Groupe. — PORTUNIENS, Edw
ou CYCLOMÉTOPES NAGEURS
FAMILLE DES POLYBIIDÆ, A. Mrixe-Enwanps.
PORTUMNUS, Leach.
Portumnus biguttatus, Risso.
PIE NINE ie;
1816. Portunus biguttatus, Risso, Crust. de Nice, pl E fig. 2.
1887. Platyonichus biguttatus, J. Bonnier, Catal. des Grust. de Concarneau, p. (ubi syn.).
ISIS. Platyonichus nasutus, Latreille, Encycl. Mél Li Sp 1h
1SGL. Platyonichus nasutus, À. Milne-Edwards, Arch. du Mus., vol. X, p. 412 (ubi
syn.).
1875. Portumnus nasutus, Miers, Zool. « Erebus and Terror », Crust., p. 2.
Hamrar. — Talisman, 1883 : îles du Cap-Vert.
Deux exemplaires mâles, adultes, ayant 9°°,25 de longueur sur 10 de largeur.
Comparés à des représentants de l'espèce recueillis au Croisie par M. Chevreux, qui les a offerts au Muséum, les exemplaires du « Talisman » sont plus pelits: ils ont le front plus large, plus nettement lobé et moins saillant; les dents de la carapace sont plus fortes et plus aiguës, ses divisions et ses saillies sont plus nettes, les poils des pattes sont partout plus nombreux; en outre, le carpe et le propodite des pattes postérieures présentent en avant une rangée de poils serrés qui manquent complètement dans les exemplaires du Croisie, mais qui existaient dans les exemplaires figurés par Costa, en 1853, dans son travail sur la faune de Naples.
DisrriBurioN. — L'espèce est essentiellement méditerranéenne, mais remonte dans l'Atlantique jusqu'à Concarneau où elle a été recueillie par M. Bonnier. Elle vit au voisinage de la côte, et M. Bonnier l’a trouvée dans des algues. Les exemplaires de M. Chevreux étaient enfouis
dans le sable.
POLYBIUS, Leach.
Polybius Henslowi.
1815. Polybius Henslowi, Leach, Halac. brit.. p.14, pl IX, B. 1887. Polybius Henslowi, J. Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 24 (ubi syn.).
Hamrrar. — Travailleur, ASS0: 19 juillet, n° 3 bis; sondage par 573-1670 mètres. Golfe de Gascogne.
Neuf exemplaires, presque tous mâles.
DISTRIBUTION. — Ce spèce se trouve dans les eaux européennes de DISTRIBUTION Cette espèce se trouve dans les e européennes de l'Atlantique, depuis la partie méridionale des îles Britanniques jusqu’en ispagne. La « Princesse-Alice » en à recueilli un exemplaire à Tétouan, Espagne. La « Princesse-Alice » en cueilli un exemplaire à Tétouan dans la Méditerranée; c’est le seul exemplaire, à notre connaissance, qu'on ait signalé dans cette mer.
L'espèce nage fréquemment à la surface, mais l« Hirondelle » la trouvée dans des dragages faits par 240 mètres, et le « Travailleur » au courant d’un sondage encore plus profond. Reste à savoir si, dans ces
deux cas, les individus n'auraient pas été capturés entre deux eaux.
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 63
FAMILLE DES PORTUNIDÆ, Dana.
PORTUNUS, Fabr.
Portunus tuberculatus, Roux.
1828. Portunus tuberculatus. Roux, Crust. de la Méditerranée, pl. XXXIL fig. 1-5.
1894. Portunus tuberculatus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de FE «Hirondelle », fase. VI, p. 25 (ubi syn.).
1862. Portunus pustulatus, Norman, ep. brit. Assoc. Ado. of Science for 1SGI, p. 151.
Hamrar. — Travailleur : au large de la côte septentrionale de l'Espagne.
Trois exemplaires mâles et une femelle ovifère.
Talisman, 1883 : 13 août, n° 123, 560 mètres; Acores : en vue de Fayol. Sable, gravier.
Un jeune exemplaire dont les segments abdominaux 2 à 5 sont encore soudés et semblables, comme forme, à ceux du mâle.
Disrriguriox. — Cette espèce estconnue dans toutes les mers d'Europe, depuis les iles Shetland, où elle fut signalée par Norman en 1868, jusque dans la Méditerranée, où on la trouva d'abord. Elle a été pour la première fois caplurée aux Acores par l « Hirondelle ».
Toujours rare, cette espèce ne parait pas fréquenter la zone littorale; elle recherche surtout les fonds compris entre 100 et 500 mètres.
Portunus depurator, Linné.
1776. Cancer depurator, Linné, Syst. nat., 12° édit, p. 104.
1798. Porlunus depurator, Fabricius, Suppl, p. 365.
ISST. Portunus depurator,J.Bonnier, Catal.des Crust. de Concarneau, p.26 (ubi syn.). 1816. Portunus plicatus, Risso, Crust. de Nice, p. 29.
Hasrrar. — Travailleur, ASST : 15 juillet, n° 15,160 mètres. Nice.
Trois mâles et deux femelles; l’une de celles-ci avec des œufs.
Talisman, 1883, 6 juin, n°3, 106 mètres; golfe de Cadix. Vase, coquilles. Un individu mäle.
9 juin, n°5, 60 mètres; golfe de Cadix. Mêmes fonds.
Un individu mâle.
DisrriBuriox. — Cette espèce est répandue dans toutes les mers d'Europe, depuis la Suède et la Norvège jusque dans la Méditerranée où elle est surtout commune.
On la trouve depuis 10 mètres jusqu'à près de 200 mètres de profondeur.
Portunus corrugatus, PENNANT.
1777. Cancer corrugatus, Pennant, Brit. Zool., tab. IV, pl. 5, fig. 9. 1814. Portunus corrugatus, Leach, Edimb. Encycl., t. VIT, p.390. 1887. Portunus corrugatus,J. Bonnier, Catal. des Crust.de Concarneau, p.26 (ubi syn.).
1893. Portunus corrugatus, A.-E. Orlmann, Zoo. Jahrb., Syst., B. VI, p.70 (ubi syn.). 1858. Portunus strigilis, Sümpson, Proc. Acad. nat. se. Philad., p.38.
Hanrrar. — Travailleur, AS82 : 10 août, n° 53, 100 mètres; Madère : îles Desertas. Corail, roche.
Cinq exemplaires de petite taille.
Tulisman, 1883 : 28 juin, n° 56, 30 mètres; Canaries : canal de la Bocayna. Sable et roche.
Trois exemplaires mâles.
Disrrigurion. — Si, comme l’admettent Miers et M. Ortmann, Île P. similis est identifié au ?. corrugatus, l'espèce acquiert une distribution géographique très grande et devient cosmopolite. D'après Miers, le P. subcorrugatus À. M.-Edw., et le ?. carcinoides Kinahan, devraient aussi se ranger dans la même espèce. Le premier provient de la mer Rouge el le second des côtes d'Irlande.
Cette espèce habite sensiblement les mêmes profondeurs que la précé-
dente, mais elle est bien plus commune.
Portunus pusillus.
1815. Portunus pusillus, Leach, Trans. linn. Soc. London, vol. I, part. Il, p. 318. 1887. Portunus pusillus, J. Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 30 (ubi syn.). 1894. Portunus pusillus, Milne-Edwards et Bouvier, Crustacés de Ü « Hirondelle », p.27
Hanrrar. — Zravailleur, AS8ST : en vue de Nice, 30 mètres.
Une femelle.
Travailleur, 1882 : 10 août, n° 53, 110 mètres; Madère : iles Desertas. Corail, roche.
Un mâle.
Talisman, 1883 : 28 juin, n° 56, 30 mètres; Canaries : canal de la Bocayna. Sable, roche.
Un mâle.
DisrriBuriox. — Cette espèce est répandue dans toutes les mers
d'Europe, depuis la Suède et la Norvège jusque dans la Méditerranée ;
SECTION DES GYCLOMÉTOPES. 65 plus à l’ouest, on la rencontre dans PAtlantique jusqu'aux Acores, el plus au sud jusqu'au Sénégal.
Elle se trouve depuis 10 mètres environ de profondeur, jusqu’à 250 mètres.
Portunus arcuatus, LEAcu.
1814. Portunus arcualus, Leach, Edimb. Encyel., & VIT, p. 390. ISS7. Portunus arcuatus, J. Bonnier, Gatal. des Crust. de Concarneau, p. 25 (ubisyn.).
Harmrar. — Travailleur, ASST : juillet. Nice. Un bel exemplaire mâle.
Disrriurion. — Cette espèce est répandue dans toutes les mers d'Europe, depuis la Suède et la Norvège jusque dans la Méditerranée.
Elle se trouve surtout entre 10 et 50 mètres de profondeur.
BATHYNECTES, Stimpson.
Bathynectes superba, Cosra.
1853. Portunus superbus, Costa, Fauna del Regno di Napoli (Addizioni di Decapodi 3rachvuri}, p 19, pl VII.
1SS4. Portunus superbus, Carus, Prodr. Faun. Medit., p. 517.
1890. Bathynectes superba, Bourne, Journ. Mar. Biol. Assoc. NS, FE p. 306 (d'après M. Calman).
1899. Bathynectes superba, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æeésult. des camp. scient. del «Hirondelle » (supplément) e{ de la « Princesse- Alice », fase. XTIE, D. 22, pl. Ie
1870-71. Bathynectes longispina, Sümpson, Bull. Mus. Comp. Zoo!., & XT, p. 146.
ISS2. Bathynectes longispina, À. Milne-Edwards, La Nature, n°449, p. 89.
ISS0. Bathynectes longispina, — Bull. Mus. Comp. Zool., vol. VII, n° 1, p. 1.
1894. Bathynectes longispina, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésull. des camp.
scient. de © « Hirondelle », fase. VIE, p. 29 (ubi syn.). 1896. Bathynectes longispina, À. Caullery, Result. scient. de la camp. du « Caudan », p. 401.
Les beaux exemplaires de cette espèce qu'a recueillis, en 1895, la « Princesse-Alice », nous ont permis d'identifier la 2. longispina avec la B. superba de Costa. Les matériaux recueillis par le « Travailleur » et le « Talisman » justifient complètement cette identification et nous permettent d'affirmer que la Bathynectes longispina n’est rien autre chose que la forme jeune de la Z. superba.
(TauisuAN. — Crustacés.) t)
Hamrrar. — Travailleur, 1881 : 31 juillet, n° 30, 1205 mètres, golfe de Gascogne : lat. N. 35°24", long. O. 10°19". Vase molle.
Une jeune femelle dont les segments 2 à 6 sont soudés. Largeur sans les pointes : environ À centimètre.
26 août, n° 42, 896 mètres; golfe de Gascogne : lat. N. 41°”, long. O. 9°25". Vase, coraux.
Un mâle ayant à peu près 2 centimètres de largeur, sans les pointes; les appendices sexuels sont incomplètement développés et le 2°segment abdominal est encore soudé aux (rois qui suivent.
Travailleur, 1882 : 6 juillet, n°5, 564 mètres; golfe de Gascogne : au N.-0. de Santander. Sable, coquilles.
Six exemplaires non adulles : le plus grand, qui mesure 23 millimètres de largeur, sans les pointes, est une femelle immature ; ses fausses pattes sont imparfaites, et les segments 2 à 6 de son abdomen triangulaire sont encore soudés.
9 août, n° 52, 100 mètres; Madère. Corail, roche, sable.
Un très jeune exemplaire.
10 août, n° 54, 400 mètres; Madère. Mèmes fonds.
Deux jeunes non adultes, probablement des mâles.
Talisman, 1883 : 1 juin, n°13 bis, 1216 mètres; Maroc: au large d'Elarish. Vase.
Un jeune exemplaire.
1% juin, n° 18, 550 mètres; Maroc : devant Mazaghan. Vase.
Deux mâles immalures ayant de 10 à 13 millimètres de largeur, abstraction faite des épines latérales. Les fausses pattes sexuelles sont très réduites, et les scgments 2 à 6 de l'abdomen sont encore soudés. Sur les côlés, la 2° dent latérale et la 3° sont plus réduites que les autres.
29 juillet, n° 110, 410 à 460 mètres ; iles du Cap-Vert. Sable, gravier.
Un très belexemplaire mâle, complètement adulte et dans lequel, par conséquent, les appendices sexuels sont normaux et les segments abdominaux 1, 2, 6 et 7 complètement libres. Cetexemplaire estun peu plus petitque celui figuré par Costa ; il s'en distingue par ses dents frontales plus courtes, plus obtuses et moins divergentes, par la réduction de l'angle orbilaire interne qui est moins avancé, et par la grande épine latérale qui est plus courte. I ressemble davantage, par tous ces caractères, au plus pelit des grands adultes recueillis par la « Princesse-Alice », mais, d'autre part, il rappelle mieux le type de Costa par ses palettes natatoires légèrement infléchies en arrière, vers l'extrémité. Longueur maximum de la carapace : #5 millimètres.
30 juillet, n° 113, 560 à 760 mètres ; îles du Cap-Vert. Sable, roche.
Une femelle immature ayant près de 2 centimètres de largeur, sans les épines.
DisrriBurion, — Trouvée d’abord dans la Méditerranée par Costa, cette espèce a élé signalée dans lAtlantique oriental, depuis lIrlande (M. Bourne) jusqu'aux iles du Cap-Vert(«Talisman»); elle a été capturée aux Acores par la « Princesse-Alice », dans la mer des Antilles par M. Pourtalès, et par le « Blake », enfin, au large de la côte orientale des
Etats-Unis. — C'est aux campagnes du « Travailleur » et du « Talisman » qu'on doit de savoir qu'elle existe sur les deux rives de l'Atlantique, à
celles du « Talisman », mais surtout à celles de la « Princesse-Alice », que la P, longispina est lélat jeune, ordinairement immature (sinon toujours), de la 2, superbu.
Cette espèce habite des fonds compris entre 100 mètres («Talisman ») et 1410 mètres de profondeur {« Caudan »).
FAMILLE DES LUPEIDÆ, A. Mine-Epwanrps.
CRONIUS, Stüimpson.
Cronius ruber, LaAmarK.
IS1S. Portunus ruber, Lamarck, {ist. nat. des anim. sans vert. EN, p. 263. 1834. Lupea rubra, W. Milne-Edwards, //ist. nat. des Crust., LT, p. 454.
1860. Cronius ruber, Sümpson, Ann. Lyc. nat. ist, Neiw-Tork, vol. VIL p. 225. 1895. Cronius ruber, AE. Ortmann, Zoo!. Jahrb., Syst. B. VI, p. 80 (ubi syn.). 1861. Achelous ruber, À. Milne-Edwards, Arch. du Muse X, p.345, pl XXXIIE fig 1. ISGS. Goniosoma Milleri, À. Milne-Edwards, Nouv. Arch. du Aus, L IV, p. 4
pl. XVII, fig. 1-3.
1879. Cronius Milleri, À. Milne-Edwards, Hiss. scient. au Merique, Zool., p.:
»:) Ee
1SS6. Cronius Milleri, Miers, Brachyura. Challenger, Zool., vol. XVIT, p. 189. 1876. Amphitrite Edivardsit, Lockington, Proreed. Calif. Acad, mars-septembre.
Hagrrar, Variations. — Talisman, 1883 : iles du Cap-Vert. Deux exemplaires recueillis dans la région littorale.
L'un de ces exemplaires est de grande taille, réduit à sa carapace et présente tous les caractères du grand exemplaire mâle figuré par Pun de nous en 1861: il est toutefois un peu plus pelit et mesure seulement 61 millimètres de largeur. L'autre est un jeune de mème dimension (16 millimètres de largeur) que l’exemplaire représenté dans les Wow velles Archives du Muséum, L AV, pl XVIIE, fig. 1,3, sous le nom de Goniosoma Milleri, el ressemble tout à fait à ce dernier; il est d’ailleurs immature, comme le prouve la structure de lPabdomen, qui ressemble à celui du male, et se fait remarquer par la soudure des segments 2 à 6. Il en est de même, d'ailleurs, du spécimen {type du Goriosoma Milleri; e'est par erreur que le cinquième segment est représenté distinet du sixième dans la figure 3 du travail des Nouvelles Archives; 4 a là sim-
plement un sillon, comme le prouvent d’ailleurs les dessins originaux, et ce sillon a été transformé en ligne articulaire, par le graveur. En dehors des caractères de l'abdomen et de la forme des dents frontales, notre jeune ressemble aux exemplaires adultes; aussi restons-nous persuadés que le Cronius Milleri est au Cronius ruber ce que la Pathynectes longispina est à la Z. superba, c'est-à-dire une forme jeune et le plus souvent immature, sinon toujours.
DisrriBuriox. — Grâce à la découverte de l'adulte (€. ruber) et du jeune (C. Milleri) auxiles du Cap-Vert (où l’on ne connaissait que la forme jeune), nous sommes en mesure d'affirmer aujourd'hui que le Cronius ruber se trouve aussi bien à l’est qu'à l'ouest de l'Atlantique. À l’ouest, il est connu depuis la Floride jusqu’à Rio de Janeiro ; à l’est, il paraît localisé aux parages de la Sénégambie.
C'est une espèce littorale, ou du moins qui ne descend pas à plus de 20
ou 30 mètres de profondeur.
NEPTUNUS, de Haan.
Neptunus vocans, À. M.-Epw.
PI. XIV, fig. G-9.
ISTS. Neplunus vocans, À. Milne-Edwards, Bull. Soc. philom. de Paris, T° série, t. IE,
Nous croyons ulile de joindre à ce travail l'étude d’une espèce curieuse qui fut trouvée aux iles du Cap-Vert par M. de Cessac. Voici la descripüion de cette espèce, telle qu’elle fut donnée par l’un de nous, en 1878.
« Carapace aplalie, à bords latéro-antérieurs disposés plus obliquement que chez le Veplunus tuberculosus. Régions bien accusées. Région gastrique portant quatre tubercules disposés transversalement ; une ligne onduleuse formée de granulations serrées s'étend sur toute la carapace de l’une des épines latéro-postérieures à l’autre. Une petite crête interrompue sur la ligne médiane existe sur la région cardiaque. Deux tubercules placés lun devant l'autre occupent les lobes internes de la région branchiale; desgranulations régulières, mais petites et espacées, sont
disséminées sur les parties saillantes de la carapace et le long des bords
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 69
antérieurs. Front formé de six dents larges et obtuses, les miloyennes plus avancées que les autres, les latérales, constituant les angles orbiaires internes, courtes et un peu relevées; orbites grandes et profondes. Bords latéro-antérieurs armés de neuf dents; la première formant l'angle orbitaire externe presque rudimentaire, les trois suivantes triangulaires et élargies, les suivantes de plus en plus aiguës, enfin la dernière longue, grêle, pointue et dirigée en dehors. Angles postérieurs de la carapace armés d’une épine très fine, très acérée et dirigée en dehors et en haut. Article basilaire des antennes externes étroit et caché en partie par l'angle sous-orbitaire interne, qui est fort large. Endostome pourvu de chaque côté d’une crète longitudinale saillante. Régions ptérygostomiennes garnies d’une rangée d'environ vingt-cinq petites erètes disposées parallèlement entre elles et formant par leur réunion une ligne courbe qui suit le bord latéro-antérieur de la carapace; des ornements analogues existent dans quelques genres de Crabes, tels que les ’seudocarcinus où Ménippes, et frottent contre le bord supérieur des pinces.
« Je ne connais de cette espèce, que je dois à l’obligeance de M. de Cessac, que la carapace; les pattes, le plastron sternal et l’abdomen manquaient, mais le bouclier céphalo-thoracique est si bien caractérisé par sa forme, par les tubercules qui garnissent les régions gastriques et cardiaques, par les épines des angles postérieurs et la série des stries des portions latéro-inférieures, qu'il est impossible de confondre le
Neptunus vocans avec aueun autre représentant du même genre.
« Largeur de la carapace : 0”,045
« Longueur — 0°,022
« Cette espèce a été rangée par Miers parmi les Nephus du sous-genre Amphitrile, mais sa carapace est plus largement arquée, et le centre du rayon de l'arc formé par ses bords latéraux antérieurs se trouve tout à fait en arrière. En fait, elle établit un passage remarquable entre les Neptunus angulaires et les Neptunus arqués, encore qu'elle présente des ressemblances assez grandes avec le Neptunus (Amplaitrite) tubercu-
losus À. M.-Edw.
« Le second article des antennes du W. vocans est beaucoup plus grèle que dans les Veptunus que nous allons signaler: contrairement à ce que l’on observe chez ces derniers, il est libre en dehors sur toute son étendue, sauf à la base où il reste en contact avec le bord orbitaire inféro-interne. À ce point de vue, le N. vocans rappelle plutôt les Bathynectes. »
Nous ne croyons pas que celte intéressante espèce ait été retrouvée depuis l’époque où elle fut pour la première fois décrite.
Neptunus Sayi, GIBBES.
1850. Lupa Sayi, Gibbes, Proceed. Amer. Assoe., p. 178. 1861. Neptunus Sayi, À. Milne-Edwards, Arch. du Mus., t. X, p.317, pl. XXIX, fie. 2. 1894. Weplunus Sayi, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Aésult. des camp. scient. de U «Hirondelle », fase. VIE p. 32 (ubi syn.).
2, Portunus pelagicus, Bose, Hist. nat. des Crust., LL, p. 220, pl. V, fig. 3 (nec Linné).
. Lupa pelagica, Say, Journ. Acad. nat. Se. Philad.,t. E, p. 97.
Harirar, Variarioxs. — Talisman, 1883 : 10 juin, n° 11, 1084 mètres; au large des côtes du Maroc : lat. N. 35°21", long. O0. 925". Chalut déchiré par des coraux.
Un bel exemplaire femelle avec des œufs.
Du 4 au 6 août, de nombreux exemplaires de cette espèce ont été recueillis à la surface, dans la mer des Sargasses. Môme dans l'alcool, la coloration de ces exemplaires est des plus variées, encore qu'elle se présente toujours sous la forme de marbrures brunes sur un fond clair.
L'évolution de cette espèce rappelle tout à fait celle des Bathynectes et des Cronius; chez les jeunes, en effet, la carapace est étroite, peu arquée, etses dents frontales sont larges et peu saillantes ; en outre, les segments abdominaux 2 à 6 sont manifestement soudés dans les deux sexes. Au reste, même à ce point de vue, le Veplunus Sayr rappelle bien plus Les Bathynectes que les Cronius, car les dents frontales médianes des jeunes sont étroites et réduites, tandis que leurs dents latérales sont larges et obtuses; toutefois, dans les plus jeunes exemplaires, on observe déjà toutes les dents latérales, et elles sont toutes égales, tandis qu'il n’en est pas de mème, comme on sait, chez les jeunes Bathynectes.
Une femelle de 16 millimètres de largeur, sans les épines latérales,
est encore immature ; dans plusieurs mâles à pinces plus grandes
(7 à 18 mill.), les appendices sexuels sont déjà bien développés et les segments 3 à » de l'abdomen sont seuls soudés. Le plus grand exemplaire de la collection à 65 millimètres de largeur sans les épines latérales; son céphalothorax est long de 40 millimètres.
DisrriBurion. — Celte espèce est pélagique et vit au milieu de l’Atlantique, parmi les Sargasses, comme le montrent sa coloration brune et ses marbrures. Elle arrive fréquemment sur la côte américaine, dans le golfe du Mexique, en Floride et jusque dans la Caroline du Sud; elle doit aussi être poussée parfois sur la côte orientale de l'Atlantique, car l'individu capturé par le «Talisman » près de la côte du Maroc ne provenait vraisemblablement pas des profondeurs de 108% mètres, mais
bien de la surface.
CALLINECTES, Stimpson.
Callinectes diacanthus, LATrR., var. africanus, À. M.-Epw. PI. IV, fig. V (en couleur).
ISSI. Callinectes diacanthus, var. africanus, À. M.-Edwards, Aiss. scient. au Merique,
Crustacés, p. 229.
Hanrrar, Variarioxs. — Deux beaux exemplaires mâles et une femelle immature ont été recueillis par le Talisman, à La Praya. Les mâles non adultes présentent la forme en T de l'abdomen, qui est caractéristique du genre Callinectes. La femelle immature se fait remarquer par le développement incomplet de ses fausses pattes, ainsi que par la forme et par la structure de son abdomen qui est triangulaire et dont les segments 2 à 6 sont encore soudés. Les autres caractères sont semblables à ceux des mâles; toutefois, les dents latérales paraissent plus obtuses. Quoique immature, cet exemplaire est déjà de belle taille; la longueur du céphalothorax, sans les épines, est de 48 millimètres, sa largeur de 21 millimètres.
DisrrBurioN. — On sait que le C. diacanthus se trouve sur les deux rives de l'Atlantique, surtout au voisinage de la côte américaine, où on le rencontre depuis New-York jusqu’au Brésil. A lest, l'espèce va moins loin vers le nord, mais, par contre, s’avance davantage vers le sud ; signalée d’abord par lun de nous aux iles du Cap-Vert, on l’a trouvée depuis à Libéria et au Congo; elle franchirail même le cap de Bonne- Espérance, et, d'après Krauss,se trouverait à Natal; on la rencontre aussi
en divers points sur la côte américaine du Pacifique. Elle présente des
variations nombreuses pour lesquelles M. Ordway à établi des espèces spéciales.
C'est une forme côtière.
COLORATION SUR LE VIVANT. — La carapace tout entière, l’abdomen, la face externe des pattes antérieures, les paites postérieures, les poils marginaux des palles ambulatoires et quelques aires sur ces pattes sont de teinte brun verdâtre; les autres parties des appendices sont d’un
beau bleu.
2° Groupe. — CANCÉRIENS, Edw.
ou CYCLOMÉTOPES MARCHEURS
FAMILLE DES XANTHIDÆ, A. Mixe-Epwarps
PILUMNUS, Leach.
Pilumnus hirtellus, L.
1766. Cancer hirtellus, Linné, Syst. nat., 12 édit., p. 1045. IS15. Pilumnus hirtellus, Leach, Malac. brit., pl. XI. 1887. Pilumnus hirtellus, J. Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p.21 (ubi syn.).
Hamirar. — Travailleur, 1882: n° 53,10 août, 100 mètres; Madère. Corail, rocher. Deux exemplaires très velus et de petite taille.
N° 5%, 10 août, 400 mètres; Madère. Corail, roche, sable.
Un exemplaire mâle un peu moins velu que le précédent.
DisrriBuTiox. — Cette espèce est répandue dans toutes les mers d'Europe, depuis la Suède ; elle remonte jusque dans la zone des Laminaires et peut descendre jusqu’à 400 mètres. On la retrouve aussi à Madère.
Elle est sujette à des variations considérables, mais, comme nous l'avons dit précédemment, le ?. spaufer Edw., le ?. villosus Risso, le P. spinulosus Kessler, le P. affims Brito Capello, le ?. texeirianus du même auteur, le ?. africanus À. M.-Edw. et le P. /ridentatus Maillard ne sont que des variétés particulières (1). Ainsi comprise, l'espèce s'étend Jusqu’aux Acores et aux îles du Cap-Vert.
(4) À. Mnxe-Enwanos et E.-L. Bouvier, Crustacés décapodes des campagnes du yacht E « Hiron-
delle ». Première partie: Brachyures et Anomoures; Résult. des camp. scient. du prince de Monaco, fasc. VIL, p. 39-40, 1894.
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 73
Pilumnus hirtellus, PEXN., var. inermis, Epw. et Bouv. PI. XIV, fig. 18.
1894. Pilumnus hirtellus, var. inermis, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, ésult. des camp. scient. de l'«Tirondelle », fase. VIT, p.38.
Hamrrar. — Talisman, 1883: n°68, 8 juillet, 102 mètres: au large du cap Bojador. Sable, coquille, coraux.
Une femelle de moyenne taille parasitée par deux Cépons, l'un situé à droite, l'autre à gauche.
N° 103, 23 juillet, 225 mètres: îles du Cap-Vert : La Praya. Sable, rocher.
Un individu recouvert partout d'une villosité très serrée.
N° 125, L'août, 80-115 mètres; Acores : Faval. Sable noir, rochers.
Quatre femelles de faible taille, quelques-unes parasitées par des Cépons.
DisrBuriox. — Celle variété fut trouvée aux Acores par « l'Hirondelle » à des profondeurs variant entre 130 et 318 mètres ; elle y était parasitée par des Cépons.
Comme on vient de le voir, elle se trouve aussi près de la côte africaine.
Pilumnus Perrieri, M.-Epw. et E.-L. Bouv.
PI. XIV, fig. 10-18.
1898 Pilumnus Perrieri, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Pull. du Mus.. p. 182.
Cette Jolie espèce se fait remarquer au premier abord et se distingue de toutes les autres du genre par le développement exagéré des épines qui ornent les bords latéraux de la carapace, les pattes antérieures et les deux articles moyens des pattes ambulatoires. Elle présente, en outre, sur la moitié antérieure du test el sur tous les appendices, de très longs poils qui dépassent les épines et qui se dilatent en massue à leur extrémité ; entre ces poils se trouvent des soies acuminées plus courtes ; enfin, on voit se développer en certains points, mais surtout dans la partie postérieure du test, sur les doigts des pattes ambulatoires et, à un moindre degré, sur les articles précédents des mêmes appendices, des poils bien plus courts et plus où moins serrés. Ces poils courts se retrouvent sur la face externe de l’abdomen, et çà et là sur la face unie du sternum. Dans le ?. hirtellus var. spinifer Edw., les poils longs sont plus nombreux et s’atténuent régulièrement de la base à l’extrémité libre,
(TALISMAN. — Crustacés.)
re
La carapace est moins voûülée que dans le P. Jirtellus var. spinifer ; les aires sont un peu moins distinctes et le front est moins infléchi vers le bas ; la grande aire gastrique est assez nette, mais les aires hépatiques le sont beaucoup moins ; quant à la division des aires branchiales en deux lobes, c’est à peine si elle est indiquée. En dehors de lépine orbitaire externe, on trouve sur les bords latéro-antérieurs trois épines très longues qui sont recourbées en dessus et en avant; entre l’épine orbitaire externe et la première on voit, sur la région ptérygostomienne, une épine fort allongée qui devient très apparente quand on examine l'animal du côté dorsal; à part quelques granules peu nombreux, il n'y a pas d'autres ornements saillants sur cette région. Le bord supérieur de l'orbite est découpé comme dans le P. Artellus var. spmfer, mais il ne présente pas de denticule en dehors des deux épines qu'on y observe de chaque côté: le bord inférieur présente du côté interne, comme dans cette dernière forme, un fort lobe armé de deux épines, mais en dehors de ce lobe c’est à peine si l’on observe deux ou trois spinules. Le bord frontal est plus largement échancré que dans le P. hirtellus var. spinifer; de chaque côté de l’échancrure, il présente trois petites dents entre lesquelles parfois viennent s'intercaler deux denticules intermédiaires. Contrairement à ce qu'on observe dans cette dernière forme, les pédoncules oculaires sont plus dilatés à l'extrémité cornéenne qu'à la base.
Les appendices céphaliques et buccaux ne paraissent pas différer beaucoup dans les deux espèces ; toutefois, dans le 2. hirtellus, le bord antérieur du méropodite des pattes-mächoires externes est plus allongé, plus concave et se dirige bien plus nettement en arrière.
Les pattes antérieures ressemblent beaucoup à celles du ?. hirtellus var. spinifer, mais les épines y sont un peu moins nombreuses, surtout à la base du doigt mobile de la plus grosse pince, D'ailleurs, toutes les épines sont bien plus grandes dans notre espèce; elles sont arquées, très aiguës, et acquièrent leur maximum de dimension sur le carpe ; plus courtes sur la face externe de la pince, elles y sont disposées en rangées bien plus nettes que dans le ?. kirtellus var. spimifer.
Les pattes ambulatoires, qui sont inermes dans le 2. Airtellus var.
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. T5 spoafer, où qui présentent fout au plus un denticule sur l'angle antérieur du carpe, sont toujours armées, dans notre espèce, d'un certain nombre de très longues épines situées sur le bord supérieur du méropodite et du carpe. La position de ces grandes épines est absolument constante : l’une se trouve à l'extrémité distale du méropodite et deux autres se font suite sur le carpe, loin des extrémités, el à quelque distance du milieu. On observe trois où quatre autres épines sur le méropodite et une ou deux parfois sur le carpe. In’ en à pas sur les autres articles.
L'abdomen ne diffère pas sensiblement de celui des Pilumnes voisins. La taille parait être un peu plus faible que chez ces derniers ; dans l'exemplaire mâle que nous avons figuré, la longueur du céphalothorax est de millimètres et demi et sa largeur à la base des épines postérieures de 11 millimètres ; elle est un peu exagérée dans notre figure.
Hanrrar. — Talisman, 1883: n° 107, 29 juillet, 75 mètres; îles du Cap-Vert : canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine. Sable, coquilles.
Quatre exemplaires, dont une femelle avee des œufs. Un individu au moins est parasité par des Cépons.
Arrinités. — Cette espèce présente, comme nous l'avons montré plus haut, des affinités assez grandes avec le P. hirtellus var. spinifer Kaw., mais elle nous parait se rapprocher surtout du P. aculealus Say, qu'on trouve sur les côtes de la Floride et de la Georgie. Toutefois, cette dernière a des épines plus nombreuses (car elle en présente sur la région hépatique et n’en offre pas moins de deux rangées sur le carpe) et bien plus courtes, une carapace plus bombée et son bord orbitaire infé-
rieur est aussi richement denté que celui du P. ertellus var. spinifer.
EPIMELUS, A. M.-Epw.
Établi par l’un de nous en 1878, ce genre se rapproche des Pilumnes par les poils abondants et longs de son revêtement tégumentaire, par la forme générale du test et des appendices, par le nombre des articles de l'abdomen qui est de sept dans les deux sexes, enfin par le faible développement de la podobranchie des paltes-mâchoires postérieures. Il se rapproche davantage des Atélécylidés par la forme de l’article basilaire
des antennules qui est assez court, par la position des articles suivants des
mêmes appendices qui sont obliques à 45° environ et non point sub-horizontaux comme dans les Pilumnes, enfin par le rebord antérieur de l’endostome qui est beaucoup moins saillant que chez ces derniers. D'un autre côté, les Æpümelus s’éloignent des formes primitives par leur épistome qui est fort étroit, et par les rapports que contracte le 2’ article des pédoncules antennaires avec le front ; toutefois, ces rapports n'amènent pas la soudure, et l’article reste encore légèrement mobile, mais moins que dans les Pilumnes.
Comme caractère tout à fait spécial, les £pimelus se font remarquer par le grand développement en longueur de leur cavité orbitaire et de
leurs pédoncules oculaires, qui atteignent les aires hépatiques.
Epimelus Cessaci, A. M.-Enw.
PI. XV, fig. 1-8.
1878. Æpimelus Cessaci, À. Milne-Edwards, Bull. Soc. philom. de Paris, 22 jun, ASséne tell peer
La carapace est à peine convexe dans le sens transversal, mais elle l’est beaucoup dans le sens antéro-postérieur, surtout en avant où elle est fortement infléchie; elle est couverte de granulations plus ou moins cachées par des poils irrégulièrementlongs.Cesderniers sont presque toujours assez courts, surtout en arrière, c’est-à-dire sur la partie de test où les granulations sont le plus nombreuses. Les sillons qui séparent les aires sont plus profonds, mais en général assez distincts, davantage, en tous cas, que chez les Pilumnes : l’aire cardiaque est peu distinctement limitée en avant, assez bien sur les côtés, mais n'offre pas de limites en arrière; l'aire branchiale antérieure se sépare fort nettement de l'aire hépatique, maisle sillon qui la divise en deux parties, l’une antérieure, l’autre postérieure, n’est visible que dans sa moitié externe ; l'aire hépatique est fort distincte ; quant à l'aire gastrique, elle est également bien limitée, sauf en avant, mais sa portion mésogastrique est à peine sensible, et son lobe urogastrique ne l’est pas du tout. Le front est légèrement arqué et présente en son milieu une étroite échancrure que continue en arrière un sillon médian. Les bords latéraux de la carapace, dans leur moitié antérieure,
sont armés de quatre dents munies de gros granules ; la première, qui
occupe le bord externe de lorbite, estassez forte; la quatrième estla moins saillante et la plus réduite. De très longs poils forment une frange sur le bord frontal et sur la région dentée des bords latéraux ; la mème frange se continue sur le bord antérieur des pédoncules oculaires, et non, comme l'indique à tort la diagnose primitive, par une rangée de poils situés sur le bord supérieur de l'orbite. Le front est assez fortement saillant.
Les cavités des orbites, comme les pédoncules oculaires, sont très allongées et atteignent l'aire hépatique ; les pédoncules sont plus étroits à leur extrémité distale qu'à la base el sont munis d'une cornée assez réduite qu'on trouve en dessous et en avant, à leur extrémité. L'article basilaire des antennules est muni d’un bourrelet qui suit son bord interne. Le second article des pédoncules antennaires est grand, quadrangulaire el muni à son angle antéro-externe d’une petite dent non saïllante ; il se met en contact avec le front, sur une faible longueur, par son angle antérointerne ; le 3° article est sub-globuleux ; le 4° est un peu plus long et plus orèle ; le fouet est nu, étroitet moins long que les pédoncules oculaires.
Le cadre buccal est délimité en avant par un rebord très bas où les échancrures sont indistinetes, sauf celles du milieu. Les deux lobes de la lacinie interne des mächoires postérieures sont inégaux, le lobe antérieur élant plus court et bien plus étroit que le lobe postérieur. La lacinie externe des pattes-mâächoires de la première paire est dépourvue de lobes, et son bord antérieur, orné de quelques poils courts, est nettement sinueux. Les pattes-mächoires postérieures sont assez peu velues dans leur partie élargie, mais munies de longs poils sur leurs trois articles terminaux: leur épipodite est médiocrement long et arrondi à l'extrémité. La formule branchiale est identique à celle des Pilumnes.
Les pattes antérieures sont courtes et se terminent par une pince assez déprimée de dedans en dehors; celle-ci est ornée de gros tubercules qui sont nombreux et serrés sur les deux bords, groupés en séries longitudinales obliques sur la face externe; ces tubercules présentent en avant une touffe de poils médiocrement longs, mais les poils s’allongent beaucoup et deviennent plus nombreux sur le bord supérieur de la pince et sur la moitié basilaire du doigt mobile. Ce doigt est muni de rangées longi-
tudinales de tubercules sur son bord supérieur, de quatre dents sur son
18 CGRUSTACES.
bord interne ; il y à également quatre dents sur le bord tranchant du doigt immobile, plus une cinquième située tout à fait à sa base. Ce doigt est muni d'une rangée longitudinale de tubereules sur son bord externe et d’une autre sur son bord inférieur ; cette dernière continue une des rangées de la face externe de la main. Les doigts sont ordinairement bruns et nus sur leur face externe ; ils sont subaigus à l'extrémité. La face externe et supérieure du carpe est assez fortement voûtée, tuberculeuse et ornée de poils longs et serrés. Le méropodite est triangulaire et orné de longs poils sur son bord supérieur ; en avant et au-dessus, 1l présente une échancrure parallèle à son bord antérieur.
Les pattes ambulatoires sont médiocrement longues, comprimées d'avant en arrière, et munies sur leurs deux bords, surtout sur le bord antérieur, des mêmes longs poils duveteux qui ornentles pinces et le bord de la carapace; sur les doigts, les longs poils antérieurs font défaut et sont remplacés par un court duvet très serré. Les pattes portent çà et là quelques fins granules; celles des première et dernière paires sont les plus courtes ; les doigts des trois paires antérieures sont assez longs et leur bord inférieur est faiblement concave; le doigt des pattes de la quatrième paire est bien plus court, et son bord inférieur est plutôt convexe.
La face inférieure de l'abdomen et celle du sternum sont nues et ornées de poils très courts ; pourtant l'abdomen présente d'assez longs poils sur ses bords, surtout chez les femelles. D'ailleurs, il est aussi étroit que celui des Pilumnes.
Comme dans les Pilumnes, l’orifice sexuel du mâle se trouve sur le bord proximal de l’article basilaire des pattes, et le pénis qui en sort s’avance dans une large gouttière de la face sternale.
Les dimensions d’un exemplaire de grande taille sont les suivantes:
Longueur maximum de la carapace..................... 10 millim.
Largeur — EE noue 12 — MROULITONERE EE bent Re Le et PRE 4,7 —
Longueur des pédoncules oculaires..................... Z — — de la pince sur son bord supérieur............. 6 — — — — PINIÉTIEUNe re Pere cer 1,00— — AUTOS MOI SRE EE ETC CE 4 .
— de la première patte ambulatoire. ............ 13 — — de la troisième — bOD0ooonac 17 -
Longueur de la quatrième patte ambulatoire... + 12,8 millim. -- du doigt de la première patte ambulatoire... 3,1 — — = quatrième — ae 0 Hasrrar, Variarions. — Talisman, 1883 : juillet, iles du Cap-Vert: La Praya ;
de 10 à 30 mètres de profondeur.
Dix femelles et quatre mâles, dont deux de petite taille. Dans plusieurs de ces exemplaires, les poils qui ornent la face dorsale de la carapace sont plus longs et plus abondants que dans celui qui nous à servi de Cype; c’est surtout en avant etau voisinage des orbites qu'on observe cette pubescence exagérée.
DISTRIBUTION. — On ne connaît pas cette espèce en dehors des îles du
Cap-Vert, où elle fut d’abord trouvée par M. de Cessac.
MENIPPE, de Haan.
Menippe Rumphii, FAB., var. rudis, A. M.-Epbw.
1879. Menippe rudis, À. Milne-Edwards, Aiss, scient. au Mexique.5e parûe, Crustacés 1 1 I ; p. 265 (note).
Afin de compléter les renseignements que nous donnons dans ce travail sur la faune carcinologique des îles du Cap-Vert, nous relevons ici les caractères de deux individus incomplets que M. de Cessac a recueillis dans les mêmes parages el pour lesquels lun de nous à proposé la création d’une espèce neuvelle qu'il a nommée 47. rudis.
L'examen attentif de ces deux exemplaires nous a montré que la 47. rudis est tout au plus une simple variété de La 1. Rumphi; elle en diffère par les lobes beaucoup plus saillants de la carapace, et notamment par Île développement d'un second lobe sur chacune des régions hépatiques, par la forme plus arrondie des bords latéro-antérieurs du teste par les dents de ce bord qui sont plus tubereuliformes.
On sait que la 1. Rronphi est une espèce de la côte occidentale de l'Amérique ; elle est connue dans cette région depuis la Floride jusqu'au Brésil. |
Un exemplaire de la même variété a été recueilli au Gabon par Aubry-
Lecomte : il se trouve aussi dans la collection du Muséum.
Menippe nanus, À. M.-Enw. et E.-L. Bouv.
PI. XV, fig. 9 et 10.
1898. HMenippe nanus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Bull. du Mus., t. IV, p. 185.
La carapace est médiocrement élargie; presque plate dans sa moitié postérieure, elle se voûte en avant dans le sens de l'axe, et son front est très incliné vers le bas ; ses sillons les plus développés sont les sillons branchiaux et ceux qui délimitent la partie grèle de l'aire mésogastrique. I y a aussi un fragment externe du sillon qui sépare en deux les aires branchiales ; en avant, de larges dépressions peu profondes remplacent les sillons et délimitent des lobes médiocrement saillants, deux sur chaque aire hépatique, trois sur chaque aire épigastrique et un sur chaque aire frontale. Le bord postérieur du sillon branchial, dans sa partie externe, est un peu proéminent, de même que le bord postérieur du sillon branchial accessoire. L’aire cardiaque antérieure est vaguement limitée sur les côtés et pas du tout en arrière; des stries ou des impressions bien marquées forment les bords latéraux de l’aire cardiaque postérieure. Le front est quadrilobé: ses deux lobes médians sont larges et séparés par une échanerure assez profonde; ses lobes latéraux sont étroits et moins saillants. Le bord orbitaire supérieur à une légère saillie sur son angle interne en arrière du lobe frontal, deux échancrures fort légères vers son milieu et un angle externe peu proéminent; le bord orbitare inférieur est muni d’un gros lobe interne. Il y a quatre dents obtuses et dirigées en avant sur chaque bord latéral de Ta carapace; la seconde est la plus large, la troisième correspond à la plus grande largeur du test, la quatrième est la plus réduite. On observe des ponctuations dans la moitié antérieure de la carapace ; elles se trouvent sur les parties déprimées, rarement sur les lobes.
Les pédoncules oculaires sont courts et munis d'une grande cornée ; les cavités antennulaires sont larges et étroites ; le second article des pédoncules antennaires est mobile et se rétrécit d’arrière en avant, le troisième atteint le front sans contracter de rapport avec lui; le fouet anten-
naire, qui est très grêle, est un peu plus long que les orbites.
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 81
Les régions ptérygostomiennes sont légèrement granuleuses et parcourues par une ligne latérale très nette ; l’épistome est lisse.
La lacinie externe des pattes-mächoires antérieures est assez profondément échancrée en avant, pourtant beaucoup moins que dans le Pseudozius Bouvierr.
Le bord antérieur du méropodite des pattes-mächoires externes estun peu plus long que le bord latéral. |
Les pattes antérieures sont subégales et inermes; leur carpe fait saillie en dedans sous la forme d’un lobe un peu obliquementtronqué.Ily a deux sillons profonds sur le doigt mobile de la pince, un seul sur le doigt mobile ; ce dernier sillon s’avance un peu sur la face externe de la main. On observe de petits tubercules épars et peu nombreux sur la face supéroexterne du carpe et sur la face externe de la main.
Les pattes ambulatoires sont inermes, et c’est à peine si l’on (trouve quelques fins granules sur le bord supérieur de leurs articles ; des poils inégaux assez serrés ornent le bord supérieur du carpe, le propodite et les doigts, qui se terminent par une forte épine aiguë. Les pattes ambulatoires postérieures sont les plus courtes ; leur propodite est large, aplati et nu en arrière.
Le second article de l'abdomen du mâle a des bords parallèles à l'axe et peu convexes ; le3" article est un peu plus large, surtout en arrière, et ses bords sont faiblement arqués:; le 6° est quadrangulaire, le dernier est
plus étroit à sa base que le précédent, son extrémité est très obtuse.
Hasrrar. — Talisman, 1883 : juillet, de 10 à 30 mètres; iles du Cap-Vert: La Praya.
Deux mâles adultes; dans le plus grand, la longueur maximum de la carapace este 5%%,3, la largeur maximum de 77,3.
Disrrisuriox. — Cette espèce habiteles iles du Cap-Vert ; des exemplaires recueillis dans cette région par M. A. Bouvier se trouvaient déjà dans les collections du Muséum.
ArriniTÉs. — La 17. nanus se distingue des autres espèces du genre par sa pelite taille, par le nombre et les dimensions relatives de ses lobes frontaux, et par les granulations qui couvrent ses pinces.
(TaLISMAN, — Crustacés.) Al
PSEUDOZIUS, Dana.
Pseudozius Bouvieri, À. M.-Enw.
PI. XV, fig. 11-14.
1869. Xantho Bouvieri, À. Milne-Edwards, Æev. et Mag. de Zool., sér. 2, t. XXI, p. 371.
1886. Pseudosius Bouvieri, Miers, Brachyura, Challenger, vol. XVI, p. 142. ISSL. Pseudosius mellissii, Miers, Ann. and Mag. nat. Hist., sér. 5, vol. VIT, p. 132. ISSG. Pseudosius Bouvieri, var. mellissit, Miers, Brachyura, Challenger, Zool.. vol. XVII, p. 143, pl. XII, fig. 3.
IS88. Osius Ediwardstii, Th. Barrois, Catal. des Crust. des Açores. p. 10, pl. FL fig. 2-5.
Miers a justement rangé le X. Bouvieri dans le genre Pseudozius dont il présente tous les caractères, mais il a eu tort de considérer le P. melliss comme une variété de cette espèce. Le front quadrilobé du ?. mellissh se retrouve chez tous les P. Bouvieri de grande et de moyenne taille, et ses lobes ne s’atténuent et ne disparaissent à peu près complètement que dans les petits exemplaires, les seuls qui fussent connus à l’époque où lun de nous donna la diagnose de l'espèce. Le P. Bouvieri ressemble à lÆpizanthus frontalis Edw. par la profonde échancrure que présente la lacinie
externe des pattes-màchoires antérieures.
Hagrrar, Variations. — Talisman, 1883: 27 juillet, n° 105, 20 mètres; entre l'ilot Branco et l'ilot Razo.
Deux exemplaires mâles dont la carapace mesure un peu moins d'un centimètre de longueur. Le front est à peine lobé.
Juillet; îles du Cap-Vert.
Un grand exemplaire femelle à front très fortement Iobé. La carapace mesure 35 millimètres de longueur. Un autre exemplaire femelle en mauvais état.
Août; Acores.
Un exemplaire mâle à front déjà nettement Ilobé. Sa carapace mesure à peu près 13 millimètres dans le sens de la longueur.
DisrriBurion. — Signalée primilivement aux îles du Cap-Vert, où elle fut trouvée dans la baie de Saint-Vincent par M. A. Bouvier, cette espèce à été signalée depuis à l’île Ascension par des naturalistes anglais, à Pile Sainte-Hélène par le « Challenger », et aux Acores par M. Barrois. Elle est côtière ou subcôtière.
C’est la seule espèce du genre qui se trouve dans l’océan Atlantique.
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 83
EPIXANTHUS, Heller.
Epixanthus Helleri, À. M.-Epw.
PI. XV, fig. 15-19.
1867. Epiranthus Helleri, À. Milne-Edwards, Ann. Soc. ent. de France, sér. 4, & VIT, p.. 278.
La carapace est large, ovalaire, à peine convexe transversalement, un peu infléchie en avant, surtout dans la région frontale. Les sillons y sont peu nombreux et peu profonds; les seuls qui apparaissent assez nettement sont ceux qui limitent latéralement les aires métagastriques et le sillon branchial intermédiaire; celui-ci est limité en arrière par une faible saillie un peu granuleuse; des saillies analogues, mais moins marquées, se trouvent à droite et à gauche de laire mésogastrique (dont la partie antérieure est seule distincte), de mème que vers le bord postérieur et interne des aires hépatiques. Le front est nettement quadrilobé, mais son échanerure médiane ne se prolonge pas en arrière par un sillon, Des quatre dents latérales, les deux antérieures sont à peine indiquées par de légères ondulations des bords latéraux ; les deux postérieures sont distinctes, mais peu saillantes. Sur la partie interne du bord orbilaire supérieur se trouve une saillie, mais l'angle orbitaire externe n'est pas proéminent ; il y a un lobe saillant à l'angle interne du bord orbitaire inférieur, Quelques ponctuations se trouvent sur l'aire gastrique ei la moitié postérieure de la carapace; ailleurs, les ponctuations se mêlent à de petites granulations.
Les pédoncules oculaires sont courts et peu dilatés en dehors. L'article basilaire des antennules est marqué d’un sillon longitudinal. Le second article des antennes externes est en contact avec le front comme dans les Xanthes, beaucoup moins pourtant que dans lÆ. frontalis Edw.; ilest échancré à sa base sur son bord externe. Les fouets antennaires, nus et très grèles, n’atteignent pas tout à fait l'extrémité des yeux.
L'épistome est lisse, sauf sur ses bords antennulaires et endostomiens où il présente une rangée de granules. Les aires ptérygosto-
miennes sont fortement granuleuses ; leur ligne latérale est peu marquée,
sauf près du bord buccal où elle est limitée par une ligne de granulalions. Les sillons endostomiens sont assez nets, mais les orifices respiratoires sont fort étroits. Les mâchoires de la 2° paire sont caractérisées par le bord arrondi antérieur de Pexopodite: les lacinies ressemblent à celles de l’Æ. frontalis, en ce sens que le lobe interne de la lacinie interne est plus long et plus fort que le lobe externe ; comme dans cette dernière espèce, il y a des poils nombreux sur les deux bords du palpe. La lacinie externe des pattes-mächoires antérieures est un peu contave en avant, mais son lobe postérieur est très développé. L'ischiopodite des pattes-mâchoires postérieures présente en dehors un fort sillon longitudinal muni de poils; le méropodite des mêmes appendices a le bord externe arrondi et très saillant, et quelques dépressions sur sa face inférieure.
Les pattes antérieures sont très inégales ; tantôt c’est la droite, tantôt c'est la gauche qui est la plus forte. Le bord antérieur du méropodite forme en dessus un angle saillant. Le carpe est arrondi en dehors et présente en dedans un lobe obtus. Les pinces sont énormes ; sur le bord interne des doigts de la petite, on trouve de faibles denticules et quelques dents un peu plus fortes; les doigts de la grande pince sont munis de quelques grosses dents obtuses, abstraction faite de la saillie dentaire énormémentdéveloppée qu'on observe à la base du doigt mobile. Quelques stries obliques et à peine distinctes ornent la face externe du carpe et les deux faces de la grande pince; il ya en outre des ponetuations sur le carpe et sur les pinces; les doigts de ces dernières sont noirs. Les pattes ambulatoires sont assez larges; elles présentent des granules saillants sur le bord supérieur arrondi du carpe et du propodite ; le doigt tout entier, le bord supérieur du propodite, ainsi que la partie antérieure de la face externe et du bord inférieur du même article sont ornés de courts poils, les uns aigus, les autres en massue ; sur les doigts s'élèvent en outre quelques poils plus allongés. Les griffes cornées sont très saillantes. Le propodite des pattes postérieures est plus court et plus déprimé que celui des autres paites.
Les orifices sexuels mâles sont situés à la base des pattes postérieures.
L’abdomen de la femelle est orné sur ses bords de poils serrés.
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. S5
La couleur de l'animal dans l'alcool est d'un jaune marron.
Hasrrar, — Talisman, AS83: juillet, de 10 à 30 mètres; iles du Cap-Vert : La Praya.
Quatre exemplaires, deux femelles et deux mâles. Dans Fexemplaire mâle que nous avons figuré, la longueur totale de la carapace est de 11%%,6 et la largeur maximum de 18 millimètres.
DisrriBuriox, — Trouvée au Gabon par Aubry-Lecomte, et au Sénégal par Dufresne (Coll. du Muséum), cette espèce, comme on vient de le voir, habite aussi les iles du Cap-Vert.
Arrinités. — L’£, corrosus À. M.-Edw. est corrodé à sa surface et présente quatre dents latérales obtuses ; PÆ. dispar Dana est caractérisé par son front droit; enfin P£. /rontalis Edw. a un sillon frontal et quatre
dents latérales très nettes.
XANTHODES, Dana.
Xanthodes eriphioides, À. M.-Enw.
1SGS. 'anthodes eriphioides, À. Milne-Edwards, Nouv. Arch. du Mus., LV, p.58, pl. XVI, fig. 10-14.
Hamrar. — Trois exemplaires ont été recueillis par le Ta/isman (2 juillet, n°105, S5 mètres) entre l'ilot Branco et lilot Razo, et deux autres à La Praya, îles du Cap-Vert (par 10-30 mètres de profondeur).
Disrrigurion. — Cette jolie espèce n’est pas connue, que nous sachions,
en dehors des parages des îles du Cap-Vert.
Xanthodes melanodactylus, À. M.-Epw.
PI. XVI, fig. 3.
ISGS. Xanthodes melanodactylus, A. Milne-Edwards, Nouv. Arch. du Mus., & IV, p. 60, pl. XVII, fig. 1-3.
1894. Nantho melanodactylus. A.-E. Ortmann, Zoo!. Jahrb., Syst. B. VIL p. 449 (ubi syn.).
1852. Xantho parvulus, Dana (nec Fab., Edw.), US. Explor. B2p., No peu: 1852. Xantho minor, Dana, 1bid., p.169, pl. HE, fig. 7.
Si l'aspect général de cette espèce est très constant, ses caractères
de détail sont essentiellement variables, surtout ceux qui sont relatifs à
la coloration du test (dans l'alcool) et aux ornements des pinces. Les doigts de ces dernières, notamment, présentent un polymorphisme remarquable : tantôt lisses, tantôt profondément costulés et cannelés, le plus souvent assez courts, mais parfois aussi relativement allongés. La pince gauche, qui est presque toujours plus réduite, se fait remarquer par ses granulations plus nombreuses, par les côtes de ses doigts et par l'absence fréquente de toute dent sur le bord interne du doigt mobile. Mais ces deux derniers caractères apparaissent également parfois sur la pince droite, le doigt de cette dernière étant alors dépourvu de sa très grosse dent basilaire. Or, comme le X. #nor Dana ne paraît différer du À. #elanodactylus que par l’atrophie complète de cette dent, on est amené à
conclure qu'il y aura probablement lieu de réunir les deux espèces.
Harrrar, Variations. — Travailleur, 1S82 : 18 juillet, n° 16, 627 mètres; au large de Vigo. Sable, gravier.
Un petit exemplaire incomplet, à granules sériés sur les pinces. La déterminalion de cel exemplaire est douteuse.
4 août, n° 47, 80 mètres ; Canaries. Sable, roches.
Trois petits exemplaires décolorés, les doigts, longs el arqués, étant plus blancs que le reste du corps.
9 août, n° 52, 100 à 150 mètres ; îles Desertas.
Très nombreux exemplaires, à pinces fort variées ; tous sont décolorés, c'est à peine si quelques-uns présentent sur le dos des aires brunes.
Talisman, 1883 : 28 juin, n° 55, 30 mètres; Canaries : canal de la Bocayna. Sable, roches.
Six exemplaires restés rougetres dans l'alcool.
8 juillet, n° 64, 355 mètres ; au large du cap Bojador. Sable, coquilles, coraux.
Un exemplaire rougeâtre, très granuleux. Détermination douteuse.
26 juillet, n° 10%, 20 mètres; dans la rade de Porto-Grande, à Saint-Vincent du Cap-Vert.
Nombreux exemplaires pour la plupart très nombreux: blanchâtres avec des taches brunes (dans l'alcool).
27 juillet, n° 105, 110-180 mètres; entre l'ilot Branco et l'ilot Razo. Sable, roches.
Six exemplaires, les uns rougeâtres, les autres décolorés.
Juillet, de 10 à 30 mètres; La Praya, îles du Cap-Vert.
Trois beaux exemplaires dont la carapace mesure près de 10 millimètres de largeur ; les pinces sont grosses, et leur face externe est presque totalement lisse.
12 août, n° 125, S0-115 mètres ; Acores : canal de la Horta. Sable, roches.
Trois exemplaires à pinces assez grèles et fortement infléchies vers le bas. Coloralion rougeitre dans l'alcool.
SECTION DES CYCLOMEÉTOPES. 87
DisrrIBuTION. — Celle espèce est connue depuis les Canaries jusqu'à
l'île Ascension où elle fut signalée par Miers ; l « Hirondelle » la
capturée aux Acores. Comme on la vu plus haut, elle remonte peut-être
jusqu'au large de Vigo, où elle se trouverait par 620 mètres de profon-
deur. Plus au sud, on la rencontre depuis la zone sublittorale jusqu'à 200 mètres environ.
Xanthodes melanodactylus, var. rufopunetatus, À. M.-Enw. PI. XVI, fig. 4 et 5.
1869. Xanthodes rufopunctatus, À. Milne-Edwards, /tev. el Mag. de Zoo. sér. ? t. XXI, p. 409.
Un examen minutieux de celte espèce nous a convaincus qu'elle ne différait pas au fond de la précédente e{ qu'on pouvait, tout au plus, la considérer comme une variélé plus granuleuse et tachetée de ronge du \. melanodactiylus.
Havrrar. — T'alisman, 1883 : 13 juillet, n° 103, 225 mètres ; iles du Cap-Vert: La Praya. Sable, roches.
Deux pelits exemplaires à peine rougeàtres.
29 juillet, n°107, 75 mètres; iles du Cap-Vert : canal de Saint-Vincent, Sable, coquilles.
Nombreux exemplaires, pour la plupart rougeàtres, quelques-uns tachetés de rouge.
Disrrmuriox. — Cette variété n'est pas connue jusqu'iei en dehors des iles du Cap-Vert. Pourtant, comme eile est en général plus petite que lespèce typique, et comme ses pinces sont plus fréquemment dépourvues de dents à la base du doigt mobile, il y a probablement lieu d'y rattacher plus spécialement le Xaztho minor de Dana. Cette dernière espèce provient
des îles du Cap-Vert et de Madère.
Xanthodes granosus, À. M.-Ebw. et E.-L. Bouv. PI. XVI, fig. G-13.
1898. Xanthodes granosus, À. Milne-Edwards el E.-L. Bouvier, Bull. du Mus., L IV, p. 186.
Cette espèce sedistingue au premier abord de tous les Xanthodes de la
mème région, par son front bien moins large et beaucoup plus saillant ;