NE CRUSTACÉS
les deux petits lobes latéraux arrondis de cette partie du corps ressemblent beaucoup à ceux du X. #2elanodactylus, mais les lobes médians sont bien plus saillants, plus arqués, et séparés par une échancrure bien plus large. Il y a de chaque côté quatre dents latérales plutôt obtuses, dont la dernière est fort réduite ; le test est à peine convexe transversalement, mais s’infléchit beaucoup vers le bas à mesure qu'on se rapproche de la région frontale. Les aires hépatiques, les lobes épigastriques et mésogastriques sont distinctement séparés par des sillons ; Le lobe métagastrique est déjà moins net; on distingue encore les traces d’une aire urogastrique, mais c'est à peine si l’on peut apercevoir de vagues contours à l'aire cardiaque. Il y à un sillon branchial accessoire assez distinct qui, toutefois, ne s’avance pas du côté interne jusqu'au sillon branchial antérieur. La partie postérieure de la carapace est lisse, avec quelques rares ponctuations ; pourtant, sur les côtés, à mesure qu'on se rapproche de la dernière dent latérale, on voit apparaître des saillies punctiformes qui deviennent plus nombreuses et plus fortes en avant; ces saillies se groupent le plus souvent en lignes transversales plus ou moins obliques, dont certaines, plus marquées, délimitent le bord antérieur de plusieurs régions du test. Une de ces lignes se trouve juste en arrière du lobe frontal dont elle est séparée par un sillon transversal très marqué, une autre occupe le bord antérieur du lobe épigastrique, une autre la partie antérieure des aires hépatiques, ete. Le bord orbitaire supérieur n'offre pas d’autre échancrure apparente que celle située au voisinage du bord frontal. La saillie orbitaire, externe est très peu accentuée, mais le lobe orbitaire interne est assez fort.
Les fossettes antennulaires sont assez courtes et larges et les antennes s’yreplient dans une direction assez nettementoblique ; par ces caractères, de même que par les rapports très restreints que contracte le second article des antennes avec l’étroite saillie frontale inférieure, l'espèce qui nous occupe se montre à un stade évolutif moins avancé que les autres Xanthodes.
C'est ce que prouve également l'étude de la région buccale : le bourrelet qui limite en avant l’endostome est très peu saillant, le lobe interne de la
lacinie interne des mâchoires de la 2 paire est nettement plus allongé
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 89 que le lobe externe; enfin le lobe portunien de la lacinie externe des pattesmächoires antérieures est encore très proéminent. Le méropodite des pattes-mächoires postérieures est peu saillant en dehors; ses bords antérieur et externe sont à peu près égaux en longueur, sa surface inférieure est ornée de fins granules ct de quelques dépressions irrégulières.
Les pattes antérieures sont toujours très inégales. Leur méropodite est inerme et orné de poils sur son bord supérieur ; le carpe forme en dedans une saillie à bord tronqué qui se termine vers le bas en une sorte de pointe courte ; 1l présente en dehors et en avant un profond sillon transversal. Les pinces sont munies de deux sillons longitudinaux, l’un à droite, l'autre à gauche de leur bord supérieur; le sillon interne est assez accentué, l’autre l’est beaucoup moins. Sur les parties supérieure et externe de la main et du carpe se voient de grosses granulations arrondies plus ou moins obtuses à l'extrémité, parfois mème très déprimées et ayant une apparence perliforme. Sur la pelite pince, ces granules manifestent une tendance à se grouper en séries longitudinales ; cette disposition est moins évidente sur la grande, où pourtant on peut toujours distinguer deux ou trois lignes longitudinales dontles granules sont souvent un peu plus forts. Dans cette dernière pince, d’ailleurs, les granules s'atténuent à mesure qu'onserapproche du bord inférieur,qui devient parfois lisse comme la face interne; il n’en est pas de mème sur la petite : les granules y sont partout forts, parfois subspiniformes, et ne font défaut que sur une certaine étendue de la face interne. En outre, les doigts de cette pince sont ornés de granules disposés en séries longitudinales et séparés par cinq sillons fort distincts ; sillons et granules s’effacent plus ou moins et souvent même disparaissent totalement sur les doigts de la grande pince. Ceux-ci présentent en dedans trois ou quatre tubercules dentaires assez médiocres ; des denticules ou de simples sinuosités se trouvent sur les bords tranchants des doigts de la petite pince.
Les pattes ambulatoires sont armées d’une rangée de denticules sur le bord supérieur du méropodite, de trois rangées plus ou moins régulières de denticules analogues sur le bord supérieur du carpe, enfin de granules spiniformes, en nombre variable, sur la face supérieure arrondie du propo-
dite. Des poils très inégaux se voient parmi ces saillies et abondent
(TALISMAN. — Crustacés.) 12
surtout sur le propodite et sur les doigts ; 11 y a aussi quelques poils sur le bord inférieur et sur la face externe du propodite. Dans les pattes de la dernière paire, ce dernier article est à peine plus long que large.
Le second segment de l'abdomen du mâle se distingue par ses bords latéraux qui forment un angle à sommet obtus dirigé en dehors; le troisième segment, soudé aux deux qui suivent, est beaucoup plus élargi, mais présente la forme normale. L’abdomen de la femelle est frangé de poils serrés.
La couleur dans l'alcool est blanchâtre, mais les doigts des pinces sont
jaunes ou noirs.
Hanrrar, VariaTions. — Talisman, 1883 : juillet, de 10 à 30 mètres ; iles du Cap- Vert : La Praya.
Neuf exemplaires dont plusieurs femelles avec des œufs. L'individu mâle que nous avons figuré est de grande taille : sa carapace mesure 7 nullimètres de longueur et 9,5 de largeur.
26 juillet, n° 104, 20 mètres ; rade de Porto-Grande, à Saint-Vincent.
Deux exemplaires mâles, dont l'un de petite taille. Ce dernier, qui mesure 3 millimètres de longueur, parait être adulte ; son front est bien plus droit que celui des grands exemplaires. Dans les deux individus, on voit de larges taches violacées sur la carapace.
Arrinirés. — Cette espèce se rapproche du Âantho tuberculatus Couch par la présence de lignes granuleuses saillantes sur la carapace, mais elle s’en distingue par la plupart des autres caractères, notamment par son front plus arqué et plus étroit, par ses lobes moins saillants, par les ornements des pattes antérieures, ainsi que parles spinules plus nombreuses qu'on trouve sur les pattes ambulatoires. Elle est certainement bien plus voisine à tous égards d’une espèce indienne, le X. Lamarcki Edw., dont les pinces sont d’ailleurs subégales et ornées en dehors de deux ou trois sillons longitudinaux; elle est plus voisine encore d'une autre espèce de l'Inde, le X, granosomanus Dana, dont le front est pourtant plus large, et dont les pinces subégales sont ornées en dehors d’un sillon longi-
tudinal.
Xanthodes Talismani, Epw. et Bouv.
PI. XVI, fig. 14-18.
1898. Xanthodes Talismani, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Bull. du Mus., p. 188.
Ce Crustacé est probablement celui de tous les Cancériens, peut-être même de tous les Crabes, qui atteint la moindre taille ; plus petit que le Xanthodes melanodactylus, c'est à peine si ses représentants de très grande dimension mesurent 5 millimètres de longueur, et pourtant nous avons affaire à des animaux parfaitementadultes : leurs appendices sexuels sont bien développés et, dans la jolie collection de cette espèce qu'a recueillie le « Talisman », se trouve un certain nombre de femelles absolument surchargées d'œufs.
Ce Xanthode se trouve à un degré d'évolution un peu plus avancé que les autres espèces des mêmes parages : des quatre dents latérales de la carapace, il n’a conservé que les trois postérieures, et encore la dernière est-elle fort réduite ; le lobe postérieur de la lacinie externe des pattesmâächoires antérieures est à peine indiqué, enfin l'arthrobranchie des pattes-mächoires de la deuxième paire est remarquablement étroite, quoique de longueur normale.
Certains sillons de la carapace sont nettement accentués : le sillon qui fait suite à la profonde échancrure frontale, le sillon mésogastrique et, à un moindre degré, le sillon métagastrique, le sillon branchial antérieur et la dépression qui sépare les aires hépatiques des lobes épigastriques. Les sillons cardiaques et branchiaux postérieurs sont à peineindiqués. La moitié postérieure de la carapace est unie ou faiblement ponctuée ; sur la partie antérieure se trouve un certain nombre de courtes saillies transversales, de granules ou de petits tubercules qui deviennent particulièrement saillants sur le bord frontal, où ils forment une rangée, et sur les aires hépatiques. En certains points, ces courtes saillies se groupent en lignes transversales plus ou moins longues ; c’est ce qu'on observe, notamment, sur le bord postérieur du sillon branchial. Des touffes de poils jaunâtres, longs et comme frisés, au nombre de sept paires, occupent des points constants à la surface du test : il y a une touffe de chaque côté en arrière du front, une
sur les aires épigastriques, une sur le milieu du sillon branchial, une sur la seconde dent latérale, une sur le lobe mésogastrique, enfin une dernière à la limite des aires gastrique et cardiaque. Le front est un peu arqué, large, et forme en dehors un très petit lobe constitué par deux ou trois tubercules ; un angle peu profond sépare ce lobe du bord orbitaire supérieur ; celui-ci est frangé d’une série de fins granules et présente deux échancrures très faibles ; le bord orbitaire inférieur a des ornements un peu plus gros et présente un lobe orbitaire interne assez fort.
Les pédoncules oculaires sont légèrement granuleux où tuberculeux près du bord de la cornée; dans le sinus profond que forme en dedans cette dernière se trouve un bouquet de poils jaunâtres. Le second article des antennes touche très peu la saillie frontale et conserve assez bien sa mobilité ; les fouets antennaires grèles et nus peuvent presque atteindre la première dent latérale du test.
L'épistome est dépourvu d'ornements, en dehors de ses rangées de granules marginaux ; les régions ptérygostomiennes sont fortement granuleuses ; la ligne latérale est très distincte et bordée de granules un peu plus forts. Le méropodite des pattes-mâchoires externes est assez saillant en dehors; son bord antérieur et son bord latéral sont presque égaux.
Les pattes antérieures sont très inégales, l’une étant ordinairement beaucoup plus forte que l’autre. Leur méropodite est inerme ; mais leur carpe présente deux saillies spiniformes sur son bord interne. Des tubercules nombreux et presque spiniformes se trouvent sur les parties supérieure etexterne du carpe et de la pince de la petite patte, mêlés à d'assez nombreux poils jaunâtres, arqués et assez longs; des tubercules plus petits s’observent sur la face interne de la pince, et des cannelures profondes sur ses doigts, dont les bords sont sinueux plutôt que dentés. Dans la grande patte, les tubercules sont plus bas, plus larges, et atteignent leur maximum de dimension sur la face externe de la pince. Les cannelures disparaissent le plus souvent, en grande partie, sur les doigts de cet appendice ; les dents, par contre, y sont fortes.
Les pattes ambulatoires sont inermes, et c’est à peine si l’on trouve quelques denticules sur le bord supérieur de leur méropodite et de leur
carpe ; elles présentent sur leur bord supérieur, à partir du carpe, et sur
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 93 leur bord inférieur, à partir de l’article suivant, des poils Jjaunâtres allongés, mêlés à des poils beaucoup plus courts ; ceux-ci prédominent sur toute la surface des doigts.
L'abdomen ne présente rien de particulier ; dans celui du mâle, on n’observe plus trace des lignes de sutures des articles 3, # et 5. L'abdomen de la femelle est muni d’une frange serrée de poils.
La couleur dans l’alcool est très caractéristique : sur la carapace, de grandes aires irrégulières d'un brun violacé, avec des surfaces plus petites non colorées ; sur les pattes, la même teinte brun violacé reparait, mais elle y forme presque partout un réseau à mailles fines. Les pinces ont les doigts noirs, le bord supérieur violacé, la face externe presque incolore, la face interne avec une teinte légèrement violette.
Hamirar, Varrarioxs. — Tulisman, 1883 : 26 juillet, n° 104, 20 mètres; rade de Porto-Grande, à Saint-Vincent du Cap-Vert.
Une vingtaine d'exemplaires de diverses tailles, y compris des femelles ovigères; le plus grand est le male représenté planche XVT, figure 14: sa carapace a
mm À ,
5 de longueur et 6,5 de largeur. Dans presque tous ces exemplaires la colo- Le Le ration que nous avons indiquée est plus où moins manifeste, mais les pinces ne sont pas toujours inégales.
27 juillet, n° 105, 110-180 mètres ; entre l'ilot Branco et l'ilot Razo. Sable, rocher. Deux mâles adultes, en partie décolorés. Le plus grand, de taille presque aussi forte que l'exemplaire dessiné, a des tubercules aigus sur les deux pinces. 28 juillet, n° 107, 70 mètres; iles du Cap-Vert : Saint-Vincent. Sable, coquilles. Trois exemplaires mâles. Dans l'un de ces exemplaires la carapace mesure à peine 2 millimètres, et pourtant les appendices sexuels paraissent déjà bien développés.
Arrinirés. — Cette espèce se rapproche beaucoup du Xantho minor Dana, de Madère et des îles du Cap-Vert; mais celte dernière appartient à un genre différent : sa dent antérieure est encore nette, sa carapace est dépourvue de touffes de poils, ses pinces sont un peu costulées etil ny a pas d’épines sur le bord interne du carpe qui les porte.
XANTHO, Leach.
Xantho tuberculatus, Coucx (non HezLEr nec Carus).
Xantho tuberculata, Couch, 4. S.
1853. Xantho tuberculata, T. Bell, Brit. stalk-eyed Crust., p. 359, figure.
1894. X'antho tuberculatus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Résult. des camp. scient. de l « Hirondelle », fase. VII, p. 33. ,
1898. Xantho tuberculatus, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes, sèr. III, n° 332, fig. 5 B, 6, 7,8et 9.
1899. Xantho tuberculatus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de l'« Hirondelle » (supplément) e{ de la « Princesse- Alice », fase. XII, p.31-33, pl IL fig. 3-15, pl. XVIIT, fig. 24.
Le « Travailleur » etle « Talisman » ont recueilli une très jolie collection de cette espèce, qui était restée mal connue et que la plupart des auteurs confondaient avec le À, foriudus. L'un de nous a relevé récemment ses caractères essentiels et a montré qu’elle devrait plutôt se ranger parmi les Nanthodes que parmi les Xanthes.
Hamrrar, Variarions. — Travailleur, 1880 : juillet, fosse du Cap-Breton; entre 100 et 150 mètres de profondeur.
Un magnifique exemplaire, le plus grand que nous ayons jamais eu à notre disposition; longueur de la carapace : 18 millimètres: largeur maximum : 26 millimètres. Les lignes granuleuses de la carapace sont très accentuées, la saillie externe du méropodite des pattes-mâchoires externes est énorme, des tubereules obtus et peu saillants, dont certains sont groupés en deux lignes longitudinales, se trouvent sur la face externe des pinces, qui présentent en outre de nombreuses dépressions et des rides transverses; les saillies du carpe sont obtuses, mais fort irrégulières et très saillantes. L'exemplaire est un mâle ; sa pince droite est un peu plus forte que la gauche.
Travailleur, ASSA : 19 juillet, 520 mètres.
Une femelle dont la carapace à 1 centimètre de longueur. Dans cet exemplaire, les lignes granuleuses existent partout, aussi bien sur les pattes antérieures que sur la carapace; celles du carpe de ces dernières sont pour la plupart courtes et forment plutôt des saillies granuleuses; les pinces sont longues et leurs doigts sont très arqués ; les nombreux tubercules de leur face externe se groupent très nettement en lignes transverses et en quelques lignes longitudinales.
Le lieu où fut pris cet exemplaire nous est inconnu, car les indications de l'étiquette ne correspondent à aucun des dragages du « Travailleur » et du « Talisman ». En juillet 1881, le « Travailleur » opérait dans la Méditerranée ; si l'exemplaire ci-dessus provient réellement de ces dragages, il sera jusqu'ici le seul représentant authentique de l'espèce dans cette mer.
Travailleur, 1882 : 12 juillet, n° 8, #11 mètres; golfe de Gascogne : au large du cap Penas.
Une femelle de moyenne taille, très richement ornée de granules, notamment sur la carapace; les lignes granuleuses de ses pattes antérieures sont très saillantes et tendent à devenir tuberculeuses. Longueur de la carapace : 7 millimètres.
Talisman, 1883 : 8 juillet, n° 64, 355 mètres ; au large du cap Bojador. Sable, coquilles, coraux.
SECTION DES CYCLOMETOPES. 95
Quatre exemplaires adultes un peu plus petits que le précédent; les lignes granuleuses des pattes sont partout très nettes, mais elles deviennent parfois sinueuses el obtuses, limitant des cavités méandriformes sur le carpe des pattes antérieures.
Un autre exemplaire un peu plus grand, mais non moins typique, fut capturé par 250 mètres de profondeur: dragage n°65.
13 juillet, n°91, 235 mètres; au large du banc d'Arguin. Sable vasard verdâtre.
Trois exemplaires de mème laille que les précédents où plus petits. L'un d'eux est fort remarquable par la profondeur et le nombre des dépressions que présentent le carpe et les pinces des pattes antérieures, par la hauteur des saillies obtuses et un peu granuleuses qui séparent ces dépressions, par la surface externe corrodée et munie d'un bourrelet longitudinal du carpe des pattes ambulaloires, enfin par le bord supérieur, en crête irrégulièrement découpée, de ce dernier article et du méropodite. Cela rappelle beaucoup les exemplaires très corrodés de X. foridus, mais la ressemblance ne va pas au delà.
23 juillet, n° 109, 225 mètres ; iles du Cap-Vert : La Praya. Sable, rocher.
Deux petits exemplaires très normaux; lun d'eux mesure environ 3 millimètres de longueur et n'est pas encore adulte, l'autre à un peu plus de # millimètres et présente des appendices sexuels bien développés.
DisrriBurion. — Cette espèce est plus petite que les autres Xantho de nos côtes et habite des profondeurs plus grandes. Elle ne paraît pas remonter au-dessus de 100 mètres et a été capturée abondamment entre 700 et 1 200 mètres par la « Princesse-Alice ». Signalée par Bell dans la mer Britannique, elle fut trouvée par le « Travailleur » dans le golfe de Gascogne, par l’« Hirondelle » aux Acores, et par le « Talisman » au large de la côte africaine orientale jusqu'aux îles du Cap-Vert.
Il est jusqu'ici douteux qu'elle se trouve dans la Méditerranée; ainsi que l’un de nous l’a montré, les exemplaires que Heller à rapportés à
celte espèce sont des X'antho floridus plus corrodés que les autres.
Xantho floridus, Moxr.
1813. X'antho floridus, Montagu, Trans. linn. Soc., L IX, p.85, pl IT, fig. 1.
1887. Xantho floridus, J. Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 19 (ubi syn.).
1898. Xantho floridus, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes, sèr. TT, n° 332, fi. 1,2,0, 4 eb91c.
1899. Xantho floridus, À. Milne-Edwards et E. Bouvier, Aésult. des camp. scient. de l’Hirondelle (supplément) ef de la « Princesse-Alice », fase. XTIT, p. 31-33, pl. Il, fig. 2, pl. IV, fig. 19-23.
1863. Xantho tuberculatus, C. Heller, Crust. südl. Europa, p. 68, pl. IT, fig. 5-7.
1884. Xantho tuberculatus, Carus, Prodr. faunæ Medit., vol. 1, p. 518.
Hamrrar, Variations. — Travailieur, 1881 : 16 juillet, n° 24, 77 mètres ; au large de Bonifacio. Gravier, coraux.
Quatre petits exemplaires adultes ; une femelle ovigère a 8 millimètres de longueur, un mäle muni d'appendices sexuels bien développés 6 millimètres; dans une femelle de 5 millimètres et demi, les appendices sexuels sont déjà normaux et les vulves sont perforées.
Ces individus sont d'une détermination fort difficile: leur carapace est peu infléchie en avant, les épines de leurs pattes ambulatoires sont fort réduites et le méropodile des pattes-mächoires postérieures n'a pas encore la faible largeur qui le caractérisera plus tard ; mais déjà les pattes-mächoires antérieures sont typiques et dépourvues de tout lobe portunien. La carapace est munie, notamment sur les parties latérales et antérieures du dos, de nombreux et fins granules uniformément répartis ; des granules plus forts se trouvent aussi sur les pattes antérieures, mais n'y affectent pas la même disposition que dans le X. tberculatus. Les pattes ambulatoires ont des poils longs, mais peu nombreux, sur les deux bords; dans les trois paires antérieures, le propodite reste plus long que large et n'est pas tronqué nettement en dessous: il devient déjà tout à fait normal aux pattes postéricures.
En somme, les jeunes exemplaires de Fespèce ont une certaine tendance à ressembler au X. revulosus et au X, tuberculatus.
Talisman, 1883 : Grande Canarie, dans les rochers du rivage.
Sept exemplaires fort typiques de l'espèce.
Iles du Cap-Vert : La Praya, par 10-30 mètres de profondeur.
Sept exemplaires caractérisés tous par les larges ponctuations irrégulières qui couvrent l'épistome, les régions plérygostomiennes et la face inférieure des pattesmächoires externes. Ces ponctuations, qui donnent au test l'aspect corrodé, se retrouvent moins nombreuses et plus réduites sur la partie antérieure du dos ; il est rare qu'on les observe plus en arrière et jusque sur l'abdomen. Le tubereule externe du bord inférieur de l'orbite est presque toujours rudimentaire ou nul. Peut-être cette forme est-elle propre aux iles du Cap-Vert; en tous cas, elle semble bien présenter les caractères d'une variété distincte.
DisrriBurion. — Cette espèce avoisine le plus souvent le littoral, et, dans tous les cas, ne paraît pas descendre au-dessous de 100 mètres de profondeur. On la connaissait depuis longtemps dans les eaux européennes depuis la mer du Nord; M. Barrois et l’« Hirondelle » l'ont recueillie aux Acores, Dana l’a signalée à Madère et le « Talisman », comme
on vient de le voir, l'a retrouvée aux iles du Cap-Vert.
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 97
LEPTODIUS, À. M.-Edw.
Leptodius convexus, À. M.-Epw.
PI. XVII, fie. 1-6.
1869. CAlorodius (Leptodius) convexus, À. Milne-Edwards, Rev. et Mag. de Zool., SÉR 2 AEN Xp; A0,
La carapace est un peu convexe dans le sens transversal, beaucoup plus dans le sens de la longueur, surtout en avant, où elle s’infléchit fortement dans la région frontale. Les sillons y sont tous très accentués, de mème que les régions qu'ils délimitent; on observe même un assez grand nombre de sillons accessoires : un sillon longitudinal qui divise imparfaitement le lobe épigastrique, un sillon post-frontal peu profond qui sert de limite antérieure à deux petits lobes frontaux, un sillon qui s'enfonce en avant dans les aires hépatiques, enfin deux sillons obliques qui divisent en trois chaque aire branchiale antérieure; les lobes cardiaques sont beaucoup moins distincts que les autres et un fort bourrelet se trouve à droite et à gauche dans leur partie postérieure. La carapace présente quatre dents latérales, larges et plus où moins obtuses:#es dents se relèvent un peu etsontséparées des aires avoisinantes par un large sillon, parallèle aux bords latéraux. Le front est à peine convexe et échancré au milieu; ses deux lobes médians sont très larges, mais ses lobes latéraux sont réduits; ces derniers se rattachent, par un angle obtus, au bord orbitaire supérieur; le lobe orbilaire inférieur est peu saillant. Des dépressions et des ponctuations irrégulières sont creusées sur les lobes du test, surtout en avant, et leur donnent un aspect corrodé.
Les pédoncules oculaires sont courts et faiblement dilatés dans la région cornéenne, qui est réduite; les cavités antennulaires sont peu larges, et le second article des pédoncules qu'elles logent a une position légèrement oblique. Les fouets antennaires sont nus et très courts.
Les régions ptérygostomiennes sont finement granuleuses ; l’épistome n'a presque pas d’ornements; la ligne latérale est fort distincte et bordée de granules en avant. Les lobes internes des deux lacinies des mächoires antérieures sont plus réduits que les lobes externes; il n°y a pas de lobe
(TALI MAN. — Crustacés.)
postérieur sur la lacinie externe des pattes-mâchoires antérieures. Le méropodite des pattes-mâächoires externes est peu convexe en dehors, mais son bord antérieur est pourtant un peu plus long que son bord externe, On voit des granulations fines sur la face inférieure de cet article et du précédent.
Les pattes antérieures sont subégales et très fortement corrodées sur le carpe et sur les pinces; dans ces dernières, les bourrelets qui séparent les aires corrodées s’atténuent vers le bas et ont une tendance à se disposer en lignes longitudinales. Les doigts ont quelques tubercules dentiformes et sont fortement cannelés; ils se creusent un peu en cuiller vers le bout. Quand l'animal ramène ses pattes antérieures, il les applique très exactement contre le corps, sur les parties latérales de la carapace. Les pattes ambulatoires sont courtes et présentent quelques denticules sur le bord supérieur de leurs articles moyens; elles présentent quelques dépressions longitudinales irrégulières sur le carpe et sur le propodite, ainsi qu'un certain nombre de poils assez longs sur le méropodite et sur le propodite. Des poils semblables se trouvent également sur les doigts, au milieu d’autres poils très nombreux mais fort courts. Le doigt et le méropodite des pattes postérieures sont plus courts que les autres.
Le premier article de l’abdomen du mâle est profondément échancré en arrière ; les bords latéraux des deux articles suivants sontrégulièrement arqués. L’abdomen de la femelle est frangé de poils.
Dans l'alcool, l'animal est d’un blanc jaunâtre, mais il est visiblement
très décoloré. Les doigts des pinces sont noirs.
Hamrar, Variations. — T'alisman, 1883 : 23 juillet, n° 103, 225 mètres; iles du Cap-Vert : à l’est de Ribeira. Sable, roches.
Cinq exemplaires, dont deux femelles.
26 juillet; littoral : Saint-Vincent du Cap-Vert.
Deux males dont lun présente encore de grandes taches brunes sur la carapace.
Juillet, de 10 à 30 mètres ; iles du Cap-Vert : La Praya.
Une douzaine d'exemplaires, presque lous mâles. Dans certains d'entre eux, les aires corrodées des palles antérieures s'étendent, deviennent moins profondes et par suile paraissent beaucoup moins sensibles.
La carapace de l'exemplaire que nous avons figuré a 11%%,5 de longueur et
19 millimètres de largeur.
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 99
DisrriBuriox. — Cette espèce fut primitivement décrite d'après des exemplaires trouvés à Sainte-Lucie, à Maio et à Santiago dans les iles du Cap-Vert, ainsi qu'au Gabon. Elle s'étend depuis la zone littorale, jusqu'à 225 mètres de profondeur.
ArriiTés. — Le Leplodius converus se rapproche du L. eraratus Edw., qui habite le Pacifique et la mer des Indes; mais sa carapace est bien plus convexe, son sillon épigastrique accessoire est beaucoup plus marqué et ses pinces corrodées ne sont jamais lisses sur leur face externe.
Le Xanthodius americanus de Saussures ressemble beaucoup à notre espèce et présente comme elle, sur les pattes antérieures, des dépressions réticulées; mais il appartient à un sous-genre spécial dont la caractéristique est une petite crèle qui limite de chaque côté l’orifice
expirateur de la chambre branchiale.
EURYPANOPEUS, A. M.-Edw.
Eurypanopeus parvulus, Far.
PI. XVII, fig. 7.
1793. Cancer parvulus, Fabricius, Æntom. syst, LU, p. 451 1834. Xantho paroulus, Milne-Edwards, ist. nat. des Crust.. UT, p.395 (non Dana).
1880. Eurypanopeus parvulus, À. Milne-Edwards, Hiss. scient. au Merique, 5° parte,
p. 332, pl. LIX, fig. 5.
Hanrrar. — Talisman, 1883 : juillet; 10 à 30 mètres ; iles du Cap-Vert : La Praya. Six exemplaires de lun ou l'autre sexe.
DisrriBurion. — Cette espèce, qui est côtière ou subcôtière, à été d'abord trouvée sur les côtes du Brésil et des Antilles. Elle fut ensuite recueillie aux îles du Cap-Vert par M. A. Bouvier, puis au Gabon, par le P. Duparquet. Ces derniers exemplaires furent étiquetés, dans la collection du Muséum, sous le nom de Panopeus Blanchardi, mais ils ne différent en rien des représentants typiques de PÆ. paroulus.
On a vu plus haut que le Nantho parvulus Dana n'est rien autre chose
que le Xanthodes melanodactylus.
FAMILLE DES CARPILIDÆ, A. Mnxe-Epwanrps.
ACTÆA, De Haan.
Actæa rufopunctata, Enw.
1874. Actæa rufopunctata, A.-E. Orlmann, Zoo!. Jahrb., Syst, B. VIT, p. 454 (ubi syn.).
1899, Actæa rufopunctata, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de l« Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-A lice », fase. XIIL, p. 33, pl. I, fig. 16-17.
Hamrar, Variations. — Travailleur, AS82 : 9 août, n° 50, 100 à 150 mètres; îles Desertas.
Six exemplaires très typiques, de taille moyenne; deux autres un peu plus petits el caractérisés par ce fait que la couleur noire des doigts s'étend un peu sur les pinces.
Talisman, 1883 : 26 juin, n° 56, 30 mètres; Canaries : canal de la Bocayna. Sable, coquilles, cailloux.
Trois exemplaires, dont deux femelles avec des œufs.
26 juillet, n° 10%, 20 mètres; Saint-Vincent du Cap-Vert. Dans les Corallines.
Deux femelles, dont l'une avec des œufs, el un mâle.
Juillet, 10-30 mètres; îles du Cap-Vert: La Praya.
Septexemplaires de diverses tailles.
Août, Acores.
Une femelle de belle taille, dont les doigts el une assez grande partie des pinces sont colorés en noir.
Disrrisuriox. — Cette espèce est côtière ou subcôtière. D'abord connue dans la mer Rouge et la mer des Indes, elle fut signalée sur les côtes d'Algérie par M. Lucas, aux Canaries par Heller, aux îles du Cap-Vert par À. Milne-Edwards, et au Brésil par Miers. On vient de voir qu'elle se trouve également aux Acores et à Madère.
Elle est représentée dans la mer des Antilles et sur les côtes de la Floride par l'Ackea nodosa Sümpson, que Miers tient pour une variété de PA. rufopunclata.
Actæa margaritaria, À. M.-Epw.
1868. Actæa margarilaria, À. Milne-Edwards, Nouv. Arch. du Mus., t. IV, p. 62, pl. XVII, fig. 9-12.
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 101
Hagirar, Varrarions. — Talisman, 1883 : 26 juillet, n° 104, 20 mètres: Saint- Vincent du Cap-Vert. Parmi les Corallines, avec des 4. ru/opunctatu. Trois exemplaires mâles d'une belle Laille; dans le plus grand, la longueur de
mu AT A
la carapace est de 7 Juillet, 10-30 mètres ; iles du Cap-Vert : La Praya. Quatre exemplaires males : deux grands dont les pinces sont presque tout entières brunätres, deux pelits où les doigts presque seuls sont noirs.
DisrriBuriox. — Celle espèce se trouve dans les mêmes niveaux que la précédente; Jusqu'ici, elle n’est pas connue en dehors des îles du
Cap-Vert.
LOPHACTAÆA, A. M.-Edw.
Lophactæa picta, A. M.-Epw.
PI. I, fig. 7-11 (en couleur). — PI. XVII, fig. 8-12.
1869. Lophactæa picta, À. Milne-Edwards. Rev. et Mag. de Zoo! sér. 2, t. XXI,
La carapace est convexe dans les deux sexes, surtout en avant où elle s'infléchit beaucoup vers le front; elle est lisse, finement ponctuée, à sillons très distincts beaucoup moins, pourtant, que dans la Z. lobata; il ya une paire de lobes frontaux assez nets; l'aire épigastrique est presque totalement divisée en deux par un sillon longitudinal; Paire branchiale antérieure est divisée en quatre lobes dont les deux internes sont peu distincts, mais elle n’est séparée de la région branchiale postérieure que par un léger bourrelet qui prolonge la courbe latérale antérieure sur la partie dorsale de la carapace, dans sa partie externe; sur la région branchiale postérieure se trouvent quelques stries transversales. Le lobe uro-gastrique est assez net, mais c'est à peine si l'aire cardiaque est indiquée en avant. Le front est étroit, saillant, formé de deux grands lobes médians séparés par une échancrure, et de deux petits lobes latéraux peu proéminents. L'échancrure orbitaire supérieure, qu'on trouve immédiatement en arrière de ces pelits lobes, est obtuse et peu profonde; le lobe orbitaire inférieur est peu développé. Les bords latéraux antérieurs du test sont tranchants, faiblement relevés, et présentent trois petites incisions qui délimitent leurs quatre lobes.
Les pédoncules oculaires sont courts, rétrécis au niveau de la cornée
qui est fort réduite, dilatés à la base. Les cavités antennulaires sont étroites et les pédoncules qu'elles logent sont obliques. Le second article des pédoncules antennaires se joint largement au front; entre ce dernier et le lobe orbitaire inférieur existe un espace libre assez restreint, dans lequel se trouvent les deux petits articles terminaux des pédoncules antennaires. Ceux-ci portent un fouet nu, très grèle et très court.
Les régions ptérygostomiennes sont ponctuées ou un peu corrodées ; leur ligne latérale est fort distincte. Le bourrelet endostomien antérieur estassezsaillant, mais peu large, comme l’épistome qu'il limite en arrière. Les appendices buccaux ne diffèrent pas sensiblement de ceux des Acta : les pattes-màchoires externes sont courtes; le bord antérieur de leur méropodite est beaucoup plus long que le bord externe.
Les pattes antérieures s'appliquent intimement, par leur face interne presque plane, contre les faces latérales de la carapace. Les pinces sont subégales et limitées, à leur bord supérieur, par une crète obtuse qui se prolonge sur le doigt mobile; elles sont ornées, sur leur face externe, de trois bourrelets longitudinaux peu saillants. Le doigt mobile a un fort et large sillon longitudinal sur sa face externe; il est souvent énorme; le doigt inférieur présente un bord interne tranchant qui porte un lobe proéminent divisé en deux ou trois denticules ; un ou deux sillons en partent et se prolongent à une faible distance sur Ja face externe. La face externe du carpe est arrondie et le bord supérieur du même article est obtus. Les pattes ambulatoires sont unies comme les précédentes; comprimées d'avant en arrière, elles sont larges, peu épaisses et forment une carène obtuse sur leur bord supérieur ; leur doigt est arrondi et ordinairement garni de courts poils ; il y a parfois quelques poils plus longs sur le bord supérieur de leur méropodite.
L'abdomen du mâle se fait remarquer par la faible largeur de son troisième segment abdominal, dont les bords latéraux sont d’ailleurs peu arqués et presque parallèles à l'axe du corps ; dans lunique exemplaire mâle que nous avons sous les yeux, ce segment est libre et mobile, tandis que les deux suivants (4° et 5°), complètement soudés, ne se distinguent que par deux échancrures latérales. L’abdomen de la femelle est muni d’une frange serrée de poils.
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 103
Nos exemplaires dans l'alcool sont complètement décolorés, abstraction faite des doigts des pinces qui ont conservé plus ou moins leur coloration brunätre. Les exemplaires desséchés sont blanchâtres avec des taches Jaunes, bordées de rouge, sur la carapace et sur les pattes ; ces taches ont une position constante, mais comme elles peuvent être de largeur très variable, elles deviennent parfois confluentes et forment alors une sorte de croix à la surface du test. Ces diverses variations
se trouvent représentées planche [, figures 7-11.
Hamrrar, Variations. — T'alisman, 1883: Grande Canarie.
Un très bel exemplaire femelle à carapace fort convexe; cette dernière à près de 3 centimètres de largeur.
Juillet, de 10 à 30 mètres ; iles du Cap-Vert : La Praya.
Un mäle et deux femelles. Ces exemplaires sont plus pelits el moins convexes que le précédent. Le mâle à 14 millimètres de longueur sur 19%%,5 de largeur.
DisrriBuriIox. —— Trouvée d’abord à Salamanca et à Sainte-Lucie, aux iles du Cap-Vert, cette espèce s'étend au nord jusqu'aux Canaries. Elle est littorale et sublittorale.
ArriniTés. — La Z. picta représente, dans l'Atlantique oriental, la Lophacteu lobata des Antilles. Dans cette dernière espèce, les lobes du test sont plus saillants, les aires hépatiques sont franchement divisées en {rois ou quatre lobules et les lobes épigastriques sont séparés en deux parties sur toute leur longueur; la tache cardiaque est largement séparée de celles des lobes métabranchiaux, il n°4 a qu'une tache sur les bords latéro-antérieurs et on n'en trouve pas sur le front. Les pattes antérieures, qui sont lisses dans lespèce des îles du Cap-Vert, sont
granuleuses dans celle des Antilles.
FAMILLE DES GALENIDÆ, A. M.-Evw.
GERYON, Krüyer.
Geryon longipes:, A. M.-Enw.
PI. II (en couleur). — PI. XVI, fig. 13-21.
SSL. Geryon longipes, À. Milne-Edwards, €. À. Acad. des Se., séance du 5 décembre, t. XCIII, p. 879.
1883. G'eryon longipes, À. Milne-Edwards, iecueil de figures de Crust. nouveaux ou peu connus, pl. IV.
1896. Geryon longipes, M. Caullery, Aésult. scient. de la camp. du « Caudan », fase. , p. 404.
1899. Geryon longipes, À. Milne-Edwards et E.-L Bouvier, Lesult. des camp. scient. de l'« Hirondelle » (supplément) ef de la « Princesse-Alice », fasc. XIII, p. 34, pl. 1, fig. 8.
1884. Geryon tridens, Carus, Prod. Faunœ Medit., p. 522, pl. XVI, fig. 15.
Cette espèce estextrèmement voisine du Geryon tridens Krüyer, qui habite la mer du Nord, et dont elle n’est peut-être qu'une variété à longues pattes. En comparant des adultes de grande taille des deux espèces, nous avons pu constater entre eux les différences suivantes :
1° Les trois épines marginales qu’on observe de chaque côté sur la carapace sont bien plus longues dans le G. longipes, surtout l’épine postérieure ; il en est de mème de l’épine sous-orbitaire qui, dans notre espèce, dépasse l’extrémité des pédoncules antennaires et le front, tandis qu'elle ne l'atteint pas ou qu’elle l’atteint à peine dans l'espèce de Krôvyer ;
2° Les pattes ambulatoires sont bien plus allongées dans le G. longipes et croissent en longueur de la première à la troisième, la quatrième étant un peu plus courte que celte dernière ; le méropodite et le propodite de ces divers appendices ont une longueur proportionnelle aux pattes auxquelles ils appartiennent, de sorte que ces articles, dans la première patte ambulatoire, sont beaucoup plus courts que dans la troisième. Dans le G. tridens, au contraire, les pattes sont moins longues et de dimensions peu différentes, si bien que leurs propodites et méropodites ne présentent que de faibles différences de longueur ; en outre, ces mêmes articles, surtout le méropodite, sont beaucoup plus larges ;
3° A l'extrémité supérieure et distale du méropodite de la quatrième patte ambulatoire, et parfois aussi de la troisième et de la deuxième, se trouve, dans le G. longipes, une saillie spiniforme qui fait complètement défaut dans le G. /ridens.
Il aurait été intéressant de comparer les appendices buccaux internes des deux espèces, mais nos exemplaires de G. /ridens, étant desséchés, se prêtaient mal à cette étude.
Chez les Jeunes de G. /ongipes, les deux saillies que présente au milieu
SECTION DES CYCLOMÉTOPES. 105
le bord frontal sont à peu près nulles, les épines latérales de la carapace sont bien plus allongées et l’épine terminale du méropodite des pattes ambulatoires n'existe pas encore. À mesure que la taille augmente se manifestent de plusen plus les caractères de l'adulte: les épines des méropodites affectent d'abord la forme d’une saillie obtuse, et ce n’est que chez les grands exemplaires qu’elles acquièrentleur forme aiguë définitive. Dans l’exemplaire, déjà de grande taille, que nous avons figuré, ces épines ne sont pas encore bien visibles.
Nous relevons ci-dessous les dimensions de trois exemplaires de G. longipes, et celles d'un grand adulte de G. tridens.
GERYON LONGIPES. G. TRIDENS.
ne en — a Jeune G' d' adulte Grand G' «Travailleur» «Tiavailleur» recueilli à Grand 1882 1880 Nice par de Norvège.
(No 72). (Ne 15). M. Docart.
Longueur de la carapace depuis le bord posté- gaine millim. millim, millim. rieur jusque entre les saillies frontales... .... 6 28 1/2 61172 65 Largeur de la carapace à la base antérieure de latdermeretépine latérale"... 6,3 33 1/2 74 73 Longueur de la première patte ambulatoire... 10172 58 126 124 — de la troisième — re 1100 70 147 140 — du méropodite de la première palte AMDUIALOITER EE... m0 M... 4 20 43 1/2 42,2
— du méropodite de la troisième patte AUIDUIAIOILER A ne 4 1/2 2H D4 50,4 — du propodite de la première patte
AMPUIALOITE.-...-.... : 2 1454 25 1/2 26 — du propodite de la troisième patte AIMDUIALOER ES Eee te 2,6 15 34,7 30 Largeur maximum du méropodite de la troisième patte ambulatoire......:........... Lmillim.env. 5 Il 13 1/2
Hamrar, Variations. — Travailleur, 1880: n°3 et 7,19 et 23 juillet 1880, 946 et 1107 mètres; golfe de Gascogne. Vase.
Deux jeunes exemplaires ayant à peine 15 millimètres de longueur. Bord frontal régulièrement arqué, au moins dans l'un des spécimens.
N° 14%, 28 juillet, 677 mètres; golfe de Gascogne : lat. N. 43°46', long. O. 4°27. Coquille et corail.
Quatre exemplaires de moyenne taille, trois mâles.
N° 15,28 juillet, 813 mètres; mêmes parages. Vase molle.
Quatre exemplaires mâles, les uns petits, les autres de moyenne taille et adultes.
N° 16, 28 juillet, 1 160 mètres: mêmes parages et mêmes fonds.
= . ; ’ (TarisuaN. — Crustacés.) 14
Trois adultes de moyenne taille : deux màles et une femelle. La carapace de cette dernière mesure à peu près 2 centimètres de longueur.
N° 20, 30 juillet, 1143 mètres ; mêmes parages et même fond.
Un mâle semblable aux précédents.
Travailleur, ASST : n° 41, 16 août, 1094 mètres; golfe de Gascogne lat. N. 44°2", long. O. 9°27'. Vase et sable.
Un très jeune exemplaire de 5 à 6 millimètres de longueur.
N° 42,16 août, 896 mètres ; mêmes parages. Vase el coraux.
Trois exemplaires, une femelle jeune et deux mâles adultes. La carapace du plus grand a de # à 5 centimètres de longueur.
Travailleur, 1882 : 28 août, n° 72, 1000 mètres; golfe de Gascogne.
Jeune mâle dont les dimensions ont été relevées plus haut.
La collection du Muséum renferme deux très grands exemplaires de cette espèce, l'un recueilli par M. Bocart à Nice, probablement en 1857, l'autre envoyé de Naples au Muséum en 1869. Ce dernier est à peine moins grand que le précédent, mais sa carapace est un peu plus étroite.
DisrriBurIoN. — Jusqu'ici, on ne connaît pas cette espèce en dehors du golfe de Gascogne et de la Méditerranée. La « Princesse-Alice » l’a capturée dans cette dernière mer, par 1! 500 mètres de profondeur.
CoLorarion. — Toutes les parties du corps sont colorées en rouge plus ou moins vif. Cette leinte tournait au rouge-brique dans les exemplaires
recueillis par la « Princesse-Alice ».
SECTION DES CATOMETOPA, Epw.
FAMILLE DES GONOPLACIDÆ, Epw.
GONOPLAX, Leach.
Gonoplax angulata, PEXNANT.
1777. Cancer angulatus, Pennant, Brit. Zoo!., {& IV, p. 7, pl. V, fig. 10. 1802. Ocyspoda angulata, Bosc, Hist. nat. des Crust., 1. 1, p. 198. IS14. Gonoplax angulata, Leach, £dimb. Encyclop., & VIL, p. 430. 1887. Gonoplax angulata, Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 31 (ubi syn.\. 1872. Cancer rhomboides, Herbst, Xrabben und Krebse, pl. T, fig. 12, et pl. XLV, fig. 5. 1802. Ocypoda rhomboïides, Bosc, Hist. nat. des Crust., LT, p. 198. 1825. Gonoplax rhomboides, Desmarest, Consid. gén. sur la cl. des Crust.. p.125, pl I, fige.
Hagrrar. — Travailleur, 1880 : 29 juillet, n° 17, 306 mètres ; golfe de Gascogne :
lat. N. 43°32”, long. O. 4°29/. Vase.
SECTION DES CATOMÉTOPES. 107 Un exemplaire mâle.
Talisman, 1883: 6 juin, n°3, 106 mètres; golfe de Cadix. Vase, coquilles. Cinq exemplaires, dont une femelle avec des œufs. Une autre femelle porte trois Sacculines de tailles différentes.
DisrrBuriox. — Cette espèce se trouve dans les parties méridionales des eaux britanniques, dans l'océan Atlantique jusqu'à la côte africaine et dans la Méditerranée. Elle remonte dans la zone sublittorale, et peut descendre (« Hirondelle ») jusqu'à 618 mètres de profondeur.
FAMILLE DES OCYPODIDÆ, Edw.
OCYPODA, Fabr.
Ocypoda cursor, L.
1766. Cancer cursor, Linné, Syst. nat, 12 édit., p. 1039.
1852. Ocypoda cursor, H. Milne-Edwards, Ann. des Se. nat, sér. 3, t. XVIII, p. 142.
1803. Ocypoda ippeus, Olivier, Foy. dans l'Empire ottoman, & 1, p. 234, pl XXX, fige Le
1894. Ocypoda ippeus, A.-E. Ortmann, Zoo. Jahrb., Syst. B. VIT, p. 8368 (ubi syn.).
Hasrrar. — Talisman, 1883 : n° 105,29 juillet, 34 mètres. Entre Pilot Branco et l'ilot Razo, îles du Cap-Vert.
Deux très petits exemplaires tout à fait immatures.
Juillet, Santiago du Cap-Vert. Littoral.
Sept beaux exemplaires, la plupart dépourvus de poils sur la face interne des doigts des pattes ambulatoires.
DisrriBuriox. — Cette espèce a été recueillie en divers points des côtes de la Méditerranée; de là, elle s'étend sur la côte africaine de l’Atlan-
tique, jusqu'à Saint-Paul-de-Loanda.
FAMILLE DES GRAPSIDÆ, Ebw.
SOUS-FAMILLE DES GRAPSINÆ, Kincszer.
EUCHIROGRAPSUS, Edw.
Euchirograpsus americanus, À. M.-Enw.
IS80. Euchirograpsus americanus, À. Milne-Edwards, Bull. Mus. Comp. Zoûl., vol. I, non: 1e.
1894. £Euchirograpsus americanus, À. Milne-EdwardsetE.-L. Bouvier, Ætésult. des camp. scient. de Ü « Hirondelle », fase. VIT, p. 46, pl. IV, fig. 10-14.
Cette espèce se distingue de l'E. liguricus Edw., par sa carapace plus étroite, recouverte de courts poils et à bords presque rectilignes, par les aires moins distinctes de cette carapace, par son angle orbitaire externe qui n’est pas infléchi en dedans, par ses bords latéraux qui sont épineux plutôt que dentés (la deuxième épine étant plus forte que les deux autres et ne se relevant pas dans le sens dorsal), par ses pédoncules oculaires plus forts et plus dilatés à l'extrémité distale, par ses pinces plus courtes et à carènes moins granuleuses, enfin par les longs poils épars de ses
pattes ambulatoires.
Haprrar. — Travailleur, 1S82 : n° 36, 29 juillet, 150 mètres; au large de la côte marocaine : lat. N. 35°35', long. O. 8°42". Sable.
Un exemplaire femelle. Longueur de la carapace, 1
Talisman, 1883 : n° 105, 25 juillet, 110 à 180 mètres; iles du Cap-Vert : entre l'ilot Branco et l'ilot Razo. Sable et roches.
Un mâle, ayant un peu moins d'un centimètre de longueur.
JP.
DisrriBuriox. — Cette espèce fut trouvée aux Barbades par le « Blake » ; depuis, elle a été recueillie par l « Hirondelle » aux Açores, et, comme on vient de le voir, par les expéditions françaises dans l'Atlantique oriental, au large de la côte africaine. Elle habite par des fonds eompris entre 150 mètres et 300 mètres de profondeur.
NAUTILOGRAPSUS, Edw.
Nautilograpsus minutus, L.
1766. Cancer minulus, Linné, Syst, nat., 12° édit., p. 1048.
1803. Grapsus minutus, Latreille, Z/ist. nat. des Crust. et des Ins.,, &. VI, p.68.
1837. Nautilograpsus minutus, H. Milne-Edwards, ist. nat. des Crust., LIL, p. 90.
1880. Wautilograpsus minutus, Kingsley, Proc. Acad. nat. Sc. Philadelphie, p. 202 (ubisyn.).
Hasrrar. — De nombreux exemplaires de celle espèce ont été recueillis par le Talisman, sur des Sargasses, au large de Ponte-Delgado.
DisrriBuriox. — Cette espèce pélagique est répandue dans toutes les
mers chaudes ou tempérées du globe,
SECTION DES CATOMÉTOPES. 109
CoLoraTIox, — Comme le Vepfunus Sayi et les autres Crustacés des Sargasses, celte espèce a une coloration des plus variables, qui est caractérisée, d’ailleurs, par des marbrures d’un brun foncé sur un fond plus
ou moins jaunàtre.
PACHYGRAPSUS, Stimpson.
Pachygrapsus marmoratus, FA1Br.
1793. Cancer marmoralus, Fabricius, £ntom. Syst, LI, p.450.
1825. Grapsus marmoratus, Desmarest, Consid. gén. sur la cl. des Crust., p. 131.
1853. Leplograpsus marmoratus, H. Milne-Edwards, Ann. Se, nat, sér. 5, t XX, Dale
1858. Pachygrapsus marmoratus, Sümpson, Proc, Acad. nat. Se. Philadelphie, p. 102.
189%. Pachygrapsus marmoralus, AE. Ortmann, Zoo!. Jahrb., Syst, B. VI, p. 770 (ubi syn.).
1805, Grapsus varius, Latreille, //ist, nat. des Crust. el des ns. & VE, p. 69.
Harrrar. — Quatre exemplaires de celte espèce ont été recueillis par le Talisman aux Acores, à Saint-Miguel.
DisrriBuriox, — Cette espèce est littorale; elle se trouve dans la Médi-
terranée, dans le golfe de Gascogne, à Madère et aux Acores.
Pachygrapsus transversus, (1BBES.
1850. Pachygrapsus transversus, Gibbes, Proc. Am. Assoc. ado. of Science, 4. WT, p. 182.
1880. Pachygrapsus transversus, Kingslev, Proc, Acad. nat. Se. Philadelphie, p. 199 (ubi syn.).
Cette espèce est répandue dans toutes les mers chaudes du globe ; elle est très variable, ainsi que l'indique la synonymie relevée par Kingsley. Le « Talisman » à pu en recueillir quarante-trois exemplaires aux îles du Cap-Vert, où elle avait été déjà trouvée par le « Challenger ». Nous avons comparé ces exemplaires avec le type du P. maurus Lucas, qui nous a paru assez différent, à cause de l'absence complète d'épines sur le méropodite de ses pattes ambulatoires postérieures. Mais nos matériaux de comparaison étaient insuffisants, et il pourrait bien se faire que M. Thallwitz ait eu raison en confondant les deux espèces. Dans ce cas, c’est le
nom de P. maurus Lucas qui devrait être conservé.
GEOGRAPSUS, Stimpson.
Geograpsus lividus, Enw.
1837. Grapsus lividus, H. Milne-Edwards, ist. nat. des Crust.. t. IT, p. 85.
1858. Geograpsus lividus, Sümpson, Proc. Acad. nat. Sc. Philadelphie, p. 101.
1880. Geograpsus lividus, Kingsley, Proc. Acad. nat. Sc. Philadelphie, p.195 (ubi syn.).
1860. Geograpsus occidentalis, Sümpson, Ann. Lyc. nat. Hist. New-York, 1. VII, p. 230.
Il est peut-être prématuré de réunir, avec Kingsley, le G. brevipes Edw. au G. lividus; une comparaison sérieuse du type de la première espèce avec des exemplaires de la seconde nous à montré que les deux espèces sont très voisines, mais que le G. brevipes se distingue du G. lividus : 1° par les méropodites moins larges des pattes ambulatoires; 2 par les trois articles suivants, plus courts et plus trapus, de ces mêmes
? | pattes; 3° par les saillies post-frontales beaucoup plus proéminentes de la carapace ; 4° par la forme de la carapace elle-même, qui s’élargit sensiblement en arrière dans le G. /vidus, tandis que ses bords sont très sensiblement parallèles dans le G&. brevipes. Nous aurions voulu comparer les appendices buccaux dans les deux espèces, mais comme cette dernière n’est représentée que par un exemplaire desséché, nous n'avons pu le faire. Comme le dit H. Milne-Edwards dans son mémoire (A7. des Se. nat., série 3, t. XX, p. 170), cet exemplaire est de localité inconnue.
Kingsley identifie le G. occidentalis Simpson avecle G. vrdus.
Hanrrar. — Talisman, 1883 : fin juillet, par 10 à 30 mètres de profondeur; La Praya, iles du Cap-Vert.
Six exemplaires.
DisrriBurion. — C’est la première fois, croyons-nous, que cette espèce est signalée dans l'Atlantique oriental ; jusqu'ici, on ne la connaissait que
sur les côtes américaines : aux Antilles, au cap Saint-Lucas et au Chili.
Grapsus grapsus, LINNÉ.
1758. Cancer grapsus, Linné, Syst. nal., 12° édit., p. 630. 1894. Grapsus grapsus, A.-E. Ortmann, Zoo!. Jahrb., Syst., B. VIT, p.703 (bi syn.).
SECTION DES CATOMÉTOPES. 111
1803. Grapsus pictus, Latreille, Æist. nat. des Crust. et des Ins., t. VI, p.69, pl. XLVII, Ho
1835. Goniopsis pictus, de Haan, Fauna Japonica. Crust., p.33.
1836-44. Grapsus strigosus, Brullé, Crust., in Webb et Berthelot, ist. des Canaries. DAILDTALTE
Grapsus maculatus, Milne-Edwards, Ann. Se. nat, sér. 3, & XX, p. 167, DIM LE. 1"
1853. Grapsus Webbi, Milne-Edwards, lor. cit. p. 167.
1855. Grapsus Pharaonis, Milne-Edwards, loc. cit, p. 168.
1855. Grapsus ornatus, Milne-Edwards, loc. cit. p. 168.
1860. Grapsus altifrons, Sümpson, Ann. Lye. nat. Hist. New-Fork, & VI, p. 230.
1865. Grapsus rudis, Heller, Reise Novara, Crust., p. 47.
Hasrrar. — Talisman, 1883 : juillet, Madère : iles Desertas. Littoral.
Un très grand exemplaire male ayant tous les traits du G. Webbr.
26-28 juillet, iles du Cap-Vert: Saint-Vincent, La Praya. Littoral.
Huit exemplaires des deux sexes, la plupart immatures sinon Lous, les plus grands n'ayant guère que 2 centimètres de longueur.
DisrriBuriox. — Cette magnifique espèce est littorale et répandue dans toutes les mers chaudes du globe. On ne la trouve pas dans la Méditerranée, mais elle remonte dans l'Atlantique jusqu'à Madère, aux Canaries
et aux Acores.
Cyclograpsus occidentalis, À. M.-Ep\w.
PI. XVII, fig. 15.
ISTS. Cyclograpsus occidentalis, A. Milne-Edwards, Bull. Soc. philom. de Paris,
1° série, t.- II, p. 228.
La carapace est presque aussi large en arrière, au niveau des pattes de la 3° paire, que dans sa partie antérieure, un peu en avant de la base des grandes pattes; elle se rétrécit ensuite rapidement, pour atteindre le bord postérieur qui est presque droit; elle est munie, sur son bord latérodorsal, d’une ligne granuleuse un peu saillante, qui commence à l'angle externe de l'orbite, et qui se prolonge plus ou moins loin en arrière, mais jamais aussi loin, ni avec une aussi grande netteté, que dans le C. punctatus Edw. Sa surface dorsale paraît unie, bien qu'elle soit ornée de ponetuations extrêmement fines ; elle n’est, d’ailleurs, jamais lisse, el présente, au voisinage des bords, surtout en arrière et en avant, des
rugosités et des granulations. Le sillon cervical est le seul ornement en
creux un peu important qu'on observe du côté dorsal ; il n’est bien apparent que dans sa partie médiane, qui sépare l'aire gastrique de Paire cardiaque; en dehors, il est à peine indiqué. Sur les flancs, qui sont légèrement rugueux, on aperçoit très bien la ligne latérale. La région frontale est très fortement infléchie; son bord libre est presque droit. L'orbite est peu saillante et présente en dessous une échancrure en arrière de laquelle passe transversalement une gouttière ptérygostomienne.
Les pédoncules oculaires sont dilatés à leur base ; leur cornée présente, du côté dorsal, un profond sinus arrondi. Les antennules et les antennes sont extrêmement petites, et le fouet de ces dernières, qui compte au plus 6 articles, atteint environ le quart de la longueur du pédoncule oculaire.
Les mandibules font un angle saillant vers le milieu de leur bord interne; les mächoires de la 2° paire ont un coxopodite réduit, un palpe bien développé, une lacinie externe divisée en deux lobes dont le supérieur est très développé, et une lacinie interne dont le lobe antérieur est plus long, mais plus étroit, que le lobe postérieur. Les pattes-mâächoires antérieures se font remarquer par l'allongement de leur épipodite et par le puissant lobe que présente en dedans sa lacinie externe; les pattesmächoires intermédiaires ont un épipodite assez développé, et les postérieures un épipodite relativement plus court. Ces dernières se font, en outre, remarquer par le bourrelet oblique que présente leur méropodite sur sa face inférieure.
La formule branchiale est la suivante :
PATTES. PATTES-MACHOIRES
ge SR A —
V IV III IL I Il Il I
Pleurobranchies ...... (0) 0 Î il 0 0 0 0 Arthrobranchies ,..... Ô 0 0 Ô 2 2 (0) 0 Podobr. et épipodites. 0 0 0 0 O0 Ep+br Ep+br Ep
La podobranchie des pattes-mächoires intermédiaires est peu développée; celle des pattes-mâchoires postérieures est encore plus réduite. Les pattes antérieures présentent des rugosités sur les arètes de leur
méropodite qui est triangulaire, et vers le bord interne, très saillant, de
SECTION DES CATOMETOPES. 115 leur court carpopodite: toutes les autres parties de ces appendices sont unies et ponctuées, à l'exception de la face interne des pinces qui présente quelques granulalions. Les pinces sont arrondies sur leurs bords et convexes sur leurs deux faces ; leurs doigts sont plus courts que la portion palmaire et séparés l’un de l’autre; ils sont armés de 5 ou 6 dents tuberculiformes et présentent les iraces d’un ongle obtus à leur extrémité. Des pattes des quatre paires suivantes, la plus longue est la 2°; viennent ensuite la 3°, puis la 1°, et enfin la #°; leur méropodite est triangulaire, et présente des rugosités sur son bord inférieur qui est arrondi; le carpe est presque aussi long que le propodite, qui présente des villosités courtes et serrées, ainsi que des faisceaux de soies raides ; le doigt a sensiblement la mème longueur que l'article précédent; il est étroit, subeylindrique, et présente de nombreux faisceaux de soies de loneueurs très inégales; sa griffe terminale, qui est jaune, est beaucoup plus étroite que l'extrémité sur laquelle elle se fixe.
Le 2° article de l’abdomen du mâle est muni d’une saillie transversale : les # articles suivants sont réunis, mais leurs lignes articulaires sont très distinctes; leurs bords latéraux forment une ligne presque droite; le dernier article est beaucoup plus étroit et arrondi à son extrémité.
Dans l’unique spécimen femelle que nous avons pu étudier, les pinces sont plus petites que celles du mâle, leurs doigts sont relativement plus longs, munis de dents plus aiguës et nettement terminés par des ongles cornés. Peut-être ces différences sont-elles dues à la taille du spécimen, qui est plus petit que les autres. L'abdomen est plus longuement cilié sur les bords que celui du mâle, el son article terminal est sensiblement
excavé sur les bords.
Hamrrar, Dinexsioxs. — Talisman, 1883 : La Praya, de 10 à 30 mètres de profondeur.
Une douzaine de spécimens dont une femelle dépourvue d'œufs.
um
Dans l’exemplaire que nous avons figuré, la carapace mesure 6%%,5 de longueur ets millimètres de largeur maximum.
La couleur, dans l'alcool, est jaunàätre, mais devient plus foncée sur les deux
articles terminaux des pattes ambulatoires.
AreinitéÉs. — Le C’. occidentalis se rapproche beaucoup du €. punctatus
(TALISMAN. — Crustacés.) 15
H. M.-Edwards, qui habile l'océan Indien el qui s’élend jusqu'au cap de Bonne-Espérance. Cette dernière espèce se distingue de la précédente par un certain nombre de caractères : elle est ornée de ponctuations colorées, sa carapace est lisse, plus étroite et ornée de dépressions assez fortes, dont une paire occupe les côtés de l'aire gastrique, et deux autres, de chaque côté, les régions hépatiques; l'aire cardiaque est assez bien distincte, et une saillie entourée de deux sillons prolonge vers le front l'aire gastrique; le bord frontal est légèrement concave, le carpe des pattes antérieures est arrondi sur son bord interne, l’arête des bords latéraux de la carapace se prolonge très loin en arrière, enfin les bords de labdomen du màle sont assez fortement concaves.
SOUS-FAMILLE DES PLAGUSIINÆ, Dana.
PLAGUSIA, Latr.
Plagusia depressa, FABr.
1775. Cancer depressus, Fabricius, £ntomol. syst, Suppl, p. 406.
1815. Plaqusia depressa, Say, Journ. Acad. nat. Se. Philadelphie, vol. FT, p. 100.
1878. Plagusia depressa, Miers, Ann. and Mag. nat. Hist., sér, 5, vol. F, pe 149 (ubi syn.).
Cette belle espèce est répandue dans les régions chaudes du Pacifique, de la mer des Indes et de l'océan Atlantique. Elle est littorale.
Le Talisman a pu en capturer un splendide exemplaire aux îles Desertas, près de Madère.
LEIOLOPHUS, Miers.
Leiolophus planissimus.
1804. Cancer planissimus, Herbst, Arabben und Krebse, 3 Band, 4 Heft, p. 3, pl. LIX, fig.3.
1850. Acanthopus planissimus. de Haan, Crust., in Siebold, Fauna Japonica, p. 30.
1876. Leiolophus planissimus, Miers, Cat. New-Zealand Crust., p. 46.
1855. Acanthopus Gibbesi, H. Milne-Edwards, Ann. des Se. nat., Zool., sér. 5, & XX, p. 180.
Celle espèce, qui est littorale et sublittorale, offre une aire de disper-
sion aussi vaste que le Grapsus grapsus L.
SECTION DES OXYRHYNCHA. 115
Le Talisman en à recueilli deux exemplaires, le 26 juillet 1893, par 29 mètres de profondeur, près de Saint-Vincent, îles du Cap-Vert (Drag. n° 10%).
FAMILLE DES PINNOTHERIDÆ, Ebw.
PINNOTHERES, Latr.
Pinnotheres pisum, PENXANT.
1757. Cancer pisum, Linné, Syst. nat, 10° édit, D: 028: 1757. Pinnotheres pisum, Latreille, ist. nat. des Crust.. {te VE, p.83. 1887. P'innotheres pisum, J. Bonnier, Cat. des Crust. de Concarneau, p. 34 (ubi syn.).
Hamrar. — Deux individus, une femelle avec des œufs, el un mâle, ont été recueillis à Nice par le Travailleur en ISST.
DisrriBtriox. — Celle espèce est répandue dans toutes les mers d'Europe et se trouve dans les coquilles de WMytilus edulis, Cardium
edule, ele.
SECTION DES OXYRIHYNCHA, Enw. (Larr ) Groupe des PARTHENOPINEA, Dana.
FAMILLE DES PARTHENOPIDÆ, Miers.
LAMBRUS, Leach.
Lambrus Miersi, Enw. et Bouv.
PI. XVIII, fig. G-7
1898. Lambrus MHiersi, À. Milne-Edwards et K.-L.Bouvier, Bull. du Mus., Le IV, p.152.
Un seul exemplaire de cette espèce a été pêché au sud de Cadix ; il est facile de le distinguer de tous les Parthénopiens qui habitent les mêmes régions. La carapace, beaucoup plus aplatie et plus ovalaire que celle du Æhinolambrus Massena, ressemble par sa forme à celle du Zambrus mediterraneus. Le front, large dans la région interorbitaire, se termine par une sorte de bec pointu qui, à sa base, porte de chaque côté une petite
dent; quatre saillies tuberculiformes s'élèvent sur la ligne médiane du
bouclier céphalothoracique : la première occupe le lobe uro-gastrique ; la seconde, plus petite, est placée dans le sillon gastro-cardiaque ; la troisième, aussi haute que la première, surmonte le lobe cardiaque antérieur ; la quatrième, de même taille que la seconde, est située sur le lobe uro-cardiaque. Le lobe méso-branchial présente une saillie tuberculiforme, mais le reste de la carapace est lisse: c'est à peine si l’on distingue en avant de la région gastrique deux petites granulations symétriques et deux autres sur les régions branchiales. Les bords latéraux sont découpés en petites denticulations parmi lesquelles se délachent deux épines branchiales dont la dernière, formant l'angle latéro-postérieur, est plus grande et située sur un niveau plus élevé. Les bords latéropostérieurs sont garnis de saillies courtes et spiniformes. Le bord postérieur présente, au-dessus de l'insertion de l’abdomen, une ligne de granulations.
Les pattes antérieures sont longues; les arètes des divers articles qui les constituent sont nettes et dentelées, les faces sont très finement granuleuses. Les pattes ambulatoires sont grèles etla cuisse offre en dessus et en dessous des denticulations espacées. Le cadre buccal et les pattes-
mächoires externes sont finement granuleuses.
Hasrrar. — Travailleur, 1882 : 29 juillet, n°34, 112 mètres ; au sud de Cadix : lat. N. 35°42”, long. O. 8°40". Sable, gravier.
Un exemplaire mâle.
Consueurduicéphalo thorax ee EE 19 millim.
Largeur maximum du céphalothorax.................... 10 =
Longueur de la patte antérieure gauche.................. 23,9 — AU CALpelde CELIEIDAUE eee re So el pincendercette patte ee LOS oo CU A0) MODIE ACTA PIN Ge =
ArriitÉés, — Cette espèce se distingue du Rhinolambrus Massena par son rostre court et tridenté, par la faible longueur de son épistome et parses pailes antérieures allongées : elle présente sur la carapace beaucoup moins d'épines et d’aspérités que le Lambrus angulifrons et que le
Lambrus mediterraneus.
Les segments abdominaux 3, 4 et 5 du mâle sont beaucoup moins
SECTION DES OXYRHYNCHA. 117 ankylosés que dans les espèces précédentes et ont encore des sulures distinctes.
PARTHENOLAMBRUS, A. M.-Edw.
Parthenolambrus expansus, Niens.
PI. XVIIL. fig. 8-11.
). Lambrus (Parthenopoides) erpansus, Miers, Ann. and Mag. nat. Hist., sér. 5,
ANS D: 29; pl Varie 0.
Hamirar. — Travailleur, ASS2 : 9 août, n° 52, 100 mètres: Madère: iles Desertas. Corail, roche, sable.
10 exemplaires des deux sexes.
Talisman, 1883 : 28 juin, n°56, 30 mètres; Canaries : canal de la Bocayna. Sable et rocher.
Deux males et une femelle, cette dernière avec des œufs.
8 juillet, n° 67 : 130 mètres; parages du cap Bojador : lat. N. 26°7, long. O. 17°$". Sable, coquilles, coraux.
Un exemplaire à rostre moins obtus el nettement tridenté.
28 juillet, n° 107, 75-90 mètres; iles du Cap-Vert: canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine. Sable, coquilles.
Un exemplaire mâle.
Disrriguriox. — En dehors des régions comprises entre Madère, les Canaries, les îles du Cap-Vert et la Sénégambie, cette espèce habite aussi les Acores où elle a été trouvée par le « Challenger » et l«Iirondelle ». On la trouve depuis la zone littorale jusqu'à 150 mètres de profondeur.
RHINOLAMBRUS, A. M.-Edvw.
Rhinolambrus Massena, Roux.
1828. Lambrus Massena, Roux, Crust. de la Méditerranée, pl XATIE fig. 7-12.
1849. Lambrus Massena, Lucas, Anim. art. de EAMgérie, p. 10, pl E fig. 9. ISS7. Lambrus Massena, Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, pe AT (ubi syn.). 1828. Parthenope contracta, Costa, Fauna del Regno Napotë, pl VE fig. 5.
1838. Parthenope heracanthus. Cosla, Fauna del Regno Napoli, pe VE fig. 5.
Cette petite espèce est susceptible de variations très étendues, mais elle se reconnait toujours à la forme rétrécie de la carapace dont les sillons interrégionaires sont très profonds, au développement du front, creusé sur la ligne médiane d'un sillon très marqué, aux pinces courtes, fortes ct
très inégales.
Hanrrar, VarrartoNs. — La forme typique de cette espèce, à carapace très mamelonnée et à pinces très trapues, à été trouvée par le Travailleur dans les localités suivant{es :
Travailleur, AS8A : 6 juillet, n°9, #45 mètres ; cap Sicié. Vase.
Un exemplaire mâle.
16 juillet, n° 24, 77 mètres; au large de Bonifacio. Graviers, coraux.
Deux mâles et une femelle ovifère.
Travailleur, AS882 : 29 juillet, n° 34, 112 mètres; au sud de Cadix. Sable, gravier.
Deux exemplaires mâles, à saillies aiguës et arêtes très vives.
9 août, n° 52, 100 mètres; Madère : iles Deserlas. Corail, roche.
Une femelle et un mâle.
Une autre forme (un mâle et une femelle) à pinces plus longues, à arêtes branchiales plus saillantes et ressemblant davantage à celle que Costa a figurée dans la faune de Naples sous le nom de Parthenope contracta, a été pêchée par le Talisman le 8 juillet 1883, n° 67, au large du cap Bojador : lat. N. 26°37", long. O. 17°28", sur un fond de sable et de coquilles, par 130 mètres de profondeur.
La couleur de a carapace élait d'un brun foncé sur la région gastrique et autour de la région cardiaque: le pourtour était plus clair. Les pinces portaient des bandes transversales de brun foncé et de brun clair. Les œufs dont les femelles étaient chargées avaient une teinte brun rougeàtre.
Disrriurion, — Cette espèce méditerranéenne a été signalée sur les côtes de Bretagne par M.J. Bonnier, aux Acores par l« Hirondelle » et le « Challenger », en Sénégambie par Miers.
On la trouve depuis la zone littorale jusqu'à 500 mètres de profondeur.
CoLorATION SUR LE vivanr. — La couleur des exemplaires recueillis par le « Talisman » était d'un brun foncé sur la région gastrique et autour de la région cardiaque; les pinces portaient des bandes transversales de brun
foncé et de brun clair. Les œufs étaient d'un brun rougeûtre.
Rhinolambrus pulchellus, A. M.-En\w.
1868. Lambrus pulchellus, À. Milne-Edwards, Nour. Arch. du Muséum, L IV, p.55, AU ITEMS
Lesexemplaires de celte espèce,que lun de nous a décrits autrefois, provenaient de Porto-Grande, aux îles du Cap-Vert; ils étaient remarquables par leur front très déclive; chez ceux que le « Talisman » a pêchés dans
les mêmes parages, ce caractère est moins accusé. Le corps et les pattes
SECTION DES OXYRHYNCHA. 119
sont d’une teinte brique foncée portant quelques taches plus claires : les œufs sont jaunes.
Hamrrar, — Talisman, 1883: 27 juillet, n°105, 110-180 mètres : îles du Cap-Vert : entre l'ilot Branco et lilot Razo. Sable et rocher.
Un exemplaire mâle.
29 juillet, n° 107, 75-90 mètres: iles du Cap-Vert : canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine. Sable, coquilles.
Un exemplaire male.
DisrriBuriox. — Cette espèce n’est pas connue jusqu'ici en dehors des parages du cap Vert, où elle se trouve aux mêmes niveaux que l'espèce
précédente.
Parthenope Bouvieri, A. M.-Enw.
PI. XVIIT, fig. 12-15.
1869. Parthenope Bouviert. À. Milne-Edwards. Zen. et Mag. de Zool.. p. 350.
Nous croyons utile de joindre à ce travail la diagnose de la Parthenope Bouviert qui fut trouvée, par M. A. Bouvier, aux iles du Cap-Vert. Cette espèce n'avait pas encore été, Jusqu'ici, figurée.
« La carapace de cette espèce présente la forme d’un losange, elle est plus large que longue et fortement bosselée. Les lobes épigastriques sont saillants el couverts, ainsi que le lobe mésogastrique, de grosses granulations framboisées. Les lobes branchiaux et la région cardiaque portent des tubercules rattachés les uns aux autres par de petites crêtes, ce qui donne à cette partie du bouclier céphalothoracique une apparence érodée. Les dépressions qui limitent de chaque côté la région gastrique sont profondes, lisses, et présentent seulement quelques petites anfractuosités. Les lobes épigastriques sont séparés par un sillon assez profond qui se termine avant d'arriver au bord frontal en s'élargissant d'une manière notable. Les régions hépatiques sont petites, mais très saillantes: le front s'avance beaucoup, il est trilobé et légèrement érodé sur son bord. Les bords latéro-antérieurs se prolongent beaucoup en arrière. Dans toute leur portion branchiale, ils deviennent cristiformes et sont découpés en dents par huit ou neuf petites échancrures linéaires. Les dents ainsi
constituées sont plus fortes au niveau des lobes mésobranchiaux ; elles
portent chacune, en dessous, une petite crête longitudinale et une bordure finement granuleuse. Des dentelures analogues garnissent les bords latéro-postérieurs. Les régions ptérygostomiennes sont à la fois ponctuées et granuleuses, et portent au-dessus de la base des pattes antérieures une crête assez saillante formée par une série de tubercules framboisés. Les pattes-mâchoires externes sont longues, et cette longueur est principalement due au développement de l’ischiognathe ou troisième article; le mésognathe est, au contraire, pelit, terminé en avant par un bord arrondi, dont l'angle externe se prolonge en dehors au-dessus de l'exognathe. Ces différents articles sont couverts de dépressions et de fortes granulations. Le plastron sternal est extrèmement corrodé, et son premier article est creusé d’une cavité profonde à bords arrondis que lon remarque sur la ligne médiane entre la bouche el l'extrémité de l'abdomen.
« Les pattes antérieures du mâle sont très grandes. Le bras est à peu près de la longueur de la portion palmaire de la main ; il présente, sur ses bords antérieur et postérieur, de gros tubercules granulés et souvent pointus. Quelques-uns de ces tubercules existent aussi sur sa face supérieure près de l'articulation de l’avant-bras. Ce dernier porte seulement quelques tubercules arrondis et granuleux. La main présente, en dessus, en dedans et surtout en dehors, de grosses verrues granuleuses. L'intervalle qui les sépare est lisse. Les doigts des pinces sont granuleux, verruqueux et très faiblement armés sur leur bord préhensile.
« Les pattes ambulatoires sont courtes: leurs trois derniers articles sont couverts de granulations disposées par petites masses.
« L'abdomen du mâle est étroit et très profondément érodé.
« Largeur de la carapace, 0",050 ; longueur, 0",059.
« Cette espèce a été trouvée à Saint-Vincent; elle se distingue très faeilement de la Parthenope horrida Linné et de la Parthenope spinosissina A. M.-Edw. par la largeur plus grande de la carapace, par l'absence d'épines sur les pattes ambulatoires et par l’ornementation des bords latéro-antérieurs. La Parthenope calappoides White est très nettement caractérisée par la forme de la carapace dont les bords latéro-postérieurs se continuent sur la même ligne que le bord postérieur, et par la gracilité
des pattes ambulatoires. La Parthenope tarpeius White est, au contraire,
SECTION DES OXYRHYNCHA. 121 peu élargie en arrière, tandis que la portion gastro-hépatique prend un très grand développement, La Parthenope Bouvierti se rapproche davantage d’une espèce qui existe dans les galeries du Muséum sans indication de provenance et que j'ai désignée sous le nom de Parthenope trigona : chez ce dernier Crustacé, la carapace présente, en effet, la forme d’un triangle très élargi en arrière. Ses bords postérieurs ne portent pas d’épines et, de même que les laléro-antérieurs, sont cristiformes et découpés en dentelures très analogues à celles de la larthenope Bouvieri. Les pattes antérieures ressemblent à celles de Pespèce du cap Vert, à cela près que le bras est fortement érodé; enfin les pattes ambulatoires sont beaucoup moins granuleuses.
« Ilest très intéressant de trouver aux iles du Cap-Vert un Crustacé du genre Parthenope, car jusqu'à présent ce genre n'élait représenté que dans l’océan Indien et dans l'océan Pacifique. Ainsi la Parthenope horrida à été trouvée depuis la mer Rouge jusqu'en Océanie. La Parthenope spinosissima vient de Pile de la Réunion. La Parthenope calappoides et la Parthenope tarpeius ont été trouvées dans l'océan Indien. Jusqu'à présent, la Parthenope Bouvieri est la seule espèce du genre que
l’on ait rencontrée dans l'océan Atlantique. »
HETEROCRYPTA, Stimpson.
Heterocrypta Maltzani, \irns.
PI. XIX, fig. G.
1881. Heterocrypta Maltsani, Miers, Ann. and Mag. nat. Hist. sér. 5, L 208, p. 209, pl. XIIL, fig. 1.
Cette espèce fut décrite quelques mois avant l'A. Marion; elle en diffère par son rostre obtus, un peu relevé et ne paraissant pas du tout tridenté, par les granulations beaucoup plus nombreuses qui ornent la face postérieure de sa tubérosité cardiaque, enfin par la ligne droite, et presque parallèle à l'axe du corps, que forment les bords latéraux de la carapace au niveau des aires branchiales, cette ligne s'écartant nettement en dehors, d'avant en arrière, dans l'A, Marion. La carapace de cette dernière espèce est plus large en arrière, si bien que
(Tazisman. — Crustacés.) 106
l'A. Maltzani vattache les Hétérocryptes de l'Amérique, à carapace rétrécie postérieurement, à l'A. Marioni dont le bouclier céphalo-thoracique est plus élargi dans cette région. L’/7. Maltzani se distingue aussi de l'A. Marioni par le bord antérieur, plus nettement bidenté, de l'article basilaire de ses antennules, et par le tubercule, toujours très net, que présente sur sa face inférieure le méropodite de ses pattes-mächoires externes. Mais comme ses différences sont peu importantes et présentent elles-mêmes quelques variations, 11 n'y a pas lieu de séparer spécitiquement les deux formes, et nous considérerons |’. Marion: comme la
variété septentrionale de FA. Wallzanr, qui habite entre les tropiques.
Hamrar. — T'alisman, 1883 : 30 juillet, n° 112, 347 mètres ; iles du Cap-Vert. Sable, rochers.
Deux exemplaires : un mäle et une femelle avec des œufs.
Le Muséum possède en outre deux grands exemplaires de cette espèce qui ont été recueillis par M. Heurtel, au Gabon, en 1877.
DisrrBurion. — Signalée d’abord en Sénégambie, cette espèce se trouve encore, ainsi qu'on vient de le voir, dans les parages du Gabon et aux iles du Cap-Vert. Si l’on en croit Miers, l'espèce se rencontrerait aussi aux Acores, où elle aurait été recueillie par le « Challenger » ; mais ce naturaliste n'ayant pas distingué l'espèce typique de sa variété, et « l'Hirondelle », d'autre part, ayant trouvé aux Acores la variété Marion, nous pensons que les exemplaires du « Challenger » appartiennent à cette dernière forme.
L'espèce doit se trouver depuis la zone littorale Jusqu'à 400 mètres de profondeur.
Heterocrypta Maltzani, var. Marioni, À. M.-Epw. PI. XVIII, fig. 16, et PI. XIX, fig. 1-5.
ISS1. Zeterocrypta Marionis, À. Milne-Edwards, C. À. Acad. des Sce., 28 nov. ISSI, t. XLIIT, p. 879.
1883. Zlelerocrypla Marionis, A. Milne-Edwards, /ecueil de fiqures de Crust. nouveaux où peu connus, pl E 1SSG. /eterocrypla Marionis, Ed. Perrier, Les erplor. sous-marines, p. 299, et fig. 17, p. 48.
1894, Aeterocrypla Marionis, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, ÆRésull. des camp. scient. de © CILirondelle », fase. VIT, p. 23.
SECTION DES OXYRHYNCHA. 123
1896. /eterocrypla Maltsani, M. Caullery, Aésult. scient. de la camp. du « Caudan » p. 402.
Jusque dans ces dernières années, le genre Æeteroerypla n'avait été signalé que sur les côtes américaines où ilétait représenté par deux espèces (Heterocrypta granulata Gibbes, et A. macrobrachia Sümpson), quand, en SSI, Miers fit connaître, sous le nom d'Heterocripta Mallzani, une nouvelle espèce découverte par le baron Hermann Maltzan dans la baie de Gorée; vers la même époque (en juillet 1881), le « Travailleur » capturait, au large de Toulon, par #55 mètres de profondeur, une autre Heterocrypta à laquelle l'un de nous donna le nom d’//. Marionis. Cette dernière espèce a été pêchée depuis dans le golfe de Gascogne.
Elle est de petite taille; le test est lisse et comme porcelané ; la carapace est plutôt triangulaire que pentagonale, les angles latéro-postérieurs s’élendant davantage en dehors que les angles latéro-antérieurs, ce qui n’a pas lieu dans les autres espèces du même genre. Le front est horizontal, large dans sa portion intra-orbitaire, triangulaire et terminé par une pointe assez aiguë, mais qui, fragile et se brisant facilement, manque parfois. La région gastrique est très élevée, s'étendant en pente dans la partie du front et s'abaissant au contraire très brusquement en arrière; elle est limitée latéralement par deux crêtes granuleuses qui, naissant en arrière des orbites, convergent en ligne droite lune vers lPautre et se réunissent au sommet de la protubérance gastrique, en interceptant un espace triangulaire et aplati. La région cardiaque forme une saillie élevée, pointue, comprimée latéralement et portant quelques granulations; chez l'Æeterocrypta Maltzani pique, elle est moins haute et plus arrondie. La crèle granuleuse des régions branchiales prend naissance à l'angle latéro-postérieur et se dirige vers la région gastrique. Les bords de la carapace sont irrégulièrement crénelés et denticulés, les régions ptérvgostomiennes sont parcourues par un sillon parallèle aux bords latéro-antérieurs et limité en dedans par une crête granuleuse. L’épistome et les pattes-mächoires sont lisses ainsi que l'abdomen ; le plastron sternal porte une forte crète granuleuse et transversale qui relie la base des pattes antérieures. Celles-ci sont beaucoup plus allongées que chez
l'AHeterocrypta granulata; par leurs proportions, elles ressemblent à celles
des A. macrobrachia et Mallzani, mais le bras est moins renflé que dans cette dernière. Les arêtes des différents articles sont découpées en dents sranuleuses ; les dents de l'arête supérieure elinterne sont frangées de poils très courts. Les doigts des pinces sont pointus et ne se joignent que par leur extrémité. Les pattes ambulatoires, plus longues que chez l'espèce du Sénégal, sontgrèles, comprimées latéralement et pourvues, en dessus, d’une crête.
La couleur est d'un blanc rosé.
Hanrrar. — Zravailleur, 1881 : 6 juillet, n° 9, #45 mètres; cap Sicié. Fond
coralligène.
Deux mâles et une femelle. L'un des mâles présente les dimensions suivantes :
Éoneueurdela carapace PRET PTE EEE CEE CCC 10 millim.
Largeur A CR rie eee ce COQ 12 —
Monsueur duibras PP EEE RCE ECC CO CCC EC 11 — — HHÉMUMÉEbesonocdioneuvaneence cé bp comen Il —
Travailleur, AS82 : 13 juillet, n° 12, 550 mètres: golfe de Gascogne lat. N. 44°6’, long. O. 9°29’. Roche.
Un exemplaire màle.
Disrrieurion. — Cette variété a êté signalée dans la Méditerranée, dans le golfe de Gascogne et, par «Hirondelle », aux Acores. Elle habite par des fonds compris entre 100 et 500 mètres. Il est probable qu'il faudra lui attribuer les exemplaires recueillis par le « Caudan »
dans le golfe de Gascogne.
Groupe des MAIINEA, Dana.
Nous diviserons, avec Miers, ce groupe en trois familles : les Macropodidés (Inachidés de Miers), les Maïadés etles Péricéridés. La première correspond très sensiblement aux Macropodiens de Milne-Edwards, les deux autres réunies forment à peu près le groupe de Maïens du même
auteur.
SECTION DES OXYRHYNCHA. 125
FAMILLE DES PERICERIDÆ, Murs.
LISSA, Leach.
Lissa chiragra, Lracn.
1790. Cancer chiragra, Herbst, Arabben and Krebse, B. 1, Heft 7, p. 243, t. XVII, lie. 96.
1798. Znachus chiragra, Fabricius, Suppl. p. 357.
1816. Lissa chiragra, Leach, Zoo!. Miscell, LU, p. 70, & LXXXTIT.
1893. Lissa chiragra, M. Rathbun, Pror. US. Nat. Mus., vol. XV, p. 245 (ubi syn.).
1894. Lissa chiragra, AE, Ortmann, Zoo!, Jahrb., B. VI, p. 62.
Hagrrar. — Travailleur, ASST 2 16 juillet, n°24: 40-60 mètres; bouches de
Bonifacio.
Une femelle non adulte, mais dont les segments abdominaux 3 à 6 sont déjà soudés.
DISTRIBUTION. Nous ne croyons pas que cette espèce ait été Jusqu'ici
trouvée en dehors de la Méditerranée. Elle habite par des fonds de 30 à 70 mètres.
FAMILLE DES MAIADAE, Mrrs.
EURYNOME, Leach.
Eurynome aspera, PENNANT.
PI. XIX, fig. 7-15.
1777. Cancer asperus, Pennant, Brit. Zoo!..t. IV, pl IX, fig. 20.
1815. Eurynome aspera. Leach, Malac. Brit. Podophth., pl. XVI.
1887. Eurynome aspera, Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 16 (ubi syn.). 1894. Eurynome aspera, À. Milne-Edwards etE.-L. Bouvier, Æésult, descamp. scient. de
U «Hirondelle », fase. VIE p.15 (ubi syn.).
1826. Eurynome scutellata, Risso, ist. nat. de Eur. mérid..& NV, p.21. 1835. Eurynome spinosa. Huilstone, Lond. Mag. of Nat. Hist.. & NUL, p. 549. 1838. Eurynome boletifera. Gosta, Fauna del Regno di Napoli, pl HE, fie. 3.
Les Eurynomes qui ont été rencontrés pendant les explorations du « Travailleur » et du «Talisman » appartiennent à deux races locales faciles à distinguer. L'une d'elles, qui peut être considérée comme Ja forme typique, habite la Méditerranée ou la partie européenne de l'océan
Atlantique; la seconde se trouve plus au sud, sur les côtes de l'Afrique
jusqu'aux iles du Cap-Vert; nous la désignerons sous le nom d’'Evrynome aspera, var. acuta. Dans cette dernière, les tubercules fongiformes de la carapace sont moins confluents et d'ordinaire ils restent distincts sur la région gastrique et sur le lobe cardiaque antérieur, au lieu de se réunir par leurs bords de manière à former une seule masse.
Les épines branchiales antérieures s'élèvent presque verticalement au lieu de se développer en larges lames, les épines branchiales moyennes et postérieures offrent la même forme. Le rostre est parfois formé de deux cornes plus grèles, plus longues et plus divergentes; ce caractère est surtout bien marqué chez les mâles. Les pattes antérieures sont très longues, surtout dans leur portion brachiale. La main est également plus développée et moins épineuse.
Cette espèce est d’un blanc rosé, les tubercules fongiformes sont plus
foncés que les autres parties; l’extrémité des doigts des pinces est noire.
Hagrrar, Variarions. — L'Eurynome aspera \ypique (planche XNTIE fig. 7-12) a été trouvée dans les localités suivantes :
Travailleur, 1881 : 6 juillet, n° 9, 445 mètres ; cap Sicié : lat. N. 43°, long. E, 3°22". Fond coralligène. |
Environ 16 exemplaires des deux sexes; l'un de ces exemplaires, un mâle, est représenté planche XIX, figure 7.
11 juillet, n° 15, 40 mètres; Villefranche. Fond coralligène,
Un mäle et une femelle.
16 juillet, n° 24,77 mètres ; bouches de Bonifacio. Gravier, coraux.
Trois exemplaires, dont un mâle de belle taille,
Travailleur, 1882 : 13 juillet, n° 12, 550 mètres; au nord de l'Espagne : lat. N. 44°6', long. 0. 9°29’. Roche.
Un mâle et une femelle très typiques.
29 juillet, n° 34, 112 mètres ; baie de Cadix. Sable, gravier.
Quatre femelles et un mâle ; les épines branchiales perdent déjà leur forme lamelleuse et deviennent coniques.
L'Eurynome aspera, var. acuta (planche XIX, fig. 13-15), a été rencontrée aux stalions suivantes : il est à noter que les exemplaires provenant des îles du Cap- Vert avaient tous de très petites dimensions ; au contraire, ceux pêchés en vue des côles du Sahara élaient de grande taille
Travailleur, 1882 : n°34, 112 mètres; baie de Cadix. Sable, gravier.
Un exemplaire màle offrant déjà tous les caractères essentiels de la variété.
9 août, n° 52, 100 mètres; Madère : iles Desertas. Corail, roche, sable.
Deux exemplaires où toutes les épines sont aiguës el coniques, et où les saillies fongiformes sont petites et peu élargies.
SECTION DES OXYRHYNCHA. 127
Talisman, 1883 :S8 juillet, n°67, 130 mètres; au large des côtes du Soudan lat. N. 26°7’, long. O. 17°8". Sable, coquilles, coraux.
Deux exemplaires mâles.
13 juillet, n° 90, 175 mètres: parages du banc d'Arguin : lat. N. 21°31, long. 0° 19948", Sable vasard verdatre.
Deux exemplaires où les saillies basses cessent tout à fait d'être fongiformes.
13 juillet, n° 91,235 mètres, Mèmes parages el mêmes fonds,
Dix exemplaires, presque tous de grande laille. Dans beaucoup, les saillies basses cessent toutes d'être fongiformes; dans les autres, quelques-unes seulement se présentent sous cel aspeeL. Un de ces exemplaires moyens à élé représenté planche XIX, fig. 13-15.
29 juillet, n° 108, 318 mètres; iles du Cap-Vert: canal de Saint-Vincent à Saint- Antoine. Sable, coquilles.
Huit exemplaires des deux sexes, quelques femelles avec des œufs. Ces exemplaires sont de petite lille el présentent ous des champignons assez bien développés. Is se rapprochent beaucoup, à ce point de vue, de la forme Lypique de l'espèce.
Disrriguriox. — Celle Jolie espèce est connue depuis les parages de Christiania, où elle a été signalée par Sars, jusqu'à Madère et même jusqu’au Sahara et aux îles du Cap-Vert où elle à été capturée par le « Travailleur » etle « Talisman ». Elle se trouve dans la mer Britannique, dans la Manche (Boulonnais, îles anglo-normandes), dans toute l'étendue du golfe de Gascogne et a depuis longtemps été recueillie dans la mer Méditerranée. M. Barrois l’a capturée aux Acores.
Elle ne parait pas descendre beaucoup au-dessous de 400 mètres et peutremonter jusque dans la zone presque littorale. M. Bonnier l’a trouvée,
à Concarneau, dans les fonds à herbier vaseux, de 10 à 20 mètres.
MAIA, Lamarck.
Maia verrucosa, EDw.
1834. Maia verrucosa, H. Milne-Edwards, //ist. nat. des Crust., LT, p. 328, pl I, fig. 1-14.
1863. Maia verrucosa, Heller, Crust. sûüdl. Europa, p.50 (ubi syn.)
Hamirar. — T'alisman, 1883 : 15 juin, n° 23, 120 mètres: au large du cap Blanc (Maroc). Roches, coquilles.
Une femelle de belle tulle.
27 juillet, entre les ilots Branco et Razo, par 84 mètres de profondeur.
Deux jeunes exemplaires mâles.
Disrivriox. — Comme le montrent les dragages précédents, ce Crabe n'est point localisé dans la Méditerranée, mais peut atteindre l'Atlantique et arriver jusque sous les tropiques. Il ne descend jamais à des profondeurs bien grandes.
HERBSTIA, Edwards.
Herbstia rubra, À. M.-Enw.
PI. XIX, fig. 16.
1869. Aerbstia rubra, A. Milne-Edwards. Æev. et Mag. de Zool., sér. 2, vol. XXT,
Hanrrar. — Plusieurs exemplaires de cette espèce ont été trouvés par le Talisman, le 29 juillet 1883, à 75 mètres de profondeur, dans le canal qui sépare les ilots Branco et Razo, au milieu des Corallines.
Peut-être cette forme n'est-elle qu’une race de l'Æerbsha condyliata de la Méditerranée. Mais, pour résoudre cette question, il faudrait pouvoir examiner un très grand nombre d'exemplaires de tous les âges, et c’est ce que nous n'avons pas encore pu faire.
DisrriBuriox. — Jusqu'ici, cette espèce paraît localisée dans les parages
des îles du Cap-Vert, où elle s'éloigne peu de la zone littorale.
PISA, Leach.
Pisa tetraodon, PENNANT.
1777. Cancer tetraodon, Pennant, Zool. Brit, L IV, pl VU, fig. 15. 1802, HMaia letraodon, Bosc, /Hist. nat. des Crust,, LT, p. 254. 1814. Blastus tetraodon, Leach, Edimb. Encyclop., & VI, p. 431. 1815. Pisa tetraodon, Leach, Halac. Brit., pl. NX, fig. 1-4.
1887. Pisa letraodon, Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 13 (ubi syn.).
Hamrar. — Travailleur, ASST : 16 juillet, n° 24, 77 mètres ; au large de Bonifacio. Graviers, coraux.
Un jeune exemplaire femelle.
Disrriuriox, — Celle espèce est connue depuis le sud des îles Britanniques jusque dans la Méditerranée. On la trouve depuis la côte jusqu'à
des profondeurs de 100 mètres environ.
SECTION DES OXYRHYNCHA. 129
Pisa Gibsi, Lracn.
1815. Pisa Gibsii, Leach, Trans, linn. Soc., & XL. p.327, el Walac Brit, pl. XIX ! DL XIXe
1887. Pisa (ribsii, Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 15 (ubi syn.).
1886. Pisa (Arctopsis) tribulus (L.), Miers, Challenger. Zool.. & XNIL, D: 09.
Hasrrar. — Travailleur, ASSL : 16 juillet, n° 29, 77 mètres: au large de Bonifacio. Graviers, coraux.
Un jeune exemplaire mâle.
DisrriBuriox, — Gelle espèce se trouve dans les mêmes régions que la précédente, mais elle est plus rare et s'étend plus loin vers le sud : M. Studer, en effet, la signale aux îles du Cap-Vert.
Elle habite à peu près les mêmes fonds que la ?. /etraodon, mais elle se rapproche moins de la côte, et descend à des profondeurs un peu plus grandes.
Pisa armata, LaArT.
1803. Haia armata, Latreille, //ist. nat. des Crust., Le VI, p.198.
ISIS. Pisa armalta, Latreille, £neyelop.. EX, p. 143.
1828. Pisa armala, Roux, Crust. dela Méditerranée, pl XXXTT.
1SSO. lisa armata, Brandt, Bull. Acad. de St-Pétersb., ISSO, p. 410.
1893. Pisa armala, A.-E. Orltmann, Zoo!. Jahrb., Syst, B. VI, p. 093 (ubi syn.). 1SS6. Pisa Arclopsis tribulus (pars), Miers, Brachyura, Challenger, Zoology, t. XVI,
P: JD),
Miers considère la 2. armata comme une variété de l'espèce précédente qu'il désigne sous le nom de sa tribulus Linné, ce qui
correspondrait à PArefopsis lanaïa de Lamarck.
Hanrrar. — Travailleur, ISS2 : 30 août, n° 45, 30 mètres. Canaries.
Un exemplaire mâle.
Talisman, 1883 : 29 juillet, n° 107, 75 mètres: iles du Cap-Vert: canal de Saint- Vincent à Saint-Antoine, Sable, coquilles.
Un petit exemplaire mâle.
Disrriuriox. — Cette espèce a été longtemps considérée jusqu'ici comme méditerranéenne, mais la « Princesse Alice » en a trouvé de fort beaux exemplaires aux Acores et, comme on vient de le voir, le « Talisman » Pa
recueillie aux iles du Cap-Vert. Il est possible que les ?’isa tribulus trouvés
(TALISMAN. — Crustacés). 17
par le «Challenger » à Ténériffe et aux Acores appartiennent à cette espèce, mais ils peuvent aussi appartenir à la précédente. L'espèce se trouve depuis le littoral jusqu'à des profondeurs de 100 mètres.
MICROPISA, Stimpson.
Micropisa violacea, À. M.-Epw.
IS6S. Wicropisa violacea. À. Milne-Edwards, Nouv. Arch. du Mus., t IV, p. 50, pl. XVI, fig. 3 à G.
ISSL. Zerbstia violacea, Miers, Ann. and Mag. of nat. Hist., G° sér., t NI, p. 206. ISSG. Herbstia violacea, Miers, Brachyura. Challenger, Zoology. & XVI, p. 50.
1869, Phycodes antennarius. À. Milne-Edwards, Rev. et Mag. de Zool., p.374.
Une étude attentive de celte espèce aux différents âges nous à montré que le Phycodes antennarius A.-M.-Edw. n'était qu'un jeune de la 47. violacea.
Harrrar, — Talisman, 1883 : 13 juillet, n° 92, 140 mètres ; parages du Sahara : lat. N. 21°47, long. O. 19°47'. Sable vasard verdâtre.
Un magnifique exemplaire mâle.
27 juillet, n° 105, 110-180 mètres; entre Pilot Branco et l'ilot Razo. Sable et
roches.
Quatre exemplaires, dont deux femelles adultes. 20 juillet, n° 103 *; La Praya.
Une carapace trouvée sur la plage.
DisrRiBUTIox, — Cette espèce n'a élé rencontrée jusqu'ici que sur la côle d'Afrique, depuis le Sahara jusqu'à Angola, aux iles du Cap-Vert. Elle habite de faibles profondeurs.
Micropisa ovata, STIMPSON.
PI. XVI, fig. 18.
1857. Wicropisa ovata, Sümpson, Proceed. Acad. nat. Se. Philadelphia, 1857, n° 6. 1868. Micropisa ovata, À. Milne-Edwards, Nouv. Arch. du Mus., t. IV, p. 51, pl. XVI, fig’. 1 et 2.
1SS6. Micropisa ovata, Miers, Brachyura, Challenger, Zoology, & XVI, p. 50. Dans celle espèce, le palpe des mâächoires postérieures est moins long que dans la précédente, la lacinie interne n’est plus indiquée que par une soie (au lieu de deux), enfin la ligne latérale, qui est bien marquée
dans la 17. violacea, cesse tout à fait d’être distincte.
SECTION DES OXYRHYNCHA. 131
Hawrar. — T'alisman, 1883: 27 juillet, n° 105, 110 à 180 mètres : entre l'ilot Branco et l'ilot Razo. Sable et rocher.
Une quinzaine d'exemplaires des deux sexes.
28 juillet, n° 106, 30-75 mètres; ile Saint-Vincent : rade de Porto-Grande. Sable, coquilles.
Une quinzaine d'exemplaires des deux sexes.
DisrmiBuriox. — Cette espèce parait jusqu'ici localisée dans les parages du cap Vert, où elle avait été déjà signalée par Stimpson et recueillie par le « Challenger ».
Elle est un peu plus littorale que la précédente.
FAMILLE DES MACROPODIDÆ Ebw.
SOUS-FAMILLE DES INACHINÆ, Mers.
SCYRAMATHIA, A. M.-Edw.
ISSL. Seyramathia, À. Milne-Edwards, GC. 2. Acad. des Se.5 dée. {SSL 1883. Seyramathia, À. Milne-Edwards, Æ#ecueil de figures de Crust. nouveaux où peu connus, pl. IT.
1894, Scyramathia, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésull. des camp. scient. de U «Hirondelle », fase. VIE p. 12 (ubi syn.).
188%. Anamathia, S.-I. Smith, Proc. US, Nar. Mus.. vol. VIE, p. 493. 1895. Anamathia, W. Faxon, Hem. Mus. Comp. Zoël., vol. XVI, p.8.
De mème que chez les Azamathin, les cornes rostrales sont au nombre de deux; elles sont lon zues et divergentes, mais à leur base il existe une épine sus-orbitaire qui manque au contraire dans ce dernier genre, et la région orbitaire offre des caractères particuliers. L'orbite est plus complète que chez les Crustacés des groupes voisins et Pœil se replie et se cache dans une échancrure laissée entre la carapace et une saillie aplatie située en arrière de l'orbite. L'article basilaire des antennes externes est inerme et déborde un peu de manière à constiluer une sorte de plancher orbitaire ; il est aplati en dessous; la tigelle mobile est, à son insertion, cachée en partie sous le rostre; elle est courte et n'atteint pas l'extrémité de celui-ci. La carapace est pyriforme et ses parties saillantes forment le plus souvent des protubérances aplaties qui ne sont pas sans
analogie avec les productions fongiformes du corps des Eurynomes. Les
pattes-mâchoires externes sont remarquables par la forme arrondie de l'angle antéro-externe du mérognathe Pangle opposé est tronqué pour recevoir l'articulation de la tigelle mobile. Les pattes sont longues etfortes, les doigts de la pince sont aigus. La première patte ambulatoire dépasse les autres: ses articles sont cylindriques et terminés par un doigt légèrement courbe et à extrémité aiguë. L'abdomen se compose de sept articles; il est dépourvu d’épines ; chez le mâle, le septième article est étroit et alténué au bout; chez la femelle, il est très large. Les branchies et les appendices sont du type oxyrhynque normal.
Le genre Scyramathia présente certaines analogies de forme avec les Hyastenus et les Rachinia, mais, chez les premiers, 11 n’y a pas d'épine sus-orbitaire et les orbites sont mieux constituées; chez les seconds, les antennes externes sont insérées en dehors des cornes rostrales et les pinces sont plus courtes et plus renflées. Le genre Scyra nous offre des pattes courtes et un rostre formé de deux lames triangulaires, ce qui le distingue nettement des Scyramathia ; nous ajouterons que les pattes sont plus courtes. Les Chorilia et les Naxioiles ont un aspect général qui rappelle celui des Crustacés que nous décrivons ici, mais l’article basilaire des antennes porte en dehors et en avant une épine et le bord sourcilier clôt davantage l'orbite en dessus. ;
Dans une précédente publication, l’un de nous a placé dans le genre Scyramathia Va Scyra umbonata décrite par Stimpsen (1), d’après un Crustacé pèché à 143 brasses de profondeur, entre la Floride et Cuba. La carapace de celte espèce ressemble, en elfet, beaucoup à celle des Scyramalluic \ypiques, mais les pattes sont beaucoup plus courtes. Dans la Scyranathia (Anamathia) occidentalis Faxon, qui forme la troisième espèce du genre, les protubérances aplalies des deux espèces précédentes sont transformées en tubercules bas qui remplacent les épines correspondantes des Anamathies.
M. Smith pense qu'il convient de réunir dans une seule division générique les Scyramathia eUles Crustacés du genre Aramathia. Nous ferons remarquer que le type des Anamathia est l'espèce de la Méditerranée
(4) Preliminary report on the Crustacea dredged in the Gulf Strean (Bull. of the Museum of Cumparalive Zoôlogy. Cambridge, L. IE, p. 115, 1870).
SECTION DES OXYRHYNCHA. 133 décrite par Roux sous le nom d'Amathia Rissoana, qui est bien caractérisée par ses orbites petites, à bord supérieur entier, dépourvues d’épines pré-orbilaire et post-orbilaire et qui, par là, doit être séparée des Scyramalluia.
Les Anamathies américaines — A. Hystrix Sümpson, A. crassa A. M.-Edwards, À. Agassizi Smith (1), À. T'anneri Smith, A. modesta Slüimpson — ont toutes des épines orbilaires et pourraient ètre ainsi distinguées de l'espèce de la Méditerranée. Comme Fa récemment montré M. Faxon, elles établissent un passage graduel des Anamathies aux Seyramathies et, par leur orbite qui devient de plus en plus close, conduisent ainsi aux Maïadés. Il est à remarquer toutefois que Les Seyramathies se distinguent des Anamathies par l'évasement externe que forme sous l'orbite Particle basilaire des antennes, par l'absence d’épines sur cet article, enfin par la transformation de certaines épines dorsales des
Anamathies en tubercules bas, ordinairement tronqués à leur extrémité.
Scyramathia Carpenteri, Normax.
PI. XX, fig. 1-10,
1873. Amathia Carpenteri, Norman in W. Thomson, 74e Deapths of Lhe sea, p. 175,
fig. 55, et trad. franc. par Lortet, p. 147, fig. 35. ISS0. Seyramathia Carpenteri, À. Milne-Edwards, C2. Acad. des Se. t. XCI, p. 356.
1885. Seyramathia Carpentert, H. Fihol, La vie au fond des mers, p. 123, fig. 88, pa 125:
1886. Seyramathia Carpenteri, Ed. Perrier, Les erplor. sous-marines, p.298, fig. 217.
189%. Seyramathia Carpenteri, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æeésult. des camp. scient. de Ü «Iirondelle », fase. VI, p. 13 (ubi syn ).
1895. Anamatlhia Carpenteri, W. Faxon, Wen. Mus. Comp. Zoo!., \ol. XVII, p. 10.
1899, Anamathia Carpenteri, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, /ésult. des camp. scient. de FC Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-Alice », fase. XIIL, p. 43, pi. I, fig. 4.
Nous donnons d'abord la description du mâle adulte dont les formes différent notablement de celles des jeunes. La carapace est épaisse et fort rétrécie dans la région frontale, d’où se détachent deux grandes cornes rostrales, grèles
, cylindriques, dirigées en avant et très peu en
(1) L'Anamathia Agassizi de M. Smith ne nous parait pas devoir être distinguée de l'Anamathia crassa, que l'un de nous a décrite dans la Zoologie de l'Expédilion du Mexique, Crustacés, p. 203, pl. XXVIIL, fig. 2, Dans son travail sur les Crustacés de 4 Albatros », M. Faxon réuni aussi les deux espèces.
dehors. L'épine sus-orbitaire est triangulaire, aplatie et dirigée en avant. Le pédoncule oculaire est petit et presque complètement caché par cette épine;enarrière se voit une échancrure où se loge l'œil quandilest replié; cetteéchancrure est fermée en dehors par une saillie lamelliforme qui, partant de la région hépatique, se dirige en avant limitée par des arètes vives et se termine par un bord arrondi. La région gastrique est lisse dans toute sa partie antérieure ; elle porte en arrière une saillie urogastrique à pans abrupls et aplatie en dessus comme une sorte de table ovalaire dont le grand axe serait dirigé d'avant en arrière; deux saillies protogasiriques, plus petites et très rapprochées de la précédente, se terminent par un bord arqué transversalement. De la région hépatique se détache une épine qui s'élève verticalement; elle affecte la forme d'une pyramide à trois pans dontles arèles tournées en avant, en arrière el en dedans, sont très coupantes; à sa base, l’arête antérieure se continue avec le rebord de la saillie post-orbitaire décrite plus haut. Une proéminence labuliforme plus élevée que celle de la région gastrique surmonte le lobe cardiaque antérieur ; le lobe urogastrique est déprimé et terminé enarrière par un bord arrondi. Les régions branchiales portent en dehors une forte épine mésobranchiale, en forme de pyramide triangulaire dirigée en dehors, en haut et an peu en avant; les arèles supérieure et inférieure sont très coupantes. Une saillie tabuliforme à bords circulaires occupe le lobe protobranchial: une autre saillie, beaucoup plus petite et de mème forme, s'élève sur le lobe métabranchial, entre la protubérance cardiaque et Pépine branchiale. Le cadre épistomien est formé par un rebord cristiforme courbé et très développé vers les angles externes, el formant là comme une sorte d'oreille se rattachant à une crète ptérygostomienne {très marquée.
La cloison antennulaire est saillante, mais son contour est arrondi el ne constitue pas d'épine. L'article basilaire des antennes externes est lisse, aplati en dessous et bordé en dedans et en dehors par une arète; en dehors du tubercule auditif, on remarque une petite saillie qui semble détachée de lParète externe de l'antenne.
Les pattes-mâächoires externes et le plastron sternal sont lisses. Le
premier article de ce dernier est profondément échancré pour recevoir
SECTION DES OXYRHYNCHA. 1535 le septième article de l'abdomen. Les pattes antérieures sont grandes, mais peu robustes; le bras à plus que la longueur de la carapace sans le rostre ; ses arètes sont peu marquées, un peu granuleuses, et il porte à son extrémité une petile épine surmontant l'insertion de l'avant-bras : ce dernier article est court et orné en dessus de trois saillies cristiformes dont l’une forme son bord interne. La pince est aussi longue que le bras; elle est comprimée laléralement et son bord supérieur produit une arête très marquée, surtout près de l'articulation de lavant-bras. Cet article est aépourvu de granulations. Les doigts sont courts, faibles, à peine denticulés et en contact par leur extrémité seulement,
Les pattes ambulatoires sont grèles; la cuisse porte à son extrémité une petite épine surmontant larticulalion de la jambe. Les premières dépassent les pinces de toute la longueur de leur doigt; celles de la cinquième paire sont les plus courtes.
L'abdomen est lisse, mais présente des saillies représentées dans la figure 10 de la planche XIX. Le corps etles pattes portent quelques poils crochus et d’autres en massue, peu abondants si ce n’est sur Îles côtés, sur la région gastrique et sur les cornes rostrales. Ces poils, qui existent chez les Pises, manquent dans les Anamathies: les pattes en sont presque complètement dépourvues.
Les femelles et les jeunes mâles ont d'ordinaire les cornes rostrales plus divergentes queles vieux mâles; les premières présentent, d’ailleurs, quand elles sont adultes, les mêmes ornements sur la carapace et les épines y sont disposées de la mème facon: leurs pattes sont également très longues, les pinces seules sont plus grèles et plus courtes. Le «Talisman » à pêché près du cap Bojador une femelle adulte et chargée d'œufs chez laquelle les saillies tabuliformes de la carapace sont à peine marquées et remplacées par des tubercules on des saillies arrondies {1); les épines sont moins acérées ; les autres caractères sont d’ailleurs les mêmes.
Chez les jeunes, les épines hépatiques et branchiales, au lieu d’être pyramidales et relevées, sont arrondies et presque horizontales ; toutes les crêtes sont moins marquées et le lobe post-orbitaire est moins déve-
(1) Get exemplaire a été figuré par M. H. Filhol; l'individu représenté par M. Perrier est, au contraire, un mâle.
loppé; le lobe urocardiaque se prolonge sur la ligne médiane et en arrière en une saillie qui souvent s’aplatit de manière à ressembler aux éminences tabuliformes de la carapace: quelquefois elle est tuberculiforme ou légèrement déprimée. Chez des exemplaires dontla carapace ne mesurait guère plus de 5 millimètres, la disposition des régions du bouclier céphalo-thoracique était d’ailleurs la même que chez les adultes. A cet âge, ils ressemblent davantage aux Amathia.
Cette espèce est loin d’être rare dans les fonds coralligènes et au milieu des éponges du genre Aphrorallistes ; Sa couleur est d’un rose tendre, plus foncée dans la région frontale, plus claire sur les proéminences
tabuliformes de la carapace.
Hagrrar, Vaniarions. — Travailleur, 1880 : n°3, 946 mètres ; golfe de Gascogne : lat. N. 43°40', long. O. 34°5'. Vase. — N°3, 946 mètres; n° 6, 135 mètres; n° 16, 1 160 mètres.
(Voir Zalisman, n° 3%.) s
24 juillet, n° 9, 1190 mètres; mêmes parages et mêmes fonds. -
Six exemplaires de taille petite ou médiocre; les femelles, dont la carapace, y compris les cornes, mesure plus de 2 centimètres, ne sont pas encore adultes.
28 juillet, n° 1%, 677 mètres ; mêmes parages et mêmes fonds.
Une femelle non adulte; la carapace, sans les cornes, a près de 2 centimètres.
Travailleur, ASSA : 15 août, n° 40, 392 mètres; golfe de Gascogne : lat. N. 40%", long. O. 9°35’. Sable noir.
Un màle de 2 à 3 centimètres de longueur.
Travailleur, AS82 : 27 août, n° 67, 1360 mètres ; mêmes parages. Vase.
Un mäle de même taille que le précédent, à fort belles tables dorsales.
Talisman, 1883 : 8 juin, n° 10, 717 mètres: cap Spartel : lat. N. 35°26”, long. O0. 99”. Vase, coquilles.
Une femelle adulte mesurant avec les cornes de 3 à 4 centimètres : des tables assez nettes.
10 juin, n° 11, 1 08% mètres; parages du cap Spartel. Vase.
Une femelle.
11 juin, n°13 bis, 1216 mètres; Maroc : lat. N. 35°7', long. O. 938. Vase, COraux.
Un mâle de petite aille.
1 juin, n° 18, 350 mètres ;: Maroc: mêmes parages. Vase.
Deux mâles de petite taille, et une femelle non adulte.
14 juin, n°20, 1105 mètres; Maroc: mêmes parages. Vase, éponges.
Un exemplaire mâle, le plus beau de la collection. C'est lui qui nous a servi de type.
SECTION DES OXYRHYNCHA. 137 17 juin, n° 3%, 1123 mètres: parages de Mogador : lat. N.
Vase rouge.