‹ Crustacés Décapodes. Ptie. 1: Brachyures et AnomouresChapitre 15 sur 76 · long. O · texte numérisé non relu

long. O

Plusieurs petits exemplaires mélangés avec ceux de même taille qui proviennent du Travailleur (ASS0 : n°53, 6 et 16).

27 juin, n° 50, 975 mètres; Canaries : lat. N. 28°35', long. 0. 15°30/. Vase jaune.

Un petit exemplaire mâle.

8 juillet, n° 62, 782 mètres ; cap Bojador : lat. N. 26°20’, long. O. 173’. Sable, coquilles, coraux.

Un magnifique exemplaire femelle; longueur de la carapace y compris les cornes : à centimètres environ. Celle femelle est chargée d'œufs; elle porte une Anémone de mer el une Analife.

9 juillet, n° 72, 882 mètres ; au large du Sahara : lat. N. 25:39", long. O. 18°22’. Mêmes fonds que le précédent.

Deux belles femelles chargées d'œufs ; trois autres non adultes.

Disrripuriox. — Cette espèce a été découverte par les naturalistes du « Porcupine » dans le canal séparant les Féroé des Shetland, où elle habite les fonds à /Æoltenia. L'expédition norvégienne dans le nord de l'Atlantique en a capturé deux exemplaires sur la côte ouest de la Norvège, par 500 mètres de profondeur. Nous venons de voir, d’ailleurs, qu'elle se rencontre dans les eaux orientales de l'Atlantique jusqu’au large du Sahara. L' « Hirondelle » la trouvée aux Acores. Mais elle n’est pas connue dans la Méditerranée.

Elle recherche les fonds compris entre 350 et 1350 mètres de profondeur.

AreniTés. — M. G.-0. Sars, dans la description très complète qu'il a donnée de la Scyramathia Carpenteri, émet des doutes sur la distinction de cette espèce par rapport à la Scyra vinbonala décrite par SEmpson et provenant de la mer des Antilles; il ajoute que l'on ne pourra être fixé à cet égard que lorsque cette dernière sera connue par une figure exacte. L'un de nous a donné, il y a quelques années, la représentation de cette espèce (1), d'après un exemplaire que l'un de nous avait pu se procurer après la publication du texte relatif aux Oxyrhynques des mers du Mexique. Il est facile de constater les différences profondes qui

séparent ces deux Crustacés, non seulement au point de vue de Porne-

(4) Mission au Mexique, Crustacés, pl. NXXE, fig. 5.

(TALISMAN, — Cruslacés.)

mentation de la carapace et de la forme du rostre, mais aussi de la lonsueur relative des pattes, grosses et courtes chez l’espèce américaine, longues et grèles chez celle de l'Europe.

La Scyramathia occidentalis Faxon, recueillie par l« Albatros » dans le Pacifique oriental, est toujours dépourvue de tables. Elle fait le passage aux Anamathies.

CoLorariox. — Couleur blanchâtre plus ou moins teintée d’orangé; ce dernier ton est plus marqué sur la carapace que sur les pattes ; il s’accentue beaucoup dans la région frontale et à la base des cornes du rostre.

Les gros tubercules du test sont de couleur plus pâle.

ANAMATHIA, S.-I. Smith.

Anamathia rissoana, Roux.

DIRE ee

S28. Amathia rissoana, Roux, Crust. de la Méditerranée, pl. I.

1863. Amathia rissoana, Heller, Crust. südl. Europa, p. 29, pl. I, fig. 4-5 (ubi syn.) 1884. Amathia rissoana, Carus, Prodr. faun. Mediter., LT, p. 506.

1899, Anamathia rissoana, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, ÆReésult. des camp. scient. de l'« Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse- Alice », fase. XIII, p. 43, pl. I, fig. 5.

re,

Cette espèce, qui n'avait encore été signalée que dans la Méditerranée, a été pêchée entre les îles Désertes et Madère, par une profondeur de 400 mètres; elle était associée à d’autres Crustacés du genre Pandalus, à de nombreuses Éponges parmi lesquelles figuraient plusieurs Askonema. Cette Amathie est exactement semblable à celles que le Muséum possède et qui proviennent des environs de Toulon ; son extension géographique est donc beaucoup plus étendue qu’on ne le supposait. La « Princesse-Alice » l’a capturée aux Açores par 599 mètres.

Sa couleur est d’un brun rougeàtre.

Hamrar. — Travailleur, 1882 : 10 août, n° 54, 400 mètres; Madère : iles

Desertas. Corail, roche, sable.

Un petit exemplaire femelle.

SECTION DES OXYRHYNCHA. 139

Ergasticus, À. M.-Epw.

1881. Ergasticus, A. Milne-Edwards, C. 2. de l'Acad. des Se., t. XCIIT, 28 nov. 1881.

1883. Ergasticus, À. Milne-Edwards, Æecueil de figures de Crust. nouveaux où peu connus, pl. I, fig. #.

1894. Ergasticus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, AÆésult. des camp. scient. de U« Hirondelle », fase. VIT, p. 9 (bi syn.).

Le 6 juillet 1881, au large de Toulon, par une profondeur de 445 mètres, les dragues du « Travailleur » ont capturé, sur un lit coralligène d'une grande richesse, un pelit Oxyrhynque voisin des Aramathia, auquel l’un de nous à donné le nom d’'Ærgastieus (1); depuis cette époque, le même Crustacé à été retrouvé dans l'océan Atlantique.

La carapace est pyriforme et ornée d’épines; elle se termine en avant par deux cornes rostrales, longues, grèles et divergentes comme celles des Anamathia et des Trachymaia, mais le bord sourcilier, au lieu d'être énorme comme dans le premier de ces genres, où muni d'une épine supérieure et d'une épine inférieure, comme dans le second, est garni d'épines assez nombreuses. Comme dans les 7rachymuia, une épine post-orbitaire délimite incomplètement la fossette dans laquelle l'œil se replie. La cloison inter-antennulaire se prolonge en une épine qui s'avance entre les cornes rostrales, à leur base, et qui manque chez les Anamathia et les Trachyinaia. L'article basilaire des antennes internes est étroit et spinuleux, la tigelle mobile dépasse le rostre de près de la moitié de sa longueur. Le mérognathe des pattes-mächoires externes est subquadrilatère ; son angle antéro-externe est très accentué.

Les pattes antérieures du màle sont bien développées: la main est presque aussi longue que le bras et les doigts, terminés par une extrémité aiguë, ne sont pas en contact près de leur base. Les pattes ambulatoires sont de longueur médiocre, cylindriques, et diminuent graduellement de la première à la dernière; les doigts ne sont pas falciformes : l’abdomen du mâle se compose de sept articles libres ; celui de la femelle n’en compte que six, les deux derniers étant soudés. Le corps et les

pattes sont couverts de poils en hamecon, très nombreux, qui accro-

(4) De ioyasruxds, travailleur.

chent des fragments de toute sorte, masquant ainsi animal. Ces poils facilitent la capture de ces Crabes, car, quand ils ont été touchés par l’une des houppes de chanvre d’un des fauberts que lon attache à la drague, ils ÿ adhèrent avec force et il faut de grandes précautions pour les débarrasser de ces liens sans les briser.

Ce genre comprend actuellement deux espèces : P£. Clouer, d’abord trouvé par le « Travailleur », et l’£. Naresi, recueilli par le « Challenger »

aux iles de l'Amirauté, à 150 brasses.

Ergasticus Clouei, À. M.-Epw.

PI. XXI, fig. 1-7. ISSL. Ergasticus Clouei, À. Milne-Edwards, (. A. Acad. des Se., 28 nov. 1881. 1832. Ergasticus Clouei, Studer, Crust. der Reise S. M. S. Gaselle an der Westkiüste

von Afrik; Ip.Me pl tie de 1883. Zrgasticus Clouei, À. Milne-Edwards, Aecueil de fiqures de Crust. nouveaux ou

peu connus, pl. I, fig. 1.

ISS5. £rgasticus Clouei, H. Filhol, La vie au fond des mers, p. 124 et 125, fig. 38.

1894. Ærgasticus Clouei, À. M.-Edwards et E.-L. Bouvier, Aésult. des camp. scient. de Ü« Hirondelle », fase. VIT, p. 10 (ubi syn.).

1899. Zrgasticus Clouei, A. M.-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de Ü «Hirondelle » (supplément) 6e de la « Princesse-Alice », fase. XIIT, p. 44.

La carapace est granuleuse; très étroite en avant, elle se renfle au niveau des régions hépatiques et surtout des régions branchiales. Les cornes rostrales sont fines, pointues et légèrement relevées ; elles portent une épine à leur base et en dehors. Le bord sus-orbitaire est orné de 3 ou 4 petiles épines. Les épines post-orbitaire et hépatique sont grandes, pointues et granuleuses. La région branchiale est armée latéralement d'une rangée longitudinale d’épines régulières et terminées par une extrémité grosse el arrondie qui leur donne un aspect particulier; audessous et en avant, on trouve une rangée d’épines semblables, mais plus petites et moins régulièrement disposées, dans la dépression branchiohépatique. Une frange délicate de spinules aiguës très serrées orne le bord postérieur de la carapace, jusqu'au tiers postérieur des aires branchiales. La région gastrique est surmontée en avant de 3 petites épines

insérées sur une ligne transversale et, en arrière, d'une forte épine uro-

SECTION DES OXYRHYNCHA. i4l gastrique. Deux épines, conjuguées à leur base, naissent du lobe cardiaque antérieur. Les régions branchiales sont surmontées de 2 épines, situées l’une devant l’autre, la postérieure étant la plus forte. L'épine antennulaire est grande et plongeante. L'article basilaire des antennes externes porte en dessous quelques granulations, deux petites épines près de son extrémité antérieure et une à sa base près de l’orifice rénal.

Les pattes antérieures des males sont grandes. Le bras est couvert d'épines aiguës, disposées sur chacune de ses arêtes; l'avant-bras est petit et spinuleux; la pince est de la longueur du bras, sa portion palmaire est beaucoup plus développée que sa portion digitale; elle porte sur toutes ses faces de nombreuses épines. Les pattes ambulatoires sont hérissées de petites aspérités d'où se détachent les grands poils; à Pextrémité antérieure du méropodite se voit une paire d'épines plus grandes.

Le plastron sternal est granuleux; son premier article est renflé de chaque côté et parcouru par un sillon médian. L’abdomen porte une épine médiane sur son premier article.

Chez la femelle, les cornes rostrales sont plus petites, les pinces faibles et beaucoup plus courtes, enfin l'abdomen est très développé.

La couleur de cette espèce est d’un jaune brunätre, les pattes étant plus claires que le corps.

Cette espèce a été trouvée dans la Méditerranée et dans l'Atlantique depuis le golfe de Gascogne jusqu'aux iles du Cap-Vert.

Hamrar, Variarioxs. — Travailleur, SSL : 6 juillet, n° 8, 307 mètres ; au large de Toulon : lat. N. 43°1’, long. E. 3°28”. Vase.

Un exemplaire màle.

6 juillet, n° 9, 445 mètres; mêmes parages. Fond coralligène.

Un exemplaire mâle.

Travailleur, 1882 : 13 juillet, n°12, 550 mètres: golfe de Gascogne: lat. N. 44°’, lonz.10. 9°29’. Roche.

Trois exemplaires, deux mâles et une femelle; les dimensions du grand mâle,

qui nous à servi de type, sont les suivantes :

Longueur totale du céphalothorax, y compris les cornes...... 25 millim. Largeur maximum, longueur des épines branchiales non com- DIS CRM eee A RU D 16 — Longueur de chaque corne................................ T — — de la patte antérieure droite..................... D2 —

— de la pince......................sse.rss. .….. 23 —

17 juillet, n° 15, 400 mètres ; golfe de Gascogne : lat. N. 43°24", long. O. 10°. Sable, gravier.

Une femelle avec des œufs. La carapace est plus large que dans l'exemplaire précédent et les grandes épines branchiales sont moins nombreuses.

25 juillet, n° 32, 440 mètres; côtes de Portugal : lat. N. 36°36", long. O. 9°46”. Sable.

Un mâle, avec une petite éponge sur la carapace.

10 août, n° 54, 400 mètres ; Madère : lat. N. 32240’, long. O. 18°54". Corail, roche, sable.

Deux mâles d'assez faible taille.

Talisman, 1883 : 29 juillet, n° 111, 400-580 mètres; îles du Cap-Vert: lat. N. 16:52’, long. O. 27°30". Sable et roches.

Huit exemplaires des deux sexes, adultes, mais ayant au plus 1 centimètre de longueur.

13 août, n°124, 629 mètres ; parages des Açores : lat. N. 38°25', long. O. 31°4". Sable, roches.

Un exemplaire mâle.

Disrrigurion. — Le relevé précédent donne une idée, aussi exacte que possible, de la distribution géographique de l'espèce. Depuis l'expédition du « Talisman », elle a été retrouvée aux îles du Cap-Vert par la « Gazelle » et aux Acores par | « Hirondelle ». Elle paraît affectionner les fonds de sable et de roche entre 300 mètres et 1000 mètres.

ArriniTés. — Autant qu'on en peut juger d’après les figures et la description que Miers a données de lÆ, Narest, il ne semble pas que cette dernière espèce diffère beaucoup de PÆ£. Clouer. Elle s’en distingue surtout par ses pattes ambulatoires un peu plus longues: par ses cornes bien plus courtes, par ses grandes épines branchiales moins abondantes et par la présence d’une épine sur le bord antérieur de la cavité antennaire. En somme, la distinction des deux espèces est beaucoup moins facile que nous ne le disions dans notre Mémoire sur les Crustacés de « Hirondelle », et il ne nous semble pas impossible que les deux espèces soient, quelque jour, réunies en une seule.

SECTION DES OXYRHYNCHA. 143

INACHUS, Fabr.

Inachus mauritanicus, Lucas.

1849. Znachus mauritanicus, Lucas, Explor. scient. de l'Algérie, Crust.. €. I, D: 6, DEAN EE

1899. /nachus mauritanicus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Résult. des camp. scient. de l'« Hirondelle » (supplément) et de la « Prin-

cesse-Alice », fase. XIII, p. 45.

Hasirar. — Le Travailleur à trouvé l’Z. maurilanicus dans la baie d'Oran: le Muséum en possède quelques exemplaires de grande taille capturés sur les côtes d'Ilalie, près de Gênes.

C'est à tort que Heller a confondu cette espèce avec l’Z. scorpio.

Inachus dorsettensis, PEXNANT.

777. Cancer dorsettensis, Pennant, Brit. Zoo! . & IV, p. 10, fig. f.

1815. Znachus dorsettensis, Leach, HMalac. Brit, pl XXI, fig. 1-6.

1887. Inachus dorsettensis, J.Bonnier, Catal.des Crust. de Concarneau, p. 12 (ubisyn.).

1899, Znachus dorsettensis, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de l'« Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-A lice », fase. XTIT, p. 45.

1793. Cancer scorpio, Fabricius, £ntom. syst. &. I, p. 462.

1798. /nachus scorpio, Fabricius, Suppl, p. 358.

1802. Haia scorpio, Bose, Aist. nat. des Crust., LT p. 252.

1803. HMacropus scorpio, Latreille, //ist. nat. des Crust., tt. VI, p. 109.

Hamirar, VariaTions. — Travailleur, SSL: 6 juillet, n° 8, 307 mètres ; cap Sicié : lat. N..43°1', long. E. 3°28'. Vase avec quelques roches.

Un exemplaire mâle, de taille médiocre.

6 juillet, n° 9, #45 mètres; mêmes parages. Fond coralligène.

Nombreux individus, d'ailleurs d'assez faible taille.

11 juillet, n° 11, 40 mètres ; Villefranche : lat. N. #3°40", long. E. 5°. Vase.

Un male de fuible taille.

16 juillet, n° 24, 77 mètres; bouches de Bonifacio : lat. N. 41°22”, long. E. 647. Gravier, coraux.

Une dizaine d'exemplaires, la plupart avec leurs quatre grandes épines fortaiguës et développées.

Travailleur, 1882 : 13 juillet, n°12, 550 mètres ; golfe de Gascogne: lat. N. #4°67, long. O. 9°21’. Roche.

Un exemplaire femelle.

29 juillet, n° 34, 112 mètres ; Gibraltar: lat. N. 35°42", long. O. 8°40". Sable, gravier.

Une dizaine d'individus, pour la plupart femelles et munis d'œufs. Ils sont de petite taille et les épines de leur carapace sont aiguës.

9 août, n° 52, 100 mètres : île Desertas : lat. N. 31° à 32°, long. O. 18°51'. Corail, roches, sable.

Un mâle et une femelle à lubercules fort aigus; dans le mâle, il y à même une paire de tubercules assez saillants sur le bord postérieur de la carapace.

Talisman, 1883 : 6 juin, n° 2, 99 mètres; golfe de Cadix : lat. N. 36°53', long. O. 10°52". Vase, coquilles.

Deux exemplaires femelles, dont l'un avec des œufs.

6 juin, n°5, 106 mètres; mêmes parages ef mêmes fonds.

Un mäle et deux femelles à épines très aiguës.

8 juillet: n° 65, 250 mètres; cap Bojador : lat. N. 26°16", long. O. 17°11”. Sable, coquilles, coraux.

Un exemplaire mâle.

S juillet, n° 66, 175 mètres; mêmes parages el mêmes fonds.

Un petitexemplaire mâle.

8 juillet, n° 65, 102 mètres; mêmes parages el mêmes fonds.

Une trentaine d'exemplaires, plutôt de petite taille et à épines bien développées.

13 juillet, n° 90, 175 mètres; Sahara : lat. N. 21°51", long. O. 19°48'. Sable vasard verdàtre.

Sept exemplaires : une femelle avec des œufs el cinq mâles à tubercules très aigus.

13 juillet, n° 91, 235 mètres ; mêmes parages el mêmes fonds.

Une vingtaine d'exemplaires semblables aux précédents.

28 juillet, n°107, 90-75 metres; iles du Cap-Vert: canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine. Sable, coquilles.

Un pelit exemplaire mâle.

29 juillet, n° 108, 318 mètres; îles du Cap-Vert: lat. N. 17°, long. O. 27°23.. Sable, coquilles.

Dix exemplaires de taille médiocre et à épines cardiaque et branchiales peu élevées. Les deux saillies obliques du sternum du mäle sont fort apparentes et très granuleuses.

Disrriguriox. — Cetle espèce atteint une extension géographique plus grande que les autres : signalée sur les côtes de la Norvège par G.-0. Sars, de la Suède par Goës, elle est depuis longtemps connue dans la Manche et les eaux brilanniques; elle est connue encore dans le golfe de Gascogne et dans la Méditerranée. Nous venons de voir qu'elle est loin d'être rare plus au sud et qu'elle se retrouve, tout à fait normale, aux iles du Cap-Vert.

Celte espèce se recueille sur nos côles à marée basse, mais peut des-

cendre jusqu'à 550 mètres de profondeur.

SECTION DES OXYRHYNCHA. 12

Inachus leptochirus, Lracn.

1815. Jnachus leptochirus, Leach, Halac., podopht. Brit, pl XXI.

1863. Znachus leptochirus, Meller, Crust. südl. Europa, p. 32, pl. I, fig. 12-18.

1894. Znachus leptochirus, A NM.-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de Ü« Iirondelle », fase. NIL p.7 (ubi syn.).

1899. Znachus leplochirus, À. Milne-Edwards et E.-L, Bouvier, Æésult. des camp.scient. de Ü« Hirondelle » (Supplément) e4 de la « Princesse- Alice », fasc. XIII, p. 45.

1834. Znachus leptorhinchus, Milne-Edwards, Hist. nat. des Crust., 1, p. 289 (1).

Chez cette espèce, le plastron sternal du mâle porte en avant de la pointe de l'abdomen un renflement arrondi et porcelané très différent des plaques de l/rachus Hhoracicus. Les pattes antérieures du maie sont remarquables par leur allongement, mais ce caractère, qui s'exagère par les progrès de l’âge, est très peu marqué chez les jeunes. La saillie ster-

nale ne s’observe aussi que chez les individus aples à se reproduire.

Harrrar, Variarioxs. — Travailleur, 1882: 12 juillet, n° 8, 411 mètres ; au large de la côte N.-0. de l'Espagne : lat. N. 44°4”, long. O. 927. Sable, gravier.

Quatre individus de taille plutôt petite, dont deux femelles à abdomen encore incomplèlement développé, et deux mâles à tubercule sternal fort saillant.

Dans tous ces exemplaires, les pattes antérieures sont assez courtes.

13 juillet, n°12, 550 mètres; mêmes parages. Roche.

Deux beaux exemplaires dont le céphalothorax mesure à peu près 27 millimètres de longueur; un (roisième, plus pelit, mais déjà avec le tubercule sternal.

L'un des grands exemplaires est un male dont les palles antérieures commencent à s'allonger beaucoup; l'autre est une femelle munie d'œufs.

Talisman, 1883 : 15 juillet, n° 91, 2355 mètres; parages du banc d'Arguin : lat. N. 2151", long. O. 19°48". Sable vasard verdâtre.

Deux magnifiques exemplaires mäles, à pinces fort allongées: cinq autres exemplaires plus pelits de l'un où l'autre sexe.

13 août, n° 125, 80-115 mètres ; Acores : entre Pico et Fayal. Sable, roches.

Une femelle ovifère, à tubercule cardiaque bien développé.

DisrriBuTion. — Cette espèce est partout assez rare; on la connait depuis longtemps dans les mers britanniques et dans la Méditerranée ; l'« Hirondelle » l'avait trouvée aux Acores, et le « Talisman » l’a

it ?

recueillie au sud, dans les parages du Sahara.

(4) C'est par suite d'une erreur de copiste que celte espèce à été désignée sous le nom de S. leptorhinchus, au lieu de S. leptochirus, dans l'Histoire naturelle des Crustacés.

(TALISMAN. — Crustacés.) 19

Parfois sublittorale, elle peut descendre jusqu'à des profondeurs de

plus de 500 mètres.

Inachus thoracicus, Roux.

1S2S. Inachus thoracicus, Roux, Crust. de la Méditerranée, pl. XXVI et XX VIT.

1863. /nachus thoracicus, Heller, Crust. südl. Europa, p.33, pl. L fig. 7-11.

1893. /Znachus thoracicus, A.-E. Ortmann, Zool. Jahrb., Syst., B. VIE p. 37 (ubi syn.).

1899. Znachus thoracicus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Result. des camp. scient. de l « Hirondelle » (supplément) ef de la « Princesse- Alice », fase. XIII, p. 45.

Hamrar. — Travailleur, M juillet, n°15, 40 mètres ; au large de Villefranche : lat..N: 43°40/ long. E:5°. Vase.

Un petit exemplaire mâle déjà pourvu de ses callosités sternales, bien que le céphalothorax ne mesure guère plus de T centimètre de longueur.

Travailleur, AS82 : 3 août, n° 46, 30 mètres; Canaries : Lanzarote.

Un mâle et une femelle de taille médiocre.

Talisman, AS$83 : 28 juin, n° 56, 30-80 mètres: Canaries: lat. N. 28°49", long. O. 16°13". Sable, roches.

Au large de la côte septentrionale du Sénégal; $80 mètres. Un exemplaire mâle de taille médiocre.

Six superbes exemplaires mâles; dans le plus grand, le céphalothorax mesure à peu près 3 centimètres de longueur.

Disrrisurion. — Cette espèce n'avait pas encore élé signalée en dehors

de la Méditerranée, où elle est assez commune. Elle habite toujours des

profondeurs assez faibles.

Inachus Aguiarii, DE BrRiTro CAPELLO.

1877. Inachus Aguiarti, de Brilo Capello,Jorn. Se. math., phys. e nat. Lisboa, p. ?,

fic. À à 3.

1899. Znachus Aguiarii, À Milne Ldwards et E.-L. Bouvier, Résult. des camp. scient. de © « Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-Alice », fase. XIIL, p. 45.

M. F. de Brilo Capello a trouvé aux environs de Sétubal, par 20 mètres de profondeur, un /#achus de petite taille qu'il a désigné sous le nom d'Z. Aguiaru, el qui diffère surtout de l’Z. #horacicus en ce que la femelle est pourvue, comme le mâle, de callosités sternales, d'ailleurs identiques à celles de cette dernière espèce.

Le « Travailleur » ayant retrouvé l'Z. Aguiarii aux iles Desertas, nous

avions cru d'abord, en étudiant les exemplaires qu'il a rapportés, que

SECTION DES OXYRHYNCHA. (AT l'espèce de M. de Brito Capello n'est qu'une variété de l'Z. lhoracicus, où mieux une anomalie dans laquelle des individus femelles présentent cerlains caractères du mâle. Après réflexion et nouvel examen, il ne nous semble pas pourtant qu'il en soit ainsi; en effet, les mâles de l'£. Aquiarii ne ressemblent pas complètement à ceux de l’/. fhoracicus ; ils s'en distinguent par leurs pattes antérieures qui sont grèles, sans dilatation aucune et fort semblables aux pinces des Z. leplochirus de faible taille. Pourtant nos exemplaires sont parfaitement adultes; et d'autre part, on ne saurait objecter que les jeunes Z. /horacieus ressemblent à ce point de vue à l’/. Aguiart, car cerlains mâles d’/. /ioracicus, ayant à peine ! centimètre de longueur, et par conséquent plus petits que PZ. Aguiaru, ont déjà les pattes antérieures courtes, à pince et méropodile dilatés, qu'on observe dans les plus grands exemplaires.

Nous considérons donc l’Z. Aguiarii comme une espèce distincte, d’ailleurs fort rare, et localisée jusqu'ici dans l'Atlantique, depuis Lisbonne jusqu'à Madère.

Harrrar. — Travailleur, 1882 : 9 août, n° 52, 100 mètres; Madère : îles Desertas. Corail, roche, sable.

Deux exemplaires très adultes : une femelle avec des œufs, et un mâle, Dans ce dernier, le céphalothorax a environ 15 millimètres de longueur, et les callosités sternales sont fort développées. Elles ne le sont pas moins dans la femelle, qui est d'ailleurs un peu plus grande.

Lispognathus, À. M.-Enw.

1873. Dorynchus, Norman, in Wyville Thomson, Les abïmes de la mer, p.146.

1880. Lispognathus, À. Milne-Edwards, Crust., in Hiss. scient. du Mexique, p. 349.

1880. Lispognathus, A. Milne-Edwards, Bull. Mus. Comp. Zool., vol. VI, n°1, p. 8.

1886. Lispognathus, Miers, Brachyura, Challenger, Zool., & XVII, p. 27.

1894. Lispognathus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de l «Hirondelle », fase. VIE, p. 8.

L'un de nous à proposé l'établissement du genre Zispognathus (1) pour y placer un petit macropodien trouvé par M. Alexandre Agassiz dans la mer des Antilles, et auquel fut donné le nom de Zéspognathus furcillatus (2). Ce genre est très distinet des Sténorhynques, car il pré-

(1) De Xsroc, grèle, et yv4los, mâchoire. (2) Crustacés du Mexique, t. L, p. 349, pl. XXXK, fig. #.

sente des épines post-orbilaires bien marquées: les cornes rostrales sont divergentes et les doigts des dernières pattes ne sont pas faleiformes : il se rapproche davantage des Arachnopsis et des Euprognathes, et l'aspect général est à peu près le même, mais, chez ces derniers, l'article basilaire des antennes est beaucoup plus large et terminé par une épine, au lieu d'être simple et très comprimé ; la tigelle est très courte au lieu d’être bien développée, le rostre est à peine bifide et l’œil peut se retirer dans une fossette formée en partie par l’épine post-orbitaire, ce qui ne s’observe pas chez les Zispognathus.

Le Lispognathus furcillatus ressemble beaucoup au petit Crustacé pêché par les naturalistes du « Porcupine » entre les îles Féroé et l'Écosse, et figuré sans description dans Les abimes de la mer sous le nom de Dorynchus Thomsoni (Norman). Les différences qui séparent ces deux espèces sont peu importantes, et sont de la nature des variations spéci-

fiques dans un même genre.

Lispognathus Thomsoni, Norman.

PI. I, fig. 8 (en couleur). — PI. XXI, fig. 8-14.

1873. Dorynchus Thomsoni, Norman, in Wyville Thomson, Les abïmes de la mer, p. 146, fig. 34.

1SSL. Lispognathus Thomsoni, A. Milne-Edwards, €. R. Acad. des Se., 28 nov. et o déc. 1881.

1883. Lispognathus Thomsoni, À. Milne-Edwards, Recueil de fiqures de CGrust. nouveaux où peu connus, pl. HT.

1885. Lispognathus Thomsoni, H. Filhol, La vie au fond des mers, p. 123, et fig. 36, p. 125.

1886. Lispognathus Thomsoni, Ed. Perrier, Les explorations sous-marines, fig. 15, p- 47, et fig. 218, p. 299.

1894. Lispognathus Thomsoni, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Aésult. des camp. scient. de «Hirondelle », fase. VIT, p. 8 (wbi syn.).

1899. Lispognathus Thomsont, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient.de l« Hirondelle » (supplément) ef de la « Princesse-Alice », fase. XTTT, p. 45.

La carapace du Zispognathus Thomsoni est épaisse et renflée ; elle porte, ainsi que les pattes, denombreux poils en hamecon quiretiennent de petits fragments de toute sorte, contribuant ainsi à masquer l’animal. Le front est formé de deux petites cornes grèles, légèrement divergentes, renflées à

SECTION DES OXYRHYNCHA. Î leur base et un peu inelinées en haut. Le bord sourcilier porte une petite épine ; une autre plus forte existe en arrière de l'orbite.

La région gastrique est surmontée d'une épine située sur le lobe urogastrique, et de deux petites pointes prologastriques; une autre épine existe sur la région cardiaque et sur les régions branchiales, un tubercule pointu se voit en avant de ces dernières. Les régions hépatiques sont ornées d’une petite épine et de quelques granulations.

Les régions ptérygostomiennes portentdeuxoutroisgranulalions. L'épistome est lisse ; l’article basilaire des antennes externes est étroit et granuleux en dessous. La tigelle mobile, formée de 14 articles, dépasse de plus de la moitié de sa longueur les cornes rostrales. L'œil présente deux ou trois granulalions arrondies, au niveau desquelles s’implantent des poils. L'ischiognathe des paltes-mâächoires externes est large, mais le mérognathe est au contraire fort rétréci, et son angle antéro-externe est arrondi ; l’'exognathe est allongé ; quelques granulations ornent ses difrérents articles. Les pattes antérieures sont symétriques et beaucoup plus fortes chez le mâle que chez la femelle. La pince est lisse, sauf près de sa base et en dessus, où elle porte quelques spinules. La portion palmaire est plus allongée que les doigts; ceux-ci sont arqués en dedans et se terminent en pointe; leur bord tranchant est armé de faibles denticulations. L'avant-bras et le bras sont hérissés de quelques épines. Les pattes ambulatoires sont grèles et leur longueur diminue d’une manière peu sensible de la première à la dernière; leur doigt est long, faible et peu arqué; une petite pointe surmonte l'extrémité de la cuisse au-dessus de Particulation de la jambe.

Le plastron sternal porte, en avant de l'abdomen, une forte crête transversale et granuleuse qui s'étend entre la base des pattes de la première paire; les articles suivants sont finement granuleux. L’abdomen

estcomposé de 6 articles. La couleur de ce Crabe est d’un blanc rougeatre.

Longueur de la carapate................................. 3 millim

Largeur | Hanna ét RE Hp eee. 9 — Longueur de la première patte (d'un mâle)................ SÛR — HelafMAINL, 20. ete Cree ec ciu 12 — — de la deuxième patte........,., 1.444000 0e AT —

2€ Cet

—- de la cinquième patte........................... 3

Haerrar, Variarioxs. — Travailleur, 1880 : n° 2, 17 juillet, 1 019 mètres; golfe de Gascogne : lat. N. 4336", long. O. 415". Vase molle jaunâtre.

Deux exemplaires femelles.

N°3, 19 juillet, 946 mètres; mêmes parages et mêmes fonds.

Deux beaux exemplaires; un grand mâle et une femelle avec des œufs. Le céphalothorax du mâle mesure à peu près 12 millimètres de longueur, y compris les cornes.

N° 14,28 juillet, 677 mètres; mêmes parages. Coquilles, corail.

Deux femelles, dont l'une avec des œufs.

N° 15,28 juillet, 813 mètres; mêmes parages. Vase molle.

Une femelle ovigère.

N° 16, 28 juillet, 1160 mètres; mêmes parages et mêmes fonds.

Huit exemplaires des deux sexes.

N° 20, 30 juillet, 1143 mètres ; mêmes parages et mêmes fonds.

Deux femelles ovigères.

Travailleur, ASS: n° 1, 4 juillet, 555 mètres ; au large de Marseille : lat. N. 43°2”, long. E. 2°58". Vase.

Une femelle ovigère et un mâle.

N° 39, 15 août, 953 mètres ; golfe de Gascogne: lat. N. 44°4", long. O. 9°23'. Fond coralligène.

Six exemplaires, presque tous mâles.

N° 42, 16 août, 896 mètres; mêmes parages. Vase et coraux.

Cinq exemplaires, quatre femelles et un mâle.

N° 41, 16 août, 109% mètres; mêmes parages. Vase et sable.

Un mile.

Travailleur, 1882: n° 1, 564 mètres; côte N.-0. de l'Espagne : lat. N. 44°7, long. 0. 755". Sable, coquilles.

Trois femelles avec des œufs.

N°2, 6 juillet, 608 mètres ; mêmes parages et même fond.

Une femelle ovigère.

N° 19,19 juillet, 1350 mètres; au large de Porto : lat. N. 41°32", long. O. 11°41”. Vase.

Deux mâles et une femelle.

N° 20, 19 juillet, 2080 mètres; mêmes parages. Vase, gravier.

Un mâle.

N° 30, 30 juillet, 636 mètres; parages du Maroc : lat. N. 34°13, long. O. 10°37. Sable vasard.

Une femelle avec des œufs.

N° 67,27 août, 1 360 mètres; au N.-0. de l'Espagne : lat. N. 44°4", long. O. 9°14". Vase.

Un mâle.

Talisnan, 1883 : n° 20, 14 juin, 1105 mètres; côte du Maroc: lat. N. 33°43", long. 0. 11°22". Vase, éponges.

Quatre mâles et deux femelles.

N° 34,17 juin, 1123 mètres ; parages de Mogador. Vase rou

de œ

SECTION DES OXYRHYNCHA. 151

Un male.

N° 47, 26 juin, 1163 mètres: parages des Canaries : lat. N. 29°2’, long. O. 14°49". Vase.

Un mâle et une femelle.

N° 62,8 juillet, 782 mètres ; devant le cap Bojador. Sable, coquilles, coraux.

Deux màles.

N° 63,8 juillet, 640 mètres; mêmes parages el mêmes fonds.

Un mâle.

N° 69,9 juillet, 410 mètres; côtes du Soudan. Sable vasard, coraux.

Cinq exemplaires, dont une femelle ovigère.

N° 71,9 juillet, 610 mètres; mêmes parages et mêmes fonds.

Cinq exemplaires, parmi lesquels une femelle de grande taille, avec des œufs.

N° 72,9 juillet, 882 mètres ; mêmes parages et mêmes fonds.

Une dizaine d'exemplaires des deux sexes.

N° 74,9 juillet, 1 128 à 1193 mètres; mêmes parages. Vase grise.

Un màle.

N° 81,11 juillet, 1139 mètres ; au large du Sahara: lat. N. 23°50/, long. O. 19°37". Vase grise. |

Un exemplaire femelle.

N° 103, 23 juillet, 225 mètres: iles du Cap-Vert :au large de La Praya. Sable, roches.

Un exemplaire mäle.

Disrrigurion. — Le Lispognathus Thomsoni a une distribution géographique fort étendue : trouvé au voisinage des îles Féroé par le « Porcupine », on l'a signalé depuis en divers points des eaux britanniques, dans le golfe de Gascogne où il fut découvert par le « Travailleur », et dans tout l'Atlantique oriental jusqu'aux îles du Cap-Vert, L’« Hirondelle » la signalé aux Acores, et le « Travailleur » l’a découvert en ISS1 dans la Méditerranée; mais ilest fort rare dans celte mer, et nous ne croyons pas qu'on l'y ait retrouvé depuis.

Au reste, son extension géographique est beaucoup plus vaste, car le «Challenger» la capturé dans la mer du sud de l'Afrique (au large du banc Agulhas) et Miers considère comme une forme voisine de notre espèce, mais plus encore du Z. furcillatus, un exemplaire recueilli par le « Challenger » à Sidney.

L'espèce recherche les fonds vaseux compris entre 250 et 2 100 mètres de profondeur.

Areinirés. — Le L. T'homsoni se distingue du ZL. furcatus A. M.-Edw.

par la forme plus élancée de la carapace, par le front plus étroit, les

épines rostrales moins divergentes et par les épines de la carapace plus

marquées.

Le L. furcatus à été dragué par le « Blake » près de Grenade, par

291 brasses. Miers était porté à n’y voir qu’une variété du L. Thomson.

SOUS-FAMILLE DES ACANTHONYCHINÆ, Miers.

ACANTHONYX, Latreille.

Acanthonyx lunulatus, Risso.

[S1G. Maia lunata, Risso, Crust. de Nice, p. 49, pl. I, fig. 4. 1829. Acanthonyx lunulatus, Latreille, Règne anim. de Cuvier, 2° édit., €. IT, p. 58.

1863. Acanthonyx lunulatus, Heller, Crust. südl. Europa, p. 52, taf. I, fig. 27 (ubi syn.).

Hanirar. — En juillet 1881, le Travailleur à recueilli deux exemplaires de cette

espèce (une femelle ovigère et un mâle) dans le vieux port de Villefranche, et un

autre (un mâle) à Nice.

Celte espèce est commune dans la Méditerranée, où elle se trouve à quelques mètres de profondeur seulement.

Le « Challenger » en a recueilli un exemplaire aux îles du Cap-Vert.

Acanthonyx brevifrons, A. M.-Epw.

1869. Acanthonyx brevifrons, À. Milne-Edwards, 2ev. et Mag. de Zool. (I), vol. XXI,

1894. Acanthonyx brevifrons, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Result. des camp. scient. de Ü « Hirondelle », fase. VIT, p. 12.

C'est à tort que Miers a voulu considérer cette espèce comme une variété de PA. lulalus. Outre les différences que nous avons mises en relief dans notre travail sur les Brachyures de l « Hirondelle » (atrophie de la dent latérale intermédiaire, front moins avancé, etc.), nous signalerons encore la suivante : dans VA. lunulatus, la lacinie interne des mâächoires de la deuxième paire est représentée par deux soies, et la lacinie externe présente une fissure assez profonde; dans l’A. brevifrons, cette fissure à presque totalement disparu, et il n’y a plus qu’une soie à

la place de la lacinie interne.

SECTION DES OXYRHYNCHA. 153

Hagrrar, Variations. — Talisman, 1883 : n° 105, 27 juillet, 110-180 mètres: entre l'ilot Branco et l'ilot Razo. Sable et roches.

Cinq exemplaires de diverses lailles, parmi lesquels une femelle jeune où le cinquième segment abdominal parait ankylosé avec le sixième.

N° 107, 29 juillet, 75 mètres; iles du Cap-Vert : canal de Saint-Vincent à Saint- Antoine.

Une femelle non adulte (longueur du céphalothorax : 5 millimètres), où tous les segments abdominaux sont parfaitement distincts, etune femelle adulte (longueur du céphalothorax 7%%,5), où les segments 4 et 5 sont soudés.

DisrRBurIoN. — En dehors des parages des îles du Cap-Vert, cette espèce a été trouvée aux Acores {« Hirondelle »), soit au milieu des

rochers, soit à une profondeur de 10 mètres.

SOUS-FAMILLE DES LEPTOPODINÆ, Mers.

LEPTOPODIA, Leach. Leptopodia sagittaria, Fagr.

1793. Cancer sagittarius, Fabricius, £ntomol. syst, LA, p. 422.

1817. Leptopodia sagittaria, Leach, Zoo!. miscell.. LU, pl EXVIL

1886. Leptopodia sagittaria, Miers, Brachyura, Challenger, Zoo! & XNT, p. 4 (ubi syn.).

1881. Leplopodia lanceolata, Brullé, ist. nat. des Canaries, par Webb et Berthelot, Gruste dre rte

Cette espèce semble prendre son maximum de développement dans la mer des Antilles où certains individus peuvent atteindre 40 centimètres d'envergure.

Hagirar. — Zravailieur, ASS2 : 4 août, n°47, S0 mètres ;: Canaries : lat. N. 28098". long. O. 1832’. Sable, roche.

Quatre exemplaires; un mäle de 20 à 25 centimètres d'envergure, el trois femelles plus pelites avec des œufs.

Talisman, 1883 : 28 juin 1883, n° 56, 30 mètres; Canaries, canal de la Bocayna : lat. N. 28°49", long. O. 16°13". Sable, roche.

Trois spécimens de médiocre taille, parmi lesquels deux femelles dont l’une avec des œufs.

29 juillet, n° 107, 90-75 mètres : iles du Cap-Vert, canal de Saint-Vincent à Saint- Antoine. Sable, coquilles.

Un petit exemplaire mâle.

Disrrigurion. — Cette espèce se trouve représentée à l’est comme à l’ouest de l'Atlantique : à l’est où elle a été signalée depuis le cap

Hatteras (Smith) jusqu'à Fernambouc et Bahia en passant par la mer caraïbe où elle est commune; à l’ouest, depuis les Canaries {où sa présence fut signalée par Webb et Berthelot) et Madère (où elle fut caplurée par Slimpson), jusqu'aux îles du Cap-Vert («Challenger », « Talisman »). D'après Miers, elle a été trouvée dans la mer des Antilles par des fonds de 600 et 814 brasses, mais elle est communément située à des profondeurs moins grandes et peut remonter Jusqu'à des profondeurs de 16 mètres.

Elle est représentée de l’autre côté de listhme de Panama par la L. debilis Smith, qui n'en est probablement qu’une variété, mais qui habite le littoral.

Cocorarion. — Les couleurs de ce Crabe sont disposées d'une façon très remarquable. Une série de bandes brunes, jaunâtres ou presque blanches, s'étendent longiltudinalement; elles se réunissent en avant sur la ligne médiane, puis se dirigent en arrière en suivant les contours de la carapace, les plus longues étant en dehors, les plus courtes au centre et la région cardiaque pouvant être considérée comme le centre de ces lignes concentriques. Les pattes sont brunes, relevées de taches et de bandes longitudinales d'un jaune vif. Les doigts des pinces sont d’un

bleu violacé.

STENORHYNCHUS, Lamarck.

Stenorhynchus phalangium, LiNNE.

1761. Cancer rostralus, Linné, Fauna Suecic., n° 2027.

1894. Stenorhynchus rostratus, AE. Ortmann, Zool.Jahrb, Syst.,B. VIT, p.32 (ubisyn.).

1899, Stenorhynchus rostratus. À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Aésult. des camp. scient. de UE « Hirondelle » (supplément) e/ de la « Princesse-Alice », fase. XIE, p. 48.

1897. Macropodia rostrata, M. Rathbun, Proceed. biol. Soc. Wash., vol. XE p. 155-162.

1777. Maia phalangium, Pennant, Zoo!. brit., L IV, pl IX, fie. 17.

1798, /nachus phalangium, Fabricius, Suppl, p. 558.

IS02. Macropus phalangium, Latreille, ist. nat. des Crust., L VI, p. 210.

ISIS. Stenorhynchus phalangium, Lamarck, His! nat. des Anim. sans vert, L Det ; |

ISS7. Stenorhynchus phalangium, 3. Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 9 (ubi syn.).

1775. Cancer longirostris, Fabricius, Syst. entom., p. 408, n° 42 (d'après Rathbun) (1).

Ve,

1) C'est Mile M, Rathbun qui a signalé la première l'identité du Cancer (Inachus) longirostris .

SECTION DES OXYRHYNCHA. 155

Hasrrar, Variarions. — Travailleur, A882: 20 juillet, 70 mètres: iles Berlingues.

Une femelle de belle taille, avec des œufs. Rostre court. |

k août, n° #7, 80 mètres : Canaries : lat. N. 28°28", long. O. 18°32’. Sable, roche. |

Quatre males à rostre assez allongé.

l'alisman, 1883: 6 juin, n° 3, 106 mètres: golfe de Cadix : lat. N. 3653, long. O, 10648". Vase, coquilles.

Un male à rostre court.

% juin, n°5, 60 mètres; mêmes parages, même fond.

Une femelle à rostre court, avec des œufs.

l'alisman, 28 juin 1883, n°56, 30 mètres: Canaries! Hat. N. 2848", long. O. 16018". Sable, roches.

Une femelle e{ deux mâles, à rostre médiocre,

6 juillet, 13 mètres; Canaries (baie de la Luc.

Une femelle de grande taille, avec des œufs: rostre court, un tubereule aigu près de lorifice rénal.

Disrrigurion. — Celte espèce s'étend depuis les îles Shetland, où elle a été signalée par Norman, jusqu'aux iles du Cap-Vert (Studer) et en Sénégambie (Miers), en passant par la Manche, la Méditerranée et les Acores (Barrois). Elle ne parait pas descendre au-dessous de 70 brasses

(Norman) et remonte tout près de la côte.

Stenorhynchus ægyptius, Ebw. -

1831. Stenorhynchus ægyptius, Milne-Edwards, ist. nat. des Crust., {Ke E, p.280.

3. Stenorhynchus ægyptius, Heller, Crust. südl. Europa, p. 27 (ubi syn.).

1881. Stenorhynchus ægyplius, Carus, Prodr. faunæ Medit.. p. 503.

1899. Stenorhynchus ægyptius, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de F« Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-Alice », fase. XIIT, p. 48.

1825. Stenorhynchus phalangium, Audouin, £xrplie. des planches de Savigny, pl VE.

fie. G.

Hamrar. — T'alisman, 1883 : 28 juin, n° 56, 30 mètres: Canaries : lat. N. 28°49", long. O0. 16°13". Sable, roches.

Une femelle avec des œufs; le rostre, un peu arqué et infléchi vers le bas, dépasse le milieu du dernier article antennaire.

de Fabricius et de la Macropodia longirostris de Leach avec Le St, phalangiumn. Gelte identification est basée sur l'examen du type de Fabricius et, venant de Mile Rathbun, ne saurait être contestée. Nous ferons remarquer seulement que Fabricius a confondu vraisemblablement l'espèce qui nous occupe et les deux suivantes (Variat rostro fere longitudine thoracis) el qu'on peut par conséquent conserver pour l'une d'elles le nom de longirostris qu'il a proposé.

27 juillet, n° 105, 110-180 mètres; parages du cap Vert: entre l'ilot Branco et l'ilot Razo. Sable et roches.

Une femelle assez petite.

Disrriuriox. — Cette espèce est bien plus rare que la précédente, mais paraît se trouver dans les mêmes parages et dans les mêmes fonds; au nord, Miers la cite dans les mers britanniques méridionales, et nous venons de voir qu'elle se retrouve au cap Vert; elle est surtout

méditerranéenne.

Stenorhynchus longirostris, Fapr. (1.

PI. XXII, fig. G.

1775. Cancer longirostris, Fabricius, Syst. entom., p. 408, n° 42 (pars).

1798. Znachus longirostris, Fabricius, Suppl., p.358.

1802. Hacropus longirostris, Latreille, Æist. nat. des Crust., t. VITE, p. 110.

1826. Macropodia longirostris, Risso, ist. nat. de l'Europe mérid., & V,p. 27.

1834. Stenorhynchus longirostris, Milne-Edwards, /Jist, nat. des Crust.. t.T, p. 280.

ISST. Stenorhynchus longirostris, J. Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 8

(ubi syn).

1899. Stenorhynchus longirostris, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Résult. des camp. scient. de l « Hirondelle » (supplément) e{ de la « Princesse-Alice », fase. XIIT, p. 48.

1853. Stenorhynchus tenuirostris, Bell, Brit. Stalk-Eyed Crust., p. 6, fig.

IS14. Wacropodia tenuirostris, Leach, £dimb. Encyclop., & VIT, p. 395 et 431.

La longueur du rostre de cette espèce varie notablement et augmente avec l’âge des individus; les mâles sont, à ce point de vue, mieux armés que les femelles. Le nombre des épines de l’épistome n'est pas constant; le développement des épines des pinces varie dans des limites

assez étendues.

Hamirar. — Travailleur, ASST : 16 juillet, n° 24, 77 mètres; bouches de Bonifacio : lat. N. 41°22”, long. E. 6°47'. Gravier, coraux.

Un petit exemplaire mâle.

27 juillet, n° 29, 420 mètres ; au large de la baie de Alhucemas : lat. N, 35°24, long. 0. 6°53". Vase.

Un exemplaire male.

l'alisman, 1883 : 6 juin, n° 2, 99 mètres; golfe de Cadix : lat. N. 36°53", long. O. 10°52. Vase, coquilles.

Deux exemplaires males.

(4) Voy. la note au bas de la page 154 .

SECTION DES OXYRHYNCHA. 157 14 juin, n° 22, 1635 mètres ; côtes du Maroc: lat. N. 33°47', long. O. 11°23'. Vase.

Un individu femelle.

6 juin, n° 3, 106 mètres; golfe de Cadix : lat. N. 3653", long. O. 10°48". Vase,

coquilles.

Deux individus : une grande femelle avec des œufs, et un petit mäle.

15 juin, n° 23, 120 mètres; côtes du Maroc : lat. N. 33°16, long. O. 11°13'. Roche, coquilles.

Deux exemplaires males.

13 juillet, n° 91, 235 mètres; parages du banc d'Arguin : lat. N. 21951”, long. O. 19248. Sable vasard verdätre.

Un exemplaire femelle, deux mâles.

29 juillet, n° 108, 318 mètres: îles du Cap-Vert : lat. N. 17°, long. O. 27°23". Sable, coquilles.

Un exemplaire femelle.

Juillet, 80 mètres. Sénégal.

Un magnifique exemplaire mâle.

Disrriguriox. — Cette espèce à été signalée en divers points de la Manche et du golfe de Gascogne; elle est assez commune dans la Méditerranée ; elle s'étend au sud, comme on vient de le voir, jusqu'aux Canaries et aux iles du Cap-Vert. Elle peut descendre jusqu'à

{ 635 mètres de profondeur.

Stenorhynchus longipes, Eb\w. et Bouv.

PI. XXI, fig. 18, et PI. XXII, fig. 7-11.

1894. Stenorhynchus longipes, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æ#ésull. des camp. scient. de Ü « Hirondelle », fase. VIE p. 4.

1899. Stenorhynchus longipes, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de Ü« Hirondelle » (supplément) ef de la « Princesse-Alice », fase. XTT, p. 48.

Cette espèce est très remarquable par l’extrème longueur des pattes, ce qui lui donne une certaine ressemblance avec les ZLeplopodia. La carapace, chez le mâle, ressemble à celle du Sfenorhynchus longirostris, mais elle est plus déprimée et plus resserrée en avant ; les cornes rostrales sont longues, grèles et, au lieu d’être horizontales, s'inclinent légèrement en haut. La portion post-orbitaire de la région gastrique est fort étroite ; l'épine urogastrique est haute et on distingue

en avant deux tubercules épigastriques ; l’épine cardiaque est bien déve-

loppée, mais surles régions branchiales, il n'existe que de petites saillies tuberculiformes. Les régions hépatiques portent deux épines dont l’antérieure est la plus forte; une autre épine latérale se voit de chaque côté de la région épistomienne. L'article basilaire des antennes externes est étroit et orné de deux tubercules.

Les pattes antérieures sont relativement fortes: elles ressemblent à celles du Sfenorhynchus longirostris: en effet, elles sont pourvues de quelques épines acérées entre lesquelles s'implantent de longs poils rigides, Les doigts de la pince ne se joignent que par leur extrémité; le pouce est pourvu à sa base d’une forte saillie qui s'oppose à une saillie correspondante et située un peu plus en arrière, sur l’index. Les pattes de la deuxième paire sont très grèles et plus de quatre fois plus longues que la carapace; une saillie spiniforme, placée sur la cuisse, surmonte l'articulation de la jambe. Le doigt est plus long que la carapace. Les pattes suivantes diminuent graduellement de longueur: les doigts de celles de la quatrième et de la cinquième paire sont grands, faibles et un peu recourbés en faucille.

Le plastron sternal ne présente que quelques rares granulations: il porte, de chaque côté, sur son premier article, en avant de l’abdomen, une saillie légèrement granuleuse. Les premier, deuxième et troisième

articles de l’abdomen sont surmontés d’une petite pointe médiane.

Longueur totale de la carapace. 1... Mn ne . 20 millim. — AUTOS TER ER RD SR — -— de la deuxième paire de pattes. ............ QU Hasrrar, — Travailleur, ASSL : 6 juillet, n°9, #45 mètres: au large du cap Sicié

Provence) : lat. N. 43°, long. E. 3°22’. Fond coralligène. Un individu màle; longueur de la carapace sans le rostre, 12 millimètres : avec le rostre, 20.

Arrnirés. — Celle espèce se rapproche surtout du S/. longirostris, mais son rostre atteint sensiblement l'extrémité du court fouet antennaire; les pattes ambulatoires antérieures sont plus de quatre fois aussi longues

que la carapace, et leur doigt dépasse la longueur de celle-ci.

SECTION DES OXYRHYNCHA. 159

Stenorhynchus macrocheles, Epw. et Bouv.

PI. XXI, fig. 19, 20, et PI. XXII, fig. 17-21. 1898. Stenorhynchus macrocheles, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Bull. du Mus. P- 153.

1899, Syenorhynchus macrocheles, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Aésult. des camp.

scient. de «Hirondelle s (supplément ef de la « Princesse-Alire », fase. XTIT, p. 48.

La carapace de cette espèce ressemble à celle du Sf. longirostris, mais elle est plus triangulaire, plus rétrécie en avant et les pointes rostrales sont plus relevées. Les pinces sont très grandes el dépourvues d’épines et de longs poils. Dans certains exemplaires males, elles sont longues et fort remarquables. L'extrémité du bras arrive au niveau de Pextrémité du rostre ; cet article est presque cylindrique, orné de quelques granulations très petites et pourvu d’une seule épine surmontant l'articulation de l’avant-bras; ce dernier est inerme ainsi que la main; celle-ci est aussi longue que le bras: elle est presque cylindrique à sa base, mais elle devient plus haute et légèrement comprimée vers son extrémité; les doigts sont fortement bäillants, le bord tranchant de lindex étant très échancré en avant de la saillie dentiforme basilaire. Chez d’autres mâles et chez les femelles, les pattes antérieures ressemblent beaucoup à celles du S/. longirostris, mais elles sonttrès peu pileuses et totalement

ou à peu près inermes.

Hamrar, Variarions. — T'alisnan, 1883 : n° 91, F3 juillet, 240 mètres: au large du cap Blanc. Sable vasard.

Sept exemplaires, dont quatre femelles el Crois males. Les femelles se distineuent des mâles par leur rostre bien plus court et par leur carapace bien plus dilatée latéralement au niveau des aires hépatiques el des aires branchiales ; les pattes antérieures sont plus petites el quelquefois très pelites et, dans tous les cas, ne présentent jamais de pinces dilatées en avant, comme les grands mâles.

Dans le plus petit mâle, la carapace a 12"%,8 de longueur, dont 4°%,5 pour le rostre ; la largeur maximum est de 6 millimètres; dans le plus grand mäle, la carapace a 15"%,8 de longueur, dont 6%%,2 pour le rostre ; la largeur maximum est de 7 millimètres, le méropodite de la patte antérieure droite a 9 millimètres de longueur et la pince 11. — Dans une femelle immalure, la carapace ressemble beaucoup à celle du mâle et mesure 10 millimètres de longueur; dans la plus grande femelle, la carapace à 15 millimètres environ de largeur, dont # à peu près pour le rostre (qui est brisé), la largeur maximum est de 98,5,

Stenorhynchus longicornis, Epw. et Bouv.

PI. XXI, fie. 17, et PL. XXII, 6e. 12-16.

1899. Stenorynchus longicornis, A. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier. Aésult. des camp. scient. de © « Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-Alice », fase. XTIT, p. 48.

Cette espèce ressemble au S/. macrocheles et se distingue de toutes les autres du même genre par l'ensemble des caractères suivants. Le méropodite des maxillipèdes externes est sensiblement triangulaire, et plus court où à peine aussi long que l'ischiopodite, abstraction faite de la saillie antéro-interne que présente ce dernier article; — les pattes antérieures ne sont pas pileuses ou ne le sont que très peu; leurs pinces sont inermes, mais elles présentent quelques rares épines sur le carpe; — l'article basilaire des antennules est également inerme ; — l'extrémité

antérieure du méropodite des pattes ambulatoires est dépourvue de saillie

spiniforme ; — enfin les doigts des deux paires de pattes postérieures sont fortement recourbés en faucille. Les deux espèces se ressemblent par leur rostre relevé et par leur faible armature épistomienne, qui est réduite à son épine marginale.

Pour le reste, les deux formes sont assez différentes: dans le S£. macrocheles, le rostre atteint presque l’extrémité des fouets antennaires: dans le St. longicornis, 1 est longuement dépassé par eux; — dans la première espèce, une saillie très nette parcourt de chaque côté la région épistomienne et rattache l’antépénultieme article antennaire à l'orifice rénal: dans la seconde, ces saillies latérales n'existent pas; — dans le S. macrecheles, en outre, les pinces sont assez longues, parfois très allongées el dans ce cas presque cylindriques, tandis que dans le S4. longicornis les pinces sont courtes el à portion palmaire assez renflée. On peut ajouter que la région épistomienne est assez étroite dans le S{. rnacrocheles, tandis qu’elle est courte et large dans le Sf. longicornis.

Chez cette espèce, dont l'aspect général est celui du S{enorhynchus longirostris, les pointes rostrales sont plus divergentes, plus grèles, et les antennes externes sont notablement plus longues: leur tigelle mobile

dépasse le rostre de près des deux tiers de leur longueur. Les épines

SECTION DES OXYRHYNCHA. 161 gastrique et cardiaque sont à peine indiquées et la région épistomienne est lisse.

Les pinces du mâle sont épaisses et assez courtes, l'index est pourvu à sa base d’une forte saillie dentiforme, la dent du doigt mobile sur laquelle elle s'appuie est beaucoup plus petite que chez l'espèce précédente. Des épines rares el courtes, ainsi que quelques longs poils, surmontent le dessus de la main, de l'avant-bras et du bras. Les pattes ambulatoires sont longues et velues, le doigt des deux dernières est fortement recourbé en faucille.

Hamrar. — Talisman, 1883 : 23 juillet, n° 103, 150 à 275 mètres ; La Praya (iles du Cap-Vert). Sable, roches.

Un individu mäle dont la carapace à S millimètres de longueur et la deuxième palle 2%.

ACHÆUS, Leach.

Achæus cursor, Epw. et Bouv.

PI. XXI, fig. 15 et 16, et PI. XXII, fig. 1-8. 1898. Achœus cursor, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Bull. du Mus., p. 153.

1899. Achœus cursor, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Aésult. des camp. scient. de «Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-A lice », fase. NH, p. 49.

Cette espèce, qui est fort voisine de l’Achæus Cranchi, s'en distingue par ses paltes beaucoup plus longues. La carapace est plus étroite en avant, la région gastrique et la région cardiaque sont plus élevées. Le front est formé de deux pointes très courtes, triangulaires et légèrement divergentes, qui ne s'avancent mème pas jusqu'au niveau de l'extrémité du deuxième arlicle des antennes; les voûtes sourcilières sont développées en dehors, formant un bord un peu arqué.

Les yeux sont grands, à extrémité atténuée; leur pédoncule présente, en avant el sur sa partie moyenne, une saillie à bord arrondi. Les fossettes antennulaires sont profondément encaissées par le bord de Particle basilaire des antennes externes qui est cristiforme; la tigelle mobile est longue et grèle. L'épistome est lisse, aplati et limité en dehors par un rebord qui n’est que la continuation du bord interne de l’article anten-

naire. Le premier article du sternum présente une erèle médiane et une

s A o] TALISMAN. — (Crustacés) 21

crêle transversale; cette dernière s'étend au-devant de l'extrémité de l'abdomen, entre l'articulation des pattes antérieures; les articles suivants portent quelques rares granulations. L’abdomen du mäle se compose de six articles ; il est comparativement plus grand que celui des Zaachus où des S{enorhynchus. Les pattes de la deuxième paire ont plus de deux fois et demie la longueur de la carapace; chez l’Achæus Cranchi, elles n'ont pas deux fois cette longueur; les pattes de la quatrième et de la cinquième paire sont pourvues d’un doigt très falciforme et elles sont aussi plus allongées que chez l'espèce de nos côtes.

Le corps et les pattes sont couverts de petits poils en crochet qui servent à fixer les corps étrangers. Spence Bate, en observant l'Achæus Cranchi, avait constaté que ce Crustacé se sert de ses pinces pour accrocher lui-même à ses poils en hamecons des débris d’Algues. Nous avons pu répéter la même observation sur l'Achæus cursor : effectivement, ayant placé plusieurs individus dans une cuvette d’eau de mer, après les avoir nettoyés à l’aide d'une pince, nous les avons vus saisir des fragments de Bryozoaires et de Corallines et les placer avec une grande adresse sur leurs pattes et sur leur carapace qui peu à peu disparaissaient sous ces ornements de facon à devenir invisibles. Aussi la recherche de ces Crabes est-elle très difficile; la plupart échappent aux investigations les plus

minutieuses, leurs mouvements seuls décèlent leur présence.

Harrrar. — Talisman, 1883 : 20 juin, n° 56, 30 mètres ; Canaries : dans le canal de la Bocayna. Au milieu des Corallines.

Quatre individus : une femelle et trois mâles. Les dimensions de l’un de ces

derniers sont les suivantes :

Pongueurtotale de la carapace PR PE cire 4,6 millim. ARE EU LM AXINUN RE D — Longueur de la patte antérieure droite.................. GO — — ambulatoire antérieure droile...... 12 — du propodite de cette patte..." ES — — desidoigts rite itRenc enr eRET ECC Ce 3,2 — Disrriuriox. — Cette espèce se trouve également aux Acçores, où elle

a été capturée par la « Princesse-Alice », à une profondeur de 54 mètres. AFRNITÉS. — L’Achæus cursor rattache le genre Achæus au genre Stenorhynchus:; 11 ressemble un peu effectivement à un Sf. rostatus,

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dont le front se serait raccourci et dont les pattes seraient plus courtes: toutefois, la disposition de la région antennaire, des pattes-mächoires externes et de l'abdomen permettra toujours de le distinguer.

Parmi les exemplaires de cette espèce que nous avons observés, il s’en trouvait un chez lequel les cornes rostrales n'existaient pas ; le front se terminait par un bord régulièrement arrondi, il ne s’avancait pas au delà de l'insertion des pédoncules oculaires et fermait incomplètement en

avant les fossettes antennulaires,.

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