‹ Crustacés Décapodes. Ptie. 1: Brachyures et AnomouresChapitre 16 sur 76 · DEUXIÈME PARTIE SOUS-ORDRE DES ANOMOURES · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE SOUS-ORDRE DES ANOMOURES

FAMILLE DES PAGURIDÆ, Boas.

SOUS-FAMILLE DES PAGURINÆ, Epw.

TRIBU DES MIXTOPAGURIÆ, E.-L. Bouvier.

PAGURISTES, Dana.

Paguristes oculatus, FABr., var. brunneo pictus, nov. var.

PI. VI, fig. 1 (en couleur).

Le P. oculatus Fabr. n’est rien autre chose que le P. maculatus de Risso et de tous les auteurs plus modernes. Neumann, en 1878, et, en 1892, Chevreux et Bouvier, ont établi qu'il y avait lieu d'identifier Les deux espèces.

Le P. oculatus est exclusivement représenté, dans les matériaux soumis à notre étude, par des individus qui appartiennent à une variété distincte dont les caractères sont les suivants :

Anneaux transversaux d’un rouge intense à la base du doigt et du propodite des pattes ambulatoires: large tache rouge de même couleur sur le méropodite des mêmes pattes et sur la face interne des pinces en arrière de l'articulation du doigt; pinces largement dilatées à la base et ordinairement couvertes, sur leur face externe comme sur le carpe, d’un duvet serré, qui fait en grande partie défaut sur les doigts, mais qu'on retrouve sur une partie de la face externe.

Coorariox. — Couleur générale du corps et des appendices d’un blanc

rosé ; de nombreuses taches d’un brun rougeâtre sur le thorax et l’abdo-

men. Une grande tache de même couleur sur la face interne des pinces ; orande tache bleue bordée de brun sur la face interne du méropodite des mêmes appendices. Anneaux d’un brun rougeñtre entourant l’appendice vers le sommet du méropodite des pattes ambulatoires, à la base du carpe et du méropodite, à la base et au sommet des doigts. Pédoncules ocu-

laires et pédoncules antennaires rouge orangé, yeux bleus. Œufs rouges.

Harirar, Variarions. — Travailleur, 1882 : 9 août, n° 52, 100-150 mètres: Desertas.

Neuf individus de faible taille dans des coquilles de Nasse.

10 août, n° 53, 100 mètres.

Cinq individus semblables aux précédents.

Talisman, 1883 : 15 juin, n° 23, 120 mètres; cap Mazaghan : lat. N. 36°167, long. O. 11913". Roches, coquilles. :

Trois femelles adultes de moyenne taille; dans la plus grande, qui est ovifère, la longueur du céphalothorax est de 9 millimètres ; outre l'anneau rouge vif qu’on observe près de l'extrémité des doigts des pattes ambulatoires, on voit dans ces trois spécimens un anneau semblable à la base des doigts et à la base du propodite des mêmes pattes; d'un autre côté, les pattes antérieures se font remarquer, non seulement par les deux laches caractéristiques qu'on trouve en avant sur les méropodites, mais par une autre lache vivement colorée qu'on observe sur la face interne du propodite, en arrière de l'articulation du doigt mobile. Cette tache et les deux anneaux basilaires du doigt et du méropodite des pattes ambulatoires sont surajoulés dans ces spécimens et n'existent pas dans ceux de la Méditerranée que nous avons eus entre les mains.

Talisman, 8 juillet, n° 68, 102 mètres: cap Bojador : lat. N. 26°4', long. O. 175". Sable, coquilles, coraux.

Six spécimens de moyenne taille.

Tous les individus recueillis dans ce dragage ressemblent aux précédents par la coloration ; comme eux aussi, mais dans une proportion beaucoup plus accentuée, ils ont la pince {rès large et couverte sur la face externe d'un duvet fin et serré.

Dans Fun de ces spécimens, on relève les dimensions suivantes :

Poneueurndeltla pince sauches Arr rer Creer 5,2 millim. ÉAPSEULAMAXINUME Re RE ee CCC 45 —

2e , A RADPOP TL Le mrcbeee ee ue ee de ee 0,86 —

Dans les spécimens de l'espèce typique recueillis à Cadix par la Meta, ce rapport est de 0,80: il peut descendre au-dessous de 0,70 dans beaucoup d'individus

de la Méditerranée.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE, — L'espèce typique habite les eaux médi-

lerranéennes, mais remonte dans l'Océan jusqu’à Cadix (« Melita»), et

PAGURIDÆ,. 167 même jusque sur les côtes portugaises (Osorio); quant à la variété décrite ci-dessus, elle est plus méridionale el représente l'espèce sur les côtes marocaines el soudanaises, ainsi qu'à Madère.

L'espèce typique s'étend de 25 (Roux) à 250 mètres (Marion) de pro-

fondeur ; la variété se tient entre 100 et 150 mètres.

Paguristes marocanus, À. Micxe-Epwanrps et E.-L. Bouvier. PI. XXIII, fig. 1-6.

1891. Paguristes marocanus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Bull. Soc. philom. de Paris (8), t. II, p. 152.

1892. Paguristes marocanus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat, Zool., T° sér., t. XIII, p. 207.

Cette petite, mais curieuse espèce, se fait remarquer surtout par la forme et les divisions de la carapace. La partie antérieure de celte dernière est beaucoup plus longue que la partie postérieure et se rétrécit beaucoup d'avant en arrière jusqu’à l’aire cardiaque, dont elle est séparée par un sillon transversal relativement court; elle est limitée latéralement, dans presque toute sa longueur, par la suture cervicale qui se dirige très obliquement d'avant en arrière et de dehors en dedans, si bien que ses deux moitiés, au point où elles se réunissent dans le court sillon transversal signalé ci-dessus, paraissent se continuer dans les sillons qui limitent l'aire cardiaque et se terminer, en se rencontrant, à la pointe aiguë de cette aire. La calcification est presque nulle dans toute la partie postérieure, surtout au niveau des aires branchiales, mais elle est beaucoup plus prononcée dans toute la partie antérieure, qui tranche dès lors nettement sur tout le reste de la carapace, et qui présente d'assez nombreuses ponctuations. L'aire gastrique est nettement limitée dans toute sa partie antérieure par une puissante dépression transversale qui s’arrondit et se recourbe sur les côtés. Le rostre est très saillant et atteint la base de la portion lancéolée des écailles ophtalmiques ; les dents latérales sont aiguës et un peu plus saillantes encore que le rostre, dont elles sont séparées par de très profondes échancrures arrondies. Les bords latéraux du front sont fort obliques et se rattachent aux flancs par des angles arrondis.

168 GRUSTACÉS.

Les pédoncules oculaires sont beaucoup plus renflés à la base qu’en avant, plus courts que le bord frontal, mais plus longs que l’intervalle compris entre les dents latérales. Les écailles ophtalmiques sont longuement lancéolées, acuminées, et ornées, sur le bord interne, d’un faisceau de longs poils ; elles sont séparées par un espace réduit dans lequel s’avance le rostre.

Les pédoncules antennulaires sont assez longs ; leur dernier article est plus court que le fouet terminal supérieur, mais plus long que le précédent article. Les pédoncules antennaires se terminent au niveau de la cornée, comme lavant-dernier article des pédoncules antennulaires ; l’article basilaire est visible extérieurement en dessus; le suivant est armé en avant d’une épine à chacun des angles; on trouve également une épine à l'extrémité antérieure de l’avant-dernier article. L’acicule antenpaire atteint le milieu du dernier article; il se termine, en avant, par une épine et présente en outre quatre spinules sur son bord externe. Le fouet antennaire n'est pas sensiblement plus long que les pédoncules oculaires; 11 se compose d’une dizaine d'articles ornés d’assez longues soies.

Les pattes antérieures sont subégales, la droite étant légèrement plus forte et plus longue que la gauche ; elles sont plutôt courtes et dépassées par les doigts des pattes ambulatoires. Le méropodite est long, fort, subcrénelé à son bord supérieur et mème au bord inféro-externe; il est peu distinctement denticulé sur le bord inféro-interne. Le carpe et le propodite sont armés l’un et l’autre de quatre spinules au bord supérieur; ils sont un peu comprimés latéralement, plus hauts que larges, et ornés de poils serrés et de saillies denticuliformes au voisinage du bord supérieur. Les doigts sont plus longs que la portion palmaire et se terminent par de faibles ongles cornés; ils sont grèles, écartés l’un de l’autre et armés d'un denticule plus où moins fort au bord interne.

Les pattes ambulatoires se terminent par des doigts peu comprimés latéralement et plus longs que le propodite; elles sont ornées de quelques poils, surtout sur le bord inférieur des doigts. Celles de la paire peslérieure sont complètement inermes, mais on voit quelques faibles denticules irrégulièrement sériés au bord supérieur du carpe et du propodite.

PAGURIDÆ. 169

Les pattes de la 4 paire se font remarquer par la réduction de leur doigt, qui est beaucoup plus court que le propodite, et par les faibles dimensions de leur räpe, qui est cependant multisériée. Celles de la » paire sont chéliformes, mais se terminent par des doigts assez courts.

Le sillon transversal du 6" segment abdominal est situé très près du bord postérieur ; on ne voit de dépression longitudinale sur le segment qu'en arrière du sillon. Le telson présente trois profondes échancrures, deux sur les côtés et une en arrière; ses lobes terminaux sont arrondis et ornés de quelques poils sur les bords. Le lobe gauche est plus développé que le droit.

La couleur dans l'alcool tire sur le rose-chair, avec quelques taches blanchätres.

Hanirar, Variations. — T'alisman, 1883:S8 juillet, n° 67, 130 mètres, côte du Sahara, devant le cap Bojador : lat. N. 26°, long. O. 17°8/; Sable, coquilles,

COraUx.

Un spécimen mâle, adulte, dans une coquille sénestre de Sinistralia Marocana.

Longueur approximative du corps................... 3,0 millim.

— duCEDhalotNonae ee Re Le... 6,0 — — des pédoncules oculaires. ................. 15 — Barsetadubordirontal "#2 2,0 —

13 juillet, n° 90, 135-290 mètres ; au nord du bane d'Arguin (côte du Sahara) : lat. N. 21°51", long. O. 19°48". Sable vasard verdàtre.

Un spécimen mâle, de même taille que le précédent.

Cet individu, d'après la Lorsion de son abdomen, paraît avoir habité une coquille dextre de Gastéropode.

43 juillet, n° 91, 115-140 mètres; au nord du bane d'Arguin: lat. N. 21°51/, long. O. 19°48". Sable vasard verdàtre.

Trois spécimens dont deux dans des coquilles dextres de Turritelle et un autre sorti de sa coquille. Dans l'un de ces exemplaires, la pince gauche est fort réduite ; dans tous, les écailles ophtalmiques sont très barbues sur les bords et les fouets antennaires sont un peu plus longs que les pédoncules oculaires. Doigts des pinces très écartés, le doigt immobile avec un gros denticule vers le milieu de sa longueur.

Arrinirés. — Par la brièveté extrème des fouets antennaires, cette espèce se rapproche à la fois du ?. brevicornis Guérin et du P. gamianus H. Milne-Edwards. Mais elle se distingue de tous deux par la forme du

front, dont le rostre, à peine aussi saillant que les dents latérales, est TALISMAN. — (Cruslacés.) 22

séparé de ces dernières par une très profonde échancrure, qui està peine indiquée dans les espèces voisines. D'ailleurs, les pédoncules oculaires sont relativement beaucoup plus grèles dans le P. brevicornis et le P. qumianus, les écailles ophtalmiques de ces deux espèces sont plus étroites et e’est à peine si, chez elles, les pédoncules antennulaires atteignent Pextrémité antérieure de la cornée.

Le P, marocanus se reconnaît aisément aux poils longs et serrés qui ornent le bord de ses écailles ophtalmiques. L'individu que nous avons trouvé dans une coquille sénestre s'était très probablement fourvoyé ; il était, d’ailleurs, semblable à ceux qui se logent dans des coquilles dex-

tres.

Paguristes hispidus, A. Mirxe-Epwanrps et E.-L. Bouvier. PI. XXII, fig. 7-10.

1892. Paguristes hispidus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat., Zool., T° sér., t. XIII, p. 208.

La carapace et, à un moindre degré, les pinces sont couvertes, dans celte espèce, d’une pubescence courte, peu serrée, en partie au moins formée par de courtes soies qui arrêtent la vase, salissent la carapace et rendent fort difficile l'étude des éléments qui constituent le revêtement pileux. La pubescence s’enlève aisément sur la carapace qui présente alors quelques reflets irisés. Sur les pattes, et notamment sur celles de la première paire, on trouve des soies raides avec un certain nombre de poils.

Le sillon cervical est très arqué et s’avance fort loin en arrière, si bien que la partie de la carapace située en avant du sillon égale deux fois environ la longueur de l'aire cardiaque. Les aires branchiales sont peu dilatées, sabmembraneuses; l'aire cardiaque est calcifiée, fort étroite, un peu dilatée en avant. Les aires hépatiques sont très irrégulières et présentent des lignes droites et courbes peu saillantes, ornées çà et là de granules subaigus; la région gastrique est limitée en avant par deux lignes arquées el inermes. Le rostre est acuminé comme les dents latérales, mais beaucoup moins saillant ; il présente sur sa face dorsale

une saillie longitudinale fusiforme:; les bords latéraux sont armés de

PAGURIDÆ. 171 quelques pointes obtuses et se terminent à l'angle par une épine. Les pédoncules oculaires sont grèles et se rétrécissent graduellement de la base au sommet; la cornée est fort réduite et convexe du côté dorsal. Les pédoncules sont plus courts que le bord frontal; ils dépassent un peu la base de l’article terminal des pédoncules antennulaires et le milieu des derniers articles des pédoncules antennaires. Les écailles ophtalmiques sont contiguës, longues et rétrécies en avant; elles se terminent par deux pointes et présentent, en outre, un fort denticule aigu sur le bord externe.

Le premier article des pédoneules antennaires est largement visible du côté dorsal et présente une spinule à son angle antéro-externe. L’article suivant est large ; 1l est armé d'une forte épine à l'extrémité antérieure du bord interne et d’un prolongement externe terminé par deux pointes inégales. L’acicule est large, acuminé, armé de trois denticules aigus sur son bord interne, et de deux sur son bord externe; il dépasse un peu la base du dernier article. L'antépénultième article présente en avant une dent obtuse et un long faisceau de poils. Le fouet dépasse à peine la base des pinces ; il est orné de longues soies.

Les pattes antérieures sont courtes, égales et semblables. Leur méropodite est inerme, mais présente en avant quelques dents obtuses et fort peu saillantes sur son bord supérieur, qui est très nettement anguleux. Le carpe est muni de deux rangées de 5 ou 6 épines, une sur le bord supérieur et une vers la partie inférieure de la face externe ; ces deux rangées sont séparées par une surface plane, un peu déprimée, sur laquelle se voient en avant une forte épine et, en arrière, une épine plus réduite. La pince a une surface externe ovalaire et couverte d'épines irrégulièrement sériées; on observe une rangée de quatre fortes épines au bord supérieur et une autre rangée irrégulière d’épines plus nombreuses et plus réduites sur le bord inférieur arrondi; du reste, on retrouve encore des épines obtuses, qui passent peu à peu à des tubercules, sur la moitié inférieure de la face interne. Le doigt mobile a une rangée d’épines sur son bord supérieur et quelques tubereules subaigus sur sa face externe ; il est armé, comme le doigt immobile, de 5 ou 6 denticules subaigus sur son bord interne, et, en avant, d’une griffe cornée courte et obtuse.

Les pattes ambulatoires sont médiocres, peu comprimées et se terminent par des doigts arqués, onguiculés, un peu plus longs que le propodite. Dans celles de la première paire, le doigt est un peu plus court que dans celles de la deuxième paire et son propodite présente une rangée d'épines sur le bord supérieur.

Les pattes de la quatrième paire présentent, comme les pattes antérieures, des soies noires avec des poils mous; elles ne sont pas chéliformes. Leur propodite est presque aussi long que le carpe; sa räpe est allongée, mais fort étroite et réduite en avant à trois ou quatre rangs d'écailles. Les pattes de la cinquième paire se font remarquer par la longueur de la main, la brièveté du doigt et de la râpe.

Les fausses pattes sexuelles de la première paire sont, dans le mâle, très fortes, mais assez courtes. Le sixième segment abdominal est divisé en deux parties par un fort sillon transversal, et l’on trouve en arrière de ce sillon une dépression longitudinale; les appendices de ce segment sont très asymétriques. Très asymétrique est aussi le telson, dont les deux lobes terminaux présentent quelques denticules en arrière. Couleur générale d’un blanc sale.

Hapirar, Variarioxs. — Commandant Parfait : Monrovia (Libéria).

Deux spécimens. Le plus grand, qui nous a servi de type, est un mâle qui habitait ] D Ù DES une coquille de Cancellaire. Ses dimensions sont les suivantes :

BongueurnduicephalothOnaAx PRE ERP 4 millim. — dela rés ion SAS PIQUE ER RE 20 CU IDONMNRONtTAl EEE PE PE TE il — A LUDÉTONCUlE OCUIAIRER RG L'autre spécimen est de plus petite taille.

Arrinirés, — Cette espèce est largement caractérisée par la forme du

front et des écailles ophtalmiques, par la longueur relative des divers appendices céphaliques, enfin par les ornements des chélipèdes. Tous ces caractères la distinguent du ?. brevicornis Guérin et du P. gamnianus I. M.-Edw., espèces qui n’ont que des affinités éloignées avec elles.

Par la forme du front et par l’armature des pattes antérieures, le P. hispidus se rapproche surtout du ?. Weddelli H.M.-Edw., qui s’en distingue

Panllarmesen Al A te . . - : z 17 d'ailleurs : 1° par les nombreux denticules qui ornent l'extrémité et

PAGURIDÆ. 173

le bord externe des longues écailles ophtalmiques et de l’acicule; 2° par les pédoncules antennulaires qui dépassent à peine les veux; 3° par les pédonceules antennaires qui n'atteignent pas la cornée; 4° par les longs poils en touffes qui ornent les diverses parties du corps; 5° par l’arma-

ture épineuse très développée des pattes ambulatoires.

CALCINUS, Dana.

Calcinus Talismani, À. Miinye-Epwarps et E.-L. Bouvier. PI. XXII, fig. 15-18.

1892, Calcinus Talismani, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat., Zool., MASÉr., te AI p.225:

La carapace de ce charmant pagurien est divisée en deux parties par un sillon cervical régulièrement et fortement arqué. La partie postérieure, la plus courte, est fort peu calciliée et très profondément échancrée; son aire cardiaque assez large est acuminée en arrière et se rvétrécit brusquement en avant; la partie dorsale des aires branchiales est parcourue en arrière par quelques sillons courbes et, dans toute sa longueur, par un grand sillon longitudinal parallèle au sillon branchial. Toute cette partie postérieure est ïisse, à peine ponctuée; quelques poils épars se voient çà et là sur les flancs des aires branchiales. La partie antérieure est nue et couverte de nombreuses ponctuations très marquées; l'aire gastrique n’a pas de limites bien précises en avant et sur les côtés, mais son lobe mésogastrique s'arrête très nettement en arrière à deux sillons convergents qui forment un angle dont le sommet se prolonge jusqu'à la suture par une ligne assez vague. Les lobes métagastriques sont ouverts en avant et présentent dans cette région une ligne courte et claire très évidente. Le rostre est aigu et un peu plus saillant que les dents latérales; ces dernières sont à peine obtuses et séparées des flancs par les parties latérales, légèrement obliques, du bord frontal. L’angle formé par ce bord et les flancs n’est pas sensiblement arrondi.

Les pédoncules oculaires sont grèles et dépassent en longueur le bord frontal; leur partie la plus mince se trouve vers l'extrémité antérieure du tiers basilaire; à partir de ce point, ils se dilatent brusquement à la

base, progressivement et moins fortement à mesure qu’on s'approche de l'extrémité libre. La cornée est médiocre et présente une faible échancrure anguleuse; les écailles ophtalmiques sont séparées par un espace notable, au milieu duquel on aperçoit l'anneau ophtalmique; elles sont acuminées et étroitement ovalaires.

Les pédoncules antennulaires atteignent le bord postérieur de la cornée, les pédoncules des antennes sont beaucoup plus courts. L'article basilaire de ce dernier s’apercoit à peine en dessus; le suivant a une saillie obtuse à son angle antéro-interne et un prolongement externe assez fort et terminé par deux pointes. L’acicule atteint et peut même dépasser légèrement la base du dernier article; il est aigu, assez grêle, porte quatre fortes épines sur son bord interne et une ou deux spinules très légères au bord externe, près de son extrémité. Le dernier article est plus long que tous les articles précédents réunis; l’antépénultième n’a pas de spinule terminale distincte. Le fouet est nu et ses articles sont courts.

Tous les articles des pinces sont finement granuleux, mais nus et complètement inermes. Le carpe est assez fortement renflé et présente sur sa face externe la puissante dépression postérieure qu’on observe dans bon nombre de Calcinus. La pince droite, qui est de beaucoup la plus forte, est assez renflée vers la base; ses doigts sont un peu plus longs que la portion palmaire, mais sa hauteur est loin d’égaler sa longueur. Elle ne présente aucun ornement particulier en dedans, au voisinage du bord inférieur; les granules y sont simplement un peu plus larges et plus déprimés, voilà tout. Les deux doigts présentent des faisceaux de poils sur leurs faces internes excavées ; ils sont très peu écartés l’un de l’autre quand la pince est fermée ; on observe trois faibles dents obtuses sur le bord interne du doigt immobile, et une forte dent aiguë sur le bord du doigt mobile, près de son extrémité postérieure. La patte droite est beaucoup plus réduite, granuleuse et complètement inerme; elle a des doigts un peu écartés et armés chacun de deux denticules en arrière, sur le bord interne; les parties calcaires en contact aux extrémités sont unguiformes, lisses et séparées des parties granuleuses voisines par des faisceaux de poils.

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Les pattes ambulatoires des deux côtés sont sensiblement de longueur égale; elles présentent une faible spinule en avant, au bord supérieur du carpe, et sont couvertes de nombreuses et fines ponctuations. Celles de la première paire ont le propodite plus long, plus étroit et plus arrondi que celles de la deuxième ; en outre, le propodite de la patte ambulatoire postérieure gauche paraît un peu plus haut que celui de la patte opposée; cet article est d'ailleurs dépourvu de tout sillon. Les doigts, sans les griffes, atteignent à peine les deux tiers de la longueur du propodite; 1ls sont hauts, assez comprimés, présentent deux dépressions pilifères sur la face externe, trois paires de faisceaux de poils sur la face inférieure et une rangée de cinq à six spinules sur le milieu de cette face. Leur griffe est noire, grêle, très acérée.

Les pattes de la quatrième paire sont très pileuses sur les bords; le doigt mobile de leur pince ne dépasse pas sensiblement le bord antérieur du propodite ; en outre, on observe une épine en avant, au bord supérieur du carpe. Les pattes de la paire suivante se terminent par une pince à doigts minces et courts: la râpe atteint le milieu de la portion palmaire.

On voit deux saillies arrondies et pilifères du côté ventral, en avant de la base des pattes ambulatoires postérieures.

Les quatre fausses pattes du màle sont biramées ; lerameau interne ou postérieur est assez développé. Le dernier anneau de l'abdomen n’a pas de sillon longitudinal en avant du sillon transversal, ses fausses pattes sont très asymétriques et ornées de poils sur les bords. Le telson est grand, inerme, faiblement échancré, presque symétrique et frangé de poils.

La disposition et la variété des couleurs font de cette espèce une des plus jolies de tout le groupe des Pagures. La partie antérieure de la carapace, les pédoncules antennaires, les fouets antennaires, les pédoncules antennulaires sont jaunes et tirent plus ou moins sur l’orangé. La même couleur jaune se retrouve sur les pédoncules oculaires et passe au bleu tendre quand on se rapproche de la cornée; le bleu tendre est aussi la couleur des écailles ophtalmiques et des fouets antennulaires. Le bleu et le jaune très pâle s’observent sur les appendices buccaux. Les articles basilaires

des pinces sont blanes et bleuâtres : à l'extrémité antérieure des méropo-

dites, le bleu passe assez brusquement au brun rougeâtre ; cette dernière couleur est celle du carpe, mais elle est remplacée par le brun violacé sur les pinces. Les doigts, toutefois, sont d’une couleur plus claire; le doigt mobile et le bord supérieur du doigt immobile sont d’un blanc bleutre dans la grande pince; dans la petite, la partie terminale unguiforme est complètement blanche. Une bande rouge transversale annulaire fait le tour des doigts des pattes ambulatoires, vers leur tiers antérieur et l'extrémité du propodite. Un anneau bleu se trouve ensuite sur le propodite et se retrouve aussi à la base de cet article. Tout le reste du propodite est brun violacé, comme Île carpe et l'extrémité antérieure du méropodite. Il y a cependant, en avant, sur le méropodite, un anneau bleu qui passe au blanc en arrière. En dehors de l'anneau rouge, les doigts sont blancs, sauf près de la base où ils présentent une petite tache

rouge. La moitié postérieure du céphalothorax est blanche.

Hanrrar. — Talisman, 1883 : rade de Saint-Vincent (îles du Cap-Vert). Deux mâles adultes; celui qui nous a servi de type présente les dimensions suivantes :

Longueur approximative du corps................... 25 millim. — dela carapace Re CR Pere rer er 115 — — dela région gastrique "CCE Pre Te CR 6,6 — Harseur ADO TONI PETER EEE EP EEE TE TETE 4,3 — Longueur des pédoncules oculaires. ................. AS — — de la grande pince (bord inférieur). ........ 7,2 — Hauteunde/larsrande pince tr FrERRREE TEE PC cer 6,3 — Rapport des deux dernières dimensions.............. 0,87 — Arrinirés. — Cette espèce se rapproche surtout du Calcinus Herbsti

de Man (?. fibicen Edwards), dont elle se distingue cependant au premier examen par la différence des couleurs. Nous avons pu étudier de très près, dans la collection du Muséum, les exemplaires types du l'. tibicen de Milne-Edwards (PI. XXI, fig. 11-14), et nous avons pu x relever les différences suivantes :

1° Dans le ?. tibicen, les pédoncules oculaires atteignent simplement la longueur du bord frontal et sont relativement beaucoup plus gros que

dans l’espèce qui nous occupe :

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