux petites proéminences, l’une à droite, l’autre à gauche, se trouvent sur l'aire gastrique; enfin, sur la mème région, deux saillies beaucoup plus réduites terminent la carène dorsale. Le second spécimen est plus petit et un peu plus étroit; ses bords latéraux sont moins tranchants, moins relevés, et ses saillies dorsales sont peu saillantes.
Juillet, n° 34, 112 mètres; Maroc : lat. N. 35°42’, long. O. 8°40'. Sable, gravier.
Quatre exemplaires à bords latéraux obtusément arrondis, un peu sinueux et faiblement relevés. Deux mâles et deux femelles.
Talisman, 1883 : 6 juin, n° 3, 106 mètres; golfe de Cadix : lat. N. 36°53, long. O. 10°52’. Vase, coquilles.
Une vingtaine d'exemplaires, presque tous mâles. Les saillies dorsales sont très peu développées, surtout chez la femelle, et les bords latéraux sont presque toujours oblusément arrondis.
Disrripuriox. — Cette espèce est répandue dans l’océan Atlantique et dans les mers qui en dépendent, depuis Écosse jusqu'au Maroc où elle a été caplurée par le « Travailleur ». On la trouve depuis 15 mètres de profondeur, jusqu'à 550 mètres (« Travailleur »). D'après M. Bonnier, elle aurait été draguée « au delà de 1 000 mètres ».
Ebalia granulosa, Epw.
PRINT 1857. Ebalia granulosa, À. Milne-Edwards, Hist. nat. des Crust., & I, p. 180 (femelle). 1855. £balia granulosa. Bell, Trans. linn. Soc. London, &. XXI, p. 303, pl. XXII,
fig. 5.
1863. Zbalia Coste, Heller, Crust. stdl. Europa, p. 125, pl. IV, fig. 4 {mâle).
Havrrar. — Travailleur, ASS1 : 6 juillet, n° 9, 445 mètres; Provence: lat. N. 43°, long. E. 3°22". Fond coralligène.
Un individu mâle,
Dimensions. —— Les dimensions de cet exemplaire, comparées à celles de la femelle étudiée par Milne-Edwards, sont relevées dans le tableau suivant :
SECTION DES OXYSTOMES. 43
Al () © | du « Travailleur », de Milne-Edwards.
Longueur maximum de la carapace... ........,...... 7 millim. 9 millim, BARS CUTE RER RER ot net T — OP Longueur du méropodite de la patte antérieure droite. 5 — AD — NL UE CHÉDE 27e creme serein 2 — 2 He la DINER M cs core 5,1 — 5,1 — Tes TOP IS ER em ennemi anse 2,9 — 3 —
DisrrBuriox. — Cette espèce est méditerranéenne et paraît se tenir
dans les mêmes fonds que l’Æ, Cranchii, dont elle est très voisine.
Ebalia tumefacta, Moxvracu.
1808. Cancer lumefactus, Montagu, Trans. linn. Soc. London, vol. IX, p. S6, pl. IT,
fig. à (femelle).
1868. Æbalia tumefacta, Norman, Zep. brit. Assoc. Ado. of Science, p. 124. ISST. £balia tumefacta Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 26 (ubi syn.). 5. Ebalia Bryerii, Leach, Halac. Brit, pl XXV, fig. 12-13 (femelle). T. Ebalia Bryerii, H. Milne-Edwards, ist. nat. des Crust., t. TU, p. 129. 183$. Ebalia aspera, Costa, Fauna del Regno Napoli, Crust., pl V, fig. 5 (d’après Heller).
Hamirar. — Travailleur, golfe de Gascogne, 45 mètres. Un individu mâle et une femelle.
DisrRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. — L'espèce a été signalée depuis les côtes de Norvège (G. O. Sars) jusque dans la Méditerranée, en passant par la Manche et le golfe de Gascogne. Elle se trouve dans les mêmes profon-
deurs que les espèces précédentes.
Ebalia Edwardsi, Cosra.
PI. XII, fig. 5-7.
1838. Zbalia Edivardsii, Costa, Fauna del Regno Napoli, p. ?, pl UN, fig. 1863. £balia Edwardsii. Heller, Crust. sûüdl, Europa, p. 126.
Harrrar. — Travailleur, 1882 : 9 août, n° 52, 100 mètres ; au large de Sétubal : lat. N. 38°17', long. O. 11°40'. Vase.
Un individu femelle.
Talisman, 1883 : 28 juin, n° 56,30 mètres; Canaries: lat. N. 2848", long. O. 16°6". Sable, coquilles, cailloux.
Un spécimen femelle dont nous donnons ci-dessous les dimensions comparées à celles d’une femelle dE. tume/facta.
Eb. Edwardsi, Eb, tumefacta.
Longueur maximum de laicarapace re eee G millim, 8,6 miliim. Largeur — A . 6,2 — 9,3 — Longueur du méropodite de la patte antérieure droite. 2,2 — 4 — ONU bonceoonanous co dopeno vo ose 1,6 — PE LEE UNE podorcanasoooupecooenocsovbe BA Q— 49 — TE Er Roc donogunoguococ oo uouooge 2 — 2,8 —
DisrrBurion. — Gette espèce est fort rare et n'avait pas été signalée jusqu'ici dans la Méditerranée. Elle se trouve par les mêmes profondeurs que les précédentes.
Ebalia algirica, Lucas.
PI. XII, fig. 8-14.
1848. Ebalia algirica, Lucas, Expl, scient. de l'Algérie, Crust., p. 22, pl IE, fig. 7.
Harrrar, Variations. — Travailleur, 1882 : 9 août, n° 52, 100 mètres; entre Madère et les Canaries : lat. N. 32°30', long. O. 18°51'. Corail, roche.
Un spécimen femelle dont la carapace mesure 4*%,7 de longueur sur 5%%,3 de largeur. Ce spécimen présente encore sur la face interne des bras les restes de la tache rouge qu'a signalée Lucas.
Nous relevons ci-dessous les dimensions de l’exemplaire qui a servi de type à cet auteur.
Longueur maximum de la carapace..................... 8 millim.
Largeur — = 1 1 Eee RS 10,2 —
Longueur du méropodite de la patte antérieure droite... 2 — — du Carpe ere ere cer enmL cet 1,5 — — Aela PINCE se rem me ere ce A2 — — des doigts encre im ee 2,9 —
4 août, n° 46,790 mètres; Canaries : lat. N. 28°29/, long. 0. 18°27, Roche.
Un exemplaire que nous considérons comme le mäle, jusqu'ici inconnu (?), de cette espèce. Sa carapace est un peu plus étroite que celle de la femelle, mais exactement de même forme; ses pattes sont à peine plus longues et ornées de tubercules un peu moins nombreux et moins saillants ; ses lobes hépatiques sont assez forts. On observe dans cet exemplaire des rudiments des mêmes saillies gastriques que dans l'£. Cranchii Leach ; les saillies branchiales y sont larges, mais peu proéminentes, et parcourues par des sillons irréguliers qui délimitent un certain nombre de granulations peu élevées et très obtuses. Les pattes-mâchoires postérieures et l'abdomen ne diffèrent pas sensiblement des parties correspondantes de l'E. Cranchii.
SECTION DES OXYSTOMES. 45
Longueur maximum de la carapace..................... 4,9 millim.
Largeur — RME CR De CR CS T 5,1 —
Longueur du méropodite de la patte antérieure droite... 2 — du carpe de cette patte... 1,2 — = DE SADIN CE UT 2,8 — — DESDITS 1,7 —
DisrriBurion. — Cette rare espèce n'était pas connue jusqu'ici en dehors de la Méditerranée: elle se trouve aux mêmes profondeurs que la précédente.
Ebalia nux, NoRMaAN.
PI. IT, fig. 7 (en couleur). — PI. XIIT, fig. 1-5.
Ebalia nux, Norman, Mss.
1881. £balia nux, A. Milne-Edwards, C. R. Acad. des Se., 28 nov., t. XCIIT, p. 879. 1883. Ebalia nux, A. Milne-Edwards, ARecueil de fiqures de Crusl. nouveaux où peu connus, pl V.
1889. Ebalia nux, Pocock, Ann. and Mag. of nat. Hist., sër. 6, vol. IV, p. 26 (avec figures).
Hamirar. — Travailleur, {880 : 17 juillet, n° 2, 1 019 mètres, golfe de Gascogne : lat. N. 4336", long. O. 4°15°. Vase molle jaunätre.
Deux femelles jeunes dont l'abdomen est incomplètement développé; une femelle adulte et un mâle à pattes antérieures très allongées.
23 juillet, n° 6, 2400-2500 mètres; golfe de Gascogne : lat. N. 43°38, long. (QE 6°28’. Vase.
Deux femelles très normales.
23 juillet, n° 7, 1 353 mètres ; golfe de Gascogne: lat. N. 43°35, long. O. 6°25". Vase.
Cinq exemplaires, dont un mäle et quatre femelles.
93 juillet, n° 8, 312 mètres; mêmes parages : lat. N. 4335, long. 0. 6%. Sable, coquille, gravier.
Un mâle à saillies gastriques très développées.
24 juillet, n° 9, 4019 mètres; mêmes parages : lat. N. 43°36", long. 0:6°22° Vase.
Deux femelles et un mâle.
Travailleur, 1881: 6 juillet, n° 8, 307 mètres; au large de Marseille : lat. N. 43°01', long. E. 3°28'. Vase avec quelques rochers.
Trois spécimens : deux femelles et un mâle.
13 juillet, n° 19, 540 mètres; au large d’Ajaccio: lat. N. Fond coralligène.
Une douzaine d'exemplaires, dont plusieurs femelles encore jeunes. Parmi ces dernières, les plus grandes mesurent 4 millimètres de largeur.
Travailleur, 1882 : 13 juillet, n° 12, 550 mètres ; golfe de Gascogne : lat. N. 446”,
long 0. 9°29". Roche.
,1°,52, long. E. 6°8'.
Une vingtaine de spécimens, les uns mâles, les autres femelles, quelques-uns ornés de très forts granules, les autres de granules beaucoup plus petits. Un spécimen mâle d'assez grande taille présente les dimensions suivantes
Longueur maximum de la carapace (du bord postérieur à
lFéchancrurerostrale) "RFC Cr crc cree -e 9 millim. Largeur maximum de la carapace..................... 9,3 — Longueur de la patte antérieure droite.................. 22 -—-
— dusméropodiletdetcettehpatte te" r "CARRE eee 82 — = du carpe A ED ie 220 — — de la pince D RO PEN Cire 9,5 — — des doigts es lirentiaestenserte 3,2 — — de la deuxième/patle droite..." 12,4 —
18 juillet, n° 16, 627 mètres; au large de Vigo : lat. N. 42°48", long. O. 11°57. Sable, gravier.
Quatre spécimens femelles dont l'abdomen est encore incomplètement développé. Longueur du céphalothorax d'un de ces spécimens, 5 millimètres.
24 juillet, n° 25,460 mètres ; au large de Sétubal : lat. N. 38°6", long. O. 11°31". Vase.
Une vingtaine de spécimens des deux sexes, dont plusieurs femelles ovigères.
24 juillet, n° 26, 370 mètres; mêmes parages ; lat. N. 38°3', long. O. 11°32’. Sable vaseux.
Deux exemplaires femelles.
24 juillet, n° 28, 560 mètres; mêmes parages : lat. N. 3755", long. 0. 11°36". Sable vaseux.
Une femelle.
10 août, n° 55, profondeur 360 mètres; Madère : lat. N. 32°%1", long. O. 1858. Corail, roche, sable.
Une femelle avec des œufs.
Talisman, 1883 : 9 juillet, n° 69, 410 mètres; cap Bojador : lat. N. 25°41", long. O0. 18°16". Sable vaseux, coraux.
Un mâle à pattes antérieures allongées et à doigts largement écartés à leur base. Longueur de la carapace, 9 millimètres ; longueur de la palte antérieure droite, 20 millimètres. Le méropodite des pattes antérieures est grêle, et les pincesatteignent leur maximum de largeur à la base des doigts.
23 juillet, n° 103, 225 mètres ; îles du Cap-Vert : environ de La Praya. Corail rouge.
Une femelle couverte grosses granulations boléliformes.
29 nes n° 110, 460 mètres; îles du Cap-Vert: lat. N. 16°53", long. 0. 2730”.
Sable, gravier.
De mâles.
13 août, n° 123, 540 mètres ; Açores : lat. N. 38°23', long. O. 31°10'. Sable, gravier.
Trois exemplaires.
43 août, n°124, 639 mètres ; Acores : lat. N. 38°25", long. O. 31%’. Sable, rocher.
SECTION DES OXYSTOMES. 47
Huit petits spécimens, dont sept femelles pour la plupart incomplètement développées.
Disrriguriox, — Cette espèce à une distribution géographique étendue ; on l’a signalée depuis les îles Britanniques jusqu'aux Açores, et des îles du Cap-Vert jusque dans la Méditerranée, C’est une espèce plutôt abyssale qui fréquente les fonds compris entre 200 et 2500 mètres de profondeur.
Le spécimen figuré par Miers (1) sous le nom d'£balia tubereulosa et qu'il homologue, vraisemblablementà tort, avec la Persephone tuberculosa A. Milne-Edwards, présente de grandes analogies de formes avec les individus les plus méridionaux recueillis par le «Talisman» , et notamment avec celui du dragage 69; si ces deux espèces étaient identiques, l'£. nur franchirait le cap de Bonne-Espérance et se répandrait dans le Pacifique jusqu'en Australie et en Nouvelle-Zélande.
Coloration sur le vivant. — Céphalothorax de couleur rouge-brique, avec de nombreuses taches de teinte plus foncée ; d’autres taches rougebrique foncé se trouvent aussi sur les pattes antérieures, de mème qu'à l'extrémité du méropodite et du propodite des pattes ambulatoires.
Ailleurs, les appendices sont colorés en rose très pâle.
2 Espèces où les 3° el 6 segments abdominaux sont soudés à la pièce
que forment les segments moyens de l'abdomen.
Ebalia tuberosa, PENNANT.
PI. XII, fig. 15-21.
1777. Cancer tuberosus, Pennant, Brit. Zoo!., IV, pl. IX A, fig. 19.
1868. £balia tuberosa, Norman, Aep. Brit. Assor. Ade. of Se, p. 264.
1887. Æbalia tuberosa, Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p.36 (ubi syn.). 1815. £balia Pennantii, Leach, Malac. Brit, pl XXV, fie. 1-6.
1849. £balia insignis, Lucas, £xpl. scient, de l'Algérie, Crust., p. 24, pl IT fig. 8.
Hamrar, Variarions.— Travailleur, ASS0 : juillet, 120 mètres; golfe de Gascogne.
Un grand spécimen femelle remarquable par la finesse et l'uniformité de ses granulations, ainsi que par la réduction extrème de ses trois saillies gastriques. Longueur maximum de la carapace : 17 millimètres; largeur: 18; longueur de la patte antérieure droite : 22.
(1) Miers, Brachyura, Challenger, Zoology, & XVI, p. 306, pl. XXV, fig. 1, 1886.
Trois autres exemplaires à peu près semblables, deux femelles et un mâle, proviennent aussi du golfe de Gascogne, mais ne sont pas accompagnés d'indications plus précises.
Travailleur, A8S1 : 16 juillet, n° 24, 77 mètres; au large de Bonifacio : lat. N. 41°22’, long. E. 6°47'. Gravier, coraux.
Deux femelles d'assez grande taille et trois mâles bien plus réduits. Tous ces exemplaires ressemblent à ceux que Lucas a désignés sous le nom d'E. insignis, par le développement assez fort des trois saillies gastriques et par la présence d'un certain nombre de granules très saillants sur les bords du méropodite des diverses pattes. Les granulations des autres parties du corps sont plus petites, moins élevées et plus régulièrement disposées que dans les exemplaires typiques de Lucas.
Travailleur, 1882 : 9 août, n° 52, 100 mètres ; Canaries : lat. N. 31°, long. O 1851". Corail, roche, sable.
Dix spécimens pour la plupart femelles et presque tous plus fortement granuleux que les précédents. Dans certains de ces spécimens, comme dans l’un des insignis de Lucas, certains granules dorsaux s'élèvent beaucoup et deviennent des champignons brièvement pédiculés.
Talisman, 1883 : 28 juin, n° 54, 30 mètres ; Lanzarote : lat. N. 28°48/, long. O. 16°6’. Sable, coquilles, coraux.
Une femelle dont l’étranglement post-hépatique est peu accentué.
8 juillet, n° 68, 103 mètres; côtes du Soudan : lat. N. 26°4', long. O. 175. Sable, coquilles, coraux.
Un exemplaire mâle où s’exagèrent considérablement certains caractères présentés déjà par plusieurs Æ. énsignis de Lucas.
La carapace de cet exemplaire est couverte de champignons non contigus dont le chapeau est garni de nombreuses aspérités ; ces champignons sont de différentes tailles, et les plus petits sont ceux où les aspérités sont les plus longues ; dans la région frontale, ils deviennent très petits et se transforment en granulations juxtaposées ; il en est de même, d’ailleurs, sur les pattes ambulatoires. Les champignons les plus gros et les plus irréguliers se trouvent sur les bords latéraux de la carapace; ils sont un peu plus réduits et plus rapprochés sur le sternum, sur l'abdomen et sur les pattes-mächoires externes. On en trouve de gros sur la moitié basilaire du méropodite des pattes antérieures (où quelques-uns sont très saillants), sur la partie interne du carpe et sur la moitié interne de la portion palmaire des pinces ; partout ailleurs, ils sont beaucoup plus petits sur les mêmes appendices. Ces champignons existent déjà, mais plus larges et moins saillants, dans certains exem-
plaires désignés par Lucas sous le nom d'£. insignis.
SECTION DES OXYSTOMES. 19
Le méropodite des pattes antérieures a les bords arrondis ; il est un peu ineurvé en dedans et à peine plus large à la base qu’à l'extrémité. Le carpe est court et presque rectiligne sur une partie de son bord supérieur ou externe. La pince est longue, fortement infléchie en dedans et comprimée latéralement ; le bord inférieur de sa portion palmaire est arrondi, mais orné de champignons assez forts ; le bord supérieur est mince et presque tranchant; il est d'ailleurs concave, de sorte que la portion palmaire est plus large en avant, et surtout en arrière, qu'au niveau de son tiers antérieur. Les doigts sont arqués de haut en bas, et en contact sur toute l'étendue de leurs bords internes qui sont armés de fins denticules ; ils sont plus longs que la portion palmaire et ornés de plusieurs lignes longitudinales saillantes.
Les bords latéraux de l'abdomen du mâle sont presque droits, les segments 3 à 6 sont soudés entre eux et ne présentent pas de ligne de démarcation bien sensible ; à l’origine de la pièce que forment ces segments, on voit deux saillies, séparées par une dépression médiane, qui se prolongent assez loin en arrière. Le dernier segment est triangulaire et se termine en pointe obtuse ; il s'articule avec le précédent suivant une ligne courbe.
La couleur dans l'alcool est d’un blanc jaunâtre, avec quelques taches rouges sur la carapace, sur le sternum et sur les pattes.
Ce type extrème de la forme 2#siqnis se rapproche, à certains égards,
des Werocryptus. I présente les dimensions suivantes :
Longueur de la carapace depuis léchancrure postérieure
jusqu'asliéchancrure frontale" 8,7 millim.
Largeur maximum de la carapace... .................. 9,2 Longueur de la patte antérieure droite.................. 12,3 —
— du méropodite de cette patte... 6 — — du carpe nn Histo : 2 — — de la pince nd Eéesmennoanenne G — = eTADOLUDNNPAlMAITE RE 3,2 — — des doigts RE 2 3,7 —
Longueur de la deuxième patte gauche.................. — de la cinquième tr
Disrrigvriox. — Cette espèce se trouve dans l'Atlantique oriental et la
Manche, depuis les îles Britanniques et les Açores jusqu'au Soudan ; (TaLisuan, — Crustacés.) 7
elle habite des profondeurs assez faibles. Certains exemplaires méditerranéens et les exemplaires les plus méridionaux de l'Atlantique deviennent tuberculeux et présentent plus ou moins le type de la forme que Lucas désignait sous le nom d’£. insignis ; il en est de même des exemplaires des Acores.
Ebalia tuberculata, Miers.
1SS1. Æbalia tuberculata, E.-J. Miers, Ann. and Mag. of nat. Hist., sér. 5, vol. VII, p. 266, PI. XIV, fig. 3.
Haprrar, Variations. — Travailleur, ASS2 : 4 août, n° 47, 80 mètres; Canaries : lat. N. 28°28', long. O. 18°32'. Sable, roche.
Un exemplaire femelle présentant toutes les saillies caractéristiques de l'espèce.
Talisman, 1883 : 13 juillet, n° 90, 135-250 mètres; parages du banc d’Arguin : lat. N. 21°51’, long. O. 19°48'. Sable vasard verdâtre.
Une femelle dont l'abdomen n’a pas encore acquis ses dimensions normales ; longueur maximum de la carapace : 6 millimètres et demi.
Ce spécimen, quoique jeune, présenteexactementsur la carapace toutes les saillies de l’exemplairetype figuré par Miers, c’est-à-dire trois saillies gastriques, une saillie cardiaqueet,dechaque côté ,unesaillie hépatique, une faible saillie ptérygostomienne, deux saillies branchiales et une saillie latérale intermédiaire entre la saillie branchiale externe et le lobe marginal postérieur. Toutefois, ces saillies sont moins proéminentes et moins isolées que dans les types de Miers; en outre, les granules qui les ornent ne présentent pas encore distinctement, pour la plupart, la forme de champignons.
Juillet, îlot Branco, 60 mètres.
Un exemplaire mâle dont les deux saillies branchiales de chaque côté confluent en une seule; cette masse saillante déborde un peu latéralement, mais beaucoup moins que dans les Leucosidés du genre Merocryptus. Sur les parties déprimées de toute la moitié postérieure de la carapace, on observe un certain nombre de tubercules blancs, plus ou moins bolétiformes. Les segments % à 6 de l'abdomen sont soudés ; le septième est long, triangulaire, oblus en arrière; en avant, il s'articule avec le sixième suivant un angle obtus à sommet antérieur.
43 août, n° 125, 80-140 mètres ; Acores, entre Pico et Fayal. Sable, roche.
Un spécimen femelle dont la carapace mesure 11 millimètres de longueur. Les saillies des régions branchiales sont moins élevées que dans le mâle, mais d’ailleurs parfaitement distinctes; les granulalions de la carapace sont plus uniformément distribuées et ne forment jamais de bien gros tubercules en arrière; les saillies des bords latéraux de la carapace sont à peine développées. L'animal dans l'alcool présente deux paires de taches rouges sur l'abdomen, une grande aire de même couleur sur les régions ptérygostomiennes ainsi que sur le méropodite des pattes.
ArriniTés. — Celte espèce présente les analogies les plus étroites avec
l'E. tuberosa, et surtout, comme Miers l'a observé lui-même, avec les
SECTION DES OXYSTOMES. 51 individus de cette dernière espèce que M. Lucas désignait sous le nom d’£. insignis; il est à noter qu'elle est caractérisée, comme l'Æ, tuherosa, par un étranglement post-hépatique fort accentué, dont Miers ne fait pourtant nulle mention, et qui n’est pas apparent dans la figure qu'il a donnée.
En somme, il est fort possible qu'on arrive à trouver plus tard tous les intermédiaires entre ces deux espèces remarquablement variables et à les réunir en une seule. En attendant, nous dirons que l'E. fuberculata se distingue de lÆ£. fuberosa par les deux saillies branchiales qui ornent de chaque côté sa carapace, et par les saillies qu’on trouve sur les bords latéraux de celle-ci, immédiatement en avant et en arrière de la dernière. Ces différences sont peu accentuées et disparaissent même en grande partie dans le spécimen femelle recueilli parle «Talisman » le 13 août 1883.
DisrriBuriox. — Cette espèce a été signalée par Miers en Sénégambie, à l’île de Gorée; l’exemplaire du Musée de Strasbourg, dont parle M. Ortmann, est également sénégambien. Mais, comme il résulte des observations qui précèdent, PÆ, {uberculata remonte vers le nord jusqu'aux. Canaries et jusqu'aux Acores; sa distribution abyssale ne paraît pas
différer de celle de l'Æ. fuberosa.
Ebalia (Phlyxia) atlantica, Epw. et Bouv.
PI. XII, fig. G-10.
1898. £balia atlantica, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Bull. du Mus., t IV, p. 32.
La carapace est aussi large que longue, déprimée en arrière du front et des orbites, renflée sur les régions hépatiques et munie d'une aire cardiaque très saillante que délimite un sillon; ses bords latéraux, sur les deux tiers antérieurs des régions branchiales, sont tranchants et irrégulièrement découpés; en avant, ils se perdent peu à peu sur la face inféroexterne des saillies hépatiques, dont ils sont séparés par une échancrure (comme dans l'Æbalia tuberosa) ; en arrière, ils se continuent par une ligne de granules assez forts et s'arrondissent avant d’avoir atteint le bord postérieur qui est saillant et plus où moins échancré en son milieu. Le front est proéminent, légèrement échancré en son milieu et muni d'une
facette triangulaire supérieure à bords obtus ; les régions ptérygosto-
miennes de la carapace sont saillantes et s’apercoivent en avant des saillies hépatiques ; on observe, enfin, au bord supérieur de chaque orbite, deux sillons qui représentent les échancrures sus-orbitaires. La surface tout entière de la carapace, l'abdomen, les pattes-mächoires externes et les pattes antérieures sont couverts de granules arrondis et très déprimés ; ces granules atteignent leur dimension maximum sur la partie postérieure de la carapace, sur le sternum, sur l'abdomen, sur les pattes-mâchoires externes et sur le méropodite des pattes antérieures ; ils se réduisent déjà beaucoup sur le carpe de ces pattes et sur la moitié interne de leur pince ; ils deviennent très petits et très serrés sur la partie antérieure de la carapace, sur toutes les pattes ambulatoires et sur la partie externe des pinces. Sur les parties où se trouvent de gros granules, on en voit aussi de plus petits qui s’intercalent entre les grands.
Les pédoncules oculaires se terminent par une cornée un peu échancrée du côté dorsal ; la cavité qui les loge communique avec la cavité antennulaire par une fissure où vont se loger une partie des pédoncules antennaires. Ces derniers sont très courts et leur fouet atteint à peine l'extrémité de la cornée.
La base de l’exopodite des pattes-mâächoires externes s'étend en avant aussi loin que l'extrémité du méropodite, qui est subaiguë ; l’exopodite est arrondi en avant, et se dilate beaucoup à la base ; son bord externe est légèrement concave.
Les pattes antérieures se font remarquer par leur méropodite allongé el presque arrondi, par leur carpe court et un peu concave sur le milieu de son bord externe, par l'inflexion des pinces au niveau de l'articulation des doigts et par l’amincissement du bord supérieur de la région palmaire, qui forme une sorte de carène saillante. Le bord inférieur est arrondi. Les doigts sont un peu plus courts que la portion palmaire, linement denticulés sur leurs bords en contact et ornés de quelques courts poils ; sur leur face supérieure ou externe, ils sont munis de fins granules qui se disposent en lignes longitudinales très apparentes; ces lignes sont un peu moins visibles sur la face inférieure. Les pattes
ambulaloires décroissent progressivement de longueur de la première à
SECTION DES OXYSTOMES. D la dernière; le doigt de la plus longue atteint à peine la base des pinces ; tous les articles de ces appendices sont assez étroits et plus ou moins arrondis ; les doigts sont pilifères, plus longs que le propodite et armés d’une griffe rudimentaire.
Dans les deux sexes, les segments abdominaux 3, 4, 5 et 6 sont complètement soudés, et c'est à peine si un sillon transversal permet d’apercevoir leur limite.
Hazrrar, Varrarioxs. — Talisman, 1883 : juillet, ilot Branco, 60 mètres.
Deux spécimens, un mâle et une femelle, dont les dimensions sont les
suivantes :
Longueur maximum de la carapace. ...........,.... 8,8 millim. 7 Sun Largeur — NE Re cie 8,8 — 7 — Longueur de la patte antérieure droite............... 15 —- 9 = — du méropodite de cette palte............ 5,5 — 3,7 — — du carpe a ant 2 — Lou de la pince = À Sn iissstentns 52 — 4 —- — de la portion palmaire — ......... 5 — 2,1 — — des doigts in see . : 2,9 — 2 -— Longueur de la patte ambulatoire antérieure droite... 9 Q2—= = — postérieure droile... 6 —= JEU ET
Du tableau qui précède il résulte que les mâles se distinguent des femelles par les dimensions de leurs pattes qui sont plus allongées ; ils s’en distinguent également par léchancrure plus profonde des bords postérieurs de la carapace et par la présence de trois saillies dorsales qu'on trouve à la surface de celte dernière sur la partie postérieure de l'aire gastrique. Le dernier article de l'abdomen du mâle s'articule avec le précédent suivant une ligne anguleuse, et présente une sorte de tubercule saillant au sommet de l'angle formé par cette ligne; en arrière, il paraît brisé dans notre spécimen, mais il ne dépasse pas, certainement, la base de l’ischiopodite des pattes-mâächoires. Il en est tout autrement dans la femelle : le dernier article n’a pas de tubercule articulaire, 1l est arrondi en arrière et s’avance dans le cadre buccal, où 1l'est recouvert et protégé en partie par la base de l’ischiopodite de ces derniers appendices. Cette disposition permet, vraisemblablement, de rendre hermétique la fermeture de la spacieuse chambre incubatrice de l'animal.
Dans l'alcool, le Crustacé est violacé sur le dos et présente de grandes
taches rouges en divers points des appendices (méropodites de toutes les pattes, base des doigts des pinces).
Arrinirés. — Cette espèce n’est pas sans analogie avec l’£balia (Phlyxia) granulosa, Hasswell, des côtes d'Australie; mais ses saillies dorsales sont moins élevées, son bord postérieur est moins saillant, sa carapace est plus régulièrement arrondie et ses régions branchiales sont dépourvues de saillies. Du reste, toutes les parties de test sont bien plus granuleuses, les pattes sont plus fortes et la région palmaire des pinces est beaucoup moins allongée. Dans notre espèce, le front est vaguement quadrilobé, beaucoup moins pourtant que dans les PAlyxia typiques; dans l'espèce d'Hasswell, il est simplement bilobé; aussi Miers range-t-il cette dernière espèce parmi les £baliu.
MEROCRYPTUS, A. Milne-Edwards.
Merocryptus boletifer, À. M.-Epw. et E.-L. Bouv. 1894. Merocryptus boletifer, A. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Aésult. des camp. scient. de © « Hirondelle », fase. VIT, p. 56, pl. IV, fig. 1-9.
1899. Herocryptus boletifer, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de l'« Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-Alice », fase. XIIT, p. 21.
Hanrrar. — Talisman, 1883 : 13 août, n° 124, 629 mètres; Acores : lat. N. 38°35", long. O0. 31°4". Sable, roches.
Un individu femelle dont les dimensions sont les suivantes :
Longueurmaximumide la carapace "Pre ee eee 8,6 millim. Largeur — OT 10 - Longueur de la patte antérieure droite.................. 2,8 — — dusméropodite de cette patte. DCR — du carpe M Oo D00co0pb voue è —
—— de la pince —
— de la portion palmaire — — des doigts —
— de la deuxième patte droite
co # C9 |
—- de la cinquième —
Où ©
Dans ce spécimen,les champignons sont beaucoup plus serrés que dans celui de l'« Hirondelle »; ils sont partout contigus et en certains points même très serrés. Dans la dépression qui sépare les saillies hépatiques des saillies branchiales, et sur la carène dorsale, ils sont plus
gros et parfaitement séparés ; ils sont grands et contigus sur toute la
SECTION DES OXYSTOMES. 25
face externe de l’abdomen. Les saillies gastriques sont subaiguës et séparées des saillies branchiales par une assez faible dépression; le lobe cardiaque est arrondi à son sommet et couvert, comme toutes les saillies, de champignons très serrés; les deux lobes du bord postérieur sont peu développés. On observe de chaque côté, sur les flancs de l’animal, trois épines qui sont visibles, même quand on examine l'animal du côté dorsal ; l’une de ces épines occupe le sommet de la forte saillie ptérygostomienne, les deux autres sont situées un peu en avant de la saillie branchiale. Les doigts des pinces sont tranchants et finement denticulés sur leurs bords libres, qui sont formés par une série de crénelures juxtaposées ; ils présentent sur leurs faces des séries longitudinales de granules, et sur leurs bords internes des denticules nombreux et de dimensions très variées; ils sont en contact sur toute leur étendue et leurs griffes se croisent à l'extrémité. IP 4 a un certain nombre de longues épines obtuses sur le méropodite, sur le carpe et sur le propodite des pattes ambulatoires, deux épines et einq ou six tubercules coniques sur le méropodite des pattes antérieures. L’abdomen est régulièrement ovalaire, et son dernier article, qui est triangulaire et aigu à son extrémité, s'engage sous les pattes-mächoires postérieures comme dans l'Ebalia!Phlyxia)atlantica. Les segments abdominaux soudés sont séparés par des lignes transversales faiblement distinctes; la région médiane de la pièce ovalaire formée par ces segments est occupée par une dépression, à droite et à gauche de laquelle l'abdomen est fortement et régulièrement renflé.
Disrriuriox. — Le premier spécimen de cette espèce, un mâle, fut recueilli par l« Hirondelle » au large des Açores, par 454 mètres de profondeur ; l’exemplaire femelle que nous venons de décrire se trouvait dans les mêmes régions, à une profondeur encore plus grande (629 mètres). L'espèce remonte jusqu'à 98-54 mètres (« Princesse-Alice »).
CoLorarTION suR LE vivanT. — Couleur générale blancjaunâtre, légèrement teintée de rose ; des taches rose vif sur les pattes et sur les parties latérales de l'aire gastrique; pourtour de l'aire cardiaque ayant une teinte violacée.
La coloration précédente est aussi celle des exemplaires typiques
recueillis par P « Hirondelle » et figurés planche IV, figure 1, dans le
fascicule VII des Résultats de la campagne. Plus récemment, la « Princesse-Alice » a recueilli aux Açores un exemplaire Jaunâtre orné de
taches plus foncées.
Merocryptus obsoletus Enw. et Bouv.
PI. XII, fig. 11-13.
1898. Herocryptus obsoletus, À. Milne-EdwardsetE.-Li Bouvier, Bull. du Mus.,LIV, p.34.
La carapace est plus large que longue et sans bords laléraux distincts ; toutes les saillies qu'elle forme sont fortes et arrondies : les plus grandes sont celles du lobe cardiaque qui est limité en avant par un faible sillon et celles des lobes branchiaux qui sont énormes et qui recouvrent à peu près toute la moitié basilaire du méropodite de la 2° patte ambulatoire ; la saillie hépatique est large, mais peu élevée, et les deux saillies gastriques ont la forme de cônes obtus; [a saillie impaire de la partie postérieure de l'aire gastrique est à peine indiquée ; la saillie ptérygostomienne est encore plus réduite et ne s'aperçoit pas du côté dorsal. Toutes les parties externes du corps sont couvertes et comme cortiquées par des champignons très serrés, dont les bords plus ou moins polygonaux et irrégulièrement découpés s’engrènent étroitement les uns dans les autres. Sur les doigts, ces champignons deviennent de fins granules.
Les pédoncules oculaires sont dilatés à leurs deux extrémités ; comme chez tous les représentants du genre Werocryptus, is sont logés dans une cavité orbitaire qui communique largement avec la cavité des antennes. L'article basilaire de Pexopodite des pattes-mächoires postérieures a le bord externe régulièrement arqué; il atteint à peu près le milieu du méropodite des mèmes appendices.
Les pattes sont dépourvues d’épines ainsi que la carapace et présentent comme elle des renflements arrondis qui donnent à l'animal une apparence noueuse caractéristique. Le méropodite des pattes antérieures est subeylindrique et un peu renflé vers la base, sur sa face interne; il présente en dehors les rudiments ou l’ébauche de deux ou trois tubercules coniques. Le carpe est court et un peu aplati en dehors. La pince est
très dilatée à la base, assez amincie en avant ; elle s’incurve de dehors
SECTION DES OXYSTOMES. 57
en dedans et de haut en bas. Ses doigts sont ornés de séries de granules qui les sillonnent longitudinalement et qui rendent leur bord externe finement denticulé ; les bords internes sont en contact sur toute leur étendue et munis de denticules inégaux; les griffes terminales se croisent à leur extrémité. Les pattes ambulatoires se font surtout remarquer par la brièveté de leur carpe qui est renflé en sphère, par la nodosité qui termine en avant leur méropodite et par la forme de leur propodite qui est plus large et plus fort en avant qu'en arrière. Les doigts sont finement granuleux, peu arqués, à peu près nus, et armés en avant d’une griffe peu saillante ; ils sont à peine plus longs que le propodite et présentent quelques tubercules très obtus sur leur bord inférieur.
L'abdomen du mâle est un peu concave sur les bords ; sur la face dorsale de la pièce que forment par leurs soudures ses articles 2 à 6, on observe un certain nombre de saillies paires et peu accentuées qui délimitent assez mal les divers articles. Le dernier segment est long, triangulaire et obtus à son extrémité libre; il présente un tubercule médian un peu en arrière de sa ligne arliculaire, qui est convexe en avant.
La couleur dans l'alcool est rose jaunàtre avec de nombreuses aires
rouges sur toutes les parties du corps.
Hamrrar, Diuexsioxs. — Talisman, 1883 : 29 juillet, n° 108, 75 mètres; iles du Cap-Vert : lat. N. 17°, long. O. 3723". Sable, coquilles. Un individu mâle dont les dimensions sont les suivantes :
Longueur maximum de la carapace..................... 8.5 millim. Largeur — ne arm Aiuns 9,3 — Longueur de la patte antérieure droite.................. 12,5 —
— du méropodite de cette patte................ CR
— du carpe Se eo mes Le
— de la pince — MN... coccte GS
— de la portion palmaire — SA CC 3,7 —
— des doigts EE - 4 — Longueur de la deuxième patte droite................... 8,3 —
— de la cinquième RE 7 —-
Armnirés. — Cette espèce se rapproche surtout du 47. lambriformis
A. Milne-Edwards, qui habite Upolu dans le Pacifique, et peut-être
trouvera-t-on plus tard tous les passages entre les deux formes. En
(Tarisuax — Crustacés.) 8
attendant, nous dirons que le 47. lambriformis se distingue du A7. obsoletus par ses deux fortes saillies rostrales, par le grand développement latéral de ses saillies gastriques, par la profonde échancrure de son bord postérieur, par les deux épines du méropodite de ses pattes antérieures, enfin par la présence de saillies latérales pré-branchiales assez développées. Le M. boletifer Edw. et Bouv., a des tubercules en forme de champignons moins nombreux, des épines très développées sur toutes les pattes
et des lobes branchiaux tranchants sur leur pourtour le plus externe.
PHILYRA, Leach.
Phylira lœvidorsalis, Miers.
PI. XIII, fig. 14-15.
1881. Phylira lœvidorsalis, Miers. Ann. and Mag. of nat. Hist., sér. 5, vol. VIT, p. 264, fig. 2.
Hasrrar. — Talisman, 1883 : deux exemplaires, un mâle et une femelle, trouvés à Saint-Vincent, îles du Cap-Vert.
Nos spécimens présentent tous les caractères mentionnés par Miers dans la très précise description qu'il a donnée de cette espèce. Nous ne croyons pas, toutefois, que le 2° segment abdominal du mâle soit soudé à la pièce formée par le 3° et les lrois suivants ; nous pensons plutôt qu'il est représenté par un nodule libre situé en avant de cette pièce. Dans la femelle, les deux segments antérieurs sont libres, mais le premier est caché sous la carapace. A cette observation, nous ajouterons que les bords supérieur et inférieur des doigts des pinces sont tranchants, que le carpe des mêmes paltes a une rangée longitudinale de granules sur son bord interne, que le carpe et le propodite des pattes ambulatoires sont très comprimés latéralement et carénés sur leurs bords, que le doigt de ces pattes, enfin, est aplati dans un plan perpendiculaire au plan de l’article précédent, et sillonné sur ses faces.
Celle espèce avait été signalée à Gorée, en Sénégambie (Miers) ; nous venons de voir que le « Talisman » l’a trouvée non loin de là, aux iles du Cap-Vert.
SECTION DES OXYSTOMES. 59
FAMILLE DES CALAPPIDÆ, Epw.
CALAPPA, Fabr.
Calappa granulata, LiNNé.
1767. Cancer granulatus, Linné, Syst. nat, 12° édit,
1798. Calappa granulata, Fabricius, Suppl. p. 84
1849, Calappa granulata, M. Milne-Edwards, Æègne animal de Cuvier, Atlas, pl. XXX VIII, fig. 1.
1886. Calappa granulata, Miers, Brachyura, Challenger, Zoology, & XVIL, p. 285 (ubi syn.).
tp. 1043 D
Harrrar. — Travailleur, 1S8% : Nice, 30-40 mètres.
Un grand spécimen mâle mesurant 67 millimètres de longueur sur 87 de largeur maximum. Les tubercules sont larges et peu saillants et la denticulation disparait à peu près complètement sur les bords latéraux, dans toute l'étendue de la moilié antérieure de la carapace.
Talisman, 1883 : 6 juin, n° 3, 106 mètres; golfe de Cadix : lat. N. 3653", long. O. 10°40". Vase, coquilles.
Deux exemplaires mâles, dont lun mesure 26 millimètres sur 30,5 et l'autre 1% sur 17. Dans le premier, les tubereules dorsaux sont plus saillants que dans le précédent et la denticulation commence à devenir apparente sur toute la longueur du bord latéral, où elle comprend 16 ou 17 dents. Dans le second, les tubereules s’exagèrent encore; quelques-uns même deviennent subaigus et les dents sont très nettes dans toute l'étendue du bord latéral.
15 juin, n° 23, 120 mètres; côtes du Maroc : lat. N. 3416", long. O. 11913". Roche, coquilles.
Un spécimen mâle de même taille que le plus petit des précédents et présentant les mêmes caractères.
29 juillet, n° 106, 75 mètres: iles du Cap-Vert : rade de Porto-Grande. Sable, coquilles.
Un exemplaire mâle mesurant 13 millimètres et demi sur 14. Les tubercules dorsaux deviennent plus saillants encore, et les dents latérales, toujours au nombre de 16-17, sont bien développées. La coloration de ce spécimen à presque complè-
tement disparu.
Nous avons comparé avec beaucoup de soin tous les exemplaires qui précèdent, el nous n'avons pu trouver entre eux aucune différence essentielle : les ornements en saillie de toutes les parties du corps, notamment, sont en même nombre et semblablement disposés. On peut donc en conclure que l'espèce qui nous occupe n’est pas localisée dans la Méditer-
ranée, mais qu’elle s'étend dans l'Atlantique depuis la côte espagnole
jusqu'aux iles du Cap-Vert; dans ces régions, elle devient plus petite, plus étroite, descend à une profondeur plus grande, et tous ses ornements en saillie paraissent plus accentués. Le «Challenger » l’a trouvée aux Acores par 50-90 brasses.
Ilne nous semble pas que la €. rubroquttata Herklots (€. Bocager, Brito Capello) diffère spécifiquement de la €. granulata; la C. Moniziana Brito Capello en est aussi peu différente. Ces deux espèces se trouvent dans
l'Atlantique, à l’ouest de l'Afrique, mais plus au sud que la €. granulata.
FAMILLE DES CORYSTIDÆ, Epw.
ATELECYCLUS, Leach.
Atelecyclus septemdentatus, MoxraGu.
1813. Cancer Hippa septemdentatus, Montagu, Trans. linn. Soc. London, vol. XI; p.15 pl. I, fig. 1, 1807.
1813. Atelecyclus septemdentatus, Leach, Trans. linn. Soc. London, vol. XE, p. 513.
1815 Atelecyclus heterodon, Leach, Halac. Brit, pl. I.
1887. Atelecyclus heterodon, J. Bonnier, Catal.des Crust.de Concarneau, p.38 (ubi syn.).
Nous avons décrit et figuré cette espèce sous le nom d’A. e/erodon, dans les /tésultats scientifiques des campagnes de P « Hirondelle » ; nous croyons toutefois qu'il vaut mieux la désigner sous le nom d'A. septemdentatus qui lui fut attribué primitivement par Montagu, car la diagnose et la figure qu'en à données cet auteur la rendent parfaitement reconnaissable. Elle est ornée de chaque côté, en arrière de l’épine orbitaire externe, de sep{ dents bien développées, dont la 3° est habituellement un peu plus réduite que les autres ; entre la 1" et la 2° se trouve ordinairement un denticule, de même qu'entre la 1" et la dent orbitaire externe. Toutes ces dents sont granuleuses ou denticulées sur leur bord postérieur.
Hasrrar. — Talisman, 1883 : golfe de Gascogne, 180 mètres.
Trois spécimens : deux mâles et une femelle.
23 juillet, n°103, 150 à 275 mètres ; iles du Cap-Vert: Santiago.
Exemplaires jeunes, semblables à ceux trouvés depuis par la « Princesse-Alice »
au large de Brest. De ces exemplaires, il ne reste plus que l’aquarelle relevée sur le vivant par l’un de nous.
DisrrIBUTION. — On connaissait cette espèce depuis la Norvège jusque
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 61 dans la Méditerranée ; en fait, elle s'étend jusque dans la région sénégambienne, comme la précédente. On l’a trouvée depuis la zone des grandes marées jusqu’à 74 mètres de profondeur (« Princesse-Alice »).
COLORATION SUR LE VIVANT. — D'après une aquarelle faite sur le vivant, les jeunes exemplaires de Santiago avaient une teinte générale d’un blanc jaunâtre, avec de nombreuses taches d’un brun bistré sur le test et sur les pattes.
Atelecyclus rotundatus, OLrvi.
1792. Cancer roltundatus, Olhvi, Zoo!. Adriat., lab. IE fig. 2. 7. Atelecyclus rotundatus, J. Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 37 (ubi syn.) 1826. Atelecyclus omoidon ? Risso, Hist. nat. Europe mérid., LL N, p.18. 1825. Atelecyclus cruentatus, Desmarest, Consid. gén. sur la cl. des Crust., p. 89.
Hamrrar, — Talisman, 1883 : îles du Cap-Vert: Saint-Vincent.
Quatre individus, dont le plus grand a 19 millimètres de largeur maximum.
Disrrieurion. — Cette espèce se trouve depuis Concarneau, où elle a élé recueillie par M. Bonnier, jusque dans la Méditerranée et en Sénégambie où elle fut signalée par Miers en 1881. Elle ne paraît pas
descendre à des profondeurs bien grandes.
SECTION DES CYCLOMETOPA, Epw.