C. Herbsti
(P tibicen.) C. Talismani.
BarseURdUboRd frontal... 5 millim. 4,3 millim. Longueur des pédoncules oculaires... ............. DA 48 — Diamètre minimum des pédoncules oculaires. ...... 1,4 — 0,9 — Rapport des deux dernières dimensions. .......... 3,64 — 5,33 —
L'épaisseur considérable des pédoncules oculaires, dans le P. Hbicen, est rendue très nettement, quoique un peu exagérée peut-être, dans la figure que I. Milne-Edwards a donnée de cette espèce ;
2° Dans le ?. tibicen, les pédoncules antennaires atteignent presque la cornée, mais leur acicule s’arrète avant la base du dernier article des pédoneules, et présente deux rangées d’épines, dont l'externe est la plus forte ;
3° Les doigts des pattes ambulatoires sont relativement plus longs que ceux du €. Talismani; le rostre est beaucoup plus saillant;
4° La pince gauche est beaucoup plus comprimée latéralement; elle est presque aussi haute que large ; la dent de son doigt immobile est obtuse et fort avancée en avant;
5° Sur la face interne de la grande pince, les granulations du P. #bicen deviennent très grandes, déprimées, squamiformes; au voisinage du bord inférieur et, sur ce bord même, elles forment une rangée marginale régulière, qui s'étend sur toute la longueur du bord, ou au moins dans sa moitié basilaire. Ce caractère, qui est fort accentué, permettra toujours de distinguer le €. Herbsti (P. tibicen) du C. Talismant ;
6° Dans le ?. tbicen Edw.., il y a sur la face externe de la main droite un sillon situé au voisinage de la base et parallèle à cette base; dans le C. Talismani, ce n’est plus un sillon qu’on observe en cet endroit, mais une dépression qui s’avance jusqu’au carpe ;
7° Ajoutons que le P. tibicen Edw. a une bande rouge longitudinale, même dans les exemplaires conservés depuis très longtemps dans l'alcool, sur la face externe du méropodite et du carpe des pattes ambulatoires ; on n'observe rien de semblable dans le C. J'alismant.
La diagnose que Stimpson a donnée du €. obscurus est beaucoup trop brève pour se prèter à une comparaison précise. En examinant successivement tous les caractères qu’elle signale, et en les comparant avec ceux
(TaLISMAN, — Crustacés.) 23
de notre espèce, nous trouvons que le €. obscurus et le C. Talismani se rapprochent beaucoup du C. tibicen (Edw.), et qu’ils ont des pédoncules oculaires allongés et la grande patte antérieure d’un brun rougetre avec les doigts clairs. Mais les pattes antérieures du C. Talismani, au lieu d'être unies, sont plus granuleuses encore sur la face externe que celles du €. tibicen; en outre, les pattes ambulatoires, dans notre espèce, ne sont pas vert-olive foncé tirant sur le noir. Ces différences sont peu importantes, ilest vrai, maison ne saurait considérer comme une diagnose suffisante la courte description qu'a donnée Stimpson.
Au reste, M. S.-I. Smith compare assez longuement le €. obscurus avecle €. tibicen Herbst. (C. sulcatus Edw.), et il observe que le front de la carapace est plus étroit dans le €. obscurus, que l'angle antéro-latéral est arrondi, que la grande main est beaucoup plus haute, enfin que les doigts des pattes ambulatoires sont plus fortement arqués. Or, comme notre espèce, par tous ses caractères, ressemble aux €. sulcatus types de Milne-Edwards, sauf par l'angle latéral antérieur qui est beaucoup plus saillant, on doit admettre que des différences importantes existent entre notre espèce et celle de Stimpson.
PAGURUS, Fabr. (in parte).
Pagurus arrosor, HERBST.
1796. Cancer arrosor, Herbst, Xrabben und Krebse, I, suppl., p. 170, pl. XLIII, fig. 1.
1801. Pagurus strigosus, Bosc, Hist. nat. des Crust., I, pu, pl Xl fes;
1802. Pagurus striatus, Latreille, Hist. nat. des Crust. et des Ins., N, p. 163.
1892. Pagurus striatus, Ed. Chevreux et E.-L. Bouvier, Hém. Soc. sool. de France, t. V, p. 97 (ubi syn.).
1896. Pagurus striatus, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Nat., 26° année, p. 155, fig. 8 et 44.
Havrrar, Variations. — T'alisman, 1883 : 6 juin, n° 4, 118 mètres; baie de Cadix : lat. N. 3653", long. O. 10°44'. Vase, coquilles.
Plusieurs grands exemplaires de couleur rouge orangé päle dans l'alcool, quelques-uns avec peu de spinules sur les stries des pinces. Les deux plus grands individus sont une femelle ovigère et un mâle. La femelle mesure 16 centimètres de longueur et porte environ 150000 œufs. Le mäle est plus grand encore, son céphalothorax seul n'ayant pas moins de 6 centimètres : l’armature épineuse de cel individu est irrégulièrement développée, même sur les stries des pinces et
PAGURIDÆ. 179
des pattes ambulatoires. La couleur estorangé vif. Dans ces deux exemplaires de très grande taille, le prolongement antérieur des écailles ophlalmiques est divisé en deux lobes, et chaque lobe se termine par deux spinules.
8 juillet, n° 64, 355 mètres; cap Bojador : lat. N. 2617’, long. O. 1711”. Sable vasard verdâtre
Deux femelles et deux mâles assez vivement colorés.
8 juillet, n° 68, 103 mètres; cap Bojador : lat. N. 25°4'; long. O. 17°5', Sable, coquilles, coraux.
Un petit exemplaire.
15 juin, n° 23, 120 mètres; cap Mazaghan (Maroc) : lat. N. 33°16', long. O. 11943. Roches, coquilles.
Une femelle adulte dont le céphalothorax a 1 centimètre de longueur.
15 juillet, n° 90, 135-150 mètres; au nord du banc d'Arguin : lat. N. 21°54", long. O. 19°48'. Sable vasard verdàtre.
Un mäle adulte, de moyenne taille, à stries peu épineuses.
13 juillet, n° 91, 115-140 mètres; même région.
Une femelle dont le céphalothorax à plus de 2 centimètres de longueur; plusieurs autres spécimens plus réduits et à peine colorés.
29 juillet, n° 107, 75 mètres ; iles du Cap-Vert : canal de Saint-Vincent à Saint- Antoine. Sables, coquilles.
Individus petits, peu colorés, sans spinules sur les stries.
Commandant Parfait : ile du Prince, 15 mètres.
Un mâle, de coloration fort vive et armé de spinules sur les stries; son céphalo-
thorax à 23 millimètres de longueur.
En tenant compte de toutes les observations qui précèdent, 1l semble que l’espèce atteigne ses plus grandes dimensions vers l'Espagne et devienne de plus en plus réduite à mesure qu'on s'avance vers le Sénégal.
On ne peut évidemment généraliser celte remarque, ni même lui accorder une valeur absolue pour la région qui nous occupe ; on sait, en effet, que le P. arrosor est une espèce cosmopolite et l’on ne connait pas les dimensions maximum et minimum des spécimens qui ont été recueillis dans les différentes mers du globe. Toutefois, les exemplaires de Sénégambie, étudiés par Miers, étaient tous de petite taille, et dans le plus grand le céphalothorax ne dépassait pas 16 millimètres de longueur.
DisrriBuriox. — L'espèce peut se rencontrer dans toutes les mers tropicales ou subtropicales du globe; en Europe, on la trouve dans la Méditerranée et, dans l'Atlantique, jusqu'à la côte portugaise.
Le « Challenger » l’a trouvée aux Philippines par 115 brasses, mais elle se tient surtout dans les fonds de 25 à 100 mètres.
Fete calidus, Ri1ss0.
. XXII, fig. 19, et PI. XX VIIL, fig. 21.
1826. die calidus, À. Risso, Hist. nat. Eur. mérid., t. NV, p.39, 1826: 1826 et 1837. Pagurus calidus, H. Milne-Edwards, Ann. Se. nat. (2),t. VI, p. 27 1836; Hist. nat. Crust., t. II, p. 220, 1837. 1888. Pagurus calidus, J.-R. Henderson, Anomura, Challenger, Zool., &. XXVI, p. 57, 1888 (ubi syn.).
1896. Pagurus calidus, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année, p. 153, fig. 42.
1875. Pagurus setubalensis, F.de Brito Capello, Append. a Lista. Crust. Portugal, p. 4, fig. {et ia (in Jorn. Se. Lisboa, n° 18).
1836. Pagurus Diogenes, O.-G. Costa, Fauna Regno Napoli, Paguridæ, p. 5, pl. Il, fig
Harrar, Variarions. — Talisman, 1883 : 29 juillet, n° 107, 70 mètres; îles du Cap-Vert: canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine. Sable, coquilles.
Nombreux spécimens, dont une femelle de moyenne taille qui présente les dimensions suivantes :
Longueur approximative du corps.................... 32 millim. — AuICÉPhAlOLROLAXE EE EEE PE SECRET EE TT TE 142 — — dela rérionsasiDques etre eee cire 6,7 — Parceurniduifront ERP PPT ERP EEC EPP CE CT EE 6 — Longueur des pédoncules oculaires.................... 5,6 — — de la patte antérieure gauche............ UC — — —— dArote er ne EEE 20 — — de la troisième patte ambulatoire droite...... 32 — — dela main gauche "ec cree 10,3 — Hauteur maximum de la main gauche................. 6 — Bongueurdurdoistmoble EEE er 5,3 — — dela MainiArOe ere ee ec CCC. 8 — Hauteur maximum de la main droite................... 45 — Dongueur du/doistunmobile PER EE EEE CET EEE 4,71 —
La plupart des spécimens recueillis dans ce dragage sont plutôt de faible taille. Le plus petit d’entre eux a un céphalothorax de 6 millimètres de longueur et n'est pas encore adulte; c’est une femelle dont les appendices abdominaux sont très réduits et les orifices génitaux indiqués par des ponctuations. Elle est d’ailleurs parfaitement normale. Une femelle dont le céphalothorax atteint à peine 7 millimètres de longueur est déjà parfaitement adulte.
28 juillet, littoral ; Saint-Vincent (îles du Cap-Vert).
Deux grands mâles dont l’un n'a pas moins de 21 millimètres de longueur au céphalothorax et qui présente des fausses pattes abdominales presque aussi distinetement triramées que celles de la femelle; le second mâle, qui est à peine moins
grand que le précédent, se fait remarquer par l’état rent du rameau interne, qui est d’ailleurs resté simple.
PAGURIDÆ. 181
Travailleur, 1883 : 9 avril, n° 52, 100 mètres; au sud des Desertas (Madère): lat. N. 3238", long. O. 18°55°. Corail, roche, sable.
Un mäle de même taille que les précédents, dans une coquille recouverte de tubes de Serpuliens, de Bryozoaires et d'Algues incrustantes. Dans ce spécimen, le rameau interne des fausses pattes abdominales est rudimentaire, mais bifurqué.
Une femelle non adulte.
10 août, n° 53, 100 mètres; Desertas : lat. N. 32°38", long. O. roche, sable.
Un petit spécimen dans une coquille de Trochus.
18°55'. Corail,
En résumé, les variations de cette espèce sont peu importantes et portent sur les fausses pattes abdominales du mâle, dont le rameau interne n’a pas du tout un développement en rapport avec l’âge. A ce point de vue, on pourrait dire que certains mâles gardent, avec leurs fausses pattes triramées bien développées, des caractères de la femelle, tandis que ceux dont le rameau interne reste rudimentaire ou simple ont perdu dès le jeune âge ce curieux caractère.
Chez les jeunes, les pédoncules oculaires paraissent plus longs que chez les adultes et sont parfois aussi longs que la largeur du bord frontal.
Dans tous les spécimens, nous avons vu les poils des pattes décomposer la lumière et produire, sous certaines incidences, quand on les place dans un liquide, des irisations d'aspect agréable.
AFFINITÉS. — Un grand nombre de vrais Pagurus se font remarquer par une modification particulière de la dernière patte ambulatoire gauche ainsi que par le groupement en arcs des soies courtes qui leur servent d'ornements (Pagurus arrosor, caliulus, insignis, ete.); le P. calidus appartient à ce groupe, mais se distingue de tous ses congénères par la forme et les ornements de la patte ambulatoire gauche. Il présente des affinités étroites avec le ?. arrosor Herbst et avec le P. imbricatus Edw., mais ses lignes de poils disposés en brosses sont éloignées et ne présentent jamais la disposition squamiforme.
DisrriBuriox. — Cette espèce méditerranéenne se retrouve dans l’océan Atlantique, au nord jusqu’à Sétubal (Brito Capello) et au sud jusqu'aux iles du Cap-Vert. C’est un pagurien de la région subcôtière qui peut aller du littoral jusqu’à 100 mètres de profondeur.
Pagurus granulimanus, Miers.
. Pagurus granulimanus, Miers, Ann. and Mag. nat. Hist. (5), t VIT, p. 276, pl. XVI, fig. 3.
. Pagurus granulimanus, Ed. Chevreux et E.-L. Bouvier, Mém. Soc. sool. de France, t. V, p.116.
Cette espèce sénégalienne a été trouvée aux îles du Cap-Vert par le Talisman,
mètres de profondeur. Elle est côtière ou subeôtière.
DIOGENES, Dana.
Diogenes pugilator, Roux.
Pagurus pugilator, Roux, Crust. de la Médit., pl. XIV, fig. 3 et 4. Paqurus pugillator, O.-G. Costa, Fauna del Regno Napoli, Paquridæ, p. 11. Diogenes ? pugilator, Sümpson, Proc. Acad. nat. Se. Philadelphie, p. 71. Diogenes pugilator, E.-L. Bouvier, Mém. Soc. sool. de France, t. IV, p. 396. Diogenes pugilator, E. Chevreux et E.-L. Bouvier, Mém. Soc. sool. de France, t. V, p. 120 (ubi syn.).
Diogenes pugilator, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat., Zool., sér. 7, t. XIII.
Diogenes pugilator, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année, p. 153, fig. 9 et 46.
Diogenes varians, Heller, Crust. südl. Europa, p. 170, pl. V, fig. 13-14. Pagurus arenarius, Lucas, Expl. scient. de l'Algérie, Zool., 1; Crust., p. 33, PEN ARE ae Pagurus Dillvyni, Sp. Bate, Ann. and Mag. nat. Hist., sér. 2, t. VII, p. 320, DIX CAE
1861. Pagurus ponticus, Kessler, Voy. cool. sur le litt. septent. de la mer Noire, p. 219. 1872. Pagurus Lafonti, P. Fischer, Crust. déc. de la Gironde, p. 13, in Arch. Soc. linn.
de Bordeaux, t. XX VIII.
Pagurus curvimanus, Clément, Nouveau Pagure, in Bull. Soc. d’ét. scient. nat. de Nimes.
Pagurus Bocagii, de Brito Capello, Append. list. Crust., p. AT, fig. 2, in Journ. se. Lisboa.
. Paqurus algarbiensis, de Brito Capello, Append. list. Crust., p. 4, in Journ. sc. Lisboa.
?1858. Diogenes brevirostris, Sümpson, Proc. Acad. nat. sc. Philadelphie, p. 83. ?1868. Diogenes avarus, Heller, Reise Novara, Zool., ? Theil, II Abth., Crust., p. 83,
pl. VII.
Hagrrar. — Travailleur, 1882 : Barquero.
Cinq spécimens adultes de la forme typique.
Commandant Parfait : 1° Exemplaires appartenant à la variété intermedius E.-L. Bouvier : trois petits individus recueillis à Kotonou, et une femelle adulte provenant de Monrovia (Libéria).
PAGURIDÆ. 183
2° Exemplaires appartenant à la variété? gracilimanus Miers : quatre individus de moyenne taille. La patte antérieure gauche est grèle et beaucoup plus longue que tout le corps.
DisrriBurTion. — L'espèce se trouve sur toutes les côtes de la Manche et de l'océan Atlantique depuis Dunkerque et le sud de l'Angleterre jusqu’au Gabon; elle est commune dans la Méditerranée.
CANCELLUS, Edw.
Cancellus Parfaiti, H. Mirxe-Enwanos et E.-L. Bouvier. PI. XXII, fig. 20-30.
1891. Cancellus Parfaiti, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Bull. Soc. philom. de Paris (8), t. IT, p.70.
1892. Cancellus Parfaiti, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat., Zool., SÉRIE D 2258
La carapace est fortement calcifiée, sauf au niveau des aires branchiales qui sont submembraneuses dans les grands spécimens et souvent même membraneuses chez les individus de petite taille. La suture cervicale est profonde, fortement arquée en arrière de la région gastrique, puis recourbée à angle obtus vers l'extérieur, en arrière des aires hépatiques. La partie située derrière la suture est de beaucoup la plus courte; assez profondément échancrée en arrière, elle se fait remarquer par la largeur de l’aire cardiaque et par les sillons peu profonds qui forment un réseau large sur les aires branchiales. Le Iobe gastrique principal est très nettement limité en avant par un profond sillon transversal qui se recourbe en dehors ; il se termine en pointe en arrière, mais n’est guère limité sur les côtés que par de larges ponctuations ou par des dépressions continues peu profondes; les lobes métagastriques ne sont pas séparés sur la ligne médiane et sont vaguement limités en dehors, mais le lobe frontal est au contraire parfaitement séparé, grâce à deux échancrures qui délimitent très exactement la partie du front formée par le rostre. De nombreuses rugosités linéaires et transversales se trouvent dans le tiers antérieur, mais, plus en arrière, ces rugosités disparaissent et l'on ne trouve cà et là que des ponctuations éparses dont
les plus larges sont ornées d'une touffe de courts poils. Le rostre est
très net, anguleux, à bords droits ; il ne recouvre pas l'anneau ophtalmique, mais s’avance aussi loin en avant que les dents latérales.
Les pédoncules oculaires sont aussi longs que le bord frontal et un peu dilatés en massue du milieu à l'extrémité libre; ils sont légèrement déprimés du côté dorsal, ponctués, ornés de quelques poils et se terminent par une cornée médiocre un peu échancrée. Les écailles ophtalmiques sont séparées par un léger intervalle, triangulaires, peu saillantes et se terminent par une pointe obtuse ordinairement échancrée ; elles sont couvertes de poils serrés qui rendent leur étude difficile.
Les pédoncules antennulaires n’atteignent pas tout à fait le bord postérieur de la cornée, et leur avant-dernier article arrive à peine au milieu des pédoncules oculaires. Les fouets terminaux sont moins allongés que le dernier article.
Les pédoncules antennaires sont encore plus courts que les pédoncules antennulaires et dépassent seulement un peu le milieu des pédoncules oculaires. Leur premier article n’est pas visible du côté dorsal ; du même côté, le suivant présente à sa base une profonde dépression transversale qui s'élève ensuite pour se terminer en avant par deux saillies latérales subaiguës dont l’externe s’avance un peu plus en avant que l'interne. L'acicule est couvert de poils serrés ; il est asymétriquement bifide à l’extrémité et présente un denticule sur chaque bord. Le fouet terminal est peu allongé et présente quelques soies.
Comme les autres Cancellus et comme les Pylocheles, le C. Parfaiti se sert des trois articles terminaux des trois paires de pattes thoraciques antérieures pour fermer lorifice de la cavité qu'il habite. En réalité, les pattes ambulatoires postérieures servent simplement de soutien à cet opercule d'un nouveau genre, et quand l’animal est bien caché dans son trou, on ne voit en avant qu'une surface excavée formée par la moitié supérieure, qui est ici antérieure, de ce que l’on considère comme la face externe des appendices dans les autres pagures. Au centre et Jusqu'en bas se voient les deux surfaces contiguës, et presque siluées dans un même plan, formées par les pinces ; latéralement, ce centre est entouré par une surface concave empruntée au propodite des pattes ambulatoires antérieures et, en dessus, par la moi-
PAGURIDÆ. 185 tié antérieure, également concave, de la face supéro-externe du carpe des deux paires de pattes antérieures ; les pattes ambulatoires de la dernière paire sont cachées en arrière et viennent exactement s'appuyer contre la moitié inférieure, ici devenue postérieure, des articles operculaires des deux paires précédentes ; ces surfaces postérieures étant convexes, il en résulte que les parties en contact avec elles sont concaves en avant. Les deux bords supérieurs et contigus des propodites des pinces sont découpés en lobes quadrangulaires par des scissures garnies de fins poils: des lobes séparés par des scissures se rencontrent également sur les deux bords de la surface operculaire du propodite des pattes ambulatoires extérieures, sur le bord supérieur de la surface opereulaire du carpe des deux paires de pattes antérieures et sur le bord externe des pattes ambulatoires de la deuxième paire ; des faisceaux de poils courts et serrés occupent le sommet des lobes externes des diverses pattes. La surface externe des pinces est irrégulièrement granuleuse; les doigts sont courts, tuberculeux, peu execavés en cuillers, garnis en dedans de faisceaux de soies et mobiles dans un plan très oblique. Sur la moitié inférieure, ici presque verticale, de la face externe des pinces, se voit une série de rugosités parallèles très saillantes semblables à celles de la C'enohita rugosa. Les doigts des pattes ambulatoires sont plus courts que le propodite et se terminent par des griffes noires.
Les pattes de la quatrième paire sont subchéliformes ; leur ràpe est presque arrondie et se prolonge en avant aussi loin que les doigts. Les pattes de la cinquième paire se terminent par une pince longue, un peu arquée, dont les doigts sont aussi longs que la portion palmaire ; la râpe en atteint presque le bord postérieur. Les hanches de ces pattes sont très saillantes.
Les males étant dépourvus de fausses pattes (en dehors de celles qui forment une paire sur les côtés de lavant-dernier segment) ont l'abdomen absolument symétrique de la base jusqu’au telson. Ce dernier présente de faibles échancrures latérales et une échancrure terminale, toutes trois arrondies et peu profondes : il présente quelques faisceaux de poils sur les bords. Le 6° segment est court, divisé en deux
(TALISNAN. — Crustacés. 24
moitiés de longueur presque égale par un profond sillon transversal et, suivant son axe, par un sillon longitudinal. Les fausses pattes de cet anneau sont longues, symétriques, et leurs deux rameaux, qui sont inégaux mais bien développés, sont munis d’une grande ràpe.
L'abdomen de la femelle est semblable à celui du mâle, mais il présente à gauche quatre fausses pattes impaires inégalement biramées. La dernière fausse patte impaire est également biramée, mais ne porte pas d'œufs comme les trois premières.
Tous les appendices thoraciques et toute la carapace, à l'exception des aires branchiales, sont rouge orangé avec quelques parties moins colorées ou blanchâtres. Les aires branchiales et l'abdomen sont blanchätres.
Hawrrar, Variations. — Commandant Parfait : ile du Prince (îles du Cap-Vert), 15 mètres.
Deux spécimens femelles; celui qui nous a servi de type présente les dimensions suivantes :
Congueuriducephalothoraxe PPPPE EEE CR 15 millim. — delatrégion sastrique ere cree 10 — Darseurndutbordéirontal ere RER 7,1 — Longueur des pédoncules'oculaires.". "1 To — — A TASDINCE SR RSR Eee EL Largeur maximum de la face operculaire de la pince... 48 —
Cette femelle porte des œufs en très grand nombre; l'autre est plus petite, mais dépourvue d'œufs, quoique adulte.
Annobon. Trois spécimens jeunes et non adultes; une femelle et deux mâles. Le céphalothorax de la femelle mesure 7 millimètres de longueur; les fausses pattes sexuelles existent déjà, mais sont encore courtes, bien que les orifices sexuels soient déjà perforés. Les mâles sont à peine plus petits, mais leurs orilices génitaux, quoique nettement indiqués, n'ont pas encore de perforation.
Les surfaces blanchâtres sont beaucoup plus grandes dans ces jeunes spécimens que dans les précédents. L'abdomen est couvert de poils très courts, raides et
assez serrés.
Arrinirés. — Cette espèce se distingue aisément du Cancellus typus Edwards par les ornements en forme de lobes quadrangulaires des bords : des pattes des premières paires. Le C'ancellus(Cancer) canaliculatus Herbst se rapproche beaucoup plus de l'espèce qui nous oceupe, mais il en diffère néanmoins par la présence de dents à la place des lobes qua-
drangulaires dont nous venons de parler.
PAGURIDÆ. 487
Le C. Tanneri Faxon se rapproche beaucoup de notre espèce, mais = Ce < D ?e = L D à 4 Ü 0 2 L . = il est dépourvu d’aire rugueuse sur la face postérieure des pinces, son acicule n'atteint pas le milieu du dernier article des pédoncules antennaires et son abdomen est asymétrique.
TRIBU DES EUPAGURLE, E.-L. Bouvier.
PARAPAGURUS, S.-I. Smith.
Parapagurus pilosimanus, S.-I. Suiru.
PI. VI, fig. 2 (en couleur). — PI. XXIV, fig. 1-3.
1879. Parapagurus pilosimanus, S.-L. Smith, Stalk. eyed Crust. Atlant. Coast North Amer., p.51; Trans. Connect. Acad., vol. V.
1883. Parapagurus pilosimanus, SA. Smith, Bull. Mus. Comp. Zoül., vol. X, p. 20, DITES NIV 1883. Parapagurus pilosimanus, S.-1. Smith, Proc, US, Nat. Museum, vol. VE p. 33, pl. V, fig. 3-5; pl. VI, 1-4a.
1891. Parapagurus pilosimanus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Congrès intern. de sool. de Moscou, 1" partie, p. 1-15. 1894. Parapagurus pilosimanus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de Ü'« Hirondelle », fase. VIE, p. 64, pl IX, fig. 1-17 (ubi syn.).
1896. Parapagqurus pilosimanus, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année, p.128; fig. 10.
1SS0. £Zupagurus Jacobii, À. Milne-Edwards, Bull. Mus. Comp. Zoël., vol. VII, n° 1, p. 42.
1884. Paqurus pilimanus, À. Milne-Edwards, L'erpédit. du « Talisman », p. 27, in Bull. Assoc. scient., 1885.
1886. Pagurus pilimanus, Ed. Perrier, Les explorations sous-marines, p.301,et fig. 219,
Hamrrar, VariarioNs. — 1° Formes plus où moins normales.
Travailleur, ASS : 15 juin, n° 3, 3307 mètres ; au large des iles Berlingues (côte portugaise) : lat. N. 39°47/50”, long. O. 12°12". Vase grisàtre.
Un spécimen à pinces fort peu velues.
Travailleur, 1882 : 31 juillet, n° 40, 1 900 mètres; au large du cap Mazaghan : lat. N. 33°2’, long. O. 11°58". Vase.
Deux spécimens de petite taille.
Talisman, 1883 : 10 juin, n° 11, 1084 mètres; côte du Maroc (S.-0. du cap Spartel) : lat. N. 35°21”, long. O. 9°25". Vase, coraux.
Deux grands spécimens, un mâle et une femelle, à pinces extrêmement velues, sauf au bout des doigts. Ces spécimens se font remarquer par la réduction de la patte et de la pince droites, et par la longueur des pattes ambulatoires, dont les
doigts sont assez forts el très longs. Front très peu marqué, rostre subobtus, à saillie réduite.
16 juin, n° 31, 1103 mètres; cap Cantin (côtes du Maroc): lat. N:“32°371, long. O. 12°7'.
Deux spécimens mâles et deux femelles; l'un d'entre eux est logé dans une belle colonie d'Epizoanthus; ses pinces sont par endroits très velues.
IT juin, n° 34, 836-868 mètres: au large du cap Cantin: lat. N. 32°27!, long. O. 12°15°. Sable, vase ordinaire.
Un spécimen femelle, à longues palles ambulatoires, dans une coquille recouverte par une petite colonie d'Épizoanthes.
23 juin, n° 39, 2200 mètres; au S.-0. du cap de Ghir: lat. N. 30°8', long. O. 142’. Vase grasse.
Un spécimen femelle.
25 juin, n° #4, 2083 mètres; entre le cap Ghir et Lanzarote : lat. N. 29°52", long. Q. 147, Vase grise, coquilles brisées.
Huil spécimens à mains courtes, peu poilues, assez arquées.
26 juin, n° 45, 1235 mètres; entre Lanzarote et le cap Noun : lat. N. 298”, long. O. 18°46", Vase jaune molle.
Un jeune spécimen mâle.
27 juin, n°51, 1238 mètres ; Canaries : lat. N. 28935", long. O. 15°36". Vase jaune, nombreuses pierres.
Un spécimen dans une coquille de Trophon.
7 juillet, n° 61, 1918 mètres; au sud de Puertaventura : lat. N. 2731", long. 0. 16°27'. Vase jaune.
Un spécimen femelle à pattes ambulatoires courtes, à pinces courtes très velues et infléchies vers le bas.
10 juillet, n° 76, 2508-2638 mètres; cap Garnet (un peu au N. du tropique) : lat. N. 25°1", long. O. 1915". Vase jaune.
Deux spécimens de moyenne taille, à pinces assez longues et peu pileuses.
IL juillet, n° 78, 1435 mètres; à quelques milles au N. du tropique : lat. N. 2357-2355", long. O. 19327-19935". Vase jaune et vase grise.
Un mâle et une femelle, à pinces totalement velues.
11 juillet, n° 80, 1139 mètres; tropique : lat. N. 23°50’, long. O. 1937. Vase
grise.
Un male et une femelle à pinces fortement velues.
11 juillet, n° 80, 1139 mètres ; tropique : lat. N.23°50', long. O. 19°37". Va se grise.
Un individu mâle dans une coquille de Fusus recouverte par une Actinie; cet individu présente une petile spinule sur l'angle antéro-interne du deuxième article des pédoncules antennaires.
12 juillet, n°83, 930 mètres; à quelques milles au sud du tropique : lat. N. 22°57 , long. O. 19°51'. Sable vasard vert.
Trois spécimens femelles, d'assez petite taille, à pattes ambulatoires longues et lisses, terminées par des doigts grèles et fortement tordus.
12 juillet, n° 8%, 860 mètres; à quelques milles au $. du tropique : lat. N. 2254
long. 0. 19946". Sable vasard vert.
PAGURIDÆ. 189
Un spécimen mâle du type pélosünanus, à mains très velues, sauf à l'extrémité des doigts qui est rose. Doigts des pattes ambulatoires fort grèles.
12 juillet, n° 85, 830 mètres; Sahara : lat. N. 22°52", long. O. 1943’, Sable rasard vert.
Un individu dans une coquille de Natice recouverte par un Épizoanthe.
{4 juillet, n° 93, 1495-1283 mètres: au large du banc d'Arguin (près du eap Blanc): lat. N. 28°%4'-20°41", long. O. 20°25'-20°28". Sable vasard verdätre.
Six beaux spécimens dans des colonies d'Episoanthus. Tous ces exemplaires ont les pinces très velues et un peu infléchies.
19 juillet, n° 102, 3655 mètres; entre Dakar et les îles du Cap-Vert: lat. N. 15°48", long. O. 22°43". Vase grise.
Trois spécimens de moyenne faille : deux femelles avec des œufs et un mâle. Un des exemplaires est logé dans une coquille recouverte par une Actinie: le rostre de cet individu est aigu el muni d'une saillie longitudinale dorsale : le prolongement externe du deuxième article des pédoncules antennaires est aussi long que l’article, denticulé et infléchi en dehors ; pas de spinule à l'angle antéro-interne du même article.
10 août, n° 118, 3175 mètres; au $S. des Acores : lat. N. 33°467, long. O0, 36°14". Pierre ponce pilée sur fond de pierre ponce.
Trois spécimens dont deux de petite taille du type pilosimanus franc, encore que les paltes soient peu velues, el un quatrième à longues pattes ambulatoires
un peu rugueuses, à pince droite fort longue.
12 août, n° 122, 1 440 mètres; au S. des Açores : lat. N. 3755", long. O. 31°46". Vase grise sur fond de pierre ponce.
Sept spécimens dont lun dans une coquille de Dentale.
15 août, n° 127, 1257 mètres; Açores, entre Pico el Saint-Georges : lat. N. 3838", long. O. 30°41”. Vase grise.
Une dizaine de spécimens, les uns du type pilosimanus, quelques autres avec certains caractères de la variété abyssorum.
22 août, n° 131, 2995 mètres: Acores, au nord de Saint-Michel : lat. N. 3838". long. 0. 2726". Vase blanche molle, beaucoup de pierres ponces.
Une douzaine de spécimens des deux sexes, la plupart dans des coquilles. Tous ces spécimens sont des P. pilosimanus \ypiques, à pattes ambulatoires courtes; dans presque tous, la pince droite est très velue, sauf au niveau des
doigts qui sont dénudés et roses.
Le
2° Individus à caractères mixtes, et mélangés dans un méme dragage.
Travailleur, ASS : 16 août, n° 42, 896 mètres ; au large de Barquero : lat. N. 41°120”, long. O. 9°25'. Vase et coraux.
Cinq spécimens à longues pattes ambulatoires un peu rugueuses en dessus, à pinces courtes, peu infléchies, très velues. Le front est faiblement marginé ; son rostre est saillant, arrondi et subaigu, avec une saillie longitudinale parfois très réduite ; les pédoncules oculaires atteignent et dépassent même un peu la base du dernier article des pédoncules antennaires et sont très pileux; le
190 CRUSTA CÉS.
deuxième article de ces derniers à un prolongeme nt externe droit, long comme l'article et nettement denticulé; on voit aussi une faible spinule sur l’angie antérointerne.
Talisman, 1883 : 16 juin, n° 28, 2400 à 2600 mètres; Maroc, au large du cap Cantin : lat. N. 32°46", long. O. e Sable, vase ordinaire.
Six spécimens dans des coquilles de Dentale, de Natice, ete. Ces exemplaires sont, pour la plupart, des formes mixtes où les pédoncules oculaires atteignent seulement la base du dernier article des pédoncules antennaires, et où le deuxième artiele de ces pédoncules a un prolongement externe assez long et souvent infléchi en dehors.
16 juin, n°31, 1103 à 1105 mètres; cap Cantin {côte de Maroc) : lat. N. 32°37, long. O. 12°7'. Sable, vase ordinaire.
Une femelle de moyenne taille, un des plus beaux types intermédiaires entre le P. pilosimanus et la var. abyssorum. Le rostre est arrondi, la bordure frontale est très faible, les pédoncules oculaires sont poilus et dépassent un peu la base du dernier article des pédoncules antennaires; le deuxième article de ces pédoncules est inerme en dedans et en avant, l'acicule est très pileux et les pinces sont fortement velues comme dans le P. pilosimanus: mais la saillie du front est faible, le prolongement externe du deuxième article pédonculaire est long, nettement denticulé, quoique droit; enfin les pattes ambulatoires sont allongées et se terminent par des doigts grèles.
25 juin, n° 42, 2075-2104 mètres; cap Ghir : lat. N. 2958", long. O. 14°4". Vase, coquilles brisées
Trois individus.
14 juillet, n° 93, 1495 mètres; cap Blanc : lat. N. 20°4#-20°41", long O. 20°27'- 20°28". Sable vasard verdâtre.
Une dizaine de spécimens mixtes dans des coquilles diverses recouvertes d'un petit Épizoanthe plus ou moins développé.
T août, n° 115-116, 3125-3530 mètres; mer des Sargasses : lat. N. 30°17/, long. O0. 437", Vase blanche, morceaux de roche, pierre ponce.
Trois spécimens, deux de petite taille dans des coquilles dont l’une est recouverte par une Acltinie, l'autre de grande taille et dépourvu de coquille. L'un des exemplaires de petite taille estun P. pilosimanus {ypique à paltes courtes et à pédoncules oculaires très rétrécis en avant; le grand spécimen male tient le milieu entre les P. pilosimanus {ypiques etla variation scabra; ila, en effet, de nombreuses saillies subspinuleuses sur le bord supérieur des pattes ambulatoires, qui sont d'ailleurs presque complètement lisses; le rostre est subaigu, complètement marginé el présente une saillie dorsale, très réduite ; enfin le deuxième article des pédoncules anltennaires à un prolongement externe médian, mais déjeté en dehors, ainsi qu'une forte épine interne. Ce spécimen est un {ype intermédiaire très caractérisé.
10 août, n° 118, 3175 mètres; au S. des Açores : lat. N. 34°46", long. O. 36°14/. Pierre ponce pilée sur fond de pierre ponce.
Un AE male dans une coquille recouverte par une Actinie.
16 août, n° 130, 2235 mètres; Açores, de Fayal à Saint-Michel : lat. N. 37:55", long. O0. 29°22", Vase grise molle et pierre ponce.
PAGURIDÆ. 191
24 août, n° 134, 4060 mètres: au N. des Acores, à la hauteur de Vigo : lat. N. 4219", long. O0. 2336". Vase blanche molle, grand chalut.
Six spécimens intermédiaires entre la variation scabra de la variété abyssorum et le P. pilosimanus lypique.
30 août, n° 140, 2285 mètres ; golfe de Gascogne, à peu près à la hauteur de Royan : lat. N. 46°4, long. O. 6°46". Vase, argile.
Un spécimen en mauvais état, à paltes ambulaltoires médiocres et assez granuleuses, à rostre subaigu et sans saillie. Le prolongement externe du deuxième article des pédoncules antennaires est droit et bispinuleux ; il n'y a pas de spinule sur le bord antéro-interne du même article.
Parapagurus pilosimanus, S.-l. Surrn, var. abyssorum, A. Miixe-Ebwanrps. PI. XXIV, fig. 4-6.
1888. Parapagurus abyssorum, J.-R. Henderson, Anomura, Challenger, Zool. vol. XX VII, p. 87; pl. IX, fig. 2.
1891. Parapagurus abyssorum, J. Vood-Mason, Ann. and Mag. nat. Hist. (6), t. VII, p. 199.
1885. Paqurus abyssorum. Filhol, La vie au fond des mers, p. 131, fig. A1.
1895. Parapagurus pilosimanus abyssorum, W. Faxon, Hem. Mus. Comp. Zoûl., vol. XVII, p. 68-69.
1899. Parapagurus pilosimanus, var. abyssorum, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier. liésult. des camp. scient. de «Hirondelle » (supplément) ef de la « Princesse-Alice », fase. XTIT, p. 55, pl I fl
Le nom de ?. abyssorum avait été indiqué par l’un de nous à M. Henderson, dans une lettre manuscrite; il fut conservé par cet auteur.
Hasrrar. — Talisman, 1883 : 24 août, n° 133, 3915 à 4065 mètres ; au nord des Açores, à la hauteur de Vigo : lat. N. 4215", long. 0. 2337. Vase blanche molle sur fond de pierre ponce.
Sept spécimens très {ypiques de la variété.
24 août, n° 134, 4060-4100 mètres ; Acores : lat. N. 4219", long. O0. 23°36’. Vase blanche molle, grand chalut.
Une dizaine de spécimens dans des coquilles dont quelques-unes sont recouvertes par des colonies d'Actiniaires.
25 août, n° 135, 4165 mètres; au N.-E. des Acores.
Deux exemplaires mâles et très typiques de la variété abyssorum.
DISTRIBUTION DE L'ESPÈCE ET DE SA VARIÉTÉ. — Telle que nous la comprenons ici, l'espèce qui nous occupe (?. pilosimanus et sa variété) est essentiellement cosmopolite. Dans les eaux de l'Atlantique qui baignent l’ancien continent, on la connait en Europe depuis les mers d'Irlande
(Pocock) jusqu’en Espagne, en passant par le golfe de Gascogne au large de Royan. Dans les eaux africaines, nous la trouvons au large de tous les archipels et de toute la côte, depuisle Maroc jusqu'au Sénégal; en dehors de ces régions, elle a été signalée sous la latitude de Sierra-Leone, à Tristan d’Acunha (« Challenger »), dans ia mer des Sargasses et entre les Bermudes et les Acores («Challenger »). On la rencontre dans toute la largeur de l'Atlantique, car elle réapparaît en très grande abondance au voisinage des côtes américaines, depuis la Nouvelle-Écosse (lat. N. 42°21') jusqu'aux Antilles (Smith). Vraisemblablement aussi, elle se répand au large des côtes de l'Amérique du Sud, car on l’a caplurée, non seulement à Tristan d’Acunha, mais à une latitude beaucoup plus méridionale, à Port Oway, c’est-à-dire entre le 53° et le 54° degré de latitude Sud (« Challenger »).
Mais Port Oway appartient déjà au bassin du Pacifique, cette localité se trouvant sur la côte occidentale de la Terre de la Désolation. Dans le même Océan, le « Challenger » a signalé notre espèce à Valparaiso, sur la côte américaine, à Papua, au centre même de l'Océan, puis dans les îles Philippines, au large de Yokohama, et plus au sud, à Banda ; enfin elle a été retrouvée plus récemment dans la mer des Indes par l« Investigator » et entre les îles Galapagos et le golfe de Californie par l’ «Albatros ».
Cette espèce, qui s'accommode également des mers tropicales, des mers tempérées et des mers froides, peut habiter aussi, presque sans varier, les profondeurs les plus diverses. Sielle se plaît dans les grandes profondeurs, jusqu'à des niveaux supérieurs à 4000 mètres, elle se répand également dans les profondeurs beaucoup plus faibles et paraît abondante dans les eaux américaines de l'Atlantique, entre 500 et 1000 mètres.
Plus insensible aux différences de latitude qu'aux différences bathymétriques, le ?. pilosimanus présente néanmoins des variations considérables. Quelques-unes de ces variations paraissent se réunir et se fixer assez bien dans les spécimens qui appartiennent à la variété abyssorum, mais, comme on l’a vu plus haut, il ne manque pas de passages entre celte variété et l'espèce typique. Remarquons toutefois que si cette dernière peut occuper des profondeurs qui varient de 500 à 3 650 mè-
PAGURIDÆ. 193 ires, la variété se localise dans des profondeurs relativement pius grandes. On ne l’a pas signalée jusqu'ici à des profondeurs quelque peu inférieures à 1000 mètres et le « Talisman » l’a toujours capturée au delà de 4 000 mètres.
D’après M. Henderson, le « Challenger » n'aurait recueilli que des représentants de la variété abyssorum: d'autre part, la très grande majorité des spécimens du « Travailleur » et du « Talisman », et tous ceux signalés dans l'Atlantique par les expéditions américaines, appartiendraient à l'espèce typique. On est dès lors en droit de se demander si réellement tous les spécimens du « Challenger » sont bien des abyssorum, et si tous ceux des expéditions américaines sont bien des pilosimanus iNpiques. C'est Henderson, en effet, qui a fixé les caractères de la variété abyssorum et il n'a pas mis en relief les différences qui la distinguent :
« Dans le Parapagurus pilosimanus S.-1. Smith, ditil, les chélipèdes sont couvertes d’une pubescence plus grande, le doigt immobile de la pince droite n’est pas ineliné par rapport au bord inférieur de la main; en outre, les doigts de la pince gauche sont relativement plus courts que dans la présente espèce (la var. abyssorum). » Or, tous ces caractères sont singulièrement variables, même dans les ?. pilosimanus les plus typiques, et il nous à fallu en chercher d’autres (1), dont ne fait pas mention Henderson, pour arriver à distinguer le ?. pilosnanus 1ypique de sa variété ahyssorum.
Ces restrictions faites, la variété abyssorumn occuperait à elle seule toute l'étendue du Pacifique (2) et de la mer des Indes, et viendrait, dans l'océan Atlantique, se mélanger à l'espèce typique vers la Sierra-Leone, à Tristan d’Acunha, dans la mer des Sargasses et au nord des îles Acores.
CoLorATION. — Partie antérieure du céphalothorax et pattes d'un jaune vineux; les doigts des pattes ambulatoires, les appendices antennaires et buccaux, la partie postérieure du céphalothorax et quelques parties des pattes sont d'un ton rouge vif.
(1) Voy. A. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Congrès 200logique international de Moscou, 1re partie, p. 15.
(2) Les nombreux exemplaires recueillis par l'Albatros sont désignés par M. Faxon sous le nom de P. pilosimanus abyssorum ; ils paraissent done tous appartenir, comme ceux du Chal-
lenger, à la variété abyssorum.
9ù (TALISMAN. — Crustacés.) de
D'après des aquarelles faites à bord de la « Princesse-Alice », la partie postérieure du céphalothorax serait tantôt d’un rouge vif, tantôt d’une teinte rouge violacé, — les pattes iratent du rouge vif au rouge orangé, — enfin la partie antérieure du céphalothorax serait d’un rouge plus päle, souvent avec une teinte de violet. La couleur de la variété abyssorum serait absolument la même.
SYMPAGURUS, S.-1. Smith.
Sympagurus gracilipes, À. Mirxe-Epwanps.
PI. XXIV, fig. 7-8.
1891. Sympagurus gracilipes, A.Milne-Edwards, Bull. Soc.zoo!. de France,t. XVI, p.132.
1894. Sympagurus gracilipes, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de E «Hirondelle », fase. VIT, p. 68, pl. IX, fig. 18-34.
1899. Sympagurus gracilipes, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Résull. des camp. scient. de Ü « Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-Alice », fase. XIIT, p. 56.
Hagrrar, Variations. — Talisman, 1883 : 17 juin, n° 34, 836-868 mètres; au large du cap Cantin : lat. N. 32°27/, long. O. 12°15'. Vase rouge.
Un individu mäle, complètement décoloré, à pince droite large.
8 juillet, n° 62, 640-782 mètres; cap Bojador : lat. N. 26°20/, long. O. 1713. Sable, coquilles, coraux.
Trois individus logés dans des coquilles recouvertes d’Actinies coloniales. Pédoncules oculaires à peine teintés de rose.
9 juillet, n° 69, 410 mètres; cap Bojador : lat. N. 25°41", long. O. 1816". Sable vasard, coraux.
Un spécimen mâle.
9 juillet, n° 71, 640 mètres; sud du cap Bojador : lat. N. 25°39", long. O. 18°18". Sable vasard, coraux, coquilles.
Un spécimen mâle.
12 juillet, n° 83, 930 mètres; lat. N. 22°55'-22°57', long. O. 19946-19249". Sable vasard verdàtre.
Une femelle dont les yeux sont très dilatés.
12 juillet, n° 84, 860 mètres; Sahara : lat. N. 22°54", long. O. 19°46’. Sable vasard vert.
Un mâle et une femelle.
12 juillet, n° 85, 830 mètres; Sahara : lat. N. 22°52’, long. O. 19°43”. Sable vasard vert.
Six individus dont les yeux sont complètement incolores.
12 juillet, n° 86, 800 mètres; Sahara : lat. N. 22°49', long. O. 1941". Sable vasard vert.
Cinquante à soixante spécimens.
PAGURID Æ. 195
13 juillet, n° 87, 1013-1113 mètres; lat. N. 22°3/-21°59", long. O. 19°53-19°56/. Sable vasard verdâtre.
Trois exemplaires dans des coquilles recouvertes par des Actinies coloniales arénacées.
29 juillet, n° 110, 410-450 mètres; cap Vert, canal de Saint-Vincent à Saint- Antoine; lat. N. 1653-1654", long. O. 2730". Sable, gravier.
Très nombreux spécimens des deux sexes, beaucoup dans des coquilles de Troques presque complètement résorbées par une Aclinie.
29 juillet, n° 111, 590 mètres; cap Vert, canal de Saint-Vincent à Saint- Antoine : lat. N. 1652-1653", long. 0. 2736'-27°26", Sable, gravier.
Une vingtaine de spécimens, la plupart dans des coquilles de Troques presque complètement résorbées. Les pédoncules oculaires ont conservé une couleur rouge encore très prononcée.
30 juillet, n° 11%, 598-633 mètres: iles du cap Vert; canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine: lat. N. 16°51-16°52", long. O. 2730-2732". Sable vasard, sable, roches.
Un spécimen mâle à pédoncules oculaires incolores.
Le Sympaqurus gracilipes doit avoir une coloration rose ou rouge très intense sur les pédoncules oculaires; cette coloration disparaît dans l'alcool, mais laisse souvent des traces en divers points du corps et le plus souvent sur les pédoncules oculaires, surtout quand de nombreux individus se trouvent dans une faible quantité d'alcool. Les spécimens types recueillis par | « Hirondelle » étaient complètement incolores, mais aussi fort peu nombreux.
Cette espèce présente des variations considérables dans le front, les yeux, l’acicule et les pattes antérieures. Il y a sur le rostre une faible saillie qui tantôt déborde un peu le bord frontal sous la forme d’une très faible pointe aiguë, tantôt s'arrête au niveau de ce bord ; l’acicule dépasse ordinairement, mais non toujours, le bord antérieur de l'œil; sa face interne est toujours élargie et souvent tordue suivant la longueur, et les épines de son bord supérieur prennent un développement très variable suivant les individus. D'ailleurs, les yeux ne sont pas toujours également dilatés, mais nous ne croyons pas qu'il existe de relation entre leur diamètre et l'habitat plus ou moins abyssal. La longueur de la pince droite est très variable.
Les pattes de la 5° paire sont subchéliformes et leur râpe n’a qu'une rangée d’écailles ; celles de la paire suivante se terminent par un long
doigt mobile et spatuliforme qui ne peut pas se replier sur le propodite ; l'extrémité arrondie de ce doigt est garnie d’une série d’écailles. DisrriBguriox. — Cette espèce a été trouvée par le « Talisman » depuis le cap Cantin, sur la côte du Maroc, jusqu'aux îles du Cap-Vert, et par l'« Hirondelle » aux Acores. Elle habite des profondeurs moyennes,
depuis 400 mètres jusqu à 1100 mètres.
Sympagurus bicristatus, À. Mizxe-Epwanrps.
1880. Æupagurus bicristatus, À. Milne-Edwards, Bull. Mus. Comp. Zoël., vol. VIT, no 1,p. 43.
1893. Eupagurus ? bicristatus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Hem. Mus. Comp. Zoôl., vol. XIV, n°3, p. 154, pl. XI, fig. 11-12.
1894. Sympagurus bicristatus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, ÆRésull. des camp. scient. de © « Hirondelle », fase. VIT, p. 69, pl. XI, fig. 1-15.
1896. S'ympagurus bicristatus, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année, p.128 ie ie
1899, Sympaqurus bicristatus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésull. des camp. scient. de l «Hirondelle » (sapplément) ef de la « Princesse-Alice », fase. XIIT, p. 56.
Hasrrar, Variations. — Zravailleur, ASST : 1% juillet, n° 2, 1068 mètres; au large entre Vigo et Oporto : lat. N. 41°43', long. O. 11°39'40". Cailloux, sable, un peu de vase.
Deux pelits spécimens dans des coquilles. Pédoncules oculaires à peine dilatés.
Travailleur, 1882 : 19 juillet, n° 19, 1350 mètres; au large de Vigo: lat. N. 4132", long. O. 11°41'. Vase.
Six spécimens dans des coquilles. Yeux plutôt rétrécis en avant.
T'alisman, 1883 : 6 juin, n° 2, 99 mètres ; golfe de Cadix : lat. N. 36953", long. O. 10°52". Vase, coquilles.
Un spécimen mâle très normal, mais dont la carène interne est très atténuée.
11 juin, n° 13, 1216 mètres: S.-0. du cap Spartel : lat. N. 35°7!, long. O. 9°38". Vase el coraux.
Six mâles avec une paire d'appendices sexuels, parfois grands et symétriques, sur le 2° segment abdominal. Pédoncules oculaires peu dilatés en avant.
1% juin, n° 18, 550 mètres; côtes du Maroc, devant Mazaghan : lat. N. 33233: long. O0. 11°19. Vase et coraux.
Une dizaine de spécimens mâles, de petite taille, dans des coquilles de Dentales, presque lous avec une paire de fausses pattes rudimentaires sur le 2° segment. Cornées dilatées.
14 juin, n° 19,920 mètres; côtes du Maroc : lat. N. 33°42’, long. O. 10°21'. Vase, cponges.
Deux spécimens dans des coquilles.
PAGURIDÆ. 197
LE juin, n°20, 1105 mètres; Maroc, au large du cap Mazaghan : lat. N. 33°437, long. 0. 11°22". Vase, éponges.
Un spécimen mâle avec une fausse palte rudimentaire, à gauche seulement, sur le deuxième segment abdominal. Les cornées ne sont pas dilatées.
16 juin, n° 32, 1590 mètres ; cap Cantin : lat. N. 3234, long. O. 12°9. Vase grasse.
Six spécimens, cinq males el une femelle, les mâles avec une paire de fausses pattes rudimentaires {très asymétriques. Pédoncules oculaires peu dilatés.
16 juin, n° 31, 1103 à 1435 mètres: cap Cantin : lat. N. 32°37', long. O. 12°7/. Vase.
Un spécimen male dont les yeux sont un peu dilatés.
{7 juin, n° 33, 850-1350 mètres; cap Cantin : lat. N. 32°31”, long. O. 12°8/. Vase rougeûlre.
Quatre mâles. Pédoncules oculaires peu dilatés. 34, 836-868 mètres; au large du cap Cantin : lat. N.32°27", long. 0. 1215". Vase rouge.
17 juin, n°
Un spécimen mâle d'assez grande taille; les fausses pattes paires de la base de l'abdomen ne paraissent pas exister. Cornées à peines dilatées.
27 juin, n° 52,946 mètres; parages des Canaries : lat. N. 289334", long. O. 15°39°. Sable piqué de noir, roches.
Deux mâles, l'un d'eux avec une paire de fausses pattes rudimentaires, très inégales, sur le 2* anneau de l'abdomen, l'autre avec la fausse patte gauche seule. Dans le premier, la crête supérieure de la pince droite est si haute qu'elle est séparée par une goutlière large el profonde de la crête voisine, et que la largeur maximum de la main égale presque sa longueur. Cornée à peine dilatée.
8 juillet, n° 63, 640 mètres; cap Bojador : lat. N. 26°18", long. O. 17°12’. Sable, COTAUX.
Un mäle et quatre femelles. Le mäle est d'assez grande taille el présente sur le 2° segment abdominal une paire de fausses pattes presque symétriques, à rameau terminal long et bien développé. Les femelles ont lorilice sexuel à gauche. Pédoncules oculaires comme dans l'espèce précédente.
29 juillet, n° 110, 410-460 mètres; iles du Cap-Vert, canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine : lat. N. 16°53-16°54", long. O. 27°30". Sable, gravier.
Une vinglaine de spécimens de moyenne taille dans des coquilles recouvertes par une Aclinie.
29 juillet, n° 111, 580 mètres ; îles du Cap-Vert, canal de Saint-Vincent à Saint- Antoine : lat. N. 1652-1653", long. O. 27°30-27°26". Sable, gravier.
Une trentaine de spécimens presque tous mâles. Dans un de ces derniers, on trouve une paire de fausses pattes rudimentaires sur chacun des deux premiers segments de l'abdomen, la fausse patte droite de la 2° paire étant beaucoup plus réduite que celle de gauche; dans la plupart des autres mâles, la paire antérieure n'existe pas; enfin, dans quelques-uns d'entre eux, on ne voit plus que la patte gauche rudimentaire de la 2° paire. Cornée à peine dilatée en avant.
30 juillet, n° 113, 455-618 mètres; iles du Cap-Vert, canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine : lat. N. 1652-1653", long. 0. 27°30-27°32", Sable et roches.
Deux spécimens mâles, à pédoncules oculaires plutôt rétréeis en avant; l'un d'eux avec une paire de fausses pattes courtes et grèêles à la base de l'abdomen. La fausse patte gauche du 2° segment réduite à un moignon.
30 juillet, n° 11%, 633-598 mètres; iles du Cap-Vert, canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine : lat. N. 16°51-16°52", long. O. 27°30"-27°32’. Sable, rochers.
Un spécimen mäle avec une paire de fausses pattes sexuelles rudimentaires sur le 2° segment abdominal. Pédoncules oculaires assez dilatés.
15 août, n° 127, 1257 mètres; Acores, entre Pico et Saint-Georges : lat. N. 3838, long. O. 30°41”. Vase grise.
Deux mâles, l'un avec deux fausses pattes très asymétriques sur le 2° segment abdominal, l’autre avec la fausse patte gauche seulement. Yeux assez dilatés.
Les variations des veux et des écailles ophtalmiques ont été étudiées par nous dans un travail sur les Crustacés de « Hirondelle » et se retrouvent ici avec les mêmes caractères; nous dirons, toutefois, que le diamètre de la cornée, quoique généralement plus grand chez les spécimens des profondeurs les plus faibles, varie avec une régularité beaucoup moins grande que nous ne l’avions cru Jusqu'ici.
Les variations les plus importantes, et à coup sûr les plus significatives, sont celles qui ont trait aux appendices sexuels de la base de l'abdomen, dans le mâle. On trouve, le plus souvent, une paire de fausses pattes sexuelles asymétriques sur le 2° segment abdominal; dans quelques cas très rares, celte paire nous a paru disparaître complètement, mais, plus fréquemment, on voit la fausse patte rudimentaire du côté droit s’atrophier sans laisser de traces. Quelquefois une paire sexuelle existe sur le 1" sternite abdominal et, dans des cas très rares, cette paire coexiste avec celle du 2 segment.
Il y a lieu de rattacher cette espèce aux Symnpaqurus en restreignant, d'après les données précédentes, la diagnose primitive de ce dernier genre. Le Sympagurus arcuatus du « Blake » établit la transition entre les Sympaqurus normaux et le S. bicristatus.
Disrriecriox. — Très rare dans les Antilles, où elle a été trouvée d’abord par le « Blake », cette espèce est beaucoup plus commune au large des côtes du Maroc et du Soudan, près des îles du Cap-Vert, des Canaries et des Acores. Elle remonte dans la rade de Cadix et même jusqu'à la latitude comprise entre Vigo et Oporto.
Elle habite des profondeurs moyennes, depuis 400 mètres jusqu’à
PAGURIDÆ. 199
1500 mètres. L’exemplaire de la rade de Cadix a été dragué par
99 mètres.
Sympagurus ruticheles, A. MiLNEe-Epwanrps.
PI. XXIV, fig. 9.
1891. Zupagurus ruticheles, À. Milne-Edwards, Bull. Soc. sool, de France, t. XVI, p. 13.
1894. Sympagurus ruticheles, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp.
, scient. de l «x Hirondelle », fase. VIT, p. 70, pl X,
fig. 1-14.
1899. Sympagurus ruticheles, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de «Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-Alice », fase. XITT, p. 56.
Le S. ruticheles se distingue aisément du S. bicristatus par les stries parallèles dont il est orné sur la face inférieure des pinces, mais il présente néanmoins tous les caractères génériques de cette dernière espèce. Nous ferons remarquer, toutefois, que le S. ruticheles s'éloigne déjà plus des Sympaqurus normaux que le S. hicristatus : le doigt mobile de ses pinces, en effet, se meut dans un plan moins oblique par rapport à l'horizontale, la fausse patte sexuelle gauche du 2” segment abdominal est réduite chez le mâle à un court moignon, enfin, on n’observe jamais de fausses pattes sexuelles paires sur le 1” segment abdominal.
Dans cette espèce, comme dans le S. bicristatus, l’orifice sexuel du côté gauche est seul développé.
Hamrrar, Variarioxs. — Travailleur, ASS2 : 10 août, n° 54, 400 mètres ; Madère : lat. N. 32°40', long. O. 18°54". Corail, roche, sable.
Un individu mâle.
Talisman, 1883 : 13 août, n° 123, 560 mètres: Açores, en vue de Fayal : lat. N. 38°23", long. O. 31°10’. Sable, graviers.
Six individus de moyenne taille, dans des coquilles, et trois autres, un mâle et
deux femelles. La coloration à disparu.
Longueur maximum de la pince droite. ............... »,0 millim. Largeur — ES 3,2 — RÉ EE so Do EE D RO OU 0,58 —
Un spécimen mâle de belle taille présente les dimensions suivantes :
Longueur maximum de la pince droite................. 12 millim. Largeur — = déve. 6 —
RAD DOL ER er eco mmecceccr- c-ec-c-cte 0,50 —
Disrræuriox. — Trouvée aux Acores par |” « Hirondelle », près de Graciosa, cette espèce a été recueillie par le « Talisman » en vue de Fayal, dans les mêmes îles, et par le « Travailleur » à Madère. Elle est donc connue aujourd'hui depuis 39140" et 32°40"20" de latitude N. Elle habite des profondeurs comprises entre 400 et 600 mètres.
Nematopagurus, À. Miine-Epwanps et E.-L. Bouvier.
IS92. N'ematopagurus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat., Zool. Sér- 1, 6. XIII p.209:
1896. Nematopagurus, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année,
1899. Nematopaqurus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Aésult. des camp. scient. de l « Hirondelle » (supplément) ef de la « Princesse-Alice », fasc. XIII, p. 59.
Les pattes antérieures inégales, à doigts mobiles dans un plan horizontal et terminées par un faible ongle corné. Chez la femelle, deux orifices sexuels normaux, une paire de fausses pattes sexuelles uniramées sur le 1" segment abdominal, une fausse patte non sexuelle à gauche, sur chacun des segments suivants. Chez le mâle, trois fausses pattes impaires et non sexuelles, plus un tube sexuel saillant à chacun des orifices reproducteurs : le tube gauche est court, conique et infléchi en dedans sur la hanche du côté opposé; le tube droit est conique et épais à sa base, mais il s’atténue bientôt et se transforme en un long filament dirigé à gauche sous l’abdomen et enroulé à son extrémité. Les branchies sont disposées de la même manière que dans les deux genres précédents et se composent de deux séries de lamelles. Les pattes-mächoires antérieures sont pourvues d’un fouet exopodial, mais dépourvues d’épipodite.
Ce genre se distingue des Parapagurus et des Sympaqurus par ses pattes antérieures à doigts mobiles dans un plan horizontal, par les orifices sexuels pairs de la femelle, par l'absence de fausses pattes sexuelles chez le mâle, enfin par la présence d'un fouet sur l’exopodite des pattes-mächoires antérieures.
Tous ces caractères le rapprochent des Pagurodes Hend. (1), qui s’en
(1) L'examen d'un individu de Pagurodes inarmatus Hend. nous a montré que les Pagurodes ont un fouet sur l’exopodite des pattes-mächoires antérieures, la même formule branchiale que les
PAGURIDÆ. 201 . . , . x à ir 0,»
distinguent d'ailleurs par leurs branchies à filaments quadrisériés, leur tube sexuel impair, situé sur la hanche droite et recourbé vers le flane droit, enfin par l’absence de fausses pattes sexuelles chez la femelle.
Ce genre n'est représenté jusqu'ici que par l'espèce suivante :
Nematopagurus longicornis, À. Mizxe-Epwanps et E.-L, Bouvier. PI. XXIV, fige. 10-16. 1892. Nematopagurus longicornis, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat; Z001., sér. 1, t: XIIT, p. 210.
1896. Nematopagurus longicornis, E.-L. Bouvier, feuille des Jeunes Naluralistes, 26° année, p. 151, fig. 5 et 28.
1899. Nematopagurus longicornis, A. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. sctent. de Ü« Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-Alice », fase. XIE, p. 60.
La suture cervicale de la carapace est faiblement arquée, mais elle se dirige très loin en avant et forme un coude assez brusque en dehors de l'aire cardiaque. La partie antérieure de la carapace est régulièrement, mais peu fortement calcifiée ; elle présente quelques poils épars sur les côtés des aires hépatiques, et trois touffes bien développées de chaque côté de la région gastrique. La partie située en arrière de la suture est sensiblement plus courte que la précédente ; médiocrement dilatée, mais assez profondément échancrée en arrière, elle n'est pas calcifiée du tout, sauf au niveau de deux bandes arquées el divergentes en arrière, qui paraissent limiter latéralement l'aire cardiaque. La saillie médiane frontale est arrondie et se prolonge latéralement au-dessus des dents latérales, qui sont à peine plus saillantes et armées d'un faible denticule à l’angle externe.
Les pédoncules oculaires sont très dilatés en avant et plus courts que le bord frontal; l'échancrure de leur cornée est large, peu profonde, subaiguë et ornée d’une touffe de soies ; il y à quelques autres touffes et des soies éparses sur la face supérieure des pédoncules. L’anneau ophtalmique est complètement à découvert; ses écailles sont largement séparées, étroites, triangulaires, obluses en avant et armées d’une spinule subterminale insérée sur leur face inférieure.
Parapagurus et les pattes-mächoires postérieures largement écartées. Ce sont donc bien des
Eupaguriens. Il en est peut-être de mème des Paguropsis.
L'article pénultième des pédoncules antennulaires n’atteint pas la cornée; il est plus court que l’article terminal, qui dépasse cette dernière de la moitié de sa longueur. Le fouet terminal supérieur est grèle, assez brièvement cilié, plus long que le dernier article; il comprend un peu plus de vingtsegments, dont les six terminaux sont beaucoup plus allongés que les autres. Le fouet inférieur ne comprend pas plus de six articles.
Les pédoncules antennaires dépassent légèrement la cornée et n’atteignent pas tout à fait l'extrémité de l’acicule. Leur premier artiele se voit un peu du côté dorsal et présente une faible saillie au bord externe; le suivant est long, armé d’une épine à l'angle antéro-interne et d’un grand prolongement externe acuminé, qui présente en dedans un ou deux denticules aigus. Les autres articles sont inermes; l’acicule est acuminé et présente des touffes de poils sur son bord interne. Le fouet terminal est grèle et formé d’arlicles assez longs, ornés de courtes soies ; il dépasse en avant les pinces.
Les pattes antérieures sont longues, plutôt étroites, et ornées de touffes de grands poils qui se disposent en lignes transversales assez longues sur les méropodites. La face supérieure du carpe est limitée des deux côtés par une série de spinules serrées. Ces spinules se rencontrent encore au bord supérieur du propodite et forment, en outre, une série longitudinale sur la face externe de la portion palmaire. Vers le bord inférieur du propodite se voit d’ailleurs une ligne régulière, mais fort peu apparente, de saillies faiblement accentuées. Les pinces sont un peu plus longues, mais à peine plus larges que le carpe, et se terminent par des ongles légèrement cornés. Dans l’une et l’autre, la face externe de la portion palmaire est sensiblement plus saillante au niveau de la ligne longitudinale de spinules. Le bord inféro-externe du méropodite est armé, en avant, de deux ou trois épines séparées par une échancrure ; il y à une saillie aiguë sur le bord antérieur du carpe, entre les deux angées de spinules. La pince droite est longuement ovalaire; ses doigts sont armés l’un et l’autre de denticules calcaires et d’une dent plus forte située au niveau du tiers antérieur. La patte gauche est plus grèle, mais
presque aussi longue que la droite; son bord inférieur est un peu concave
PAGURIDÆ. 203 en dedans, ses doigts sont plus longs que la portion palmaire et armés, sur le bord interne, d'une rangée de spinules cornées.
Les pattes ambulaloires dépassent les paltes antérieures; elles sont assez grèles et peu comprimées latéralement, sauf au niveau des doigts ; elles sont ornées de toulfes de soies inégales qui forment de courtes lignes transversales sur le méropodite et qui présentent une faible spinule en avant sur le bord supérieur du carpe. Les pattes de la paire postérieure dépassent les précédentes; leurs doigts atteignent en longueur les deux articles précédents réunis, mais ceux de la paire antérieure sont sensiblement plus courts. Dans les deux paires, les doigts sont faiblement arqués et se terminent par une longue griffe cornée; des faisceaux de soies courtes et raides occupent le bord supérieur de ces appendices.
Les pattes de la quatrième paire sont longuement pileuses sur le bord supérieur ; les écailles de leur râpe unisériée sont serrées, et leur doigt mobile égale sensiblement en longueur le propodite, qui fait une légère saillie à sa base. Les pattes de la cinquième paire ne sont pas sensiblement subchéliformes ; leur râpe est large et atteint à peu près le milieu de la longueur du propodite; le doigt mobile présente une série d’écailles sur sa face supérieure, et de fines épines cornées en avant. On voit un faisceau de très longs poils sur le bord supérieur de la main. Le tube sexuel de la hanche droite est très allongé, pelotonné dans sa partie terminale et recourbé à gauche: celui de la hanche gauche est recourbé à droite sur la base élargie du précédent et dissimule ainsi le sternum bilobé qui sépare les deux hanches.
La saillie columellaire de la base de Pabdomen est médiocre, mais très saillante; à droite de cette saillie se voit ordinairement une forte protubérance irrégulièrement arrondie, qu'on rencontre assez fréquemment chez divers Pagures, et qui joue probablement le même rôle que la saillie vasculaire contractile des Cénobites. Les trois pattes abdominales impaires du mâle sont inégalement, mais très nettement biramées.
L'avant-dernier segment est divisé en deux moitiés très asymétriques par un sillon transversal: ses appendices sont très inégaux et armés de râpes larges, à bords non parallèles. Le telson est plus long que large et
presque symétrique; outre deux fines échancrures latérales, il présente
une échancrure terminale peu profonde et armée de quelques denticules sur les bords.
La couleur est blanchâtre, avec quelques lignes longitudinales rougeûtres sur la face externe des pattes ambulatoires, et des lignes transversales de même couleur à la base des rangées transversales de poils, sur le méropodite des pattes antérieures. On voit aussi quelques zones, rougeâtres sur la moitié antérieure du céphalothorax, un point rouge sur la ligne où le propodite s'articule avec le doigt mobile des pinces, enfin une grande tache triangulaire rouge sur la face externe des pédoncules oculaires.
Hagrrar, Variations. — Talisman, 1883 : 13 juillet, n° 91, 235 mètres;
au nord du cap Blanc : lat. N. 21951", long. O. 19°48". Sable vasard verdàtre. Un spécimen mâle qui a servi de type pour la description précédente :
Longueur. approximative du COrpS..- 1. 14 millim. — dutcéphalothoraxe ere rP ER PETER Er CES 62 — — della TÉMON BASIQUE RER ee. 4 — Darseurdusbordirontal EEE REP EE TE PER C Cr 3D.— Longueurides pédoncules oculaires Re 2,7 — —- de la patte antérieure droite................. 20 — — —- GAUCHE RE ECC eee 188 — — de la patte ambulatoire antérieure gauche.... 22 — — — postérieure gauche... 23,4 — — du carpe de la patte antérieure droite. ....... 2,6 — —- delà PINCE: ere cerner ner 7,8 — — durdoiot mobile A Peter Re Du — — du doigt de la patte ambulatoire antérieure gauche: sors eacocceccceese er eee G,L — — du doigt de la patte ambulatoire postérieure SAUCHES ES ee ne eee TE 7,8 —
Ce spécimen habilait une coquille de Natice.
Travailleur, \SST : 6 juillet, n° 9, 445 mètres; à quelques milles du cap Sicié près de Toulon : lat. N. 43°0'35”, long. E. 3°22/. Vase.
Un spécimen femelle blanc jaunâtre, sans lignes rouges apparentes sur les pattes, mais avec deux lignes rouges sur chacun des pédoncules oculaires. Les deux fausses pattes sexuelles paires sont bien développées.
Travailleur, 1882 : 12 juillet, n° 8, 411 mètres; au N.-E. de Barquero : lat. N. 44430", long. O. 9°2730”. Sable, gravier.
Un spécimen mâle dans une coquille. La couleur générale est blanc jaunûtre, et les régions rouges sont peu nettement indiquées.
9 août, n° 52, 100-150 mètres ; iles Desertas (Madère) : lat. N. 32030, long. 0. 1851". Corail, roche, sable.
PAGURIDÆ. 205
Deux mâles bien colorés, dans des coquilles de Nasse.
Talisman, 1883 : 16 juin, n° 28, 2600 mètres; au large du cap Cantin.
Un spécimen mâle adulte, blanc jaunätre, sans lignes rouges apparentes.
8 juillet, n° 65, 250 mètres: cap Bojador : lat. N. 26°16", long. 0. 17°11”. Sable, coquilles, coraux.
Un spécimen mâle, avec deux grandes taches rouges triangulaires sur la face externe de chaque pédoncule oculaire.
12 juillet, n° 86, 800 mètres; au N. du banc d'Arguin : lat. N. 29949", long. O. 1941". Sable vasard vert.
Un spécimen male adulte assez semblable au précédent, mais sans tache rouge sur les pédonecules oculaires. Deux autres avec deux laches rouges sur chaque pédoncule.
F3 juillet, n° 90, 135-250 mètres: au nord du banc d'Arguin : lat. N. long. O. 19°48". Sable vasard verdàtre. j
Deux mäles et une femelle, avec une lache rouge triangulaire sur la face
externe des pédoncules oculaires.
13 juillet, n° 91, 115-140 mètres: au nord du banc d'Arguin : lat. N. 21°51”, long. O. 19°48". Sable vasard verdàtre.
Une femelle avec des œufs; deux raies rouges sur la face externe de chaque pédoncule oculaire.
L£ juillet, 120 mètres; Maroc.
Un jeune male dans une coquille de 7rochus.
29 juillet, n° 107, 75 mètres; canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine. Sable, coquilles.
Un spécimen mâle adulte, blanchätre, à lignes rouges peu apparentes, sans lache sur les pédoncules oculaires.
29 juillet, n° 109, 105 mètres; iles du Cap-Vert, canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine : lat. N. 17°”, longe. 0. 2724", Sable, coquilles.
Onze spécimens, 7 màles el 4 femelles. À part 2 individus qui sont complètement blancs, {ous présentent des teintes assez vives : la coloration générale, surtout sur les pattes, est jaune rose, et c'est sur ce fond que se délachent les lignes et les espaces rouges dont nous avons parlé plus haut. Les lignes rouges sont fréquemment interrompues sur les pattes ambulatoires el lon voit en outre des anneaux alternalivement rouges et elairs sur les fouels antennaires. Ces spécimens sont probablement moins décolorés que les autres: pourtant, aucun d'eux ne possède de tache rouge sur les pédoncules oculaires. Dans les femelles, on voit
une paire de fausses pattes sexuelles très grèles à la base de l'abdomen.
Les variations portent surtout sur la coloration et sur la longueur de l’acicule : l’acicule atteint presque toujours l'extrémité des pédoncules antennaires et la dépasse ordinairement; quant à la couleur, elle peut varier du blanc au jaune rose; les raies rouges peuvent disparaitre, du
moins dans l'alcool, et l’on trouve tous les passages entre des pédoncules
oculaires absolument incolores et ceux ornés d’une ou deux taches rouges sur la face inféro-externe.
Les pattes sexuelles paires de la femelle sont composées de deux articles séparés à leur base, et appliquées contre le dernier sternum thoracique. Les fausses pattes impaires sont au nombre de quatre; les trois antérieures seules, comme de coutume, servent à porter les œufs: leur rameau interne ou postérieur reste libre; il est plus large et beaucoup plus court que le rameau antérieur.
Disrruriox. — Cette espèce s'étend, dans l'Atlantique, depuis le nord de l'Espagne jusqu'aux îles du: Cap-Vert et aux Açores (« Princesse- Alice »); le « Travailleur » l’a trouvée aussi à quelques milles du cap Sicié, près de Toulon. Son centre principal se trouve au large des côtes du Maroc et du Soudan.
Elle habite des profondeurs assez faibles, comprises depuis 105 mètres jusqu'à 800 mètres.
Catapaguroides, Enw. et Bouv.
1892. Catapaguroides, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nal., sér. 7, t. XIII, p.209:
1896. Calapaguroides, K.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naluralistes, 26° année, Dell
1899. Calapaguroides, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésull. des camp. scient. de Ü « Hirondelle » (supplément) e{ de la « Princesse-Alice », fase. XIII, p. Ga.
Ce genre présente tous les caractères des Nematopaqurus, mais les femelles sont dépourvues de fausses pattes sexuelles paires (comme les femelles des Paqgurodes et des Catapagqurus) et le tube sexuel droit du mâle, au lieu de s’effiler en un long filament tortillé, a la forme d’un large sabre recourbé de droite à gauche sous la base de l'abdomen.
Dans les Catapagurus, 1 n’y a qu'un tube sexuel qui est à droite et relevé sur le flanc droit du corps. Les Paqgurodes ne diffèrent des Catapagurus que par leurs branchies à filaments quadrisériés; pourtant, dans les Pagurodes, on ne voit dans le mâle que trois fausses pattes qui occupent les segments 3, 4 et 5, tandis que dans les Calapaqurus nous
avons pu constater des fausses pattes sur les segments 2, 3, 4 et 5, celles
PAGURIDÆ. 207
du segment » étant toujours fort petites et souvent mème absentes Gb
Dans les Catapaguronles mâles, les fausses pattes sont les mêmes que chez les Pagurodes ; dans les femelles, il est vraisemblable que les fausses pattes IT, HIT et IV sont ovifères comme dans les fagurodes et les Calapagurus, et que les fausses pattes V sont réduites comme dans ces derniers également.
Ce genre paraît représenter, dans l’Atlantique oriental, les Calapagurus du Pacifique et de l'Atlantique occidental. IL est représenté jusqu'ici par
les trois espèces suivantes :
Catapaguroides mierops, À. M.-Epw. et E-L. Bouv.
PI. XXIV, fig. 17-20.
1892. Catapaguroides microps, À. Milne-Edwards et KE.-L. Bouvier, Ann. des Se. Gt, Z001 SÉD-A LU pee
1896. Catapaguroides microps. E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année, p. 154.
1899. Catapaguroides microps, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, /tésult. des camp. scient. de Ù« Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-Alice », fase. XITE, p. 63.
Cette espèce doit son nom à la réduction considérable de ses pédoncules oculaires qui sont courts, rétrécis en avant el terminés par une cornée très réduite.
La carapace est courte, large, divisée en deux parties de longueur presque égale par la suture cervicale qui est très fortement arquée. La partie située en arrière de la suture n’est pas sensiblement caleifiée et celle située en avant ne l’est jamais beaucoup. La saillie médiane frontale est arrondie et plus saillante que les dents latérales qui sont réduites et subaiguës ; les angles latéraux sont arrondis.
L'anneau ophtalmique est à découvert; ses écailles sont très largement séparées, triangulaires et pointues; 1l y à un ou deux faisceaux de longs poils sur les pédoncules oculaires, en arrière de la cornée.
Les antennules sont longues ; les pédoncules oculaires n’atteignent pas
(1) Nous venons d'examiner à ce point de vue sepl exemplaires males ou femelles de Catapagurus Sharreri À. M.-Edw., et dans aucun d'eux nous n'avons pu observer de fausse patte sur le segment 5. Pourtant, nous avons eu autrefois l'occasion de constater cel appendice, Serait-il tombé, ou, chez certains individus, normalement absent?
la base de leur avant-dernier article; le dernier article est beaucoup plus long que les précédents réunis; il se dilate et présente en avant une touffe de poils qui égalent en longueur le fouet antennulaire supérieur. Ce dernier est pauei-articulé; il comprend 8 ou 9 longs articles terminaux et 10 à 12 articles basilaires plus courts; il dépasse un peu la base de la pince droite quand il est étendu en avant.
Les pédoneules antennaires sont complètement inermes et atteignent le milieu du dernier article des pédoncules antennulaires. Leur article basilaire se voit du côté dorsal; le suivant a un prolongement externe médiocre et acuminé; le dernier n’est pas beaucoup plus long que le précédent. Le fouet terminal est long et dépasse les extrémités des pattes ambulatoires : il est très comprimé dans le sens dorso-ventral et présente quelques cils sur les bords.
Les pattes antérieures sont lisses, ornées de quelques poils, surtout près du bord supérieur, et complètement inermes. Le carpe de la patte droite est un peu plus long que le méropodite et que la portion palmaire ; les doigts sont plus courts que cette dernière et armés, sur leur bord interne, de deux ou trois dents obtuses. Dans la patte gauche, les doigts sont un peu plus longs que la portion palmaire et armés de spinules cornées sur le bord interne ; la paite gauche est d’ailleurs plus petite et un peu plus courte que la droite.
Les pattes ambulatoires sont grèles, lisses, un peu comprimées et dépourvues de poils, sauf à lPextrémité terminale du bord supérieur des doigts. Ces derniers dépassent la pince droile de leur longueur presque entière; ils sont arqués, comprimés latéralement, très faiblement tordus en avant et complètement dépourvus de griffe terminale ; ils sont presque aussi longs que les deux articles précédents réunis. Dans les pattes ambulatoires antérieures, les doigts sont plus courts, plus grèles, et l’on voit une longue épine articulée, entourée de soies, à l'extrémité antérieure du bord inférieur du propodite,
Les pattes de la quatrième paire sont à peine subchéliformes ; leur râpe se compose d’une rangée de 7 ou 8 écailles. Les pattes de la cinquième paire ne sont pas subchéliformes et ont une ràpe très réduite ; elles se
rapprochent beaucoup, par leur forme, de celles des ƣupagurus et ont,
PAGURIDÆ. 209
comme elles, un doigt arrondi et garni d’écailles sur les bords. A l’orifice sexuel de la hanche de la patte droite, on voit un prolongement sexuel saillant, en forme de faux, qui se dirige sous la base de l’abdomen, de droite à gauche; quant à l'orifice sexuel du côté opposé, il est porté à l'extrémité d’une faible saillie qui se dirige vers la droite.
Les appendices du sixième segment abdominal sont asymétriques et armés d’une râpe étroite, à bords parallèles: le telson est allongé, il se rétrécit en arrière et se termine par une étroite échancrure que limitent un ou deux denticules.
Couleur blanche, avec de vagues reflets irisés.
Hasrrar, VariarioNs. — Travailleur, ASS2 : 31 juillet, n° #0, 1900 mètres; au large du cap Mazaghan : lat. N.33°9, long. 0. 1158". Vase.
Cinq individus males et une femelle, dans des coquilles diverses. Le spécimen mâle, qui a servi de Lype pour cette description, présente les dimensions suivantes :
Longueur approximative du corps..................... 11 millim. — QUÉCÉPhalO NOT AR A2 — — dela répion gastrique...…..:::...,%...... AE
Pareeundubondronmtale. nee... 2,7 —
Longueur des pédoncules oculaires.................... LS — de la patte antérieure droite................. 10,5 — — de la patte ambulatoire antérieure droite... 15 —
Travailleur, ASS1 : 13 juin, n° 1, 28IS mètres; au large du cap Finistère : lat. N. 43°040”, long. O0. 115740”. Roches et sable.
Deux spécimens dans des coquilles.
Talisman, 1883 : 14 juin, n° 20, 1105 mètres : lat. N. 33°E#, long. O. 11°22’; côte du Maroc.
Deux spécimens mâles, lun d'eux avec l'abdomen couvert de Pellogasters. Couleur rose blanchätre, mais reflets 1risés.
27 juin, n° 50, 975 mèlres; Canaries. Vase jaune.
Un exemplaire dans une coquille de Pleurotome. .
12 août, n° 122, 1440 mètres; au sud des Acores : lat. N. 3755’, long. O. 31°46". Vase grise el pierre ponce.
Un spécimen femelle avec des œufs. La saillie frontale et les dents latérales s'avancent presque au même niveau. Épine mobile du propodite des pattes ambulaloires très réduite. |
15 août, n° 127, 1257 mètres: Acores, entre Pico et Saint-Georges : lat. N. 3838", long. O. 29°41”. Vase grise.
Trois individus de belle taille.
16 août, n° 128, 960-998 mètres; Acores, de Fayal à Saint-Michel : lat. N. 387, long. O0. 29°32", Sable coquillier, Globigérines.
(TaLisMan. — Crustacés.)
Deux mâles de petite laille.
16 août, n° 130, 2220 mètres; Acores, de Fayal à Saint-Michel : lat. N. 38°, long. O. 29°23’. Vase grise molle.
Un individu mâle.
AFFINITÉS. Abstraction faite des caractères génériques, c'est du Pagurodes inarmatus end. que cette espèce paraît le plus se rapprocher; mais elle à la cornée beaucoup plus réduite et lacicule beaucoup plus court; d’ailleurs, elle possède, sur les pattes ambulatoires, une épine mobile qui la rend très facile à reconnaitre.
Disrruriox. — Cette espèce s'étend dans les eaux atlantiques depuis la latitude du cap Finistère, au nord-ouest de l'Espagne, jusqu'au cap Mazaghan sur les côtes du Maroc; à l’ouest, on la retrouve jusqu'aux Acores. Elle habite d'assez grandes profondeurs, depuis 960 mètres jusqu’à
2200 mètres.
Catapaguroides megalops, À. M.-Enw. et E.-L. Bouvier. PI: XXV, fig. 1-5.
1892. Catapaguroides megalops, A. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat, Zool.,sér. 1,41 XIII p 213:
1899. Catapaguroides megalops, A. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de © '« Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-Alice ». fase. XITE, p. 65.
Cette espèce est très voisine du €. microps à laquelle elle ressemble par la forme des tubes sexuels, par la structure et les ornements de la carapace, enfin par les épines longues, grèles, raides et articulées qui occupent, en avant, l'extrémité inférieure du propodite des pattes ambulatoires de la première paire.
Les caractères principaux qui distinguent cette espèce de la précédente sont les suivants :
Les pédoncules oculaires sont presque aussi longs que la largeur du bord frontal; ils sont un peu rétrécis au milieu, un peu dilatés à la base et davantage en avant, au niveau de la cornée qui est large, assez longue el un peu échancrée du côté dorsal. De longs poils groupés par toulffes occupent la face supérieure des pédoncules, surtout au voisinage de la
cornée. Les écailles ophlalmiques sont formées par une pointe sub-
PAGURIDÆ. 211 aiguë et assez longue qui continue la partie basilaire élargie. Le bord antérieur de la cornée s’avance jusqu'au milieu de l'avant-dernier article des pédoncules antennulaires et dépasse le milieu du dernier article des pédoncules antennaires.
L'article terminal des pédoncules antennulaires présente en avant, comme dans le €. #crops, une touffe de très longs poils. Le deuxième article des pédoncules antennaires est très allongé dans les deux espèces, mais le prolongement externe s’allonge en pointe dans le (. megalops, et l’on trouve en outre une forte épine sur l'angle antéro-interne du mème article. L'acieule est très allongé, sigmoïde, acuminé en avant, garni de longues soies sur le bord interne ; il atteint sensiblement l’extrémité des pédoncules. Le fouet est très long, grêle, orné de soies peu nombreuses, mais assez longues.
La patte antérieure droite est beaucoup plus longue et plus forte que la gauche ; elle a très sensiblement la même forme que celle du €, microps, mais présente çà et là de longs poils. On voit une épine en avant sur chacun des bords inférieurs du méropodite, une rangée longitudinale de spinules sur le milieu de la face externe du carpe et près du bord supérieur du propodite ; il y a en outre une épine en avant, sur le bord antérieur du carpe. La patte antérieure gauche est couverte de poils très longs et assez serrés; elle est inerme, mais présente néanmoins une spinule sur le bord inféro-externe du méropodite. Sa pince est étroite et un peu infléchie vers le bas.
Les pattes ambulatoires sont presque nues et un peu plus courtes que celles du €. microps; elles s’en distinguent surtout par leurs doigts qui sont beaucoup plus courts et qui dépassent peu, en longueur, le propodite. Les doigts des pattes ambulatoires postérieures sont légèrement plus courts et un peu plus grèles que ceux des pattes antérieures,
Les pattes des deux paires suivantes sont peu différentes de celles du C. microps, mais le tube sexuel du côté droit est arrondi et légèrement élargi à son extrémité libre. Les fausses pattes impaires du mâle {au nombre de trois dans le type que nous étudions) sont assez inégalement biramées. Le telson a une étroite et profonde échancrure terminale, ainsi
que deux petites échancrures latérales. — Coloration blanchätre.
Hawrrar, Variarioxs. — Travailleur, 1882 : 30 juillet, n° 38, 636 mètres ; entre le cap Spartel et le cap Mazaghan ; lat. N. 34°1330", long. O. 10°. Sable vasard. Un spécimen mâle choisi comme type. Les dimensions de cetexemplaire sont les suivan{es :
Longueur approximative du COLPS ee 9 millim.
— duiCéphalo thorax PEAR ERP RE RE ROC RER 3,3 — — dela résion 2astnique Re CT 1,9 —
Farseur Au bord irontal CE PP PR EC CE CE 1,5 —
Longueur des pédoncules oculaires" Ce 1,4 — -— delapatte antérieure (droite. "rer 00. 8,3 — - — ambulatoire antérieure droile...... 10 —
Talisman, 1883 : 13 août, n° 123, 360 mètres; Açores, en vue de Fayal : lat. N. 38°23', long. O. 31°10. Sable, gravier.
Deux mäles de couleur jaune rosâtre, à extrémité des pinces blanche. Un peu moins poilu que le précédent.
Catapaguroides acutifrons, À. M.-Epw. et E.-L. Bouv. PI. XXV, fig. 6-11.
1892. Catapaguroides acutifrons, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat; Zool.,ser.t4 it. AU, D: 213:
Cette espèce ressemble au €. megalops par la forme des yeux et par la longueur des pédoncules oculaires, mais elle en diffère par beaucoup d’autres caractères que nous allons successivement énumérer.
La suture cervicale de la carapace s'étend plus loin en arrière que dans le €. megalops, et le front à une forme bien différente. Îl est caractérisé surtout par un rostre allongé, légèrement infléchi et acuminé comme les dents latérales, qui sont d’ailleurs beaucoup moins développées ; une faible saillie longitudinale s'étend sur la face dorsale du rostre.
Les pédoncules oculaires atteignent et dépassent même le tiers terminal du dernier article des pédoncules antennulaires; ils dépassent un peu lextrémité des pédoncules antennaires et sont aussi longs que | largeur du bord frontal. Leurs écailles ophtalmiques sont médiocres, subtriangulaires, obtuses en avant, mais armées d’une spinule à insertion ventrale.
Les pédoncules antennaires sont beaucoup plus courts que ceux du C. mmegalops, mais leurs fouets terminaux présentent, comme dans cette
espèce, un petit nombre d'articles, — Le prolongement externe du second
PAGURIDÆ. 213 article des pédoncules antennaires est acuminé et aussi long que l'article lui-même: il n'a pas de spinule sur son angle antéro-interne. L'acicule est peu poilu et n’atteint pas tout à fait le milieu du dernier article des pédoncules antennaires; le fouet terminal porte des poils nombreux, mais assez courts.
Les pattes antérieures sont très différentes et fort inégales. La droite est beaucoup plus grande et plus forte que la gauche. Son méropodite est réduit, triangulaire, inerme sur le bord inféro-interne, armé de #4 ou » denticules aigus sur le bord inféro-externe. Par sa forme générale, le carpe ressemble beaucoup à celui de l'£upaqurus timidus, mais la saillie qu'il présente en avant sur son bord inférieur est moins nettement dentiforme. Une rangée d’épines allongées oceupe le bord supérieur de l’article; des tubercules aigus et des poils longs, mais épars, ornent en outre sa face externe. Le propodite a Le bord supérieur presque droit, un peu arrondi, mais armé cependant d’une rangée de tubercules aigus qui se continue sur le bord du doigt mobile. Le bord inférieur du mème article est régulièrement convexe vers le bas; dans sa moitié antérieure, il est arrondi, quoique indiqué par une rangée de denticules beaucoup plus faibles. D'autres denticules subsériés occupent la face externe un peu renflée du propodile, avec des poils un peu plus courts que ceux du carpe. Le doigt mobile est plus court que la portion palmaire ; il présente, sur sa face externe, quelques denticules aigus et, sur son bord interne, deux dents subaiguës entre lesquelles vient s’intercaler celle du doigt immobile. — Le méropodile présente une série de % où 5 longues spinules sur son bord inféro-externe, deux rangées de 4 ou » denticules aigus sur sa face externe et deux autres sur le propodite (une sur le milieu saillant de cet article, une autre, beaucoup moins nette, sur son bord inférieur arrondi). On trouve, en outre, quelques denticules obtus sur la face interne du même article, au voisinage du bord inférieur; enfin, des poils longs et épars se trouvent sur les diverses parties de l’appendice.
Les pattes ambulatoires paraissent un peu plus courtes que celles du C. megalops; elles sont aussi plus fortes, plus abondamment et plus
longuement poilues sur les bords. Les doigts sont relativement hauts ;
ils sont onguiculés et armés, sur le bord inférieur, de huit à dix soies raides et mobiles. Les pattes de la première paire présentent un faible denticule en avant, sur le bord inférieur du méropodite et sur le bord supérieur du carpe, ainsi qu'une spinule mobile médiocre à l'extrémité antérieure du bord inférieur du propodite.
Les pattes de la 4 paire sont peu poilues et portent une longue ràpe unisériée. Celles de la 5° paire ont une râpe assez grande et se font remarquer surtout par le grand développement en longueur du tube sexuel droit. Tandis que, dans les deux espèces précédentes, ce tube sexuel est large et atteint seulement le milieu ou l'extrémité de la hanche du côté gauche, il est plus grêle ici, passe en arrière de cette hanche, la dépasse et se recourbe en avant du côté gauche. Le tube sexuel gauche n’est point conique, mais tubulaire.
Nous n'avons vu que trois fausses pattes impaires dans le mâle; le ameau antérieur de ces appendices est fort allongé: le postérieur est beaucoup plus réduit. Le telson est grand et presque symétrique; il a deux échancrures latérales très nettes et une échancrure terminale aiguë.
La couleur générale, dans l'alcool, est le jaune-paille, qui devient jaune brun sur les fouets antennaires et, à un moindre degré, sur les pédoncules oculaires. Les épines et les denticules des pattes antérieures sont jaune rosé, ainsi qu'une partie des doigts des trois paires de pattes antérieures.
Hamirar, Variations. — Travailleur, 1882 : 3 août, n° 45, 1 200 mètres; Canaries : lat. N. 2857’, long. O0. 1537". Sable piqué de noir.
Un spécimen mâle dans une coquille de Turritelle. Les dimensions de cet exemplaire sont les suivantes :
BongueurtapproximatiVe dUNCOrps. eee ne crecoerne 7,8 millim. —- CRAN NERE EE Ron occoocovadecooc 3,4 — — delaré2ion gastrique eee rec cree COR
Barseuridu bordfirontale 22200 PRE CEE TER EEE 1,8 —
Longueur des pédoncules oculaires..." "il LS), = = de la patte antérieure droite. ................ 7, — — — ambulatoire antérieure droite...... 95 —
l'rois autres spécimens màles ont été recueillis à Lanzarote, par 30 mètres de profondeur.
PAGURIDÆ. 215
ANAPAGURUS, Henderson.
Anapagurus ? dubius, Epw. et Bouv.
PI. XX VIII, fig. 1-8.
Le bouclier céphalo thoracique est orné d’un certain nombre de touffes de poils clairs qui paraissent occuper, surtout celles de la partie antérieure, une position constante. Les trois lobes frontaux sont subobtus et ornés chacun d'une très petite pointe; celui du milieu est le plus large et le plus saillant.
Les pédoneules oculaires sont assez courts, leur cornée est peu dilatée et faiblement échancrée en dessus et en arrière; on trouve plusieurs rangées transversales de poils sur les pédoncules en arrière de la cornée. Les écailles ophtalmiques sont longues, aciculées et munies, en dehors, d'une spinule rudimentaire. Les pédoncules antennaires et antennulaires sont très allongés: le second article de ces derniers déborde un peu la cornée en avant, le troisième dépasse Les pédoncules antennaires et se termine par quelques sotes très longues: le fouet antennulaire supérieur est un peu plus long que cet article; le fouet inférieur est plus court de moitié et ne compte que cinq articles. — Le premier article des pédoncules antennaires est un peu visible en dehors et se termine en ce point par une sorte d'épine; le second est muni d'un denticule aigu à l’angle interne de son bord supérieur et, en dehors, d'un prolongement acuminé qui dépasse l'extrémité de l’article suivant; ce dernier est armé en dedans et en avant d'un denticule; le # article n'atteint pas tout à fait le bord antérieur de la cornée; le 5, qui est de beaucoup le plus grand, se termine par un fouet très développé, qui dépasse longuement les pinces en avant, et dont la longueur est plus grande que celle du corps. L'acicule est grêle, peu arqué, frangé de longues soies en dedans et muni au bout d'une pointe aiguë; il atteint à peu près le milieu du dernier article pédonculaire.
Les pattes antérieures sont inégales et dissemblables, du reste toutes deux ornées, çà et là, de quelques soies longues ou courtes et à peu près
complètement inermes. Par sa forme allongée et par la courbe réguliè-
rement ovale de sa pince, la patte antérieure rappelle beaucoup celle des Catapaqurus: sur le bord inféro-externe du méropodite se voient, en avant, trois ou quatre denticules et, sur le bord inférieur de la pince, un léger liséré qui, en arrière, revient sur la face dorsale de celle-ci, et qu'on retrouve dans la plupart des Arapaqurus; tous les autres bords de l’appendice sont arrondis et dépourvus d’ornements en saillie. Sur le bord interne des doigts se trouvent deux dents, lune très forte, l’autre beaucoup moins développée. La patte antérieure gauche est encore moins armée que la précédente; c’est tout au plus si l’on voit une spinule sur le bord inféro-externe du méropodite et une petite dent sur le bord antérieur du carpe. Ce dernier article, de même que la main, présente tous les caractères normaux des Anapagurus et des Eupaqurus, la face supérieure du carpe étant horizontale et fort distincte, celle de la pince formant deux plans inclinés qui se rencontrent suivant une arête obtuse. Les doigts sont armés de fins denticules.
Les pattes ambulatoires sont longues, grèles, inermes et ornées d’un petit nombre de poils épars ; elles dépassent la grande pince de presque la longueur entière de leur doigt. Celui-ci est à peine arqué et porte sur son bord inférieur une rangée de soies raides, spinuliformes ; une soie pareille, mais plus forte, s'articule à l'extrémité antérieure du propodite. Le doigt des pattes ambulatoires postérieures est un peu plus long que celui des paltes précédentes et, dans ces dernières, le doigt du côté droit est plus long et relativement plus grèle que celui du côté gauche.
Le propodite des pattes suivantes ne présente qu’une rangée d’écailles.
La couleur de l'animal, dans l'alcool, est d’un jaune légèrement teinté
de rose.
Hanrrar. — Talisman, 1883 : 23 juillet, n° 103, 225 mètres; îles du Cap-Vert : au large de Ribeira. Sable, roches.
Deux femelles de même taille, lune avec des œufs assez gros el déjà très développés. La longueur de la grande patte antérieure est de 9 millimètres environ, celle du céphalothorax de 3 millimètres; la patte ambulatoire antérieure droite
a 11 millimètres.
Arrinirés. — Celle espèce n'étant représentée que par des femelles, il
PAGURIDÆ. 217
semble, au premier abord, qu'on doive la ranger dans l’un des six genres Catapaqgurus, Catapaqguroides, Cestopaqurus, Anapagurus, Spiropagurus et Eupagurus. Mais la patte antérieure ayant déjà la forme eupagurienne, les genres Cafapaqurus et Catapaquroides se trouvent éliminés ; les doigts des pattes ambulatoires étant longs et grèles, notre animal n’a d’analogies ni avec les Cesfopagurus ni avec le Catapagrroides aculifrons, qui ressemble à ce point de vue, comme à bien d’autres, au Cestopagurus Coutieri Bouv. La forme régulièrement ovalaire de la pince droite, lalongueur des doigts des pattes ambulatoires, des pédoncules antennaires et des pédoncules antennulaires éloignent notre espèce des Eupaqurus el la rapproche des Arapagurus ou des Spiropaqurus; mais la cornée étant peu dilatée, les pattes étant presque inermes et peu pilifères, les doigts des pattes ambulatoires n'ayant d’ailleurs presque pas subi d’inflexion, il y a lieu de l’éloigner des Sprropagurus et de la placer dans les Axapaqurus. Telle est notre conclusion: mais il est fort possible que la découverte des mâles ne vienne pas la confirmer, car le genre C'atapaquroides se fait remarquer par les variations considérables que présentent les appendices dans les diverses espèces quile constituent, et il se pourrait que notre espèce vint ajouter un terme de plus à la liste de ces varlalions.
L'Eupaqurus inermmis Chevr. et Bouv. a quelques analogies avec PA. dubius; mais ses pédoncules oculaires sont bien plus courts, ses écailles ophtalmiques sont très largement ovalaires, ses acicules antennaires sont fort réduits, ses pattes antérieures, enfin, sont bien plus courtes et
de forme assez différente.
Anapagurus lævis, W. THompsox.
PI NII he 91et0;
1843. Pagurus lœvis, W. Thompson, Æep. Brit. Assor. Ado. of Science, p.267.
1858. Eupagurus lævis, W. Sümpson, Proc. Acad. nat. Se. Philad., p.74
1886. Anapagurus lævis, J.-R. Henderson, Crust. Clyde, p.28, in Trans. nat. Hist. Soc. Glascote.
1892. Anapagurus lævis, Ed. Chevreux et E.-L. Bouvier, Hém. Soc. sool. de France, t. V, p. 8 (ubt syn.).
1894. Anapagurus lævis, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Aésult. des camp. scient. de l'« Hirondelle », fase. VU, p. 72, pl. XI, fig. 16-28.
(TALISMAN — Crustacés.)
1896. Anapagurus lævis. E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année, p. 152, fig. 31-32.
Hamirar, VariarioNs. — Travailleur, AS8T : 6 juillet, n° 9, #45 mètres; à quelques milles du cap Sicié près de Toulon : lat. N. 45°035", long. E. 3°22". Fond coralligène.
Trois individus, deux mâles et une femelle ovigère.
13 juillet, n° 19, 540 mètres; au large d'Ajaccio : lat. N. 4152745", long. E. 6855”. Fond coralligène.
Un male de pelite taille, et une femelle avec des œufs dans une coquille de Nasse.
15 juillet, n° 20, 70 mètres ; rade d’Ajaccio : lat. N. 415252”, long. E. 6°11"25”. Fond coralligène.
Deux exemplaires mâles; l’un de ces individus est de grande taille; il se fait remarquer par la saillie prononcée du bord supérieur du carpe, qui est très fortement denté, par le tubercule linéaire très accusé qui occupe la base de la main et par l'allongement du propodite.
Longueur de la région gastrique..." 3,6 millim. dela Mae EE er CUee (9) —
Hauteur:delarmaine: se APR nn CE 4,1 —
Rapport des deux dernières dimensions. ............ 2,2 —
16 juillet, n° 24, 50-60 mètres ; bouches de Bonifacio : lat. N. #1°22"15", long. E. 6°47'. Gravier, coraux.
Deux individus : un mâle sans sa coquille et un individu dans une coquille de Trochus.
150 mètres; golfe de Gascogne.
Un mäle et une femelle avec des œufs.
Travailleur, 882 : 13 juillet, n° 12, 550 mètres : au large de Barquero : lat. N. 44°6", long. O. 9°29°30”. Vase.
Un spécimen complèlement blanc, dans une coquille de 7rochus.
14 juillet, n° 12, 460 mètres; au large de Barquero : lat. N. 38%, long. O. 11°31’. Vase.
Deux spécimens femelles, l'un dans une coquille de Murexr, l'autre dépourvu de sa coquille.
Ce dernier présente les dimensions suivantes :
LonsueurtAUNICéphalD RO AX EE EEE TE EEE ER E TER 4,3 millim. — dédarésion gastrique "+." 2,6 — Longueur du carpe de la patte antérieure droite. ..... 3,8 — — de laimaine ses bre 6 — Hauteur AeNaAMAIN ee c-cr ce 3 — Rapport des deux dernières dimensions. ............. 2 — Longueur des pédoncules oculaires. .......,...... 22 — LarseurduibordMnon tal EEE PE CE TT EEE 17 —
PAGURIDÆ. 219
29 juillet, n°34, 112 mètres ; au large du cap Spartel : lat. N. 35°42’, long. O. 8°40': Sable, gravier.
Un individu male.
Talisman, 1883 : 6 juin, n° 2, 99 mètres: à quelques milles au $. du cap Saint-Vincent : lat. N. 39953", long. 0. 10°52°. Vase, coquilles.
Quatre individus dans des coquilles de Turritelle, d'autres sans coquille.
Un individu avec des écailles ophtalmiques très allongées.
6 juin, n°3, 106 mètres: à quelques milles au $. du cap Saint-Vincent : lat. N. 3653", long. O. 10°48". Vase, coquille.
Une quinzaine de spécimens presque lous mäles. Deux sont logés dans des coquilles de Turritelles, deux autres dans des coquilles de Nasse et un cinquième dans une coquille de Natice. Dans plusieurs de ces spécimens, les pédoncules antennulaires dépassent la cornée de la longueur presque entière de leur dernier article.
Nous attribuons à la même espèce, mais à une variété distincte que nous appellerons longispina, un très curieux spécimen mâle recueilli par le « Talisman », le 6 juin 1883, par 99 mètres de profondeur, dans le golfe de Cadix. L'épine qui termine ses écailles ophtalmiques est presque aussi longue que l’écaille elle-même et paraît continuer directement le bord libre de celle-ci: les deux pattes antérieures sont de loneueur égale; celle de droite reste grêle, courte et atteint à peine la base des doigts des pattes ambulatoires: sa pince n’est pas beaucoup plus large que le carpe; ce dernier est déprimé et uni sur la face externe près du bord supérieur, et présente quelques spinules assez fortes en dehors de cette dépression; enfin, on observe # ou » denticules sur le bord inféro-externe du méropodite. Les pattes ambulatoires se font remarquer par leurs doigts grèles et très allongés ; la spinule qui se trouve ordinairement sur le bord inférieur du méropodite de ces pattes, dans lA. lævis, est ici bien développée; d'ailleurs, on retrouve la saillie longitudinale caractéristique sur la face externe de la pince droite. — Si cet individu était isolé, on serait tenté de former pour lui une espèce spéciale, mais les très nombreux spécimens d'A. /ævis que nous avons eus sous les yeux nous ont permis d'observer toutes les transitions entre l’exemplaire précédent et les À. vis typiques.
DisrriBurion. — Cette espèce était signalée dans toutes les mers britanniques depuis les iles Shetland — sur la côte norvégienne depuis Havbanker(G.-0. Sars), — dans la Manche et sur les côtes françaises de
l'océan Atlantique. Les dragages du « Travailleur » et du « Talisman » l'ont fait connaître sur les côtes espagnoles de l'Océan, dans la Méditerranée (près de Toulon et en Corse), enfin au large des côtes du Maroc, près du cap Spartel. La « Melita » l’a trouvée bien plus au sud encore, entre le cap Blanc et Saint-Louis du Sénégal, par 17°12° de latitude nord.
C'est une espèce de profondeur moyenne; on la trouve depuis 20 mètres
jusqu'à 590 mètres de profondeur.
Anapagurus bicorniger, Epw. et Bouv. PI. XXV, fig. 14-22.
1892. Anapaqurus bicorniger, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat., 7001 sé Met NTI pe 2115 1896. Anapagurus bicorniger, E.-L. Bouvier, feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année, p. 152, fig. 30.
1899. Anapaqurus bicorniger, A. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de l« Hirondelle » (Supplément) ef de la « Princesse-Alice », fase. XTIT, p. 66.
Cetle espèce se fait remarquer par l’armalure de lanneau oculaire qui porte, en avant du front, deux saillies acuminées atteignant à peu près le milieu des écailles ophtalmiques: elle est, en outre, caractérisée par un dimorphisme sexuel très accentué, le méropodite de la patte antérieure droite du mâle étant orné, sur la face inférieure, d'une énorme saillie couverte de denticules acuminés, de granules grossiers el de longs poils. D'ailleurs, les affinités de cette espèce avec l'A. /ævis sont évidentes et se manifestent dans la présence d’un tubereule allongé, parfois rudimentaire chez la femelle, à la base de la main droite, près du tubercule articulaire.
La carapace ne diffère pas sensiblement de celle de l'A. kevis; à peine pileuse, fortement et largement échanerée en arrière, lisse en avant de la suture cervicale, elle se fait remarquer toutefois par le faible développement de sa partie médiane, qui s’avance beaucoup moins loin en avant que les dents latérales acuminées.
Les pédoncules oculaires sont courts et fortement dilatés en avant,
comme ceux de l'A. vis, mais ils sont plus étranglés au milieu, et
PAGURIDÆ. 221
leurs écailles ophtalmiques sont plutôt triangulaires qu'ovalaires. Les pédoncules antennulaires et antennaires sont d'ailleurs beaucoup plus longs et moins armés dans l'espèce qui nous occupe : la cornée n’atteint pas la base de l’article terminal des premiers, et elle dépasse à peine l'extrémité antérieure du pénultième article des seconds: l’acicule n’est pas deux fois recourbé et n'atteint pas, tant s’en faut, le milieu du dernier article des pédoncules antennaires: le prolongement externe du ? article de ce pédoncule est très peu allongé : enfin on n'observe pas de spinule à l'extrémité antérieure de Fantépénultième article. Le fouet antennaire est fort grèle et dépasse de beaucoup l'extrémité de la pince droite.
Les pattes antérieures ont très sensiblement la même forme et le même développement dans lesdeux espèces, mais l’armature etles ornements sont assez différents. Les granules sont beaucoup plus faibles et moins nombreux dans PA. hicorniger et, au bord inférieur de la main droite, ne forment qu'une rangée longitudinale à peine perceptible : les denticules aigus du bord supérieur du carpe sont très inégaux et fort peu saillants, mais les granules de la face externe du même article sont assez accentués et ont une tendance à se grouper en lignes transversales irrégulières. Le méropodite est armé de trois ou quatre spinules sur le bord inféro-externe : le bord inféro-interne ne présente rien de particulier chez la femelle, mais il est occupé, chez le mâle, par l'énorme tubercule dont nous avons parlé plus haut. Les dents qui ornent le bord interne des pinces sont armées de denticules saillants et inégaux, plus prononcés dans le mâle que dans la femelle ; l'extrémité terminale du doigt mobile est fortement recourbée. L'armature épineuse de la patte gauche est très réduite; deux rangées de spinules à peine indiquées occupent la face supérieure du carpe, mais on trouve cependant deux denticules aigus en dessus, sur le bord antérieur du méropodite.
Les pattes ambulatoires sont longues, étroites, inermes el se terminent par des doigts plus grèles, plus longs et moins arqués que ceux de l'A. /œvis; on voit quelques soies près de extrémité terminale faiblement onguiculée des doigts de ces appendices.
Les pattes de la #°et de la 5° paire ne présentent rien de particulier.
Les fausses pattes abdominales ont deux rameaux inégaux bien déve-
loppés qui se retrouvent, avec une inégalité moins grande, chez la femelle. Comme dans la plupart des espèces d’Anapaqurus, sinon dans toutes, la saillie columellaire située en dessous, à la base de l'abdomen, est rétrécie en pointe et très allongée. Le telson présente une profonde échancrure terminale anguleuse, dont les côtés sont munis en arrière d'un ou deux denticules.
Les branchies et les appendices buccaux sont absolument semblables à ceux des autres Azapaqurus; les mâchoires de la première paire se font remarquer toutefois par l'allongement extrême de leur exopodite.
Couleur générale blanchâtre, dans lalcool,
Harmrrar, Variarions. — T'alisman, 1883 : 6 juin, n° #, IIS mètres: à quelques milles au S. du cap Saint-Vincent : lat. N. 3653", long. 0. 10°4%. Vase, coquilles. Quatre mâles et huit femelles avec des œufs. Certains spécimens sont logés dans des coquilles de Turritelle. Les pattes antérieures sont un peu moins fortes et les
mains sont un peu moins longues dans les femelles. Voici les dimensions d'un mâle.
Mongueurduicéphalothorax eee PER PEER PRE PCT 3,9 millim, — delatnémionteastriquen er cer re re 1,9 —
Parseunduirontee CARPE TE TPE LE One ee ne ——
Longueur des pédoncules oculaires 15 — — de la patte antérieure droite.............. on —
6 juin, n°3, 106 mètres; à quelques milles au S. du cap Saint-Vincent : lat. NX. 3653, long. O. 10°48". Vase, coquilles.
Trois femelles et cinq mâles, plus un spécimen mäle de grande taille. La pince droite est allongée, un peu infléchie vers le bas et ses doigts, qui se croisent comme dans les exemplaires normaux, ne sont pas tout à fait en contact sur le bord interne. Outre le tube sexuel arqué du côté gauche, on voit une courte saillie tubulaire à l'orilice génital droit. Dans un autre exemplaire mâle, le tubereule du méropodite est tout à fait rudimentaire.
6 juin, n° 2, 99 mètres; à quelques milles au S. du cap Saint-Vincent solfe de Cadix) : lat. N. 3653", long. O. 10°52". Vase, coquilles.
Six individus : cinq femelles et un mäle. Un des spécimens est logé dans une coquille de Turritelle.
AreniTés. — L’A. hicorniger rappelle, jusqu'à un certain point, les Diogenes par l'armature épineuse de l'anneau ophtalmique; mais nous observons ici, au lieu d’une seule épine articulée, deux épines qui font
corps avec l'anneau. Il se fait en outre remarquer par la position de
PAGURIDÆ. 223 la patte antérieure droite, dont les doigts se meuvent dans un plan légèrement oblique par rapport à l'horizontale.
C'est, en un mot, une espèce génériquement un peu aberrante, mais dont les affinités spécifiques avec l'A, vis sont assez prononcées.
Disrrigurion. — Ce Pagurien habite le golfe de Cadix par 100 mètres environ de profondeur.
Anapagurus brevicarpus, Epw. el Bouv.
PI. XXV, fig. 23-26, et XX VIIL fig. 11.
1892. Anapagurus brevicarpus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat. 2001 Sér- 1, XII p.219!
1896. Anapagurus brevicarpus, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année, p. 153, fig. 38 et 39.
1899. Anapagurus brevicarpus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, /tésult. des camp. scient. de l «Hirondelle » (supplément) et de La « Princesse-Alire », fase. XII, p. 67.
Cette espèce tient le milieu entre VA. levis etPA. Hyndmanni; elle se rapproche de la première par les dimensions relatives des appendices céphaliques et par une partie des ornements des pinces antérieures, de la seconde par la forme des pédoncules oculaires, des pattes ambulatoires, de la patte antérieure droite, et par une partie des ornements de la pince de cette patte.
La carapace esttrès dilatée au niveau des aires branchiales, et beaucoup plus courte en arrière qu'en avant de la suture cervicale. Le front est le même que dans les A. levis et AHyndmanni, en ce sens que ses dents latérales sont acuminées et un peu plus proéminentes que la saillie médiane arrondie. Les écailles ophtalmiques ont une épine subterminale dans les trois espèces; les pédoncules oculaires sont peu dilatés en avant, comme dans l'A. Æyndmanni:; ils présentent, par rapport aux autres appendices céphaliques, les mêmes dimensions relatives que ceux de PA. lœvis. La cornée dépasse un peu la base de Particle terminal des pédoncules antennulaires et n’atteint pas tout à fait l'extrémité des pédoncules antennaires. On sait que, dans l'A. Æyndmanni, les pédoncules oculaires
n'atteignent pas la base de l’article terminal des pédoncules antennulaires,
qui est d’ailleurs très allongé. Au reste, les spinules des pédoncules antennaires sont les mêmes dans les trois espèces.
Le carpe de la patte antérieure droite, qui est beaucoup plus long que le méropodite et que la portion palmaire du propodite dans les À. Zæves et Hyndmanni, estau contraire à peine plus long que le méropodite dans l'espèce qui nous occupe, et plus court que la portion palmaire du propodite; au lieu des nombreuses épines qui ornent son bord dans les deux premières espèces, on n’en trouve que quatre dans l’A. brevicarpus. La main est plus largement et plus régulièrement ovalaire que celle de l'A. Hiyndmanni, mais elle présente, comme dans cette dernière espèce, une rangée marginale inférieure (externe) de denticules et, comme dans
l'A. vis, un fort tubereule à sa base, un peu en avant du tubercule
Ê articulaire supérieur.
On trouve des granules sur la face externe du carpe et du propodite dans les trois espèces, mais ces granules sont beaucoup plus rares et beaucoup moins forts dans VA. brevicarpus. La patte antérieure gauche a sensiblement la mème forme et les mèmes ornements dans PA. Æyndmanni et dans PA. Zevis: la main est plus courte, moins grèle que dans ce dernier et l'on observe quatre fortes spinules sur le bord inféroexterne du méropodite.
Toutes les pattes ambulatoires ont le carpe inerme sur le bord supérieur et, par conséquent, dépourvu de la spinule antérieure de l'A. Hyndmanni, ainsi que de la rangée supérieure des denticules aigus de l'A. vis. Les doigts ressemblent beaucoup à ceux de l'A. Hyndmanni, mais ils sont un peu plus courts et plus hauts et ils dépassent de très peu la longueur du propodite.
La râpe des pattes de la 4° paire est composée d’écailles raboteuses, assez étroites, qui ne ressemblent pas aux écailles larges et arrondies ou subtronquées de l'A. /ævis et de VA. Hyndmanni.
L'échancrure du telson ressemble beaucoup à celle de PA. Zevis, mais n’atteint jamais la profondeur remarquable qu’on lui voit dans l'A. Hynudmann.
Haurrar. — Travailleur, 1882 : 9 juillet, n° 5, 170 mètres; au nord de l'Espagne : lat. N 43°59', long. O 8°59'. Vase.
PAGURIDÆ. 995
Un spécimen femelle dans une coquille recouverte par une Eponge.
Longueur du céphalothorax..............,........... 3,3 millim. — de la région gastrique.................... 2,2 —
Largeur du front..................... EP ee Lu —
Longueur des pédoncules oculaires. ................. 1,6 — — de la patte antérieure droite. ............ 1 ON — — HUPCAP DER ce M De Po —- de la portion palmaire du propodite....... Lo
Talisman, 1885 : 13 juillet, n° 90, 135-250 mètres; au nord du bane d'Arguin côtes du Sahara) : lat. N. 2151", long. 0. 19948". Sable vasard verdätre.
Une femelle un peu plus pelite que la précédente, avec des œufs qui mesurent de 6 à Tdixièmes de millimètre. Poils un peu plus abondants que dans le spécimen précédent.
DisrriBurioN. — En dehors des localités précédentes, celte espèce a été capturée par P« Hirondelle » aux Acores. Elle habite par des fonds compris entre »0 et 250 mètres.
Anapagurus curvidactylus, CHevreux el Bouvier.
1892, Anapagurus curvidactylus, E. Chevreux el E.-L. Bouvier, H/ém. Soc. s00!. de France, t. V, p. 91, pl. XI, fig. 2:8.
1892. Anapagurus curvidactylus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat. Zool., sér. 7, t. XIII, p. 214.
1896. Anapagurus curvidactylus, E.-L. Bouvier, Feuilles des Jeunes Nalturalistes,
26° année, p. 152, fig. 33 et 34.
Hamrrar, Vamiarioxs. — Un magnifique spécimen, beaucoup plus grand que ceux recueillis par la Helita, à 66 dragué par le Fravailleur, au large de Barquero, en 1882, vers 200 mètres de profondeur. Voici les dimensions de cet exemplaire :
Longueur approximative du corps.................... 16 millim. —— AUCeDhAlO Or re ee 5,5 —
PARAEUTAAUMRONES ES 20e ete. .: eco 3,2 —
Longueur des pédoncules oculaires................... 2,2 — — de la patte antérieure droite............... 175 — — — PAUCRE: 2: 4.0 9,2 — — du carpe de la patte antérieure droite. ...... DT — — dela... .ve--pc-ecce fi —
Dans cet exemplaire, la main droite est relativement plus large que dans le type, les doigts sont granuleux jusqu'à l'extrémité antérieure et peu recourbés en dehors. Les doigts des paltes ambulatoires sont encore plus hauts et plus fortement canaliculés que dans les spécimens typiques; ils ne sont pas beaucoup plus
at
longs que le propodite el sont très nettement acuminés. Ces variations sont certainement dues à l'âge. Les pattes antérieures sont d’un blanc rosé, le reste du corps est blanc jaunâtre avec des aires plus foncées sur les pattes ambulatoires.
Disrrieuriox. — Cette espèce a été trouvée par la € Melita » à Dakar et à Gorée, aux faibles profondeurs de 8 à 15 mètres, mais elle peut s'étendre beaucoup plus au nord, comme le prouve le spécimen ci-dessus qui à été recueilli par le « Travailleur » au large des côtes septen-
trionales de l'Espagne.
EUPAGURUS, Brandt.
1° Espèces dont les males ont des fausses patlles impaires sur les segments abdominaux 2 à 5.
Eupagurus sculptimanus, Lucas.
1849, Pagurus sculplimanus, Lucas. Æxpl. scient. de l'Algérie, Zool., 1, Crust., p. 32, pl. I, fig. G.
IR5S. £upagurus sculplimanus, Sümpson, Proc. Acad. nat. Se. Philadelphie, p. 74. 1892. ÆEupagurus sculptimanus. Ed. Chevreux et E.-L. Bouvier, HMém. Soc. sool. de France, t. V, p.22, pl. IT, fig. 18-20 (ubisyn.). 1896. £upagurus sculplimanus, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naluralistes, 26° année, p. 128, fig. 13.
Hamrar, Variations. — Travailleur, 1882 : 9 août, 100 à 150 mètres : Desertas.
Cinq exemplaires dont la patte ambulatoire postérieure gauche présente en arrière une particularité assez remarquable : dans la moitié terminale du propodite et sur presque toute la longueur du doigt, on observe des granulations nombreuses el très déprimées qui donnent à la surface un aspect rugueux très différent du reste de la surface qui est polie.
10 août, 100 mètres; Madère (îles Desertas) : lat. N. 32°38", long. O. 18955". Corail, roche.
Trois mâles.
Talisman, 1883 : 28 juin, n° 55, 182 mètres, Canaries : lat. N. 28°49', long. O. 1613". Sable et roches. |
Un spécimen male, semblable aux précédents, mais un peu plus grand. Toutes les granulalions des pinces sont très saillantes et les Ltubercules deviennent presque épineux.
Disrrigurion. — Celle espèce, qu'on croyait jusqu'ici localisée dans la Méditerranée, s'étend en réalité vers le sud jusqu’à Gorée, où elle a été
recueillie par la « Melita ». Elle peut être côtière et descendre jusqu'à 150 mètres de profondeur.
PAGURIDÆ. 227
Eupagurus cuanensis, TrHomupsox.
PI XX VIII, fie. 19-20.
1843. Pagurus cuanensis, W. Thompson, ep. brit. Assor. Advance. Srience, p. 267.
1857. Bernhardus cuanensis, Kinahan, Zoologist, p. 5771.
1858. Eupagurus cuanensis, Stimpson, Proc. Acad. nat. Se. Philadelphie, p. T5.
1892. £upaqurus cuanensis, Ed. Chevreux et E.-L. Bouvier, Hém. Soc. sool. de Franre. BND 97 naltne 101
1896. £upagurus cuanensis, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes N'aturalistes, 26° année. p. 150, fig. 19.
1849. Pagurus spinimanus, Lucas, £rpl. scient. de l'Algérie, Zoo! 1, Crust., p. 29, pl. II, fig. 3.
1863. Eupaqurus Lucasi. Heller, Crust. südl. Europa, p.163, pl V, fig. 10.
Hapirar, Variarioxs. — Travailleur, YSST : 16 juillet, n° 2%, 50-60 mètres : Bonifacio.
Un exemplaire douteux, avec un Pelloquster.
Travailleur, 1882 : n° 47, 4 août, SO mètres: Lanzarote.
Un spécimen femelle, de moyenne taille, adulle, mais dépourvu d'œufs. La coloration à en partie disparu dans lalcool, mais on distingue les anneaux des fouets antennaires. Le spécimen est {très normal; toutefois, on peul y relever les variations suivantes : 1° les pédoncules oculaires ne sont pas sensiblement infléchis en dehors; 2° les seules lignes de Tubercules qui s'observent dans la main sont celles qui s'observent bien développées dans le type, les tubercules intermédiaires sont à peine saillants; 3° sur la face inférieure du méropodite de la patte antérieure droite, il n'y a pas plusieurs tubercules groupés, on n'en trouve qu'un seul.
Dans une mission qu'il a remplie dans le golfe de Gascogne, en 1890, M. Georges Roché a recueilli deux individus de celte espèce, une femelle par le travers de Mimizan, à 92 mètres de profondeur, el un mâle à T2 mètres. Ces deux exemplaires sont dépourvus d'épines cornées sur les doigts des pattes ambulatoires; le male habite une coquille de Chenopus recouverte par une colonie de Polype actiniaire, la Palythoa arenacea Delle Chiaye.
Disrriguriox. — Comme l’a montré l'étude des Paguriens de la « Melita », l'E. Lucasi n’est autre que le représentant méditerranéen de £Æ. cuanensis. Cette espèce s'étend dès lors dans toutes les mers européennes, depuis les îles Shetland et les environs de Bergen jusqu'aux iles Canaries. Ainsi que l’un de nous l'a observé, celte espèce découvre aux marées ordinaires dans les pares à huîtres de Saint-Vaast; elle peut, d’ailleurs,
descendre jusqu’à une profondeur de 90 mètres (M. Roché).
Eupagurus excavatus, HErBsT.
PI. XXVI, fig. 1-3.
CO
1796. Cancer excavatus, Herbst, Arabben und Krebse, EL, p. 31, pl. XXE, fig. :
1801. Pagurus excavatus, Bose, Hist. nat. des Crust., LE, p.78.
1881? Zupagurus excavatus, Miers, Ann. and. Mag. nat. Hist., sér. 5, t. VII, p. 280.
1896. Æupagurus excavatus, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Nalturalistes, 26° année, p- 128, fig. 15.
1899. Æupagurus excavatus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Aésult. des camp. scient. de © « Hirondelle » (supplément) e{ de la « Princesse-Alice », fase. XIIT, p. 69.
1S16. Pagurus angulatus, À. Risso, ist. nat. Crust. Nice. p. 58, pl I, fig. 8.
1858. £upagurus angulatus. W. Sümpson, Proc. Acad, nat. Sc. Philadelphie, p. T5.
1894. Zupagurus angulatus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de © « Hirondelle », fase. VIT, p. 76 (bi syn.).
L'Eupaqurus excavatus iypique se caractérise par les deux excavations profondes, et ordinairement tout à fait unies, qui sont creusées dans le propodite de la patte antérieure droite et qui sont limitées par trois carènes (une médiane et deux marginales) hautes et tranchantes. Le doigt mobile est aussi excavé en dessus. La carène de la main gauche est
toujours unie et tranchante.
Hamrrar, Variations. — T'alisman, 1883 :9 juin, n°5, 60 mètres; baie de Cadix : lat. N. 36°26, long. O. 10°44". Vase et coquilles.
Deux spécimens mâles de moyenne taille (longueur du céphalothorax : # millim.) et tout à fait typiques. Une femelle plus grande, à pince droite profondément excavée, mais déjà granuleuse sur la carène médiane. Un mâle plus grand encore, à pince droite plus étroite et moins profondément excavée; les carènes, et notamment la carène médiane, sont plus obluses que dans les types normaux et sont ornées de granulations ; il y a aussi des granulations plus fines dans les parties excavées. Ce spécimen établit la transition vers la variété meticulosus ; toutefois, la carène de la main gauche est toujours haute et tranchante.
M. Georges Roché a recueilli plusieurs exemplaires de la forme typique dans le golfe de Gascogne par 75-84 mètres de profondeur.
Eupagurus excavatus, var. meticulosus, Roux.
1829. Pagurus metliculosus, Roux, Crust. de la Méditerranée, pl. XLIT. 1863. Eupagurus meticulosus, G. Heller, Crust. südl. Europa, p. 167 (ubi syn.). Cette variété se distingue essentiellement de l'espèce typique par sa pince droite moins profondément excavée. Les concavités de cette pince
PAGURIDÆ. 229
sont plus ou moins rugueuses ou granuleuses dans une partie de leur étendue et notamment en arrière; les trois carènes sont médiocres, épaisses, obtuses et granuleuses sur les bords, surtout celle du milieu. La carène médiane de la main gauche est toujours un peu obtuse et granuleuse; quant au bord inférieur de la mème main, il est peu étalé et beaucoup moins tranchant que dans l'espèce typique.
Du reste, cette variété passe au {ype par un grand nombre d’intermédiaires.
Hawrrar, Variarions, — Travailleur, 1882 : n° 3%, 102 mètres: au large de Tanger : lat. N. 35°42", long. O. 8°40". Sable, gravier. |
Un mâle normal.
Talisman, 1883 : 6 juin, n° 2, 99 mètres: golfe de Cadix : lat. N. 3653", long. 0. 1052". Vase, coquilles. ji
Sept spécimens des deux sexes, de moyenne el de pelite taille.
6 juin, n° 3, 106 mètres; golfe de Cadix : lat, N. 36534", long. 0. 10°48". Vase, coquilles.
Trois màles et deux femelles.
9 juin, n° 5, 60 mètres; golfe de Cadix : lat. N. 36°26", long. O. 8°47. Vase, coquilles.
Un mäle d'assez grande taille dans une coquille de Carcellaire recouverte par des Hydractinies. Dans ce spécimen s'exagèrent singulièrement fous les caractères de la variété : les concavités de Ta pince droite sont {rès faibles, granuleuses : les carènes marginales sont denticulées el Ta carène médiane, très arrondie, est couverte de fortes granulations. Le bord inférieur de Ta main gauche est à peine indiqué et la carène quioceupe le milieu de sa main est peu saillante et denticulée sur toute sa longueur.
Un autre male de même taille rappelle le {pe par la profondeur des excavalions de sa pince droite, la variété par la forme de la pince gauche.
15 juin, n° 23, 120 mètres; cap Mazaghan : lat. N. 3316’, long. 0:41. Roches, coquilles.
Un spécimen femelle dont les orifices génitaux commencent à être indiqués. Longueur du céphalothorax : 6 millimètres.
M. Georges Roché à recueilli neuf exemplaires de la variété dans le golfe de
Gascogne, entre 72 et 105 mètres de profondeur.
DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE DE L'ESPÈCE ET DE SA VARIÉTÉ, — Si les spécimens signalés par Miers sur la côte de Sénégambie appartiennent bien à l'espèce qui nous occupe, l'Æ. excavalus se rencontre depuis les îles Shetland (Norman) (1) el la côte orientale de Norway (G.-0. Sars)
(1) M. G.-0. Sars le signale même jusqu'à 63°10° de latitude N., c'est-à-dire environ sous le parallèle de Drontheim, qui passe entre les îles Féroë et l'Islande.
jusqu'à la côte sénégalienne. Il est commun dans le golfe de Gascogne, sur les côtes d'Espagne et se rencontre également dans la Méditerranée où on l’a signalé jusqu'en Grèce (à Navarin et à Astros) (Guérin) et sur la côte algérienne (Lucas).
Si l’on tient compte des données bathymétriques indiquées jusqu'ici, il paraît se tenir à des profondeurs moyennes, et peut atteindre des profondeurs de 400 mètres («Caudan ») environ. Heller l’a signalé à 40 mètres sur les côtes de l'Atlantique, mais nous ne pensons pas qu'il se rapproche beaucoup plus des côtes, et c’est sans doute la raison pour laquelle il est peu probable qu'on le rencontre jamais dans la Manche. Toutefois, Guérin l’a signalé sur la plage, à Astros.
L'espèce typique, désignée par beaucoup d'auteurs sous le nom d'E.angulatus,ne parait pas remonter vers le nord aussi loin que la var. meticulosus, mais il est difficile de donner à cette observation une forme absolue, beaucoup d'auteurs ayant négligé de distinguer la variété de l'espèce typique.
2 Espèces dont les mâles n'ont de fausses palles impaires que sur les segments
abdominaux 3 à 5.
Eupagurus variabilis, Epw. el Bouv.
PI XXVI, fig. 4-12.
1892. Eupagurus variabilis, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat., Zo01. 1) it XI P- 217-218.
1896. £upagurus variabilis, E.-L. Bouvier, feuille des Jeunes Naturalistes. 26° année, p. 128, fig. 18.
1896. £upagurus variabilis, W.-T. Calman, 7ransact. Roy. rish Acad., vol. XXXI, Part. I, p. 4.
1897. Eupagurus variabilis, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Bull. Soc. 500. de France, it. XXII, p. 168-172.
1899, £upagurus variabilis, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, ARésull. des camp. scient. de EF « Hirondelle » (supplément) et de la « Princesse-Alice », fase. XII, p. 67.
Ce Pagure doit son nom à la forme très variable que présente sa patte antérieure droite ; nous donnerons d’abord la description d’un individu présentant des caractères nettement accusés, et nous suivrons ensuite les modifications de ces caractères jusqu'à un type très voisin de celui
de l'Æ, excavatus.
PAGURIDÆ. 231
La carapace, plus longue en avant qu'en arrière de la suture cervicale, est assez dilatée el ornée de quelques longs poils au niveau des régions branchiales; elle est à peu près complètement lisse sur la région gasrique, lisse également à droite et à gauche de cette région, mais ornée de dépressions irrégulières et d'un petit nombre de courts poils. La région cardiaque s’élargit d'avant en arrière et la région gastrique se délimite très nettement sur les côtés. La saillie médiane frontale est arrondie, peu proéminente el ornée d'une {oulfe de soies; les dents latérales sont plus fortes, triangulaires, acuminées et séparées des parties latérales de la carapace par un bord frontal très peu arqué.
Les écailles ophtalmiques sont écartées sur la ligne médiane et laissent largement à découvert l’anneau qui les porte; elles sont médiocres, ovalaires, munies en avant d’une forte spinule à implantation subterminale et ventrale, enfin ornées de quelques poils sur le bord interne. Les pédoncules oculaires sont à peine plus longs que la distance qui sépare les dents latérales frontales: ils sont sensiblement comprimés du côté supéro-interne, et très dilatés au niveau de la cornée qui dépasse en largeur la moitié de la longueur des pédoncules. La cornée est, en outre, plutôt longue, mais fortement échancrée à son bord supérieur et poslérieur; dans l’échancrure se trouve un faisceau de soies médiocres et. plus en arrière, quelques autres faisceaux inégalement développés.
Le dernier article des pédoncules antennulaires est beaucoup plus long que le précédent et à peine plus court que le fouet terminal supérieur ; il présente, du côté dorsal, # ou à faisceaux de soies assez longues, et s'articule avec Le pénultième article à peu près au niveau du bord antérieur de la cornée. Le fouet antennulaire inférieur commence par un long article suivi d’une dizaine d’autres ; ces derniers sont ornés de soies qui sont plus longues que la longueur des articles.
Le premier article des pédoncules antennaires est étroitement découvert du côté dorsal et armé, sur le bord externe, d’une légère spinule. La partie basilaire de l’article suivant est moins longue que large, armée d’une forte spinule à l'angle antéro-interne et d’un prolongement externe acuminé qui dépasse un peu la base du dernier article pédoneulaire ; elle présente, sur son bord supérieur, une série de 8 à 10 fins
denticules aigus. L'acicule dessine une double courbure vague; il est orné de poils sur son bord interne el atteint presque l'extrémité antérieure du dernier article. On trouve aussi de longues soies sur le 3° article, qui est armé en avant d’une spinule ; les deux articles suivants sont inermes el peu poilus, et le dernier dépasse le bord antérieur de la cornée de la moitié environ de sa longueur. Le fouet terminal se prolonge un peu au delà des pinces étendues; ses articles sont médiocrement longs el ornés çà et là de quelques soies qui atteignent sensiblement la longueur des articles.
La patte antérieure droite a des dimensions modérées, aussi bien en longueur qu'en largeur. Le méropodite est trigone; sa face interne est lisse et à peu près plane ; sa face inférieure présente des tubercules isolés, obtus et très saillants; sa face externe, qui est plutôt convexe, montre, dans sa moitié supérieure, des saillies transversales dont le bord antérieur est découpé en lobes. Le bord supérieur obtus du méropodite présente aussi des saillies; son bord antérieur est armé d'une dizaine de dents aiguës d'autant plus fortes qu'on se rapproche davantage du côté interne ; on trouve trois épines calcaires et une dent aiguë dans la partie antérieure du bord inféro-externe, et une rangée de denticules oblus au bord inféro-interne. Des poils courts, assez nombreux, s’observent sur la face interne, entre les tubercules, et se retrouvent en moins grand nombre sur le bord antérieur des saillies externes du méropodite. — Le carpe égale en longueur le méropodite et se dilate progressivement de la base à l'extrémité. Sa face externe est armée de dents aiguës qui deviennent plus fortes, mais beaucoup moins nombreuses, au voisinage du bord supérieur, lequel est occupé par une rangée irrégulière de dix ou onze dents spiniformes et puissantes. La base de l’article est lisse et nue, mais on trouve des poils médiocres et assez nombreux sur tout le reste de la surface. Les dents disparaissent au voisinage du bord antérieur, qui est séparé du reste de la face externe par une dépression transversale; on y voit néanmoins trois ou quatre dents aiguës inégales à quelque distance du bord supérieur. Les autres faces du carpe sont ornées de tubercules oblus, en plus ou moins grand nombre, et de poils
courts situés entre ces tubercules. On voit une forte épine calcaire et un
PAGURIDÆ 233 ou deux denticules aigus au voisinage du point où le carpe se met en relation avec le tubereule articulaire inférieur de la main. — La pince est plutôt triangulaire qu'ovalaire. Le bord externe du propodite est armé d'une série de forts denticules sub-obtus et présente ceci de particulier qu'il est débordé, surtout au voisinage du carpe, par la face inférieure, qui est plus développée que lui du côté externe, et qui présente en cette région des denticules un peu plus petits et plus aigus. On en peut dire autant du bord interne du propodite qui est occupé par des denticules non sériés, assez semblables à ceux du bord externe ; en effet, en dehors de ce bord (qui est très peu saillant dans le spécimen que nous étudions), se voit une rangée assez régulière de denticules semblables, rangée qui est séparée du bord externe par une surface inerme et qui appartient en réalité à la face interne. La face externe de la main est convexe, surtout au niveau d’une ligne longitudinale qui occupe à peu près le milieu de la portion palmaire et qui atteint le doigt immobile ; suivant cette ligne, les denticules obtus qui ornent la face externe deviennent un peu plus forts et plus nombreux, mais ils se réduisent en nombre et en volume, et passent à l’état de tubereules dans la surface moins saillante qui sépare, sur la région palmaire, la ligne convexe longitudinale des deux bords de la main. La surface inférieure de la main est ornée de faibles saillies pileuses qui deviennent plus fortes au voisinage des bordset qui passent aux denticules dont nous avons parlé. Le doigt mobile est couvert partout, sauf au voisinage du bord interne, de denticules obtus semblables à ceux de la main; comme le doigt immobile, il est dépourvu d'ongle terminal et armé, sur le bord interne, d'une dent'triangulaire et de plusieurs lobes dentiformes plus petits. Les poils font presque complètement défaut sur la face externe de la main, sauf au voisinage du bord interne des doigts où ils constiluent plusieurs groupes de faisceaux. Les doigts laissent entre eux un hiatus assez sensible, mais se croisent à l'extrémité: ils égalent en longueur la portion palmaire du propodite et, comme cette dernière, sont plus courts que le carpe. On trouve un fort denticule plus ou moins aigu sur chacun des tubercules qui rattachent la main
au carpe.
La patte antérieure gauche est beaucoup plus réduite que la droite et
(TALISMAN. — Cruslacés.) 50
n’atteint pas la base des doigts de cette dernière. Les ornements du méropodite ne varient pas sensiblement ‘dans les deux pinces, mais on ne trouve plus que trois dents aiguës au bord supérieur et antérieur de cet article. Le carpe est occupé par une carène longitudinale surmontée d'épines et de denticules épineux; en dedans de cette carène se trouve une aire inerme limitée en dedans par une série de denticules plus petits. Il y a également sur le milieu de la face externe de la main une carène longitudinale armée d’une rangée de denticules ; cette carène est surtout saillante sur la portion palmaire de la main, mais elle se prolonge, plus réduite, jusqu'à l'extrémité du doigt immobile. Une série de denticules oceupe le bord inférieur de la main, sauf au voisinage de sa base ; partout ailleurs, la main est inerme, lisse, et occupée (surtout dans la portion digitale) par des faisceaux de longs poils. Les doigts sont beaucoup plus longs que la portion palmaire du propodite ; croisés et onguiculés aux extrémités, ils présentent sur le bord interne de fins denticules cornés auxquels s'ajoutent, sur le doigt immobile, de petites saillies calcaires.
Les pattes ambulatoires dépassent très peu l'extrémité des pinces; elles sont comprimées latéralement, lisses el ornées sur les deux bords de poils longs, mais peu nombreux. Des spinules calcaires occupent le bord antérieur du carpe et du propodite; ces spinules sont très fortes sur les pattes ambulaloires de la première paire, qui présentent, en outre, une rangée de denticules sur le bord inférieur du méropodite. Les doigts sont plus longs que le propodite et s’atténuent régulièrement de la base à l'extrémité: ils sont arqués, faiblement onguiculés et ornés au moins de quatre séries longitudinales de faisceaux de poils.
Les pattes de la 4° paire sont assez nettement subchéliformes et munies, sur le propodite, d’une plage rugueuse mullisériée qui est longue, mais fort étroite. Le propodite des pattes de la 5° paire se dilate en avant et présente une plage rugueuse aussi large que sa surface externe, el un peu moins longue que la moitié de sa longueur.
Les pattes abdominales impaires du mâle sont au nombre de trois et se terminent, comme la 4° patte abdominale impaire de la femelle, par
deux rameaux très inégaux. Le 6° segment abdominal porte des appendices
PAGURIDÆ. 239
asymétriques ; il n'a pas de sillon longitudinal et son sillon transversal est en arrière du point médian. Le telson a de très faibles échancrures latérales et une dépression terminale peu prononcée, qui se continue par une incision. Les deux lobes postérieurs sont un peu asymétriques et denticulés en arrière,
Les lamelles branchiales de chaque rangée sont asymétriques et simples. Le lobe médian de la plaque sternale des pattes ambulatoires postérieures est armé de deux denticules aigus.
La couleur générale des animaux conservés dans l'alcool est blan-
châtre.
Hagrrar, Variations. — T'alisman, 1883 : $ juillet, n° 60, 610 mètres: devant le cap Bojador : lat. N. 26°20", long. O0. 1713". Sables, coquilles, coraux.
Un spécimen qui nous a servi de type pour la descriplion précédente et dont les dimensions sont les suivantes :
Longueur approximative du carpe, du rostre au telson. Al millim. = (UC AIOINONS Eee 13,9 — = delaresion gastrique... 7,7 —
PÉRSÉMMAUMLONt. 2 sre daethocen e. 7,5 —
Longueur des pédoneules oculaires. ............... 1,6 —
PAT EURAEMIACOENEC.. 2... ess ces ce 2,6 —
Longueur de la grande pale antérieure droite... 36 — = CU CATDE. esse oem. sec 10 — — HOMAMDINCO serre serum mec ecec ce 55e
Larseur maximum de la pince ...................... 9 —
Travailleur, 1880 : 6 juillet : n°7, 1107 mètres; au large de Santander : lat. N. 433530", long. O. 6°25°. Vase.
Une femelle avec des œufs; longueur du céphalothorax : 5 millimètres. Quatre autres exemplaires semblables.
Travailleur, 1882 : 6 juillet, n° 1, 56% mètres; cap Penas : lat. N. 44°7”, long. 0. 755". Sable, coquilles.
Six mâles.
6 juillet, n°2, 608 mètres; au N. de Gijon : lat. N. 445", long. O0. 7567. Sable.
Sept spécimens des deux sexes; lun d'eux logé dans une coquille recouverte par une colonie de Zoanthaires.
6 juillet, n° 3, 512 mètres; au N. de Gijon : lat. N. 44°4", long. O. 7°30. Sable.
Deux exemplaires de moyenne taille, avec des concavités assez prononcées sur
la face externe de la pince droite.
12 juillet, n° 8, 411 mètres: au nord de Barquero : lat. N. 44930", long. O0. 9°277. Sable, gravier.
Un male ayant à peu près la taille du spécimen décrit comme lype. Les conca-
vilés de la main droile ont atteint leur maximum et sont presque complètement unies. C'est, de tous les individus appartenant à cette espèce, celui qui est le plus modifié.
13 juillet, n° 12, 550 mètres; au nord de Barquero : lat. N. 446’, long. 0. 952930 "Roche.
Deux spécimens d'assez grande taille; lun d'eux logé dans une coquille recouverte par une Aclinie; tous deux à pince droite excavée, mais encore rugueuse.
19 juillet, n° 19, 1350 mètres; au large de Porto : lat. N. 41°32’, long. O. 11°49. Vase.
Un mâle et une femelle d'assez grande taille. Dans la femelle, tous les ornements en saillie s'exagèrent, on trouve des spinules sur le bord antérieur du sternum des pattes ambulaloires postérieures: la ligne longitudinale de la portion palmaire de la main droite devient nettement saillante et une concavité sépare cette ligne des deux bords.
30 juillet, n° 38, 634 mètres; cap Mazaghan : lat. N. 34°13", long. O. 10°4". Sable vasard.
Un mâle de petite taille.
30 juillet, n° 49; lat. N. 3411’, long. O. 9°59". Sable, gravier.
Un male et une femelle.
Talisman, 1883 : 10 juin, n°9,622 mètres; cap Spartel: lat. N. 3531", long. 0. 9°4".
Neuf spécimens des deux sexes: assez belle taille, caractères normaux, les femelles avec des œufs.
14 juin, n°18, 550 mètres; Maroc : lat. N. 3333", long. O. 11°19°. Vase el coraux.
Trois mâles et une femelle, Des concavités palmaires faibles chez l’un des mâles.
17 juin, n° 34, 836 mètres; au large du cap Cantin : lat. N. 32°27, long. 0. 12°15. Vase rouge.
Une femelle avec des œufs; longueur du céphalothorax : 7 millimètres: sternum des pattes ambulatoires postérieures inerme.
27 juin, n° 50, 927-978 mètres; parages des Canaries : lat. N. 2835", long. O. 15930". Vase jaune.
Un jeune.
8 juillet, n° 62, 782 mètres; cap Bojador : lat. N. 26°20’, long. 0. 1713", Sable, coquilles et coraux.
Un spécimen mäle dont le céphalothorax à 7 millimètres de longueur. Cet exemplaire est très normal, mais Loules ses saillies épineuses sont moins aiguës que dans le type, sauf toutefois celles du sternum des pattes ambulatoires postérieures,.
13 juillet, n° 89, 135-635 mètres: au sud du bane d'Arguin : lat. N. 2154, long. O0. 950". Sable vasard verdâtre.
Un mäle et une femelle.
13 juillet, n° 91, 115-140 mètres: au nord du banc d’Arguin : lat. N. 21°54/!, long. O. 9°48". Sable vasard verdâtre.
Un mäle de petite taille, et une femelle plus grande, avec des œufs: dans celleci, les pédoncules antennaires dépassent à peine les yeux et le lobe médian du sternum des pattes ambulatoires postérieures est mince, Teinte générale violacée.
PAGURIDÆ. 231 Outre les spécimens précédents qui passent, par Lous les degrés, de a forme typique à celle dont la‘pince droite est profondément excavée, nous devons signaler quelques individus, pour la plupart immatures et qui, en raison de ce fait, sont assez différents du type. LJ Travailleur, 1SS2 : 9 Juillet, n° 9, 170 mètres : Espagne : al. N. 439597, longe. O0. S°59/. Vase.
Un màle jeune, à ornements en saillie très peu développés el à pédoncules anten- Dr nPaS
de concavité bien nelle sur les pinces droites, mais ligne saillante longitudinale
Jr m
naires dépassant à peine les yeux. Longueur du céphalothorax : 1
de la portion palmaire assez accusée, n'est pas certain, toutefois, que ce spécimen appartienne à l'espèce qui nous occupe; il a quelque ressemblance avec FE. Prideuurt.
Talisman, ASS3 : 8 juillet, n°6%,355 mètres! cap Bojador: lat. N. 2617, long. 0. 1711". Sable, coquilles et coraux.
Une jeune femelle dont le céphalothorax à # millimètres de longueur: pédoncules antennaires plus courts que dans le {ÿpe, mais pince droite peu différente.
1% juin, n° 18, 550 mètres: Maroc, devant Mazaghan : lat. N. 3333", long. 0. [1°19". Vase et coraux.
Une jeune femelle à peine plus grande que lt précédente, mais plus fortement ornée, Dans une coquille de Dentale recouverte par une Actinie.
Cette espèce subit des variations de deux sortes : les unes relatives
l'âge, les autres à la forme de la pince droite.
me,
Les variations dues à l’âge sont les moins importantes. Les pédoneules oculaires des jeunes paraissent plus longs que ceux des adultes, les pédoncules antennaires sont plus courts et dépassent à peine les yeux, l'armature épineuse des pattes est moins puissante et les ornements en saillie du méropodite de la patte antérieure droite sont faibles ou nuls.
Les variations dans la forme de la pince droite sont bien plus considérables. Si nous partons du type normal, tel qu'il a été décrit plus haut, nous voyons la ligne longitudinale de la portion palmaire, ainsi que les bords de cette dernière, devenir de plus en plus saillants; en même temps, les deux concavités comprises entre ces trois parties, d'abord presque indistinetes, deviennent de plus en plus accusées; l’une d'elles, la supérieure, est localisée sur la portion palmaire, tandis que Pautre s'étend presque jusqu'à l'extrémité du doigt immobile; le développement de ces concavités marche de pair avec la réduction des ornements
en saillie de la face externe et l'extension de plus en plus faible, au delà
238 GRUSTACÉS.
des bords, de la face interne. On arrive ainsi facilement à l'état offert
« Travailleur » (n° 8) en 1882 : les deux
par l'individu dragué par le bords du propodite et la saillie longitudinale de la portion palmaire sont devenus des carènes très saillantes, amincies et plus ou moins denticulées, les concavités sont très profondes et ornées seulement de quelques sranules en arrière; le bord supérieur du doigt mobile se développe luimème en crète, surtout vers la base, et la carène médiane de la portion palmaire se prolonge, en s’atténuant, sur le borddentaire du doigt immobile. Enfin, le bord interne de la main dépasse sa face inférieure, et celle-ci ne déborde que de très peu, et seulement en arrière, le bord externe.
Arenirés. — Ce dernier spécimen, et ceux qui lui ressemblent le plus, présentent avec l’£. excavalus Var. meticulosus des analogies en apparence si grandes, qu'on serait tenté de les ranger dans la mème espèce. Nous sommes même portés à croire qu'un certain nombre d'individus dE. variabilis, à pince droile concave, ont dû ètre considérés comme des Æ. excavatus, tant sont grandes les analogies que nous signalons.
Hätons-nous d'ajouter, toutefois, qu'un examen attentif permettra toujours de distinguer rapidement les deux espèces, même quand elles se présentent l’une et l’autre avec des pinces profondément excavées.
Nous relevons ici leurs caractères distinctif les plus importants :
Eupagurus excavalus.
1° Quatre pattes abdominales impaires chez le mâle.
2° Pince gauche avec une carène médiane (rès saillante, au-dessous de laquelle se trouve loujours une excavation.
3° Au voisinage du bord supérieur du propodite, la face interne de la main droite est unie, granuleuse ou tuberculeuse Jjusqu'au bord lui-même, sans interruption.
4° Le prolongement externe du deuxième article des pédoncules antennaires n'atteint pas la base du dernier article.
»° La face inférieure du méropodite de la patte antérieure droite est couverte de poils beaucoup plus longs que les granulations situées sur cette face.
Eupagurus variabilis.
1° Trois pattes abdominales impaires chez le male.
2° Pince gauche dépourvue de toute excavalion unie, el à carène peu saillante.
3° Au voisinage du bord supérieur du propodite, la face interne de la main droite présente une ligne de granules ou de denlicules, qui est séparée de ce bord par un espace à peu près uni.
ï° Le prolongement externe du deuxième article des pédoncules antennaires atteint ou dépasse la base du dernier article.
D° La face inférieure du méropodite de la patte antérieure droite est munie de poils
très courts.
PAGURIDÆ. 239
Les jeunes spécimens, à pinces peu excavées, ne sont pas aussi sans présenter quelques analogies avec Æ, Prideauri Leach, etavecV'Æ, spinulentus Hend.; mais on distinguera toujours la première de ces espèces à la brièveté de ses pédoncules antennaires et à la rangée de saillies plus fortes qu'elle présente sur le milieu de la face externe du carpe ; la seconde, à la forme de ses écailles ophtalmiques, aux ornements épineux de ses pinces et au sillon inerme qui, sur la face externe de ces dernières, court parallèlement au bord supérieur.
DisrriBuriox. — Cette espèce est au moins autant européenne qu’africaine; on l’a signalée, en effet, en de nombreux points, dans le golfe de Gascogne, à une faible distance de Santander, à 50 kilomètres du cap Penas, puis, beaucoup plus à l’ouest, au nord de Barquero. Elle se rencontre également au large des côtes portugaises. Dans les eaux africaines, elle se retrouve aux Canaries et jusqu'à la latitude du banc d’Arguin, par 215 1° de latitude nord. Peut-être même remonte-t-elle bien plus au nord et fait-elle partie de la faune méditerranéenne, car on a dû fréquemment la confondre avec l'£. excavatus var. meliculosus.
Elle habite les profondeurs moyennes, depuis 140 jusqu’à 1560 mètres, mais elle paraît affectionner surtout les fonds de 500 à 1000 mètres.
Eupagurus triangularis, CHEVREUX et BOUVIER.
1891. Æupagurus triangularis, Ed. Chevreux el E.-L. Bouvier, Bull. Soc. soo!. de France, t. XVI, p. 353.
1892. Eupagurus triangularis, Ed. Chevreux et E.-L. Bouvier, Wém. Soc. soo!. de France, t. V, p. 11-14, pl. I, fig. 9-15.
1892. Æupagurus triangularis, A. Milne-Edwards et E.-1. Bouvier, Ann. Se. nat. Zool., sér. 7, t. XIII, p. 218.
Hawrrar. — Talisman, ASS3: cap Vert.
Un exemplaire femelle.
Disrriguriox. — Cette espèce n'a été signalée jusqu'ici qu'au Sénégal (« Melita ») et aux îles du Cap-Vert (« Talisman »). Elle est côtière ou subcôtière.
Eupagurus Bernhardus, LINKÉ.
G. Cancer Bernhardus, Linné, Syst. nat. p. 1049. 7. Astacus Bernhardus, Pennant, Brit. Zool.. IV, pl. XVI, p. 30.
1781. Pagurus Bernhardus. Fabricius, Species Insect., { 1, p.506.
1858. £upagurus Bernhardus, Stimpson, Proc. Acad. nat. Se. Philadelphie, p.74.
i . Eupagurus Bernhardus, J. Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 10
ubi syn.).
1896. £Zupaqurus Bernhardus, E.-L. Bouvier, feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année, p.151, fig. 21.
43. Pagurus ulidiæ, Thompson, /ep. brit. Assoc. Adr. Se. p. 267. S15. Pagurus streblonyx, Leach, Halac. Brit., pl. XXVI, fig. 1-4.
Hamrar. — Travailleur, AS82 : 20 juillet, 70 mètres: îles Berlingues.
Un exemplaire de belle taille, à doigts fortement tordus: il appartient à la variélé granulala Brandt, et habile une coquille recouverte par des Hydraclinies.
Au large de Barquero, sur la côte septentrionale de l'Espagne.
Quatre exemplaires dont le plus grand à un céphalothorax de 9 millimètres de longueur. Tous ressemblent absolument aux Æ. wlidianus, que M. Kinahan a reeueillis à Dublin et offerts au Muséum: ils concordent aussi parfaitement avec la description, peu précise il est vrai, que W. Thompson à donnée de celte dernière espèce. Toutefois, comme nos spécimens sont relativement d'assez grande taille, la torsion des doigts de leurs pattes ambulatoires se fait frès nettement sentir.
Nous croyons done qu'il n’y a pas lieu de créer une espèce distincte pour lÆ. wlidianus; nous pensons plutôt que les Pagures désignés sous ce nom sont des individus de petite taille appartenant aux variétés que Brandt a décrites sous les noms de granulata et de borealis, et qu'il signalait dans la mer du Nord et sur les côtes d'Islande. En fait, la variété de Brandt, que Milne-Edwards a très bien représentée dans /e Hègne animal, se trouve aussi dans la Manche et parait prédominer sur les côtes françaises de l'Atlantique; c’est elle, à notre avis, que le « Travailleur » a rapportée de Barquero.
Disrrieurion. — L'Æ. Bernhardus est une espèce arctique dont les représentants se répandent dans les régions septentrionales des deux continents; ils atteignent le Japon? (Stimpson) sur la côte asiatique, Long-Island sur celle de l'Amérique, et le golfe de Gascogne en Europe. C'est sous les latitudes médiocrement froides que l'espèce est surtout bien représentée. À partir du golfe de Gascogne, elle devient très rare et beaucoup de Pagures méridionaux, qu'on a décrits sous le nom dE, Bernhardus, sont en réalité des £. Prideauxi. En dehors des localités mentionnées plus haut, on a signalé l'espèce sur la côte portugaise (Brito
Capello), à Marseille (Gourret) eten Morée (Guérin). Les jeunes habitent
PAGURIDÆ. 211 la côte et les grands spécimens des profondeurs moyennes. Sur Ia côte des Etats-Unis, ils descendent jusqu'à 150 mètres de profondeur (Smith).
Eupagurus Prideauxi, LEACH.
1S15. Pagurus Prideaux, Leach, Halac. podophth. Brit, pl XXVT, fig. 5-6.
1836. Pagurus Pridaurii, H.Milne-Edwards, Ann. Se. nat. (2), & VI, p. 268.
1858. Eupagurus Prideaurti, W. Slimpson, Proc. Acad. nat. Se, p.75.
ISS7. Eupagurus Prideaurii, Bonnier, Catal. des Crust. de Concarneau, p. 45 (ubi syn.).
1896. Æupagurus Prideaurii, E.-L. Bouvier, feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année, (p 190, ie. 20:
1816. Pagurus Bernhardus, À. Risso, //ist. nat. Crust. Nice, p. 55.
S3S. Pagurus Bernhardus, O.-G. Costa, Fauna Regno Napoli, p. 3. 1826. Pagurus solitarius, À. Risso, ist. nat. Europe mérid., LV, p. 40.
M. P. Gourret a observé que les individus de cette espèce, recueillis dans les grands fonds, sont très petits et presque entièrement-décolorés.
A part quelques exceptions, cette règle nous paraît juste en ce qui concerne la taille; ilest probable qu'elle l’est aussi pour la décoloration, mais nos exemplaires dans l'alcool ne nous permettent pas d’être affirmatifs sur ce point. D'ailleurs, dans les spécimens de petite taille comme dans les autres, il nous a été impossible de retrouver les caractères bizarres qu'a relevés M. Gourret dans ses figures.
Harrrar, Variarions. — Travailleur, 1882 : 2 juillet, n° 8, 411 mètres; au large de Barquero : lat. N. 44°4', long. O. 9°31". Sable, gravier.
Un grand spécimen.
1882 : Barquero.
Un mâle et une femelle à peu près de même faille que le précédent.
28 juillet, n° 55, 120 mètres; Canaries.
Un petit spécimen male. Longueur du céphalothorax 4%%,5.
Talisman, 1883 : 8 juillet, n° 68, 102 mètres; cap Bojador : lat. N. 26°4", long. O. 175", Sable, coquilles, coraux.
Un mâle dont le céphalothorax mesure 9 millimètres de longueur.
13 juillet, n° 90, 175 mètres; parages du cap Blanc : lat. N. 21°51", long. O. 19°48". Sable vasard verdâätre.
Une femelle avec des œufs. Longueur du céphalothorax, 7 millimètres.
28 juillet, n° 107, 70 mètres; îles du Cap-Vert, canal de Saint-Vincent à Saint- Antoine. Sable, coquilles.
Douze adultes, dont plusieurs femelles avec des œufs.
DisrrBuriox. — La station la plus septentrionale de cette espèce est la
(TALISNAN. — Cruslacés.) 31
côte d'Hardanger en Norvège (Sars); la plus méridionale, celle des îles du Cap-Vert (« Gazelle », « Talisman »}. L'espèce abonde surtout dans la Méditerranée et sur les côtes d'Espagne, où elle remplace plus ou moins l'E. Bernhardus ; à mesure qu’on avance vers le nord, cette dernière espèce prédomine de plus en pius et finit par persister seule.
L'E. Prideauxi s'éloigne plus des côtes que l'E. Bernhardus, sans jamais, toutefois, atteindre de grandes profondeurs. Elle affectionne les fonds de 20 à 50 mètres, mais peut descendre jusqu'à 250 mètres
(Gourret) et même jusqu’à 150 brasses (Sars).
Eupagurus irregularis, Epw. et Bouv.
PI. XXVL fig. 13-21.
1892. £upagurus irregularis. À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat., 2001. 15É0.00 1 EXT pe: 220;
Ce Crustacé rappelle assez les Pylopaqurus par ses pattes ambulatoires et, jusqu'à un certain point, par la forme et par les ornements de ses pinces, mais il est dépourvu d’appendices pairs sur le premier anneau de l'abdomen et se range à coup sûr parmi les Eupaqurus.
Il a la carapace allongée, plutôt étroite, peu dilatée au niveau des régions branchiales et sensiblement plus longue en avant qu'en arrière de la suture cervicale. Cette dernière, qui est transversale dans sa partie médiane, se dirige obliquement en avant et se voit encore du côté dorsal à peu de distance du front. En arrière, elle sert de limite à la région gastrique qui est fermée sur les côtés; dans sa moitié antérieure, elle est formée par un sillon orné d’une ou deux dépressions pilifères, et en avant par d’autres dépressions plus petites et également ornées de poils. Le rostre est arrondi et très peu saillant; les dents latérales du front sont très faiblement acuminées. La région cardiaque, étroite en avant, s'élargit beaucoup en arrière.
L'anneau ophtalmique est largement découvert sur la ligne médiane; ses écailles, élargies à la base, sont triangulaires et présentent en outre à la pointe une petite épine à insertion sub-terminale. Les pédoncules oculaires sont presque aussi longs que la largeur du bord frontal, leur
forme est cylindrique et ils se dilatent à peine à l'extrémité, La cornée
PAGURIDÆ. 243 est médiocre et présente un faible sinus arrondi sur son bord supérieur. Le dernier article des pédoncules antennulaires est beaucoup plus long que le précédent et un peu plus court que le fouet supérieur ; sa base se trouve un peu en arrière du bord postérieur de la cornée. Le fouet inférieur est gros et beaucoup plus long que la moitié du fouet supérieur. Le premier article des pédoncules antennaires est à peine visible en dessus ; le suivant à une légère spinule à son angle antéro-interne et un prolongement externe acuminé qui atteint la base du dernier article. Ge dernier estinerme, comme les deux précédents, et déborde un peu le bord antérieur de la cornée. Le fouet dépasse de beaucoup les pinces, ses articles sont ornés de poils médiocres et assez peu nombreux. L’acicule antennaire est simplement recourbé en dehors ; il atteint largement le bord postérieur de la cornée et présente cinq ou six faisceaux de poils. La patte antérieure est courte et se Lermine par une pince grosse et massive qui dépasse en longueur les deux articles précédents. Cette pince est irrégulièrement ovalaire, son bord inférieur étant assez fortement arqué el son bord supérieur beaucoup moins; sa plus grande largeur se trouve au niveau de Particulation du doigt mobile; elle égale la longueur de la portion palmaire du propodite qui est, à son tour, beaucoup plus longue que les doigts. La convexité des deux faces de la pince est à peu près la même que dans PÆ. pulchellus, mais les ornements de la face externe sont bien différents. Ces ornements se composent de saillies plates, très peu élevées, irrégulières, qui sont séparées les unes des autres par d’étroites dépressions; au bord supérieur, qui est sensiblement arrondi, ces saillies forment une rangée et deviennent spinuleuses ; il en est de mème sur le bord inférieur, mais ce bord, vague et arrondi en arrière, devient étroit et aigu en avant, et porte dans cette région une série de spinules assez développées. Les doigts se terminent par des extrémités caleaires ; on trouve trois dents plus fortes sur le bord interne du doigt mobile et deux seulement sur l’autre. Il y à des faisceaux de poils jaunâtres en dehors de la ligne des dents, sur le bord supérieur du doigt mobile et sur le bord inférieur de la main. Le carpe, quoique court, massif et plus large que long, est néanmoins sensible-
ment moins large que la main: il a, sur son bord supérieur, une rangée
de cinq ou six spinules inégales et, sur le reste de la surface, d'assez nombreuses saillies pilifères et des spinules plus ou moins marquées. Le méropodite est à peu près complètement inerme.
La patte gauche est presque aussi longue que la droite, mais singulièrement plus grêle. Le méropodite et le carpe sont très comprimés latéralement ; le premier de ces articles présente trois spinules accusées sur son bord inféro-exlerne ; le second a deux rangées de quatre ou cinq spinules sur sa face supérieure. La main est étroite, très renflée sur sa face externe dont la région palmaire est ornée, dans toute l'étendue du propodite, des mêmes saillies plates que la main droite; elle est d’ailleurs inerme et ses doigts, beaucoup plus longs que le propodite, se terminent par des ongles cornés. Il y a des poils assez longs sur le carpe et sur le doigt mobile.
Les pattes ambulaloires sont peu allongées, mais dépassent toutefois les pinces étendues ; elles sont très comprimées latéralement dans toute leur longueur et présentent des faisceaux de poils blanchâtres sur leurs bords et une légère spinule en avant, sur le bord antérieur du carpe. Les doigts sont plus longs que le propodite et se terminent par une forte griffe noire; ils sont armés d’une série d’épines cornées sur le bord inférieur.
Les pattes de la 4° paire sont médiocres, peu subchéliformes et armées, sur le propodite, d’une aire rugueuse longue et large; les pattes de la » paire sont plus grandes et ont une aire rugueuse moins allongée.
L’abdomen est relativement grand; son sixième segment est dépourvu de sillon longitudinal et divisé en deux moitiés, dont la postérieure est de beaucoup la plus courte, par une profonde dépression transversale; ses appendices sont très asymétriques. Le telson est allongé ; il présente latéralement deux fissures prononcées et, à l'extrémité, une large mais peu profonde échancrure qui détermine deux lobes légèrement asymétriques. Tout le bord postérieur du telson est finement denticulé.
La couleur générale de l'individu, conservé dans l’alcool, est un mélange d’aires orangé et d’aires blanches. Sur la carapace, les régions branchiales restent incolores, le blanc prédomine en arrière de la suture cervicale
et l’orangé en avant. Il à un anneau orangé vers le milieu des pédoneules
PAGURIDÆ. 245 oculaires et une tache à la base: les fouets antennaires présentent des anneaux alternatifs des deux couleurs. La coloration des pattes antérieures devient jaune ou jaunätre, mais, sur les pattes ambulatoires, se retrouve l’alternance des deux premières teintes. Ainsi, les doigts ont deux larges aires annulaires rouge orangé vif et deux autres blanches ; on rencontre une aire orangé et des stries longitudinales de même couleur,
sur le carpe, puis des taches plus irrégulières sur les autres articles.
Harirar, — Zalisman, 1883: n°23, 15 juin, 120 mètres; cap Blanc: lat. N. 3316, long. O. 11°13". Roches, coquilles.
Un spécimen femelle.
Longueur approximative de l'abdomen....,.......... 16 millim. du Céphalothorax. 6,2 — — élATÉSION SASITIque. 3,8 — MARS ORAUENONEE 1.020 3,3 —- Longueur des pédoncules oculaires. ...,.............. 3 — — de la patte antérieure droite................ 145 — — CERAIETANUAE PINCE Re qi — Largeur maximum de cette pince....,....,.....,,..... 4,1 —
AFFINITÉS. — Par la forme et les ornements de la pince droite, ce Crustacé diffère de tous les £upaqurus connus jusqu'ici; il se rapproche toutefois de ceux dont la main gauche est plus ou moins dépourvue de
carène longitudinale médiane.
Eupagurus pulchellus, Epw. et Bouv.
PI. XX VI, fig. 22-25. — PI. XX VIIL fig. 15-16.
1892. £upagurus pulchellus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat. Zool., sér. 7, t. XIII, P. 2D1HE
La carapace de ce Pagure est presque nue, relativement large, peu dilatée en arrière et divisée en deux moitiés de longueur inégale par le sillon cervical. La moitié postérieure a, de chaque côté, un sillon latéral bien marqué et se distingue par son aire cardiaque étroite, mais un peu dilatée dans la partie médiane. La moitié antérieure, sensiblement la plus longue, est à peine sillonnée, de sorte que la région gastrique se présente sur les côtés et en avant avec des limites peu précises. Une
simple saillie courbe, peu accentuée, représente le rostre; elleest terminée p)
246 GRUSTACES.
sur les côtés par des dents latérales triangulaires beaucoup plus saillantes. Les bords latéraux du front sont obliques et arqués.
L'’anneau ophtalmique est à découvert; ses écailles sont bien écartées, médiocres, ovales-lancéolées et armées en avant d’une légère spinule à insertion sub-terminale. Les pédoncules oculaires sont à peine plus courts que le bord frontal et un peu dilatés à l'extrémité; leur cornée présente une échancrure arrondie sur son bord supérieur.
Le dernier article des pédoncules antennulaires est à peine plus court que le fouet terminal supérieur, et beaucoup plus long que l'article précédent; sa base se trouve à peu près au niveau du bord postérieur de la cornée.
Le premier article du pédoncule des antennes externes est en partie visible sur la face supérieure; Le suivant a une spinule antéro-interne et un long prolongement externe acuminé qui n’atteint pas tout à fait la base de Particle terminal. L’acicule, légèrement infléchi en dehors, est poilu et se prolonge jusqu’à la cornée. Les trois articles terminaux sont inermes ; le dernier dépasse sensiblement l'extrémité antérieure de l'œil et égale en longueur tout le reste du pédoncule. Le fouet dépasse de quelques millimètres l'extrémité des pinces étendues; il est grêle et orné de poils fins, médiocrement allongés.
La forme de la patte antérieure étroite est très caractéristique. La pince est médiocrement longue, ovale, assez fortement convexe sur sa face externe, beaucoup moins sur sa face interne ; son bord inférieur, bien plus arqué que le bord supérieur, est armé d’une série très nette de denlicules aigus ; d’autres denticules, plus petits et peu serrés, recouvrent toute la face externe, sans se disposer en une série régulière sur le bord supérieur, où quelques-uns sont néanmoins un peu plus grands: on voit, en outre, quatre où cinq denticules plus forts sur le milieu de la face externe, près de sa base articulaire. Les doigts sont un peu plus courts que la portion palmaire de la pince; ils sont dépourvus d'ongles cornés et armés de quelques dents obtuses sur leur bord interne. — Sur la face externe du carpe, les tubercules deviennent un peu moins nombreux, mais plus forts et plus nettement spiniformes; ils forment sur le bord
supérieur une série de vraies épines arquées ; le carpe est à peu près de
PAGURIDÆ. 247
mème longueur que la portion palmaire du propodite. Le méropodite a un bord supérieur étroit et se termine, en avant et au-dessus, par deux épines ; 1l présente aussi deux épines en avant sur son bord inféroexterne, mais 1l est inerme sur l’autre bord. Des poils rares et courts ornent la face supérieure de la pince, mais on en trouve de plus longs sur sa face inférieure.
La patte gauche, plus réduite que la droite, porte une rangée de spinules sur le bord inférieur et une autre sur la carène longitudinale qui occupe le milieu du propodite. Son carpe est presque triangulaire et un peu plus court que la pince; on y voit une rangée de quatre spinules plus grosses; une spinule occupe en dessus le bord antérieur du méropodite, tandis que trois spinules occupent le bord inféro-externe. La patte gauche est plus poilue que la droite, surtout sur le carpe; ses doigts, onguiculés à l'extrémité et armés de fins denticules cornés sur le bordinterne, sont beaucoup pluslongs que la portion palmaire du propodite.
Les pattes ambulatoires dépassent un peu en avant la grande pince étendue; les antérieures sont armées d'une rangée de cinq ou six fortes épines sur le bord supérieur du carpe, el d’une rangée de spinules beaucoup plus réduites sur le bord antérieur du propodite. Cette armature épineuse fait à peu près complètement défaut aux pattes ambulatoires postérieures; ces dernières se distinguent d’ailleurs parleur doigt qui est presque aussi long que les deux articles précédents réunis et sensi-
blement plus allongé que celui des pattes antérieures. Fe
Les pattes de la # paire sont à peine subchéliformes, la saillie digitale de leur propodite étant très faible; elles présentent, comme les pattes de la 5° paire, une plage rugueuse étroite.
L'espèce qui nous occupe se range parmi les £upaqurus dont les mâles n'ont que trois fausses pattes impaires à l’abdomen. Son 6° anneau abdominal n’est pas sillonné longitudinalement, mais présente une dépression transversale très forte qui est plus rapprochée du bord postérieur que du bord antérieur; ses appendices sont très asymétriques. Le telson a deux faibles échancrures latérales et une large échancrure terminale qui délimitent deux lobes terminaux presque symétriques
et armés, en arrière, de dents aiguës.
La coloration générale, dans l’alcool, est d’un blanc Jjaunâtre, avee des aires orangé ou rose en certains points de la carapace et des pattes ambulatoires. Une grande aire, de même couleur, se trouve sur les faces externe et interne du carpe des paltes ambulatoires. Les spinules et les tubercules épineux qui ornent la grande pince sont teintés de rose.
Hamrrar, Variarioxs. — Talisman, 1883 : 29 juillet, n° 107, 70 mètres; îles du
Cap-Vert : canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine. Sable, coquilles. Un spécimen mâle qui nous à servi de Lype pour la descriplion précédente :
Longueur duicéphalothoraxee "Free rec E CE rer. 4 millim. — dela rÉ2ION pasiTIque eee Ce DE Harseuridutiront Eee ECO EP TETE TE CCE 2,4 — Longueur des pédoncules oculaires... .….....,........... 2,1 — — dela Srande pince tee rer ere ee 1,3 — Lorreurde la érande/pince "Per eRerre er eme OT —
Une femelle un peu plus grande que le mâle précédent, avec deux taches orangé sur la carapace, en arrière du front, et deux autres à droite et à gauche de l'aire cardiaque. Acicule un peu plus court que dans le type décrit.
Deux mâles de belle taille et deux femelles plus petites; le céphalothorax du plus grand mâle a 9 millimètres de longueur. Les tubercules plus gros de la face externe de la main n'existent pas, mais une pubescence courte et serrée se développe entre les spinules. La carène de la pince s'arrondit dans le grand spécimen.
28 juillet, n° 106, 106 mètres; iles du Cap-Vert: rade de Porto-Grande.
Un màle de même taille que le type et présentantune teinte générale couleur chair sur toute l'étendue de la pince et du carpe des pattes antérieures: les tubercules et les épines sont d'un rose très prononcé. Des filets roux sur les doigts des pattes ambulatoires et même sur une partie du propodite.
Arenirés. — L'£upaqurus pulchellus présente quelques affinités éloignées avec l'Æ. irreqularis. y a une certaine analogie entre les deux espèces dans les appendices céphaliques et dans la forme de la main droite; mais cette main est beaucoup plus renflée sur la face externe dans l'E. reqularis et dépourvue d’ailleurs des petites saillies épineuses qui
caractérisent l'E. pulchellus. Eupagurus pubescentulus, Ebw. et Bouv.
PI. XXVI, fig. 26-30. — PI. XXVIIL, fig. 13-14.
1892, £upagurus pubescentulus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat., Zool. (7), t. XII, p. 219.
PAGURIDÆ. 249
La carapace de ce Crustacé estdivisée en deux parties de longueurs inégales par une suture cervicale très marquée qui est linéaire dans sa partie médiane. La moitié postérieure est médiocrement élargie, presque nue et caractérisée par la forme de la région cardiaque, qui est étroite et qui s'élargit régulièrement d'avant en arrière. La moitié antérieure, qui est la plus longue, est également presque nue et présente quelques dépressions irrégulières et peu nombreuses en dehors de la région gastrique ; celle-ci est très nettement limitée sur les côtés eLen arrière, mais reste complètementouverte enavant. Le bord frontal présente un rostre faible et arrondi, orné de quelques poils et beaucoup plus court queles dents latérales qui sont triangulaires, très saillantes et brièvement acuminées; les parties externes du bord frontal sont très obliques et sensiblement arrondies.
L’anneau ophtalmique reste à découvert sur la ligne médiane; ses deux écailles forment deux grandes lames ovalaires un peu ciliées sur le bord interne et terminées par un aiguillon à insertion sub-terminale. Les pédoncules oculaires sont sensiblement comprimés sur la face supérointerne et sur la face opposée; ils sont assez fortement dilatés au niveau de la cornée qui est large et échancrée sur son bord supérieur. Quelques faisceaux de poils ornent la face supérieure des pédoneules oculaires.
Les antennes internes sont de longueur médiocre; le dernier article de leur pédoncule est sensiblement plus long que Favant-dernier et un peu plus court que le grand fouet terminal; sa base se trouve à peu près au niveau du bord antérieur de la cornée.
Le premier artiele du pédoneule des antennes externes n'estpas recouvert du côté dorsal; l’article suivant est armé d’une spinule antéro-interne el d'un long prolongement externe, qui dépasse légèrement l'extrémité antérieure du pénultième article et qui présente cinq ou six fines spinules sur son bord supérieur. Les autres articles sont inermes: le dernier dépasse la cornée du tiers environ de sa longueur, et se termine au même niveau que l’acicule qui est long, grèle et brièvement pileux. Le fouet est brisé à l'extrémité dans le spécimen que nous étudions, mais il doit atteindre au moins l'extrémité de la grande pince; il est orné de poils courts et très fins.
La pince de la patte antérieure droite est tout à fait caractéristique.
(Tazigman. — Crustacés.) 32
Sensiblement triangulaire dans sa forme générale et un peu moins de deux fois aussi longue que large, elle est couverte, sur sa face externe qui est peu convexe, de granulations petites, nombreuses, mais bien séparées les unes des autres, nettement saillantes, et presque spinuleuses:; ces granulations s'élèvent sur un fond lisse garni de poils nombreux mais très courts, moins élevés que les granulations. Ces dernières sont plus serrées sur les bords supérieur et inférieur, tous deux arrondis, de la pince, mais elles ne sont nullement sériées ef se retrouvent, moins abondantes, sur la face inférieure où elles deviennent plus grosses, plus déprimées et plus irrégulièrement distribuées. Les doigts sont un peu plus courts que le propodite, croisés à l’extrémité et armés, sur le bord interne, d’une dent triangulaire assez forte. — Le carpe égale à peu près en longueur la région palmaire de la pince; il est également orné de granules qui, surtout sur la face externe, sont plus gros et moins serrés que sur la pince; presque spinuliformes, ces granules se transforment, au bord supérieur, en épines qui formentune rangée irrégulière ; on trouve également deux ou trois épines plus petites au voisinage de l'articulation avec le bord inférieur de la pince. — Le méropodite est armé en dessus, sur son bord antérieur, de cinq fortes épines, et de trois ou quatre autres spinules à la partie antérieure du bord inféro-externe. Sur la face supérieure se voient des lignes transversales dentelées et saillantes qui sont ornées de poils vers leur bord antérieur. Ces poils sont courts comme ceux du carpe, mais néanmoins plus longs que ceux qui ornent la pince.
La pince gauche est armée de saillies spinuleuses au voisinage de son bord inférieur, d’une carène longitudinale assez saillante sur la région palmaire et d'ongles cornés à l'extrémité des doigts qui sont croisés; elle est lisse sur tout le reste de sa surface, mais présente des faisceaux de poils assez longs sur la région digitaire. Les doigts sont beaucoup plus longs que la région palmaire du propodite. — Le carpe est un peu moins long que la main; il est armé d’une rangée irrégulière d'épines inégales dans le prolongement de la carène de la main, et d’une ligne plus interne de saillies à peine indiquées; le reste de la surface est uni et orné d'assez longs poils. — Sur le méropodite, on voit une forte épine en dessus
el en avant, et deux ou trois autres sur le bord inféro-externe.
PAGURIDÆ. 251
Les pattes ambulatoires dépassent à peine l'extrémité de la grande pince; elles sont lisses, presque nues, et terminées par des doigts arqués assez grèles et presque aussi longs que les deux articles précédents réunis. Le bord supérieur du carpe des pattes ambulatoires antérieures est denté en scie.
Les pattes ambulatoires des deux paires suivantes sont peu poilues ; leurs aires rugueuses sont réduites, mais plurisériées.
L'abdomen a trois fausses pattes abdominales impaires et biramées, l’un des rameaux étant rudimentaire. Le sillon transversal du 6" segment est très profond et situé en arrière du milieu; le sillon longitudinal n’est pas sensiblement marqué. Le telson a deux faibles échancrures latérales
et une large échancrure terminale qui détermine deux lobes assez asvmétriques et dentés en scie sur les bords.
Hagrrar, Variations. — Talisman, 188328 juillet, n°64, 355 mètres; cap Bojador : lat. N. 2617, long. O. 17°11”. Sable, coquilles, coraux.
Un spécimen mâle qui nous a servi de Lype pour la description précédente, et qui présente une couleur uniforme, d'un blane grisâtre, dans l'alcool.
Longueur approximative du corps. les pinces étendues. 60 millim. — dUICéPhAlO A OTAL [oi — — de la région gastrique..................... G6D — Par eu iront. tonus see esreseaoemmeecse 6,5 — Longueur des pédoncules oculaires..........,......... 43 — -— He lderaAnde PINCE 1 — Marseurndelaorande pince 4... ST —
13 juillet, n° 91, 115-240 mètres; entre le cap Blanc et Saint-Louis du Sénégal: lat. N. 21°51', long. O. 19°48". Vase grise.
Une femelle avec des œufs, dans une coquille de Trochus.
Longueur du céphalothorax : 7 millimètres. Le spécimen est absolument normal: toutefois, l’article pénultième des pédoneules antennulaires dépasse à peine le bord postérieur de la cornée, tandis que les pédoncules antennaires ne dépassent que très peu le bord antérieur de cette dernière. Les œufs mesurent de 5 à 7 dixièmes de millimètre de diamètre.
AFFINITÉS. Nous ne connaissons pas d’£wpaqgurus ayant quelques affinités importantes avec l'£. pubescentulus. On ne peut méconnaître toutefois une assez grande ressemblance dans les appendices céphaliques el l’armature du méropodite de la patte antérieure droite, entre l’espèce
qui nous occupe et l’£, variabilis, mais les analogies ne vont pas au
delà, tant sont grandes les différences des pinces dans les deux espèces. Disrrigvriox. — Cette espèce reste Jusqu'ici localisée sur les côtes du
Soudan et parait affectionner des profondeurs moyennes (115 à 355 m.),
Eupagurus carneus, Pocock.
PI. XX VII, fig. 6-10. — PI. XX VIII, fig. 17-18.
1889. Zupagurus carneus, R.-J. Pocock, Ann. and Mag. nat. Hist., série G, €. IV, p. 428, avec figure.
1892, Æupagurus carneus, A. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat., Zool., série 7, t. XIII, p. 219.
1896. Eupagurus carneus. E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes, 26° année, p. 151, fig. 23-24.
La carapace est divisée en deux parties de longueur inégale par la suture cervicale; la partie postérieure est membraneuse et largement aréolée au niveau des aires branchiales qui sont médiocrement dilatées ; sa région cardiaque s’élargit progressivement en arrière. La partie antérieure, lisse et presque nue, présente une ligne de dépression sur les côtés de la région gastrique qui est, par conséquent, bien limitée et qui se continue en avant, par une saillie, vers le rostre. Ce dernier est aigu, acuminé et plus saillant que les dents latérales frontales, qui sont également terminées en pointe; les bords latéraux du front sont obliques et arqués.
L'anneau ophtalmique est à découvert sur la ligne médiane; ses écailles, médiocrement écartées, sont longuement ovalaires, excavées en dessus, subobtuses à l'extrémité, mais armées, en cet endroit, d’une spinule à insertion inférieure et subterminale. Les pédoncules oculaires sont plutôt forts, assez dilatés au niveau de la cornée, dont le bord postérosupérieur est anguleux, enfin ornés en dessus de quelques toulfes de courts poils.
Le dernier article des pédoneules antennulaires est presque deux fois aussi long que le pénultième, mais sensiblement plus court que le fouet supérieur. Ce dernier compte un très grand nombre d'articles, mais le fouet inférieur n’en a guère que huit. L'extrémité du pénultième article atteint presque le bord antérieur de la cornée.
Le premier article des pédoncules antennaires est inerme et visible
PAGURIDÆ. 253 du côté supérieur, Le suivant a une partie basilaire à peu près aussi longue que large, armée d’une épine à l'angle interne de son bord antérieur, et d’un prolongement externe puissant qui atteint presque la base du dernier article et qui présente, outre la pointe terminale, une rangée de cinq ou six denticules sur son bord supérieur, L'acieule est long, vaguement, mais doublement arqué; il est acuminé et dépasse très sensiblement le milieu du dernier article. Le 3° article du pédoneule, beaucoup plus poilu que les autres, est armé d'une forte épine à l'extrémité antérieure de son bord inférieur. Les deux derniers articles sont inermes. Le dernier est presque aussi long que tous les autres réunis : le fouet s'articule avec lui au niveau du bord postérieur de la cornée et atteint l'extrémité de la grande pince; ses articles sont nus et assez longs, surtout dans la moitié terminale.
La patte antérieure droite est beaucoup plus longue et plus forte que la gauche. Le méropodite est trigone, avec le bord supérieur obtus, la surface externe ornée de lignes transversales irrégulières, le bord inféroexterne irrégulièrement denticulé et armé d’une ou deux épines en avant, le bord inféro-interne orné de denticules obtus dont les deux postérieurs forment de vraies dents coniques; on trouve en outre six ou sept dents aiguës et inégales sur le bord antérieur de la face supéro-externe. Le carpe est d’un tiers environ plus long que l’article précédent; sa surface externe, à peine convexe et couverte de granulations serrées, devient légèrement squamiforme en arrière; ses bords sont denticulés (le supérieur plus fortement que l'inférieur), très marqués, subparallèles dans les deux tiers antérieurs et convergents en arrière; la face supérointerne est excavée et limitée en dessus par le bord supérieur amine du carpe, en avant par un bord inégalement amine qui limite une surface concave dans laquelle la main, se repliant sur le carpe, vient loger sa base; quant à la surface inféro-externe, elle est limitée par des parties correspondantes moins accentuées et couvertes de granulations plus grosses et plus irrégulières que celles des deux autres faces. La main est plus ou moins longuement ovalaire, médiocrement convexe sur les deux faces, couverte sur la face externe de granulations
serrées et fines comme celles du carpe, de granulations plus grosses
et beaucoup moins serrées sur la face interne; ses bords supérieur et inférieur sont amincis et denticulés. Les doigts sont un peu plus courts que la portion palmaire et présentent les mêmes ornements que le reste de la main, sauf toutefois sur la face interne où ils sont presque complètement lisses; ils sont armés, sur le bord interne, d’une dent triangulaire et de quelques autres dents plus petites; leurs extrémités sont munies d’un faible ongle corné, en arrière duquel on trouve, sur le bord interne du doigt mobile, une rangée de denticules cornés qui s’arrète à la grosse dent.
La patte antérieure gauche dépasse à peine la base de la grande main. Son méropodite est très comprimé latéralement, inerme sur le bord antérieur, orné de denticules obtus et épars sur le bord inféro-interne, et de denticules épineux, qui deviennent spiniformes en avant, sur le bord inféro-externe. Le carpe a une surface supérieure concave, limitée de chaque côté par un rang de denticules aigus et, en avant, par une grosse épine marginale; il ÿ à aussi un denticule épineux sur le bord antérieur de la face externe. La pince est denticulée sur les deux bords du propodite, peu convexe sur la face interne, très convexe sur la face externe, qui est occupée, sur toute l'étendue de sa longueur, par une carène fortement denticulée: elle est ornée presque partout, comme le carpe, de granulations fines et semblables à celles de la patte droite. Les doigts sont beaucoup plus longs que la portion palmaire, onguiculés aux extrémités libres, et munis sur le bord interne de fins denticules cornés; outre ces denticules, on observe, sur le bord interne du doigt mobile, une série de très fines denticulations calcaires.
Les pattes ambulatoires n'atteignent pas tout à fait l'extrémité de la grande pince étendue ; elles sont lisses sur les deux faces, très comprimées latéralement etarmées de denticules aigus sur le bord supérieur du carpe et du propodite ; leur daigt est beaucoup plus long que le propodite, il est arqué, onguiculé, à peine tordu, et orné de courtes soies raides sur les deux bords. Les denticules de la patte ambulatoire postérieure sont moins nombreux, et surtout beaucoup moins marqués, que ceux de la paire antérieure.
La main des pattes de la 4 paire est assez nettement subchéliforme
PAGURIDÆ. 255 et ornée d’une aire rugueuse unisériée; quant à l'aire rugueuse des pattes de la 5" paire, elle atteint toute la largeur, et un peu moins de la moitié de la longueur de la pince.
L'abdomen du mâle à trois fausses pattes impaires, et celui de la femelle quatre. Le 6" segment n'a qu'une dépression transversale en arrière du point médian; ses appendices sont asymétriques; le telson a deux échancrures latérales et, au milieu de son bord postérieur qui est excavé et irrégulièrement denticulé, une échancrure terminale étroite et peu profonde.
La couleur générale de Panimal dans l'alcool est un blanc jaunâtre vaguement teinté de rose, surlout au niveau des appendices; on trouve, en avant, une aire rougeälre de chaque côté, sur les bords du céphalothorax. L'animal tout entier est à peu près complètement nu; ses lamelles branchiales sont brièvement bifides dans la portion moyenne de la branchie tout au moins; enfin, le lobe antérieur de la plaque sternale
des pattes ambulatoires postérieures est arrondi en avant.
Hasirar, Variarioxs. — Talisinan, 1885 :9 juillet, n°71, 640 mètres ; cap Bojador: lat. N. 25°39’, long. O. 18°18". Sable vasard, coraux.
Un spécimen mäle qui nous a servi de type pour la description précédente et qui présente les dimensions suivantes :
Longueur du céphalothorax........................ 13,5 millim. — de la région gastrique.................... 8 — ARR eUTAUTONt ee esse acte er eee 7 — Longueur les pédoncules oculaires.................. 4,5 — — de la patte antérieure droite.............. A6 — — CUICANPES 0 messe pee ce. 145 — — HelA NAN... 522. ne pattes... IS — DANS EUIAAU CANDE,. - .e..-: cmesseee.ssnee ee. 9 — GE AMAR. M Meme nmeesecoee ces 95 — Longueur de la patte antérieure gauche............. 30 —
Un spécimen femelle, à pince droite plus courte el plus large, mais très normal par tous les autres caractères.
Travailleur, 1882 : 6 juillet, n° 1, 61% mètres; au nord de Gijon : lat. N. 44°4 long. O. 7°51'. Sable.
Un màle, presque aussi grand que celui pris pour type, mais à main plus courte et plus large.
6 juillet, n° 2, 608 mètres; au large de Gijon : lat. N. 445", long. O0. 7567,
Nombreux spécimens de tout âge et des deux sexes, mais moins grands cepen-
dant que le mâle choisi comme type; ces exemplaires habitent des coquilles de Fusus, de Trochus, ele.
6 juillet, n° 3, 512 mètres ; même localité : lat. N. 44°4°, long. O. T°54". Sable.
Sept exemplaires des deux sexes dans des coquilles de Fusus.
12 juillet, n° 8, 411 mètres; au N. de Barquero : lat. N. #4°4”, long. O. 9°27". Sable, gravier.
Un exemplaire mâle d'assez grande taille, à longue main.
27 août, n° 67, 1360 mètres; nord de l'Espagne : lat. N. 44°4", long. O. 914. Vase.
Un exemplaire semblable au précédent.
Talisman, 1883 : 6 juin, n°3, 106 mètres; rade de Cadix : lat. N. 36°53", long. 0. 10°48". Vase, coquilles. |
Une femelle à mains courtes.
29 juillet, n° 3, 590 mètres: îles du Cap-Vert?
Un exemplaire mäle à mains courtes.
L'Eupaqurus carneus a élé décrit par M. Pocock d'après deux grands spécimens femelles dragués de 110 à 315 brasses, au large dela côte sud-ouest de l'Irlande. Nos exemplaires les plus différents du type décrit par l’auteur, ceux à main droite longue et étroite, appartiennent bien à la même espèce que les autres, comme il résulte d’une comparaison que M. Pocock a bien voulu faire de ces individus avec ceux qu'il a le premier décrits. Entre la description de M. Pocock et la nôtre, il n'existe pas, à vrai dire, de différence essentielle ; nous ferons observer, toutefois, que l’acicule des antennes externes, dans tous les spécimens que nous avons eus sous les yeux, dépasse le milieu du dernier article pédonculaire et souvent mème atteint presque son extrémité. Quant aux divergences qu'on pourra trouver entre notre description et celle de M. Pocock relativement aux articles basilaires des pédoncules antennaires, elles sont bien plus apparentes que réelles, étant dues à ce fait que M. Pocock, comme beaucoup de carcinologistes descripteurs, divise ces pédoncules en trois segments, au lieu de considérer successivement les cinq articles qui les composent.
Les variations les plus considérables que présente l'espèce sont celles relatives à la longueur et à la largeur du carpe et de la main de la patte antérieure droite.
Voici les différences extrêmes que nous avons pu relever dans les nombreux spécimens passés plus haut en revue :
PAGURIDÆ. 257
« Travailleur », n° 9,
« Talisman ». 608 m. Spécimen femelle Mile décrit comme x — de type. N°1 (mâle). N°2 (femelle). M. Pocock.
Rapport de la longueur du carpe à celle de : L L i LADA ER Cie 0,80 0,80 0,84 0,77 Rapport de la largeur de la main à sa lon- CB URE ER en de ses e e s eric dinrie 0,5 0,50 0,73 0,98 Rapport de la largeur du carpe à celle de l'ARN AE Re M RU ane CR 0,94 0,93 0,87 0,85
Grâce aux nombreux exemplaires que nous avons eus sous les veux, nous pouvons dire : 1° que les mâles sont plus grands que les femelles, qu'ils ont la main droite longue et étroite et le carpe relativement allongé, tandis que les femelles ont la main large et courte; 2° que cependant, lorsqu'on étudie les exemplaires de petite et de moyenne taille, ces différences s’atténuent beaucoup, qu'on trouve fréquemment des mâles à main large et, plus rarement il est vrai, des femelles à main étroite. Ces différences sexuelles ne paraissent pas ètre absolues, comme le prouvent les deux spécimens de M. Pocock; ce sont des femelles de grande taille (leur céphalothorax à 15 millimètres de longueur) dont les mains, comme on le voit par le tableau précédent, tiennent le milieu entre les longues mains des mâles et les larges mains des femelles que nous avons étudiés. Toutefois, dans les femelles décrites par M. Pocock comme dans les nôtres, les deux bords du carpe sont plus convergents que dans le mâle.
Arriirés. — L'Æ. cavimanus (1) Miers, dragué par 100 brasses de profondeur dans les mers du Japon, présente des affinités très étroites avec PÆ. carneus : écailles ophtalmiques excavées en dessus, pinces presque unies ou finement granuleuses, carpe de la patte antérieure droite à face interne concave et limitée par deux erètes, main droite avec les bords parallèles et suberistiformes, etc. Mais des différences importantes existent entre les
deux espèces, comme le montre le tableau suivant :
(1) Murs, Crust. from Corean and Japanese Seas. — Proc. Zool. Soc., 1879, p. 48, pl. IL, fig. 1.
Eupagurus cavimanus.
1° Pédoncules oculaires légèrement plus courts que les pédoncules antennaires.
Eupagurus carneus.
1° Pédoncules oculaires dépassant à peine la base du dernier article des pédoncules
antennaires.
2° Le méropodite de la patte antérieure droite est assez long; il est d’ailleurs con-
2° Le bras (méropodite) de la patte anterieure droite est court et concave sur sa vexe sur sa face externe.
3° Carpe de la mème patte toujours bien plus long que large el à peine convexe sur sa face externe.
4° Portion palmaire de la main gauche munie d'une haute crête médiane qui limite sur la face externe deux aires plus ou moins excavées.
D° Pattes ambulatoires à doigts plus longs que le propodite.
face externe.
31 Poignet (carpe) de la mème patte presque aussi long que large, convexe sur sa face externe.
4° Portion palmaire de la main gauche concave sur sa face externe.
5° Pattes ambulatoires à doigts presque aussi longs que le propodite.
DisrrBunox. — L'Eupagurus carneus n'était représenté Jusqu'ici que par les deux exemplaires femelles décrits par M. Pocock et dragués dans les mers d'Irlande, entre 110 et 315 brasses. Elle est connue aujourd'hui depuis les côtes septentrionales de l'Espagne (444 de lat. N.) jusqu'au cap Bojador (lat. N. 2539) en passant par la rade de Cadix. Peut-être même se trouvait-elle dans un dragage fait aux îles du Cap-Vert.
Cette espèce, dont la distribulion géographique est assez étendue,
habite les profondeurs moyennes, depuis 200 mètres jusqu’à 1360 mètres.
Eupagurus ruber, Epw. et Bouv.
PI. XX VII, fig. 1-5.
1892. £upagurus ruber, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat., Zool..
1896. £upagurus ruber, E.-L. Bouvier, Feuille des Jeunes Naturalistes. 26° année, p. 128, fig. 16.
Le céphalothorax est large, peu dilaté au niveau des régions branchiales, presque aussi long en arrière de la suture cervicale qu'en avant: l'aire cardiaque s’élargit un peu en arrière et l'aire gastrique est faiblement limitée sur les côtés. Le rostre est large, arrondi, mais n’est pas plus saillant que les dents latérales qui sont fortement acuminées:; les angles latéraux du front sont obliques et droits.
Les écailles ophtalmiques sont étroites et aiguës, bien écartées;
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l'anneau ophtalmique est peu visible. Les pédoncules oculaires sont courts, gros, non dilalés au niveau de la cornée, dont le bord postérieur est simplement convexe en avant.
Le pénultième article antennulaire est plus court que le suivant et dépasse à peine l'extrémité libre de la cornée: le fouet antennulaire supérieur à cinq articles et l'inférieur trois. — Le 1" article des pédoncules antennaires est armé extérieurement d'une spinule ; sur le article : il y à une spinule à l'angle antéro-interne, et un prolongement externe assez long, terminé par deux épines inégales : l’acicule dépasse un peu l'extrémité de la cornée, mais n'alteint pas tout à fait celle du dernier article, il se termine de la même manière. Le fouet a de longs articles ornés de soies médiocres.
La grande pince est ovale, à bouts croisés, à doigts un peu plus courts que le propodite. On trouve une rangée de spinules sur les deux bords du propodite et une rangée plus faible dans la partie médiane, un peu saillante, de la région palmaire. Le carpe a aussi une petite rangée de quatre ou cinq spinules qui correspond à cette dernière, et quatre fortes spinules, dont une {rès grande en avant, au bord supérieur. [lv a deux spinules en dessus, au bord antérieur du méropodite, et une en avant sur chacun des deux bords inférieurs, La patte gauche, dont les doigts sont plus longs que le propodite, a cinq ou six spinules écartées sur son bord inférieur et une rangée de quatre spinules sur le milieu de la portion palmaire ; on ne voit plus qu'une rangée de spinules sur le carpe.
Les paltes ambulatoires sont grèles, plutôt longues, armées d’une faible spinule en avant au bord supérieur du carpe. Le doigt est presque aussi long que les deux articles précédents. Les pattes de la 4° paire manquent, celles de la 5° paire ne présentent rien de particulier.
L'abdomen est sensiblement symétrique, mais porte des fausses pattes impaires, très inégalement biramées. Les appendices du sixième segment sont presque semblables, avec une aire rugueuse très étroite. Le telson est inerme sur les bords.
Couleur générale rougeàtre, dans l'alcool.
Harrrar. — sravailieur, 1880 : 23 juillet, n° 7, 1 107 mètres; golfe de Gascogne : latiNe 43299 long: 10. 625% Vase. -
Un spécimen, qui parait être un mâle d’après ses appendices abdominaux, mais qui n'a pas encore d'orifices sexuels. C'est donc un jeune, comme semble le prouver d'ailleurs le peu d'articles de ses antennules, mais il n’est pas loin d'être adulte. La longueur totale du céphalothorax est de 2 millimètres; celle de l'abdomen est un peu plus grande. La grande pince est aussi longue que le céphalothorax.
LARVES GLAUCOTHOE
Glaucothoe Peroni, Epw.
PI. XXVII, fig. 11-17.
La carapace de cette larve est longue, grêle et divisée en deux parties par une profonde suture cervicale régulièrement arquée. Dans la partie postérieure, qui est la plus courte, on voit une échancrure arrondie en arrière, mais la division en régions n'existe pas et c’est à peine si l’on aperçoit des rudiments des sillons branchiaux longitudinaux. Dans la partie antérieure, il n’y a pas de limites entre les aires gastrique et hépatiques; toutefois, on observe une dépression un peu en arrière du front; en outre, sur les côtés, les aires hépatiques sont divisées en deux parties par une ébauche de sillon transversal. Le front présente au milieu un rostre large, saillant, mais tronqué en avant; les dents latérales sont à peine indiquées et les angles latéraux antérieurs sont arrondis.
Les pédoncules oculaires sont largement séparés et se rattachent à la tête par une partie fort rétrécie ; ils se dilatent énormément en avant et forment en cette région une énorme saillie qui déborde beaucoup plus le pédoncule en dedans qu'en dehors et qui a son bord antéro-externe dirigé obliquement d'avant en arrière et de dedans en dehors. Les téguments qui recouvrent cette dilatation constituent la cornée qui se compose de cornéules hexagonales bien typiques, ayant à peu près un dixième de millimètre de diamètre. A la base de la dilatation se voit une masse noire qui occupe toute la largeur de la dilatation et qui se termine en pointe obtuse en avant; on pourrait prendre cette partie pour la cornée, tandis qu'elle n’est en réalité qu'un pigment oculaire interne sans relation directe avec les téguments incolores. Les pédoncules oculaires
sont plus courts que le bord frontal, ils dépassent un peu les pédoncules
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antennaires et la base du dernier article des pédoneules antennulaires. Les écailles ophtalmiques n'existent pas.
Le dernier article des pédoncules antennulaires est beaucoup plus long que le précédent et à peu près de même longueur que le fouet terminal supérieur. Ce dernier est composé d'un très petit nombre d'articles, comme le fouet inférieur. — Les pédoncules antennaires sont inermes et se font remarquer par la forme de leur acicule qui est un peu rétréei au milieu, mais élargi el arrondi en avant: il dépasse à peine la base du dernier article. Le fouet se compose d'articles allongés et ornés de longues soies: il est très grèle el dépasse en avant les pattes ambulatoires.
[n'ya pas de fouet sur l’exopodite des pattes-mâchoires antérieures, et les paltes-mächoires postérieures sont séparées à leur base par une
plaque sternale assez large. La formule branchiale est celle des £upaqurus.