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PATTES THORACIQUES. PATTES-MACHOIRES

nn =. h— = \ IX II Il I Il Il I Arthrobranchies. ...... 0 2 2 2) 2 2 (l 0 Pleurobranchies, ...... 0 1 {) ( 0 0 0 0

Par leur forme, leur asymétrie et les relations de leurs divers articles, les pattes antérieures de la Glaucothoe Peroni ressemblent complètement à celles des Sympagurus: les bords de leurs pinces sont infléchis vers le bas, le doigt mobile se meut dans un plan très oblique par rapport au plan de symétrie du corps et son axe d’articulation fait un angle de 80° environ avec celui de la main. Les pattes antérieures sont inermes et ornées, çà et là, de quelques poils assez longs; le méropodite, le carpe et la main sont arrondis sur les bords. Dans la patte droite, le propodite est très renflé et les doigts sont armés, l’un et l’autre, de deux forts denticules mais dépourvus dongle corné. Ces denticules font défaut dans la main gauche, qui est beaucoup plus grêle et un peu moins allongée.

Les pattes ambulatoires sont grèles et, en avant, dépassent de beaucoup les pinces: elles sont inermes, presque nues et, à l'exception des doigts, sont à peine comprimées latéralement. Ces derniers se font

remarquer par leur faible épaisseur et dépassent en longueur les deux

articles précédents réunis; ils sont arqués, frangés de quelques poils et faiblement onguiculés. Ceux de la paire postérieure sont un peu plus longs que les autres.

Les pattes de la 4 paire sont fort réduites et à peine subchéliformes, le prolongement digitaire de leur propodite étant très réduit; leur râpe est courte et unisériée. Les pattes de la paire suivante sont subchéliformes et ressemblent complètement à celles des £upaqurus; leur râpe est très réduite, mais multisériée.

L'abdomen est très long, remarquablement grèle, formé d’anneaux renflés en arrière et sensiblement plus longs que larges. Les fausses pattes n'existent pas sur le premier anneau, et sont semblables sur les quatre anneaux suivants; insérées directement sur une saillie ventrale obtuse elles sont fort grèles, beaucoup plus longues que lanneau qui les porte et terminées par deux rameaux ; le rameau externe est très long, articulé à l'extrémité, peu comprimé et longuement cilié : le rameau interne est très court, au contraire, et ne paraît pas être orné de cils.

Les fausses pattes du 6° segment sont symétriques et biramées ; leurs rameaux sont foliacés, relativement étroits, ornés de longues soies pennées sur les bords, et d'une râpe unisériée à l'extrémité postérieure du bord externe: le rameau interne est beaucoup plus court et plus étroit que le rameau externe. Le telson se rétrécit beaucoup en arrière et se termine par un bord arrondi orné de longues soies pennées.

La couleur varie et peut être jaunâtre ou rougeàtre, dans l'alcool.

Autant que nous avons pu l’étudier, l'organisation interne nous a paru fort différente de celle de la Glaucothoe carinata. Le système nerveux central, notamment, se fait remarquer par sa dissociation longitudinale : toutes les paires ganglionnaires thoraciques, sauf celles des appendices buccaux, sont parfaitement distinctes, et celles qui correspondent aux pattes thoraciques des trois premières paires sont réunies par des connectifs longitudinaux séparés sur la ligne médiane. « Si bien que la masse ganglionnaire thoracique présente en réalité trois perforations, une pour l'artère sternale et deux antérieures, entre les paires ganglion-

naires précédentes. C’est, en un mot, un degré de concentration un peu

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moins avancé que celui qu'on observe dans les Æwpagurus (1) » et probablement identique à celui des Symnpagurus.

Les spécimens recueillis par le « Travailleur » et le « Talisman » ressemblent complètement à deux exemplaires offerts au Muséum par M. Delalande, mais ils diffèrent des types de Milne-Edwards par le développement de leurs fausses pattes abdominales qui sont beaucoup plus grèles et plus allongées. Sont-ce des larves d’un âge différent ou d'une autre espèce de Syrmpagurus? nous penchons plutôt pour cette dernière hypothèse, sans nous reconnaitre, toutefois, le droit de créer un nom

spécifique nouveau pour une larve dont l'adulte reste inconnu.

Hasrrar. — Talisman, 1883 : 12 juillet, n° 82, 930 mètres; à quelques milles au sud du tropique, sur la côte du Sahara : lat. N. 23°, long. 0. 19950". Sable vasard verdàtre.

Un spécimen parfaitement normal.

1% juillet, n° 95, 1 090-1250 mètres: au large du cap Blane : lat. N. 20°38°-20°32", long. 0. 20°39-20°40". Sable vasard verdâtre.

Un spécimen qui nous à servi de {yvpe pour la description précédente.

DONÉAUEUUIUIEORPS ec 12 millim.

AUICÉDRAlOINONAS EE 3 —

PARU AURRONE enr dineceee sutesamess vien. 2 —

Longueur des pédoncules oculaires. ................ l,4 — — delaipince droite "5e tee. 8 —

— de la première patte ambulatoire droite... 11 —

{1 juillet, n°S1, 1139 mètres: un peu au nord destropiques sur la côte de Sahara : lat. N. 23°50/, long. O. 19937’. Vase grise.

Deux individus de mème laille que le précédent.

ArriNirés. — Comme il résulte de ce qui précède, et ainsi que lun de nous l’a fait antérieurement observer, on doit considérer la Glaucothoe précédente comme la forme larvaire d’un Sympagurus où de quelque

forme très voisine.

Glaucothoe carinata., HENDERSON.

Pour l'étude complète de cette espèce, qui est sans doute une larve de

vrai Pagurus, nous renvoyons au travail que l’un de nous a publié en 1891

(1) Ann. se. nat. (7), t. XII, p. 72, 1891.

sur les Glaucothoés, et aux recherches de MM. Chevreux et Bouvier effectuées, en 1892, sur les Paguriens de la « Melita ».

Hamrar. — T'alisman, 1883 : 13 juillet, n° 92, 140 mètres; au nord du banc d'Arguin : lat. N. 21°47', long. O. 19°47’. Sable vasard verdâtre.

Un spécimen à peine plus petit que ceux de la Melta; les pédoncules oculaires sont un peu plus dilatés à l'extrémité et la couleur, au lieu d’être jaune blanchatre,

est plutôt rouge marron.

SOUS-FAMILLE DES LITHODINÆ, Dana.

TRIBU DES OSTRACOGASTRICA, Braxpr.

LITHODES, Latr.

Lithodes ferox, À. M.-Enw.

PI. VI, fig. 3 (en couleur) et fig. 4-6.

1885. Lithodes ferox, H. Filhol, La vie au fond des mers, pl. [, et fig. S7, p. 121.

1886. Lithodes feroxr, Edmond Perrier, Les e.rpl. sous-marines, fig. 215, p. 296.

1894 (1895). Lithodes ferox, E.-L. Bouvier, Ann. Se. nat., Zool., série 7,t. XVIII, p. 182 et 189, pl. XIT, fig. 6.

1895 (1896). Lithodes ferox, E.-L. Bouvier, Ann. Se. nat., Zool., série 7, t. XIX, p.24.

Avec la Zifhodes antarctica, celte espèce se range parmi les représentants du genre Zifhodes dont le 2° segment abdominal ne comprend plus que trois pièces : les pièces marginales et une pièce intermédiaire qui résulte de la fusion complète des deux pièces latérales avec la pièce médiane.

Ilest d’ailleurs impossible de confondre les deux espèces, même à la suite d’un examen superficiel. La ZL. ferox se distingue au premier abord de la Z. antarctica par sa taille beaucoup plus réduite et par ses épines beaucoup moins nombreuses, plus grosses à la base et au moins aussi allongées que celles des L. antarctica de même taille; nous ne parlerons pas des spécimens adultes de cette dernière, car leurs épines sont incomparablement plus courtes que celles de notre espèce. La L. ferox est dépourvue, sur la région gastrique comme sur la région cardiaque, des épines médianes impaires qu'on observe dans la L. antarctica ; elle a,

comme celte dernière, deux paires de grosses épines gastriques et autant

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d'épines cardiaques, mais les épines branchiales sont seulement au nombre de six de chaque côté, dont quatre grandes, et les épines marginales au nombre de douze, tandis qu'on en observe une quinzaine de chaque côté dans la Z. antarctira, abstraction faite, bien entendu, de l'épine latérale antérieure. Les renflements qu’on trouve à la base des épines, dans la Z. feror, sont confluents et rendent les diverses régions de la carapace très saillantes.

Le rostre de la ZL. ferox indique un type dont l’évolution est beaucoup plus avancée que celle de la Z. antarctica ; est complètement recouvert par une très longue saillie dorsale qui se relève dans son tiers basilaire jusqu'aux deux épines basales, et qui s'infléchit ensuite un peu audessous de la ligne horizontale pour se terminer par deux autres épines.

Les antennes de la ZL. ferox sont un peu plus longues et un peu plus grosses que celles de la Z. antarclica; le second article de leur pédoncule est armé, sur son bord externe, d’une spinule bien développée, en arrière de la grande épine terminale qu'on observe seule dans la Z. antarctica.

Les appendices sont très épineux dans les deux espèces, mais le doigt est plus long et plus grèle dans la Z. /erox; les épines qui occupent la face externe du méropodite des pattes ambulatoires forment une rangée régulière dans la Z. ferox, tandis qu'elles sont plus ou moins disséminées dans la Z. antarctica.

L'abdomen diffère assez peu dans les deux espèces; toutefois, on n’observe pas, dans la Z. ferox, l'épine médiane impaire qui existe sur le 2 segment abdominal dans la Z. antarctica.

Hamirat, Variations. — T'alisman, 1883 : 12 juillet, n° 83, 930 mètres; lat. N. 22°55', long. O. 19°51”. Sable vasard vert.

Un spécimen femelle dont les dimensions sont les suivantes :

Longueur de la carapace jusqu’à la base du rostre...... 30 millim. — de laipince droite... "rene 17 — — des doigts de cette pince.....:...:....:.. 10 — Largeur de la main de la pince droite................. 6 — —- —— — auche, 2... & — Longueur de la patte ambulatoire antérieure droite..... 71 — — du propodite de cette patte................. 18,5 — — AUAAOIB D ee Ce 12,5 — Largeur maximum de la carapace.................,... 27,5 —

(TALISMAN. — Crustacés.)

Largeur du front. Messe CP ECO EE RACE CRE 12 millim. Longueur de la saillie dorsale du rostre jusqu'à sa bifur- CAO. sement 12,5 —

13 juillet, n° 87, 1013-1113 mètres; au nord du banc d’Arguin : lat. N. 22°3-- 21,59", long. O. 19°53-19°56". Sable vasard vert.

Un spécimen mâle dont la carapace mesure 23 millimètres de longueur jusqu’à la base du rostre et 20 millimètres de largeur maximum.

Arenirés. — Nous avons vu en quoi la Z. ferox diffère de la L. antarclica, espèce qui appartient à la même section du genre, celle où les plaques marginales du 2° segment abdominal sont encore distinctes.

C'est à tort que l’un de nous (1) a placé aussi dans la même section la L. panamensis Faxon; complétant la description préliminaire (2) de cette espèce, M. Faxon en a figuré et décrit le second segment abdominal, qui estréellement tout d’une pièce, comme dans la plupart des autres espèces du genre (3). :

DisrriBurIox. — On ne connaît, de cette espèce, que les exemplaires signalés plus haut et recueillis par le « Talisman ».

CoLorarion. — Toutes les parties du corps sont d’un beau rouge, qui devient plus vif sur les épines. Les cornées sont noires.

Lithodes tropicalis, A. M.-Epw.

PI. VII, fig. 1 (en couleur) et pl. XXVII, fig. 18-20.

1883. Lithodes tropicalis, A.Milne-Edwards, L'expéd. du « Talisman », p. 13 (in Bull. hebd. Ass. scient. de France).

1894 (1895). Lithodes tropicalis, E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat. Zool., sér. T, t. XVIII, p. 182-189, pl. XII, fig. 7.

1895 (1896). Lithodes tropicalis, E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat. Zool., sér. 7, L'AXIXO Hp 24

La carapace est relativement étroile au niveau de la région gastrique, mais s’élargit beaucoup au niveau des régions branchiales et devient, en ce point, aussi large que longue, abstraction faite du rostre. Les régions sastrique et cardiaque sont très saillantes et séparées par une profonde

(1) E.-L. Bouvier, Classification des Lithodinés, etc. — Ann. des sc. nat., Zool., (1), L. XIX, p. 2#. (2) W. Faxox, « Albatros », 1891. Preliminary description of new species of Crustacea. — Bull. Mus. Comp. Zoôl., vol. XXIV, p. 166, 1893.

(3) W. Faxox, « Albatros », 1894. The stalk-eyed Crustacea. — Mem. Mus. Comp. Zoül., vol, XVII, p. 51, fig. 12, 1895.

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dépression transversale qui représente la partie médiane de la suture cervicale. La région cardiaque a la forme d'un triangle assez bien délimité el très allongé; quant à la région gastrique, elle se sépare peu distinctement des aires hépatiques, mais s'isole parfaitement des régions branchiales, grâce à un prolongement oblique de la suture cervicale; ce prolongement se termine, d’ailleurs, par une faible dépression qui se trouve à une grande distance du bord latéral. Le rostre est fortement relevé vers le haut ; il est armé au milieu de deux épines et se termine vraisemblablement par une bifurcation qui est en partie brisée dans notre spécimen. Le bord frontal est armé d’une énorme épine extraorbitaire, qui dépasse en dimension toutes les épines de la carapace, et notamment celle de l’angle antéro-latéral. Les bords latéraux sont munis d’épines en forme de saillies coniques plus ou moins aiguës; ces épines sont au nombre de six sur chaque bord, non compris l’épine antérolatérale, et une ou deux saillies latérales beaucoup plus petites; on trouve quatre épines de chaque côté sur le bord postérieur. La face dorsale de la carapace présente de nombreuses petites aspérilés subconiques et obtuses ; d’ailleurs, elle est munie de saillies coniques et aiguës semblables à celles des bords latéraux; ces saillies forment deux paires sur l'aire gastrique, deux sur l’aire cardiaque et sont au nombre de six, de chaque côté, sur les régions branchiales.

Les pédoncules oculaires s’étranglent vers leur milieu et se terminent par une cornée externe, en arrière de laquelle se voient deux légères saillies coniques. Les pédoncules antennulaires se font remarquer par leur dernier article qui est aussi long que le premier et deux fois plus long que le second. Les pédoncules antennaires n’atteignent pas l’extrémité des précédents; ils ont un acicule rudimentaire et présentent, sur l'angle antéro-externe de leur second article, un prolongement aigu légèrement incurvé en dehors. Les fouets antennaires ne dépassent pas, quand on les rabat en arrière, le bord antérieur de l'aire cardiaque. L'ischiopodite des maxillipèdes postérieurs est armé d’une rangée de dents très obtuses; son dentieule interne est très peu saillant.

Les pattes antérieures sont presque de longueur égale, mais la droite est énormément plus forte que la gauche; leurs ornements épineux sont

les mêmes que dans la Z. maia, mais l’épine interne du méropodite est beaucoup moins saillante. Les pattes ambulatoires ressemblent aussi beaucoup à celles de cette dernière espèce, mais elles sont un peu plus courtes, et leurs doigts sont un peu moins allongés. Il y a quatre épines et deux échancrures longitudinales à la base de ces derniers. Les pattes de la dernière paire atteignent à peu près le milieu du méropodite des appendices précédents; leur main et la partie terminale du carpe sont ornées de poils fins très serrés.

Les deux premiers segments de l'abdomen sont tout d’une pièce, et armés, l’un et l’autre, de deux forts tubercules coniques ; on observe des tubercules plus faibles sur les bords latéraux du second segment et sur son bord postérieur, qui est proéminent. Les autres segments de l'abdomen ressemblent à ceux de la Z. #naïa et ne présentent que de rares saillies coniques. Les plaques marginales sont au nombre de douze de chaque côté et se soudent parfois deux à deux; les plaquettes médianes sont très

serrées.

Hamrrar, Dimexsioxs. — Talisman, 1883 : au large des côtes du Sahara, 860 mètres.

Un spécimen mâle dont les dimensions sont les suivantes :

Longueur de la carapace jusqu'à la base du rostre...... 142 millim. — derflapnmcelnroite er Peer PR ue 105 — — des doigts ide cette pince. ee 58 — Largeur de la main de la pince droite..........,...... 56 — — -— DAUCHE ee as ne 24 — Longueur de la patte ambulatoire antérieure droite. .... 407 — — du propodite (de cettempatte "cc" "ce All — —— du'doigt. nes selle senc 69 — Largeur maximum dela carapace... 139 — CINE MDP TON 0 0 0 DO T0 00.006000 58 —

Arrinirés. — Cette espèce se range, avec la L. maia et la L. Murrayi Hend., parmi les représentants du genre Lithode dont les cinq pièces du second segment abdominal sont soudées en une seule. Elle doit ètre considérée comme une forme qui dérive de la L. ferox, car, en dehors des caracières de l'abdomen qui indiquent un degré d'évolution plus avancé, elle ne diffère guère de cette dernière espèce que par sa taille beaucoup plus forte, par ses épines peu saillantes, par sa carapace plus large, et surtout

PAGURIDÆ. 269 par sa saillie rostrale qui se relève fortement vers le haut, dans une seule direction, sur toute sa longueur.

Ce dernier caractère la distingue aussi de la Z. Murrayi Hend., dont la saillie dorsale présente une inflexion marquée à partir du tiers basilaire. Cette dernière espèce diffère, en outre, de la L. tropicalis par ses épines latérales plus nombreuses et plus inégales, par ses épines branchiales réduites à trois ou quatre de chaque côté, par ses fouets antennaires plus allongés, enfin par sa pince droite qui est très réduite. La carapace des Lithodes s'élargissant avec l’âge, il y a lieu de penser que les spécimens de grande taille de la Z. WMurrayi, S'il en existe, seraient encore plus larges que la Z. tropicalis, car les individus recueillis par le « Challenger » sont tous de taille médiocre et ressemblent déjà tout à fait, par la largeur de leurs régions branchiales, au spécimen que nous avons décrit plus haut.

Coorariox. — Notre exemplaire, desséché, conserve encore la teinte

rouge qui devait être celle de l'animal vivant.

RHINOLITHODES, Brandt,

Rhinolithodes biscayensis, A. M.-Epw. et Bouv. PI. XX VII, fig. 21.

1894. Rhinolithodes biscayensis, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, ss.

1894 (1895). Rhinolithodes biscayensis, E.-L. Bouvier, Ann. des Sc.nat., Zool., sér. 7, t. XVIII np. 1818et109 SD EXT S; pl. XII, fig. 12.

1893 (1896). Ahinolithodes biscayensis, E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat., Zool., sér. T7, t. XIX, p. 26.

Par son aspect général et par ses ornements, cette espèce ressemble beaucoup au Paralomis aculeatus Henderson, mais elle s’en distingue au premier abord par le contour plus triangulaire de la carapace, par ses pattes qui sont beaucoup plus courtes, par sa région gastrique qui est moins renflée, enfin par les épines bien développées de ses pédoncules oculaires.

Le rostre est très épineux dans les deux espèces, et son épine médiane s’insère, dans toutes deux, au-dessous des épines latérales ; ilest d’ailleurs plus court dans notre espèce et il se recourbe moins fortement vers

le haut. Comme dans le P. aculeatus, on observe une petite épine médiane vers la base du rostre, deux épines symétriques plus fortes à une faible distance en arrière, une assez forte épine sur le front, immédiatement en dehors de l'orbite, et une autre beaucoup plus grande sur langle antéro-latéral. Toutefois, tandis que ces deux dernières épines sont fort éloignées l’une de l’autre dans l'espèce de M. Henderson, elles sont relativement rapprochées dans la nôtre, ce qui tient à la position de l’épine antéro-latérale qui est située en dehors des pédoncules antennaires dans le P. aculeatus, tandis qu’elle est un peu au-dessus de ce pédoncule dans le 2. biscayensis.

Le sillon cervical est profond, surtout en arrière de la région gastrique ; le sillon cardiaque est beaucoup moins marqué et délimite une aire triangulaire comme dans le P. aculeatus; les régions branchiales ne paraissent pas plus renflées que dans cette dernière espèce. La carapace tout entière est couverte de tubercules spiniformes qui sont sensiblement plus développés en avant et près des bords; ces tubercules sont isolés les uns des autres, très inégaux et ornés de poils courts et raides ; ils diffèrent, par tous ces caractères, de ceux du ?. aculeatus.

Les bords latéraux sont armés de chaque côté de six fortes épines, trois sur les aires hépatiques, y compris l’épine antéro-latérale, et trois sur les aires branchiales; entre ces épines s’en trouvent d'autres plus petites, mais le nombre total des épines marginales un peu importantes ne paraît pas s'élever à douze, comme dans le ?. aculeatus; du reste, on n’observe pas, sur le bord postérieur de la carapace, la double rangée de tubercules coniques que M. Henderson signale dans le ?. aculeatus.

Les pédoncules oculaires sont à peu près contigus à leur base, mais ils présentent des granulations sur leur bord interne, et ils portent en dessus trois ou quatre épines dont l’une déborde, en avant, la cornée.

Les pédoncules antennulaires dépassent un peu les pédoncules antennaires. Ces derniers diffèrent de ceux du ?. aculeatus par un certain nombre de caractères : leur article basilaire est armé d’une spinule sur son bord externe, comme dans cette dernière espèce, mais l’article suivant en a trois sur le même bord, au lieu de deux, et le quatrième en a une qui paraît faire défaut dans le P. aculeatus. Les épines de l’acicule

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sont au nombre de quatre dans les deux espèces, toutefois la grande épine supérieure de l'espèce de M. Henderson est remplacée par un faible tubercule aigu dans la nôtre; en outre, le fouet paraît plus grèle dans cette dernière espèce et présente de nombreuses soies courtes qui n’ont pas été signalées dans le ?. aculeatus.

Les pattes-mächoires antérieures se font remarquer par la largeur de leur exopodite et par la forme longuement ovalaire de leur palpe; celles de la dernière paire sont séparées, comme dans le P. aculeatus, par un large sternum armé de deux épines, mais leur propodite, au lieu d'être égal à chacun des deux articles contigus, comme dans cette dernière espèce, est sensiblement plus allongé.

Les pattes ont la même forme et la même armature épineuse dans les deux espèces, maiselles sont bien plus courtesdans la nôtre et lesépines de leurs pattes ambulatoires sont moins distinctement sériées. Elles sont ornées de touffes de poils raides et peu allongés, dans les deux espèces. Le méropodite et le carpe des pattes antérieures sont armés d’épines sur leur face supéro-externe ; il y a deux ou trois épines assez fortes sur le bord interne du méropodite, et trois plus grandes sur le bord interne du carpe. La face externe de la pince est ornée de granulations qui forment deux rangées longitudinales plus fortes sur la pince droite ; elle est armée de deux rangées de petites épines sur le bord supérieur du propodite; le bord inférieur de la pince est infléchi vers le bas. La patte antérieure droite est plus longue et plus forte que la gauche ; les doigts de sa pince laissent entre eux un hiatus très évident. Les doigts des pattes ambulatoires sont à peine plus longs que le propodite, et diffèrent en cela de ceux du ?. aculeatus qui sont beaucoup plus courts; ils sont armés en dessous d'une rangée de soies raides et présentent, à leur base, quatre tubercules spiniformes, deux en dessus et un de chaque côté.

Le second article de l'abdomen est beaucoup moins armé que la carapace, et diffère par conséquent beaucoup de celui du P. aculeatus ; il est granuleux, mais porte de chaque côté cinq ou six tubercules coniques. Les autres segments abdominaux ont une surface plutôt irrégulière que granuleuse et présentent de petites touffes de poils très courts.

Hawrrar, Dimexsioxs. — Talisman, 1883 : 30 août, n° 14, 1 480 mètres; golfe de Gascogne : lat. N. 45°59", long. O. 629". Corail. Un spécimen femelle dont les dimensions sont les suivantes :

Longueur de la carapace y compris le rostre......... 14,7 millim. — du rostre depuis le bord postérieur de l'orbite: ect EE ET DD — Largeur maximum de la carapace................... 11,8 — Longueur de la patte antérieure droite........... 21 — dela pincedecettepatte ere" crc. 9 — — des doigts de cettespatte "07. 5) — — de la patte ambulatoire antérieure droite... 21,5 — AreiniTés, — Comme on vient de le voir, la À. biscayensis ne diffère

essentiellement de la ?. aculeata que par les caractères génériques de son abdomen. Spécifiquement, elle paraît s'éloigner davantage de la R. Wossnesenskii, Lithodien dont l’évolution est plus avancée, ainsi qu'en témoigne l'allongement de la saillie dorsale du rostre. Comme l’un de nous l’observait dans un précédent mémoire (1), « entre la /?. biscayensis et la À. Wossnesenskii existent les mèmes différences qu'entre la Zifhodes antarchica et a L. archica, abstraction faite, bien entendu, des différences que présente la carapace et qui paraissent être considérables ».

FAMILLE DES HIPPIDÆ, Ebw.

SOUS-FAMILLE DES HIPPINÆ, Dana.

REMIPES, Latr.

Remipes scutellatus, Far.

1793. Hippa scutellata, Fabricius, Ent. Syst. t. IT, p. 474.

1847. Remipes scutellatus, White, List. Crust. brit. Mus., p. 57.

1877. Remipes scutellatus, Miers, Journ. linn. Soc. Lond., vol. XIV, p. 319 (ubi syn.)

1888. /temipes scutellatus, Henderson, Anomura, Challenger, Zool., vol. XXVIT, p. 588 (ubi syn.)

Cette espèce paraît être répandue sur le littoral dans toutes les mers chaudes du globe.

(4) E.-L. Bouvier, Recherches sur les affinités des Lithodes et des Lomis avec les Pagurides. — Ann. sc. nat., Zool., série 7, t. XVIIL, p. 184, 1894.

HIPPIDÆ. 273

Le Talisman l'a recueillie à La Praya, iles du Cap-Vert, au mois de juillet. Parmi les quatre exemplaires caplurés se trouvait une femelle portant des œufs.

SOUS-FAMILLE DES ALBUNEINÆ, Srimrson.

ALBUNEA , Fabr.

Albunea elegans, A. M.-Epw. et E.-L. Bouv.

PI. XX VIII, fig. 22-25,

1898. Albunea elegans, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Bull. du Mus., p. 236.

Le «Talisman » à recueilli à La Praya, îles du Cap-Vert, par 10-30 mètres de profondeur, six Albunées qui ressemblent complètement à des Crustacés du même genre que M. À. Bouvier avait précédemment rapportés de la même région. Les caractères spécifiques de ces Crustacés sont les suivants : 1° les pédoncules oculaires se rétrécissent régulièrement de la base au sommet, qui est fort étroit et presque tout entier occupé par les yeux; ils sont toujours deux fois plus longs que larges, droits ou un peu concaves sur le bord externe, rarement légèrement convexes ; 2’ les épines frontales situées de chaque côté de l’échancrure sont ordinairement au nombre de 11 ou 12; quelquefois il y en a 10, très rarement 13, en comptant comme deux épines la pointe la plus interne qui est fréquemment bifurquée; 3° le doigt des pattes de la 3° paire est muni à sa base d’un lobe obtus assez saillant ; 4° le dernier segment abdominal de la femelle est ovale et une fois un tiers aussi long que large ; ses bords ne sont pas régulièrement arrondis en arrière, mais formés, en cet endroit, par une ligne à peine convexe en dehors ; » le dernier segment abdominal du mâle est sensiblement aussi long que large; ses côtés ne sont pas régulièrement arrondis, mais formés par trois lignes peu convexes.

Dans l’A. symnista Fabr., qui habite les Indes orientales, les pédoncules oculaires sont deux fois aussi longs que larges, et fortement convexes en dehors; le front est armé de chaque côté de 12 à 14 épines; le dernier segment abdominal de la femelle est régulièrement ovalaire et celui du mâle est convexe sur ses bords, aussi bien à la base qu'au voisi-

nage de l'extrémité libre. — Dans l'A. Guerini Lucas, de la Méditerranée,

les pédoncules oculaires ont la même forme que dans l'A. symnista, mais ils sont encore plus courts, les épines frontales sont plus serrées, le doigt des pattes de la 3° paire paraît n'avoir qu'un lobe arrondi et rudimentaire, le dernier segment abdominal du mâle, enfin, est subtriangulaire et ses bords forment de chaque côté deux lignes, une convexe, à la base, el une seconde sensiblement droite et beaucoup plus longue, en arrière.

Notre espèce se rapproche surtout de l'A. oxyophthalma Leach des Indes occidentales et s’en distingue surtout par la longueur de ses pédoncules oculaires, dont la longueur dépasse rarement deux fois et demie la largeur, au lieu de l’égaler trois fois comme dans l'A. oxyophthalma. Le dernier segment abdominal du mäle a presque sensiblement la même forme que celui de l'espèce des Antilles, mais les trois lignes qui constituent de chaque côté ses bords, dans cette dernière, sont plus convexes et sans séparation distincte. Ces différences sont peu importantes et l’on doit considérer l’A. e/egans comme une forme représentative très peu modifiée de VA. oryophthalma.

Nous convenons qu’il serait peut-être plus logique de considérer l’A. eleyans comme une variété orientale de l’A. oxyophthalma ; mais nous attendrons, pour nous prononcer, qu'une étude systématique minutieuse ait été faite des représentants de la même famille. Dans sa revision des Hippidés (1), Miers s’est borné, comme nous l'avons fait plus haut, à l'étude des caractères les plus externes et les plus apparents de l’animal et il a complètement négligé l'appareil branchial et les appendices buccaux. Or il y a là, bien certainement, des éléments de détermination qu'on ne saurait négliger et nous pensons qu'on en devra tenir compte dans une revision rigoureuse de la famille.

La formule branchiale de l'A. eleqans est la suivante :

PATTES. PATTES-MACHOIRES

V IV Ill Il I Il II I

Pleurobranchies ....... d 0 0 0 0 0 0 0 Arthrobranchies....... Û D è 72 U 0 0 Épipodites.." "22... 0 0 0 0 0 0 0 Î

(1) Miers, Revision of the Hippidea. — Journ. Linnean Soc. London, Zoology, vol. XIV, p. 312- 336, pl. V, 4877.

HIPPIDÆ. 275

La pleurobranchie est réduite, larthrobranchie antérieure des pattesmächoires est une lame sans feuillets; enfin on observe très nettement, à la base des pattes-mächoires postérieures, l'anneau articulaire d'un épipodite qui a disparu.

Nous avons observé une formule branchiale absolument semblable dans des Albunées que M. Jousseaume à recueillies dans la mer Rouge et que nous attribuons à l'A. synista Fabr. Toutefois, dans cette dernière espèce, M. Claus a observé un épipodite à la base des pattesmächoires postérieures.

D'après les observations de M. Boas, cet épipodite n’existerait pas dans A. Pareti Guérin, mais il y aurait par contre, dans cette espèce, une pleurobranchie rudimentaire à la base des pattes de la 3° et de la 4" paire. Pour Miers et Kingsley, l'A. Pareti ne serait pas autre chose que l’A. oryophthalma qui ne différerait dès lors pas beaucoup, au point de vue de l'appareil branchial, de l'A. e/eqans.

En somme, les différences qui séparent l'A. e/eqans, VA. oryophthalma, et même l’A. Guerini Lucas, des A. symnista de la mer Rouge sont très faibles et il est fort possible qu'on arrive à considérer plus tard ces diverses formes comme de simples variétés locales d’une mème espèce.

Dans l’exemplaire mâle que nous avons figuré, la carapace à 17 millimètres de longueur maximum et mesure 15 millimètres et demi dans sa partie la plus large. La longueur des pédoncules oculaires dépasse légèrement 5 millimètres.

Albunea Guerini, LUCAS.

1853. Albunea Guerinii, Lucas, Rev. el Mag. de Zool., sér. 2, E V, p. 47.

1878. Albunea Guerinii, E.-J. Miers, Journ. linn. Soc., Zoology, vol. XIV, pl, fig. 9, D'e21.

1849. Albunea symnista, Lucas (non Linné), ist. nat. des Anim. art. de l'Algérie, À. 1 p' 27, n058; pl Ii 82

Hasrrar. — Cette belle espèce, qui parait propre à la Méditerranée, a été rapportée d'Oran par les naturalistes du Travailleur (1881); ils la tenaient de M. Deshayes qui leur en donna deux exemplaires.

Elle fut trouvée par M. Lucas dans la rade d’Alger et paraît affectionner les fonds sablonneux de 30 à 40 mètres.

[ep]

FAMILLE DES GALATHEIDÆ, Boas.

SOUS-FAMILLE DES GALATHEINÆ, Epw. et Bouv.

ETRIBU DES GALATHEZÆ, Epw. et Bouv.

1° Groupe des Galatheæ oculifères et flagellés. °GALATHEA, Fabr.

Galathea squamifera, LEACu.

PI. XXIX, fig. 1.

1815. Galathea squamifera, Leach, Halac. pod. brit., pl. XXVIT À, fig. Let 3à 8. 1888. Galathea squamifera. J. Bonnier, Bull. scient. du Nord et de la Belgique, sér. 8, t. I, p. 57, pl. XIII, fig. 1-5 (ubi syn.).

1894. Galathea squamifera, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann.des Sc. nat., Zool., sér. 7, t. XVI, p. 203, 250, 252, 325.

Hawrar. — Travailleur, 1881 : juillet, Nice.

Deux mâles d'assez grande laille.

Talisman , 1883 : 28 juin, n° 55, 30 mètres. Lanzarote.

Un mâle et deux femelles, dont l'une est sacculinée.

28 juin, n° 56, 30 mètres; canal de la Bocayna.

Un mâle.

Le Muséum possède également cinq spécimens de cette espèce, qui lui ont été envoyés des Acores par M. Collot, chef des travaux du port à Punta-Delgada. Ces spécimens, qui sont mâles, ont tous des pinces allongées, sans hiatus et régulièrement épineuses sur les bords; dans le plus grand, la carapace atteint 17 millimètres de longueur; dans le plus petit, elle ne dépasse pas 6 millimètres ; dans tous deux, d’ailleurs, les appendices sexuels sont développés.

DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE. — La G. squamifera se trouve communément dans toutes les mers européennes depuis les côtes de Norvège, où elle a été signalée par Loven et par Sars, jusqu’à celles d’Espagne. Au nord, elle pénètre dans le détroit de Cattégat, au sud elle se retrouve dans la Méditerranée où on l’a signalée jusque dans l’Adriatique. On la connaît encore aux îles du Cap-Vert et aux Açores (Barrois).

C'est une espèce côtière ou plutôt subcôtière, qui se trouve assez

GALATHEIDÆ. 271

fréquemment aux marées basses : Heller et Stalio la signalent jusqu’à 3) brasses dans la Méditerranée, Tous nos spécimens subtropicaux sont

beaucoup plus petits que ceux des côtes francaises.

Galathea intermedia, LiLJEBORG.

1852, Galathea intermedia, W. Liljeborg, Ofo. kongl. vel. Akad. Fürh., p. 21, 1851. ISSS. Galathea intermedia, J. Bonnier, Bull. scient. du Nord de la France et de la Belgique, sèr. 3, LI, p.41, pl. X et XI (bi syn.) 1894. Galathea intermedia. À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nal., 21007 SL. NNIL D 225 2h10 2521225 1894. Galathea intermedia, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Result. des camp. scient. de Ü'« Hirondelle », fase. VIT, p. Si, pl VIH, fig. 1-10.

1815. Galathea squammifera, Leach, Halar. pod. Brit, pl XX VII A, fig. ? 1857. Galathea Andrewsi, JR. Kinahan, Nat. Hist. Review, IV, p. 228, pl XVI, ig. Sa,d.

1857. Galathea nexa, J.-R. Kinahan, Nat. Hist. Review, t IV, p. 157. 1882. Galathea Giardii, Th. Barrois, Crust. pod. de Concarneau, p. 22. 1887. Galathea Parroceli, P. Gourret, (C. A, Acad. des Sciences, &. OV, p. 1094.

Travailleur : golfe de Gascogne, 70 mètres.

Deux spécimens de grande faille, un mâle et une femelle. Le mâle a des pinces longues et à doigts très écartés; son céphalothorax mesure 8 millimètres de longueur.

Travailleur, AS8T : 11 juillet, n° 15, 40 mètres; au large de Villefranche lat. N. 43°40", long. E. 5°. Fond coralligène.

2 le) Le Deux exemplaires : une femelle avec des œufs et un male. 46 juillet, n° 24, 40 à 60 mètres; au large de Bonifacio ; lat. N. 41°22/ 4 , , ? , long. E. 6°47’. Gravier, coraux.

Une douzaine d'exemplaires, dont plusieurs femelles avec des œufs. Travailleur, AS82 : # août, n° 47, 80 mètres; Ténériffe. Sable, roche. >| o , ? 1

Un spécimen màle de très petite taille.

9 août, n° 52, 100 à 150 mètres ; Desertas. Corail, roche, sable.

Une trentaine de spécimens, presque tous femelles el munis d'œufs. Tous ces individus sont de très petite taille, quoique adultes, et la carapace, chez la plupart d'entre eux, ne dépasse pas # millimètres de longueur. Le rostre est fort aigu et assez profondément échaneré, comme chez tous les petits représentants de l'espèce; comme chez ces derniers aussi, les pattes antérieures sont d'une gracilité extrême. Chez les mâles, les pattes antérieures sont plus longues que chez les femelles, mais la forme des pinces est la même.

Talisman, 1883 : 6 juin, n° 2, 9 mètres ; golfe de Cadix; lat. N. 36°53",

, , ; 10 long. O. 10°52’. Vase, coquilles.

Quatre femelles, dont trois avec des œufs. Les pattes sont courtes et très grèles.

98 juin, n° 55, 120 mètres; Canaries, à l'entrée et à l'intérieur de la Bocayna : lat. N. 28048", long. O0. 16°6". Sable, coquilles, cailloux.

Quarante à cinquante individus de petite taille, dont plusieurs femelles avec des œufs.

9 juin, n° 5, 60 mètres; au large de Cadix : lat. N. 36°26”, long. O. 8°47'. Vase, coquilles.

Six beaux exemplaires, dont une femelle avec des œufs.

13 juillet, n° 90, 135-250 mètres; au nord du banc d'Arguin : lat. N. 2151", long. O0. 19°48". Sable vasard verdätre.

Exemplaire femelle.

13 juillet, n° 91, 235 mètres; même lieu; deux femelles, l’une avec des œufs, l’autre sacculinée.

23 juillet, n° 103, 225 mètres ; environs de La Praya. Sur les bancs à corail rouge.

Deux petites femelles ovigères, à pinces très courtes.

26 juillet, n° 104, 21 mètres; Saint-Vincent. Corallines.

Huit individus médiocres ou petits, dont quelques femelles avec des œufs.

27 juillet, n° 105, 110-180 mètres; entre l'ilot Branco et l'ilot Razo. Sable et roches.

Six exemplaires, dont une femelle avec des œufs.

28 juillet, n° 106, 70 mètres; à l'entrée de la rade de Porto-Grande. Sable et coquilles.

Une femelle.

29 juillet, n° 108, 318 mètres ; îles du Cap-Vert : lat. N. 17°, long. O. 27°23/. Sable, coquilles.

Une femelle sacculinée.

70 mètres ; Acores.

Trois petits exemplaires femelles avec des œufs.

DisrriBurion. — Cette espèce est très commune dans les mers européennes, et c’est elle que ramènent le plus souvent les dragages effectués sur nos côtes à des profondeurs médiocres. Elle est surtout commune entre 15 et 80 mètres, mais elle peut descendre beaucoup plus bas et a été trouvée par le « Talisman » jusqu’à 225 mètres de profondeur. Son extension géographique est aussi grande que celle de la G. squamifera. La taille des individus paraît se réduire à mesure qu'on se rapproche des tropiques.

Galathea dispersa, Sp. BATE.

PI. XXIX, fig. 2et3.

1859. Galathea dispersa, Sp. Bate, Proc. linn. Soc. London, vol. TI, p. 3.

1888. Galathea dispersa, J. Bonnier, Bull. scient. du Nord et de la Belgique, sér. 3, t. I, p. 68, pl. XII, fig. 1-3 (ubi syn.).

GALATHEIDÆ. 279

1894. Galathea dispersa, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat. Zool., sér. 7, t. XVI, p. 203, 250, 252, 320, 325.

1899. Galathea dispersa, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de Ü «Hirondelle» (supplément) e{ de la « Princesse-Alice », fase. XIII, p. 72.

1863. Galathea nexa, G. Heller, Crust. südl. Europa, p. 194, pL VL fig. 4.

1886. Galathea intermedia, Norman, Rep. brit. Assoc. Advanc. Science. p. 195.

Hasrrar, VariarTioxs. — Travailleur, ASST : 6 juillet, n° 9, 445 mètres; au large de Marseille : lat. N. 44°, long. E. 3°29°. Fond coralligène.

Deux beaux exemplaires mâles.

11 juillet, n°15, #5 mètres; au large de Villefranche : lat. N. 43°40", long. E. 5°. Fond coralligène.

Un petit exemplaire mâle à rostre plus allongé que d'ordinaire et à pattes plus épineuses.

Travailleur, ASS2 : 12 juillet, n° 23, 411 mètres; au nord de l'Espagne lat. N. 444", long. O. 9°27’. Sable, gravier.

Un exemplaire mâle dont le céphalothorax mesure 6 millimètres de longueur; les appendices sexuels sont développés, mais il n'y a pas encore de hiatus sensible à la pince gauche.

13 juillet, n° 12, 500 mètres ; nord de l'Espagne : lat. N. 4%°6", long. O. 9°29"30”. Roche.

Neuf spécimens mäles et cinq femelles, dont une avec des œufs. Les spécimens femelles ont souvent un léger hiatus aux deux pinces, et en cela ressemblent tout à fait à beaucoup de mâles.

20 juillet, n° 51, 70 mètres ; iles Berlingues.

Deux spécimens de petite taille, un male et une femelle.

3 août, n° 46, 30 mètres. Lanzarote.

Un mäle de moyenne taille (longueur de la carapace 7%%,5) dont la pince gauche à un léger hiatus.

9 août, n° 52, 100 mètres; près de Madère.

Sept spécimens, quatre mâles et trois femelles. L'un de ces mâles, qui est de même taille que le précédent, se fait remarquer par les doigts largement écartés de sa pince gauche, qui est identique d'ailleurs à celle qu'a figurée M. Bonnier (pl. AU, fig. 3); les autres mâles et les femelles ont des pinces peu dissemblables, plus épineuses et à faible hiatus.

Talisman, 1883 : 6 juin, n° 2, 99 mètres; golfe de Cadix : lat. N. 3654, long. O0. 10°52". Vase, coquilles.

Trois jeunes mäles et deux femelles de grande dimension (longueur de la carapace : 12 millimètres), à pinces longues, peu épineuses, ornées de nombreuses lignes striées.

6 juin, n° 3, 106 mètres; golfe de Cadix : lat. N. 36°53", long. O. 10°48". Vase, coquilles.

Deux femelles à pattes antérieures assez courtes, très épineuses, sans hiatus, et un mäle qui ressemble à peu près complètement à la femelle du numéro précédent.

6 juin, n° #4, 118 mètres ; mêmes parages et même fond.

Une douzaine de spécimens de grande taille, pour la plupart femelles. Les femelles ont toutes des pattes plus courtes et plus grèles que les mâles; dans ces derniers, la pince gauche est pourvue d'un hiatus très prononcé.

28 juin, n° 55, 120 mètres; Canaries, dragages à l'entrée de la Bocayna lat. N. 28°48", long. O. 16°6". Sable, coquilles, cailloux.

Trois individus de petite taille, non adultes.

De toutes les variations que nous venons de signaler, les plus importantes sont celles relatives aux caractères sexuels: quand les spécimens sont de grande taille, les femelles ont les pattes plus grèles et plus courtes que les mâles ; quand ils sont plus petits, quoique adultes déjà, il est difficile de trouver des traces sensibles de caractères sexuels sur les appendices antérieurs.

DisrriBurion. — Cette espèce est relativement peu commune dans les mers européennes, mais sa distribution géographique est assez étendue. On la rencontre depuis les côtes de Norvège (Sars) jusqu’en Espagne; elle pénètre dans la mer Méditerranée et s'avance au sud jusqu'à Madère et aux îles Canaries, où elle a été trouvée par le « Talisman ».

Très rare dans la région subcôtière, cette espèce devient plus commune dans les profondeurs assez grandes, surtout dans celles de 100 mètres. Elle remonte parfois jusqu'à 10 mètres de profondeur (Bonnier), et peut descendre, ainsi qu'il résulte des recherches du « Travailleur », jusqu’à 550 mètres.

Galathea rufipes, Ebw. et Bouv.

PI. XXIX, fig. 4-8.

1894. Galathea rufipes, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat. Zool., sé Nr, C XVI p.252;

Cette espèce appartient au même groupe que la Galathea intermedia et présente comme elle un épipodite à la base des pattes antérieures. Elle s’en distingue par les caractères suivants :

1° Le rostre est plus infléchi vers le bas; il présente une large et assez profonde dépression dorsale, enfin il est profondément découpé de chaque

côté en denticules aigus dirigés en avant.

GALATHEIDÆ. 281

2" Le bord inféro-externe de l'orbite est muni de deux ou trois denticules très prononcés, tandis qu'il forme, dans la 6. intermedia, une saillie aiguë à bords irréguliers.

3 L'article basilaire des antennules présente trois longues épines au lieu de deux ; son article terminal est d'ailleurs muni d’une rangée de longues soies simples qui font défaut à la G. intermedia.

f Les pattes-mächoires externes se font remarquer par leur méropodite qui est presque aussi long que l'ischiopodite, et qui présente, sur son bord supérieur, deux denticules aigus. Comme dans la G. intermedia, on observe deux épines allongées sur le bord inférieur du mème article, mais ces épines n’occupent pas exactement la même place dans notre espèce, l'une d'elles étant, en effet, subterminale et non terminale.

» Les pattes antérieures présentent de nombreuses épines ou des saillies aiguës, et leurs pinces ont des doigts remarquablement plus courts que ceux de la G. éntermedin.

Nous relevons ci-dessous les dimensions de spécimens mâles appar-

tenant à l’une et l’autre espèce.

Gal. rufipes. Gal. inlermedia.

Longueur de la carapace v compris le rostre.... 5,3 millim. $S millim. — LOSRE Me Lau. 2 — 2,7 — — de la patte antérieure droite....... [5 — 29 — — de la pince de cette patle.......... (CPE (DIS - des doigts de la pince.............. 2,1 — D = — de la patte antérieure droite........ 6,2 — 11,5 —

Hasrrar, Varrarioxs. — Talisman, 1883 : 29 juillet, n° 108, 318 mètres: iles du Cap-Vert: canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine. Sable el coquilles.

De nombreux spécimens presque tous mâles. Les plus grands ne dépassent eucre la taille de celui dont nous avons donné plus haut les dimensions. Les palles antérieures des mâles sont toujours très allongées, mais leurs pinces sont fort variables, tantôt plus longues, tantôt moins, tantôt avec un large hiatus, lantôt sans la moindre trace de ce dernier, quelle que soit d'ailleurs la aille de l'individu. Les femelles sont rares, très pelites el pourvues d'œufs; leurs pattes antérieures sont fort courtes, plutôt grèles, el ornées sur le méropodite et sur le carpe d'épines plus longues que celles du mâle. Dans la plus grande femelle, la carapace mesure # millimètres de longueur el Va plus grande patte T millimètres.

23 juillet, n° 103, 275 à 150 mètres: environs de La Praya, sur les fonds à corail rouge. Sable el roche.

Trente spécimens environ, semblables aux précédents.

(TaLISMNAN, — Crustacés.) 36

28 juillet, n° 107, 75 mètres; canal de Saint-Vincent à Saint-Antoine.

Une femelle avec des œufs.

13 août, n° 125, 80 à 115 mètres; entre Fayal et Pico. Sable noir.

Deux spécimens, une grande femelle avec des œufs, et un pelit mäle. Le céphalothorax de la femelle mesure 5 millimètres de longueur.

13 août, n° 124, 629 mètres; Acores : lat. N. 38°25, long. O. 31°4". Sable, roches.

Une femelle de petite laille avec des œufs.

Galathea strigosa, Lixné.

1766. Cancer strigosus, Linné, Syst. nat. 12° édit., p. 1052.

1777. Astacus strigosus, Pennant, Brit. Zool., p. 18, pl. XIV, fig. 26.

1781. Pagurus strigosus, Fabricius, Spec. Insect., LT, p. 508.

1798. Galathea strigosa. Fabricius, £nt. syst., 1. I, p. 471.

ISSS. Galathea strigosa, J. Bonnier, Bull. scient. du Nord el de la Belgique:{3). ET, p. 74, pl. XI, fig. 4-6 (ubi syn.).

1894. Galathea strigosa, A. M.-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat. Zoo!., sér tt. XVI, p. 227,252, 253, 325:

1815. Galathea Spinigera, Leach, Trans. linn. Soc. London, vol. XT (181%), 1815; Walar.

Brit., pl. XXVIIB, fig. 2.

Hanirar. — Cette espèce est représentée dans les collections qui font l'objet de celte étude par trois grands spécimens, deux males et une femelle, qui ont été dragués par le Travailleur, en juillet 1880, dans le golfe de Gascogne, vers 60 mètres de profondeur. Chez la femelle, les pinces ont un assez grand hiatus, et il y à un faible tubercule sur le doigt mobile; le tubercule et le hiatus augmentent chez les mâles avec la taille.

Disriguriox. — La distribution géographique de celte espèce est Ia mème que celle de la G. intermedia, avec cette restriction, toutefois, qu'elle ne parait pas s'étendre aux îles du Cap-Vert. D'après Heller, elle se trouverait dans la mer Rouge. Sa distribution bathymétrique n’est pas moins étendue; elle peut remonter jusqu'à la côte, et descendrait,

d’après M. Bonnier, jusqu'à 600 mètres de profondeur.

Galathea Agassizi, À. M.-Enw.

PI. VI, fig. 7 (en couleur).

ISS0. Galathea Agassisii, À. Milne-Edwards, Bull. Mus. Comp. Zoël., vol. VIH, n

189%, Galathea Agassisii, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. Se. nal., Zool.. Sér-M, 0 N VI DR a 324.

1897. Galathea Agassisii, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Hem. Mus. Comp. Zoûl..

D VOL ENIXEn2e 10 17e Fe I, fig. G-15.

GALATHEID Æ. 283

Cette espèce est intéressante à plus d'un litre, mais surtout parce qu'elle est un des rares Galathéidés qui soient communs aux deux rives de Atlantique; il est probable qu'elle doit se trouver quelque part dans des stations intermédiaires, mais comme c’est une espèce évidemment sociale, elle est groupée de préférence en certains points, et c’est le

seul hasard des coups de dragues qui permet de constater sa présence.

Uawrrar, VartarioNs. — Talisman, 1883 : 17 juin, n° 34, 836 à 868 mètres; côte du Maroc : lat. N. 32°27', long. O. 12°15'. Vase rouge.

Un magnifique spécimen femelle dont la carapace, ÿ compris le rostre, mesure 12 millimètres de longueur. Pinces sans hiatus.

21 juin, n° 36°, 1050 mètres; Mogador : lat. N. 31°34", long. O. 12°43'". Vase rouge.

Trois individus : une femelle avec des œufs très avancés, un mäle de médiocre laille, et un spécimen complètement logé dans la cavité d'une Éponge.

27 juin, n° 52, 946 mètres ; Canaries : lat. N. 2833", long. 0. 15°39. Sable piqué de noir.

Une douzaine de spécimens, presque tous mâles; plusieurs appliqués contre des fragments d'Aphrocallistes. Le céphalothorax des plus grands exemplaires ne dépasse pas 9 millimètres.

27 juin, n° 53, 905 mètres; Canaries : lat. N. 28°35", long. O. 15939”.

Une quinzaine de spécimens un peu plus grands que les précédents; plusieurs

d'entre eux sont logés dans des Aphrocallistes.

S juillet, n° 62, 640-782 mètres; cap Bojador : lat. N. 2620", long. O. 1713". Sables, coquilles, coraux.

Une quinzaine d'exemplaires, males pour la plupart, el de taille presque toujours médiocre,

S juillet, n° 63, 640 mètres: cap Bojador : lat. N. 26°18", long. 0.147912". Sable, coquilles, coraux.

Un màle de médiocre laille.

9 juillet, n° 70, 698 mètres; cap Bojador : lat. N. 2539", long. O0. 181$". Sable, vase et coraux.

Une trentaine de spécimens, tous mâles. Dans le plus grand, le céphalothorax mesure 12 millimètres de longueur, la pince droite a un large hiatus, et la gauche un très faible; dans les autres, qui sont un peu plus petits, mais à peu près tous de même faille, on observe indifféremment des exemplaires dont les deux pinces sont sans hiatus, et d'autres où tantôt la patte droite, tantôt la gauche présente un hiatus bien développé.

9 juillet, n° 71, 640 mètres; même localité.

21 spécimens, 43 femelles et 8 mâles. Les femelles n'atteignent pas la taille des grands mâles et leurs pinces, qui sont parfois dissemblables, présentent parfois aussi un très faible hiatus: leur abdomen n'est pas sensiblement plus large que celui des mâles. L'une de ces femelles portait des œufs très avancés et même

quelques mélazoés récemment écloses. Les mâles ont, comme de coutume, des palles antérieures variables: le plus grand de tous est armé de pinces très inégales et dépourvues d'hialus, comme la plus grande femelle.

9 juillet, n°72, 882 mètres; mêmes parages etmêème fond (la long. O. est 18°22”).

200 spécimens environ, dont presque les deux liers sont des mâles. Beaucoup de ces derniers, même parmi les plus grands, ont des pinces sans hiatus: beaucoup de femelles, par contre, ont une pince à large hialus comme les males les plus typiques. Mais la laille moyenne des femelles est toujours inférieure à celle des males et leurs pattes antérieures sont sensiblement plus courtes. C'est là, eroyonsnous, la seule différence sexuelle qui soil à peu près constante.

2% juillet, n° 103, 275 à 150 mètres; environs de La Prava. Bancs de corail rouge, sable et roche.

Un spécimen mâle de moyenne taille.

Areinirés. — Comme la G. striqosa, celte espèce est dépourvue d'épipodites à la base des pattes, mais elle s’en distingue par la taille, la forme, les ornements, et surtout par la présence de soies antennulaires accessoires.

Elle à sans doute bien plus d’affinités avec la G. integrirostris Dana. des iles Sandwich, qu'on ne connaît, d’ailleurs, que par la figure et la description très incomplète de Dana. Nous observerons toutefois que le rostre, dans notre espèce, est plus étroit, qu'il a deux denticules et non un seul au-dessus des veux, enfin que les pattes-mâchoires externes ne sont pas inermes comme dans l'espèce de Dana.

Disrriuriox. — La G. Agassizi fut découverte par le « Blake » dans la mer des Antilles (où elle paraît d’ailleurs être fort rare) entre 166 et 237 brasses de profondeur. Comme nous venons de le voir, elle est beaucoup plus commune au large des côtes du Sahara et parait V vivre à l’état grégaire. Elle semble affectionner les cavités que présente le squelette des Éponges solides.

COLORATION SUR LE VIVANT. — Teinte blanchätre fortement nuaneée de violet sur l’abdomen, laire gastrique et les pattes ambulatoires, lirant plutôt au rose jaunâtre sur les autres parties du test et sur les pattes antérieures.

GALATHEIDÆ. 285

MUNIDA, Leach.

Munida iris, A. M.-Enbw.

ISSO. Hunida iris, À. Milne-Edwards, Bull Mus. Comp. Zoël., vol. VIT 0° 1, p. 49.

1894. Munida iris, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat. Zool., sér.7T, t NV D. 256, 524:

1897. Munida iris, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, em. Mus. Comp. Zoël., vol. XTX;"n°2, p. 21; pl. Il, fe. .227.

ISSL, Munida caribæa ? SA, Smith, Pror. US. nat. Mus., vol. ITT, p. 428.

1885. Munida caribæa, SX. Smith, Pror, LU Senal. Mus. vol. VIE p. 40, pl. IL, fig:. 11,

LSS:.

ISS?, Munida, sp. indet, SL. Smith, Bull. Mus. Comp. Zoël., vol. X, n° 1, p. 22. pl. X, (onte

Le « Talisman » (drag. n° 105) a recueilli à La Prava, le 23 juillet 1SS3, par 279 mètres de profondeur, six pelites Wwrida qui paraissent adultes, bien que la plus grande ne mesure pas plus de 15 millimètres de longueur, de la pointe du rostre à lextrémité du telson. Comparés soigneusement au grand spécimen de J/. #ris recueilli par le « Blake » dans les Antilles et à ceux, plus petits et plus septentrionaux, qui appartiennent à la même espèce et que M. Smith à décrits avec doute sous le nom de Ÿ, caribæa, les spécimens du « Talisman » n'ont présenté aucune différence appréciable, si ce n’est que les courtes lignes cilites de leurs appendices sont très peu apparentes et que les lignes ciliées principales de leur carapace sont seules bien développées. Ces différences, d’ailleurs peu importantes, doivent être attribuées à la faible dimension des exemplaires, et disparaissent, en effet, dans un spécimen de taille plus grande recueilli par le « Talisman ». Elles présentent d'ailleurs quelques varialions secondaires; c’est ainsi que chez deux exemplaires on observe quatre spinules au lieu de deux sur le deuxième segment abdominal; c'est ainsi encore que l’une des deux épines qu'on trouve de chaque côté, en arrière du point où se bifurque la suture cervicale, devient rudimentaire et parfois nulle dans d'autres individus, d'ailleurs tout à fait normaux. Dans tous les cas, l'irisation des cils el des poils est au moins aussi nette que dans les spécimens les plus typiques de la JZ. res.

Hamrar, Variarioxs. — T'alisman, 1SS3:8 juillet, n° 67, 130 mètres; au large du Sahara : lat. N. 26°7, long. O. 17°8". Sable, coquilles, coraux.

Une femelle d'assez grande laille et munie d'œufs. Longueur du eéphalothorax sans le rostre, 6 millimètres et demi.

13 juillet, n°91, 155-140 mètres: parages du banc d'Arguin : lat. N. 2154", long. O. 19748". Sable vasard verdàtre.

Un male adulte dont le céphalothorax, sans le rostre, mesure 4 millimètres de longueur.

23 juillet, n° 103, 150-275 mètres; La Praya, iles du Cap-Vert. Sur les bancs de corail rouge.

Les six exemplaires signalés plus haut.

Disrrigurion. — La À. iris à été trouvée par le « Blake » au large des Barbades, par 209 brasses de profondeur; mais elle s'avance bien plus loin vers le nord, car on la capturée fréquemment au large des États-Unis où elle à été décrite par M. Smith sous le nom de NW, caribæa: dans cette région, elle remonte jusqu’au delà du 42° de lat. N., et occupe des profondeurs variant entre 65 et 264 brasses. C’est à peu près sous la même latitude que les Barbades qu'elle à été trouvée par le

« Talisman ».

Munida tropicalis, Epw. el Bouv. PI. XXIX, fig. 9-11.

ISO7. Munida tropicalis, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Bull. du Mus., p. 364.

Celle espèce se range parmi les Munides qui sont dépourvues d’épines cardiaques, mais dont les pinces sont rectilignes et qui présentent une paire d’épines sur le 2° segment abdominal: elle se rapproche surtout de la W. nornata, et se fait remarquer comme elle par ses lignes ciliées non irisées, par ses épines sus-orbitaires qui atteignent à peine la cornée et par armature épineuse de ses appendices ambulatoires.

Mais elle s’en distingue par un grand nombre de caractères : le rostre est sigmoïde, les lignes ciliées de la carapace et de l'abdomen sont peu nombreuses, larmature post-rostrale ne présente qu'une rangée de quatre spinules, les chélipèdes sont plutôt courts, presque dépourvus de lignes ciliées et ornés par contre d’un certain nombre de longues soies: les doigts des pinces sont beaucoup plus longs que la portion palmaire et ne forment qu'un très léger hiatus à leur base; le carpe

est court et muni d’une rangée d’épines sur sa face supérieure; le

GALATHEIDÆ. 987 méropodite estarmé lui-même d'une rangée longitudinale d'épines qui fait suite à la précédente: il présente en outre un certain nombre d’autres épines sur sa face interne, mais il en est dépourvu sur son bord externe. Le méropodite des pattes ambulatoires est muni de nombreuses spinules sur ses deux bords. Les Yeux sont très peu dilatés et le bord postérieur de la cornée est dépourvu de soies; le second article des pédoncules antennaires est armé de deux épines, l’une située en dehors, lPautre en dedans et en avant: le premier article des pédoncules antennulaires est orné de deux longues épines en dehors et d'une plus réduite en dedans; les soies antennulaires ne sont pas barbelées, et les pattesmächoires externes sont plus longues et plus grèles que celles de la M. inornatu.

Hamrrar, Variarions. — Talisman, 1883 : 23 Juillet, n° 103, 150 à 275 motres :

La Praya : sur les banes de corail rouge.

Un mäle adulte dont les dimensions sont les suivantes :

Longueur de la carapace v compris le rostre.......... 6,4 millim. == E SANS JEMTOSTE 4,9 == des pédoncules OCUIAITES 105 —

Diamètre maximum des yeux........................ I —

Longueur de la palte antérieure droite................ 1 — — du carpe de cette patte..................... DO — TEMARPINCÉ mess ere... So — HÉSADIQNS ee 2 ee sec oder eee PSS a —

Murida curvimana, Epw. el Bouv.

PI. XXIX, fig. 12-16.

1894. Wunida curvimana, À. Milne-Edwards et E.-L, Bouvier, Ann. des Se. nal.. Zool.…. sér. 7, t. XVI, p. 226, 227, 256.

La carapace est un peu plus large en arrière qu’en avant, elle est médiocrement convexe et ornée de lignes transversales finement granuleuses, qui sont assez écartées et ornées d’une bordure serrée de courts poils: certaines de ces lignes présentent des poils un peu plus longs, notamment celles qui occupent le bord postérieur du sillon cervical. Celui-ci émet, comme de coutume, une branche latérale qui sert de limite postérieure à un lobe branchial triangulaire sur le bord interne duquel se

trouvent deux épines; il ya b paires d'épines très inégales et disposées en

une seule rangée sur la partie antérieure de la région gastrique et, à quelque distance en arrière, une 6° paire d’épines assez fortes ; on observe en outre une épine à droile et à gauche de la région cardiaque, immédiatement en arrière du point où se bifurque la suture cervicale. Les épines marginales, v compris l’épine frontale latérale qui est la plus forte de toutes, sont au nombre de cinq de chaque côté : deux sur Paire hépatique, deux sur le lobe branchial antérieuret deux sur le lobe branchial postérieur. L'aire cardiaque est à peine distincte, eLun sillon transversal peu profond la divise en deux parties inégales. La partie orbitaire du front est inerme, mais présente une saillie où s'élèvent quelques pelits denticules.

Les veux sont très dilatés, et leur diamètre maximum dépasse la loneueur des pédoncules; en arrière du bord de la cornée se trouve une rangée de poils, qui sont aussi longs que la cornée en dessus et beaucoup moins en dessous. L’anneau ophtalmique est court, mobile, assez large.

L'article basilaire des pédoncules antennulaires atteint à peine lextrémité des veux et n’est que médiocrement dilaté ; il se termine en avant par deux épines situées l’une à droite, l’autre à gauche de lParlicle; vers sa parlie postérieure et sur sa face externe, il est muni d’une 3 épine qui est d'ailleurs très réduite.

L'article basilaire des pédoncules antennaires présente, sur sa face inlérieure, en avant de l’orifice rénal, une petite épine ; une épine beaucoup plus grande occupe l'angle antéro-externe de Particle suivant et une autre plus pelite Pangle interne; il y a aussi une petite épine à l'angle antérointerne du 3° article, et une autre à l'angle antéro-externe du quatrième. Les pédoncules n’atteignent pas Fextrémité des veux; ils se terminent par un fouet grêle et nu qui s'étend à peu près jusqu’à l'extrémité des pinces.

L'épistome présente une crête en forme de V: le sommet du V est occupé par une échancrure qui sépare complètement les deux branches; quant à ces dernières, elles sont elles-mêmes divisées en deux parties par une échancrure plus réduite. Les appendices buccaux se font remarquer par Île développement assez sensible de lexopodite des mächoires antérieures, par la forme de l’épipodite des pattes-mächoires

internes qui est presque échanecré en avant et qui égale à peu près

GALATHEIDÆ 289 l’exopodite en longueur, enfin par larmature épineuse des pattes-màchoires externes. On trouve, en effet, trois épines allongées sur le bord interne du méropodile de ces appendices el cinq ou six plus réduites sur le bord externe; Pischiopodite présente également une épine sur chacun des angles antérieurs de sa face inférieure : cette face est d’'ailleurs ornée d'une ligne longitudinale brièvement pilifère et de courtes stries transversales semblablement ornées.

Le plastron sternal est séparé en plusieurs surfaces paires par des lignes transversales frangées de courts poils; dans chacune de ces surfaces se votent en outre des lignes semblables obliquement situées. La pièce sternale qui supporte les pattes-mächoires postérieures est denticulée sur les bords el quadrilobée.

Les pattes antérieures, comme d'ailleurs celles des paires suivantes, sont ornées de lignes saillantes et arquées sur lesquelles se voit en avant une rangée de cils. Elles se font surtout remarquer par la forme des pinces, dont les doigts, dérmiesurément allongés, sont grèles, recourbés en ares à concavité supéro-interne ef séparés à leur base par un large hiatus où on voit quelques dents plus fortes parmi les denticules normaux du bord interne. Sur la pince droite, qui présente un hiatus un peu plus grand, et qui est d’ailleurs un peu plas forte, existe une dent médiocre sur le bord interne du doigt mobile: on trouve une dent semblable sur le bord interne du doigt immobile de la pince gauche, mais le bord interne du doigt mobile de cette patte présente, à peu près au même niveau, une forte saillie triangulaire denticulée. Le doigt mobile, dans les deux pinces, est un peu plus eourt que Pautre et se croise avec lui au voisinage de l'extrémité. La portion palmaire est convexe sur les deux faces et arrondie sur les bords : elle est d’ailleurs bien plus large en avant qu'en arrière; les saillies pilifères de sa face dorsale deviennent ca et là plus saillantes et quelques-unes d’entre elles supportent même une courte épine:ilenest de mème sur la face inférieure au voisinage du bord interne. Les ornements du carpe et du méropodile sont sensiblementles mêmes que ceux de la main, mais leurs épines sont plus fortes et plus régulièrement disposées: sur le carpe, on voit une rangée régulière de petites épines au milieu de la face supérieure, une rangée

“ Ye l'ALISMAY, — Cruslacés.) gi

irrégulière de quatre épines plus fortes sur le bord interne de cette face, une épine sur le milieu de la face interne, et une rangée de quatre ou cinq épines sur le bord qui sépare la face interne de la face supérieure. Les épines du méropodite sont groupées de la même manière que celles du carpe, mais les deux rangées de la face supérieure se confondent bientôt en une seule, qui forme en arrière la limite de séparation des faces externe etinterne; il y a aussi une épine sur le milieu de la face interne.

Les pattes ambulatoires antérieures atteignent la base des doigts des pinces; elles sont très comprimées et assez grèles. Il ÿ a une rangée de nombreuses épines sur le bord supérieur du méropodite et une autre de quatre épines seulement sur le bord inférieur, en comptant l’épine terminale qui est la plus forte; le carpe se termine à ses deux angles antérieurs par une épine et en présente trois autres plus petites sur son bord supérieur ; enfin la face inférieure du propodite est armée d'épines mobiles, courtes et assez nombreuses. Le doigt est large et à peine arqué ; il se termine par une griffe courte et aiguë et porte sur son bord inférieur une rangée d’épines cornées. Les pattes ambulatoires de la seconde paire ne different pas sensiblement des précédentes; celles de la troisième paire sont un peu plus courtes et leur méropodite n’a que quelques épines réduites sur son bord supérieur.

L'abdomen est orné, au moins sur ses cinq premiers anneaux, de sillons transversaux assez nombreux, qui sont ornés de courts poils sur les bords; ces sillons s’interrompent au niveau des épimères et y sont remplacés par des sillons arqués longitudinalement dirigés. Le premier segment abdominal est presque entièrement recouvert par la carapace ; le suivant présente sur son bord antérieur trois paires d’épines. Les deux derniers sont ornés de saillies pilifères plus nombreuses et plus courtes que celles des segments précédents et qui prennent même une apparence squameuse sur la nageoire caudale ; l’article basilaire qui porte les lames latérales de cette nageoire est armée en arrière d’une assez forte épine.

Hagrrar, Variarioxs. — Talisman, 1883 : 15 juin, n° 23, 120 mètres; Maroc,

au large du cap Blanc : lat. N. 33°16', long. O. 11°13". Roches, coquilles. lrente-huit spécimens : 17 mâles, 21 femelles. Ces exemplaires ne diffèrent pas

GALATHEIDÆ. 291

du mâle qui nous à servi de {ype, et dont les dimensions sont les suivantes : Longueur approximative du corps, de l'extrémité du telson

MA DOUTE AUITOSILE. NM ....... Sr me. 112 millim. Longueur de la carapace y compris le rostre............ 23,9 — Largeur de la carapace en avant...................... 9,5 —

= — CTMATPIÈRE. 0e Re er Il — ÉD AUEURECUNMOSTEN 7 — des pédoncules oculaires................... DO — Larseurmaximumides yeux ....... 2 3,83 — Longueur de la patle antérieure droite. ............ 0 — du méropodite de cette palte............... 103

— du carpe — Re SD —

— de la pince ES RAT UE 55) —

— des doigts EE … -- Largeur maximum de la pince........................ 86 — Longueur de la patte ambulatoire antérieure droite... .. 46 — — — postérieure — ...... 36 —

Quelques femelles sont pourvues d'œufs; chez la plupart, les deux pinces sont dissemblables, lune ayant les doigts contigus sur toute leur longueur et alors simplement armés de denticules dont quelques-uns sont plus forts, de distance en distance: tantôt c'est la pince gauche qui est ainsi, tantôt c'est la droite; quelquelois toutes deux se présentent même sous cet aspect. Les mâles se distinguent aussi par des varialions analogues. Dans une femelle, on voit un hialus assez fort à la pince gauche, et un autre plus faible à la pince droite; dans un mäle, les deux pinces sont presque semblables el à peu près dépourvues de tout hiatus. Dans beaucoup de spécimens, les deux doigts sont égaux.

Travailleur, A882 : 29 juillet, n° 61, 112 mètres; au large du cap Spartel lat. N. 35°42’, long. O. 8°40”. Sable, gravier.

Cinq spécimens, quatre mâles et une femelle, tous de taille beaucoup plus petite que le spécimen type. Pinces diverses.

9 août, n° 81, 100 mètres; au sud de Madère : lat. N. 32930", long. O. 18°51". Corail, roche, sable.

Dix-sept spécimens : 6 mäles et 11 femelles, la plupart avec des œufs très avancés. Les mâles sont semblables au type, avec des pinces dont les doigts sont même plus largement écartés; les pinces des femelles sont variables, mais leurs doigts sont loujours beaucoup plus rapprochés que ceux des màles. Dans tous les spécimens, soit mâles, soit femelles, les pédoncules oculaires ont une couleur rouge très prononcée. Ce caractère estil le résultat d'une variation locale, ou de l'alcool qui a été employé? il est difficile de le dire.

10 août, n° 82, 100 mètres; Madère : lat. N. 32938", long. O. 18°55". Corail, roche, sable.

Trente spécimens environ de taille moyenne: un peu plus de femelles que de mäles, les premières presque toutes avec des œufs avancés. Le commencement du mois d'août est certainement l'époque où se reproduit cette espèce. Pinces variables ; quelques femelles dont les pinces des deux côtés présentent de larges

hiatus.

l'ulisnan, 1883 : ilot Branco, 60 mètres.

Une dizaine de spécimens des deux sexes. La plupart présentent encore, dans l'alcool, {rois grosses laches rouges disposées en triangle sur la partie postérieure du céphalothorax, et une autre sur la face inférieure du propodite

des pinces, près de la base du doigt mobile.

Arrinités. — Cette espèce paraît se rapprocher surtout de la 47. forceps, dont nous ne connaissons qu'un exemplaire qui a été dragué dans la mer des Antilles par le « Blake » ; dans cette espèce, toutefois, la pince gauche a seule des doigts très allongés et recourbés en arcs, tandis que dans la nôtre ce sont les doigts des deux pinces qui sont longs et arqués. Dans la 1. curvimana, en outre, le doigt mobile n'est jamais épineux sur son bord externe; les épines abdominales ei gastriques, ainsi que celles des pattes-mächoires postérieures, sont bien plus nombreuses que celles de la 4. forceps ; le plastron sternal est orné de nombreuses lignes pilifères qui manquent dans celte dernière espèce ; enfin le bord postérieur de la cornée est orné d’une ligne de poils courbes qui atteignent le bord antérieur de l'œil, tandis que ces

poils sont {très courts dans la 47. forceps.

Munida microphthalma, A. M.-En\w.

ISS0. Munida microphthalma. À. Milne-Edwards, Bull. Mus. Comp. Zoël., vol. VII NAMPUp 1e

1897. Munida microphthalma. À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Hém. Mus. Comp.

Zoûül., vol. XIX, n°2, p. 32, pl. IL, fig. 9-13 (ubi syn.).

21894. Wunida microps, A. Alcock, Ann. and. Mag. nat. Hist., sér. 6, 1. XIE p. 326.

Iagrrar. — Talisman, 1883 : 30 août, n° 141, 1480 mètres : golfe de Gascogne, à l’ouest du Portugal : lat. N. 45°39", long. O. 6°29". Corail.

Deux spécimens un peu plus petits que ceux du Blake: dans le plus grand, il ny a que trois paires d'épines sur le premier segment abdominal et les pattes antérieures font défaut: dans le deuxième, les épines abdominales sont très réduites, et la face supérieure des pinces, qui est garnie de longs poils dressés,

ne porte pas de rangée médiane d'épines.

DisrriBuriox. — La 1. microphthalna est probablement répandue dans toutes les mers chaudes et tempérées; elle avait été recueillie par ie ‘ Challenger » au large de Pile Culebra et près des iles Kermadeec; le

« Blake » l'a signalée en divers points des Antilles; Le « Talisman » l’a

GALATHEIDÆ. 295 draguée dans l'Atlantique au large de Rochefort, et l'« Albatros » dans le Pacifique au large de l'ile des Cocotiers. On ne l'a pas trouvée à une profondeur moins grande que 130 brasses (« Albatros »), mais elle peut descendre jusqu'à plus de S00 brasses.

Celle espèce est assez variable et nous sommes portés à croire que la 47. nuicrops Alcock, draguée par L « Investigator » dans la mer des Indes, est tout simplement une des formes qu'elle peut présenter. En comparant soigneusement la descriplion de M. Alcock aux exemplaires typiques de l'espèce, nous n'avons relevé que les différences suivantes : l° les épines latérales de Ia ligne gastrique épineuse sont situées moins en arrière dans notre espèce; 2° l'aire cardiaque est moins bien définie, et l'on n'observe pas d'épines en arrière de la bifurcation que présente le sillon cervical; 3° les pattes antérieures sont relativement plus courtes. Mais ces caractères sont sujets à des variations considérables dans le genre Munida, eUne nous paraissent guère suffisants pour

justifier la formation d'une espèce.

Munida Sancti-Pauli, HExXDERSON.

PI. VI, fig. 8 (en couleur). — PI. XXIX, fig. 18 et 19.

ISS9. Munida Sancti-Pauli, Henderson, Ann. and Mag. nat. His. sér. 3 & XVI.

1S91. Wunida Sancti-Pauli, A. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat. 2001 SCC UT 1. NNIIE p.29 2b06:

IS9%. Munida Sancti-Pauli, A. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, /ésult. des Can p. scient. de «Hirondelle », fase. VIE, p. 85. pl. VIH, fig. 11-23 (ab syn.).

IS99. Munida Sancti Paulis A. Nilne-Edwards et E.-L. Bouvier, /ésult. des Con pr. scient. de Pi Hirondelle » (supplément) e{ de la « Prin-

cesse-Alire », fase. XITT, p. 74.

Les ornements de la carapace, dans cette espèce, sont peu différents de ceux de la W. hamffica: les lignes ciliées, notamment, y sont disposées suivant le mème type, mais elles offrent un peu moins de régularité, S'interrompent plus fréquemment et leurs lignes accessoires sont rudimentaires où nulles. Les épines latérales sont aussi les mêmes dans les deux espèces, et il y en a presque toujours trois sur les bords

des régions branchiales antérieures. On retrouve encore sur la carapace

les deux fortes épines gastriques antérieures, les deux gastriques latérales et les deux épines qui occupent le bord postérieur des zones de bifurcation de la suture cervicale, mais les épines du bord postérieur de la carapace disparaissent complètement, et l’on voit s’introduire par contre quelques épines nouvelles, d’ailleurs assez petites : une paire en dedans des gastriques antérieures, une épine en dehors et une sur les aires branchiales antérieures. Les pointes frontales latérales sont un peu infléchies en dedans ; quant à la pointe rostrale, elle ressemble beaucoup à celle de la W. bamffica, bien qu'elle soit un peu plus infléchie en S et que ses épines latérales soient sensiblement plus courtes.

Chez les spécimens conservés dans l'alcool, les veux ont une teinte brun marron assez clair; ils sont d’ailleurs ordinairement très dilatés et présentent sur leur bord postérieur une rangée peu régulière de quelques poils allongés. Les antennules atteignent la base du carpe des pattes antérieures; leur article basilaire porte, comme de coutume, quatre épines, mais les deux antérieures, surtout l’interne, sont très réduites et c'est l’avant-dernière épine externe qui est de beaucoup la plus longue.

L'article basilaire des pédoncules antennaires se termine en avant par une longue pointe; l’article suivant est armé de deux épines, l’une située en dedans, l’autre en dehors; les deux derniers articles sont inermes. Quant au fouet, il est grèle, formé d'articles assez longs et dépasse en avant l'extrémité des pinces ; il doit ètre très cassant vers la base, car il manque dans la plupart des spécimens que nous avons sous les veux.

L'épistome est occupé par deux crêtes obliques qui se rejoignent en Ven avant du labre; les côtés du V sont très saillants et finement denticulés. Les appendices buccaux se font remarquer par le développement assez fort de l’exopodite des mâchoires antérieures, par la forme grèle el allongée du fouet des pattes-mâchoires internes, enfin par les deux épines, l’une sub-basilaire, l'autre presque terminale, qui sont situées sur le bord interne du méropodite des pattes-mächoires postérieures:; ce dernier caractère distingue notre espèce de la W. bam/ffica.

On doit d’ailleurs observer que le bord externe du même article est

GALATHEIDÆ. 205 inerme, que l'angle antéro-interne de l’article précédent n’a qu'une épine assez réduite, enfin que l'extrémité du doigt ne dépasse guère en avant l'article basilaire des antennules. Le plastron sternal ne présente que les sillons segmentaires et longitudinaux qu'on observe dans toutes les espèces; il est dépourvu des lignes striées si nombreuses qu'on observe dans la 17. bamffica.

Les pattes antérieures sont très caractéristiques et bien différentes de celles de la 1. bamffica. Elles paraissent peu variables et les spécimens dont les pinces sont différentes où munies d'un hiatus nous ont paru bien rares. Ces pattes sont peu allongées el se terminent par une pince comprimée de haut en bas ; elles sont revètues de poils mous, peu serrés, assez courts et, sur les bords, de soies plus roides et plus longues. Le méropodite est grossièrement quadrangulaire et, en somme, peu different de celui de la 4. bamffiva; sa face supérieure triangulaire est limitée par deux rangées d'épines qui se réunissenten arrière en une seule ; on trouve sur le milieu de la face interne du même article deux épines et sur son bord inférieur une rangée de trois où quatre; toutes les autres parties du méropodite sont inermes. Les épines sont groupées de la même manière sur le carpe, mais beaucoup plus irrégulièrement et souvent réduites à une seule dans chaque rangée. Sur les bords des pinces, les épines sont irrégulièrement groupées en deux rangées, abstraction faite d’une rangée longitudinale fort régulière située sur la face supérieure ; le doigt immobile se fait remarquer par les épines fortes el assez nombreuses qui forment une rangée le long de son bord externe. Les doigts laissent entre eux, à leur base, un très léger hiatus; en avant, ils croisent leur épine terminale et le bord denticulé du doigt fixe recouvre un peu celui du doigt mobile. Les denticules des bords sont assez régulièrement imégaux ; tout à fait à la base du bord interne du doigt mobile se trouve un denticule arrondi et peu saillant.

Les pattes ambulatoires sont relativement courtes, plutôt fortes, très comprimées latéralement et ornées sur les bords de poils longs, mais peu serrés. Celles de la première paire dépassent un peu la base de la

main et ressemblent à peu près complètement, au moins par leur arma-

ture, à celles de la #. bamffica: la paire suivante est plus courte et déjà moins armée; quant à la troisième, elle est plus courte encore et à peu près complètement inerme. Les doigts ressemblent beaucoup à ceux de la 1. bamffica.

L'abdomen est très caractéristique. Son 2'segment abdominal est muni en avant de quatre paires d’épines, tandis que les autres sont inermes ; dans chacun de ces segments, on observe un ou deux sillons transversaux ornés de quelques cils, mais les autres lignes ciliées font à pea près complètement défaut. L’épine de Partiele basilaire des rames cau-

dales latérales est très réduite.

Hamcrar, Variarioxs. — Talisman, 1883 : 9 juillet, 698 mètres; au sud du cap Bojador ; lat. N. 25°39", long. O. 18°18". Sable, vase, coraux, coquilles.

Une quarantaine de spécimens des deux sexes, dont quelques femelles avec des œufs. Le plus grand de Lous, qui est un mâle, présente Les dimensions suivantes :

Paltes longues. Pattes courtes.

Longueur approximalive du corps, de la pointe du rostre à l'extrémité du telson. ........... 26 millim. 19,5 millim. Longueur de la carapace y compris le rostre.. 15 — 10,8 — Largeur de la carapace en avant............. GE D — — — eMATTIÈrE ee 7 — , D =— ÉoOneneUurAUATOS ILE PERRET CE TEINTE D — 2,9 — — des pédoncules oculaires........... 2,2 — 2 — ParseunmasimUumMe tr re A À 2,4 — 2. il — Longueur de la patte antérieure droite........ 3 — 18,5 du méropodite de celte patte... 10,6 — CO = dUCAPDe NE AE MR ee Gun — DU — — deNANINCE re RE 133 — 7,6 — —- HESAADIQIS ARE RER G,4 — î — Mars eULAdeMARDInCE RENE ER Tee 29 — 2 = Longueur de la patte ambulatoire antérieure (DO EEE NT CU oi 20 — 12,5 —

Ces spécimens sont presque tous absolument identiques à celui que nous venons de décrire: chez quelques-uns, pourtant, les pattes sont beaucoup plus courtes. Dans un petit nombre, il existe un large hiatus entre les doigts des pinces, el alors on trouve deux forts denticules oblus vers la base du doigt mobile.

ÎT juin, n° 34, 836-868 mètres ; Maroc : lat. N. 32°27, long. O. 1215". Vase rouge.

Un spécimen mâle de médiocre taille.

21 juin, n° 37, 1050 mètres ; Mogador : lat. N. 3134", long. O. 12°41". Vase rouge.

Un beau spécimen mäle dont la carapace, rostre y compris, mesure IS millimètres de longueur.

GALATHEIDÆ. 297

27 juin, n° 52, 946 mètres ; parages des Canaries : lat. N. 2833", long. O. 15°39". Cailloux et roches.

Deux femelles de médiocre laille, et deux mâles plus petits. 29 juin, n° 57, 912 mètres; Canaries : lat. N. 25°48', long. O. 16°21'. Sable vasard, roches. |

Trois jeunes mâles et deux femelles beaucoup plus grandes; l'une d'elles avec une Sacculine sous l'abdomen.

8 juillet, n° 62, 782-640 mètres; cap Bojador; lat. N. 26°20”, long. O. 17°13". Sable, coquilles, coraux. |

Une dizaine de spécimens presque tous femelles et de médiocre taille.

S juillet, n° 63, 640 mètres; lat. N. 26°18", long. 0. 17°12". Sable, coraux.

Un pelit exemplaire mâle.

9 juillet, n° 71, 640 mètres; au large du Sahara : lat. N. 25°39", long. O. 18°18". Sable vaseux, coraux, coquilles.

Quatre exemplaires à pinces courtes.

9 juillet, n° 72, 882 mètres; mêmes parages (long. O. 18°22”).

Trois exemplaires de faible taille.

23 juillet, n°103, 275 à 150 metres; La Praya. Sable, roches, bancs de corail rouge.

Une dizaine de spécimens à doigts plus où moins écartés à la base. Dans ces exemplaires, comme dans celui à hialus cité plus haut, les très fortes saillies punctiformes sur lesquelles s'insèrent les poils des pattes, dans le type normal, s'exagèrent beaucoup, et souvent mème deviennent spiniformes: parfois alors certaines de ces épines accessoires forment une rangée longitudinale sur le milieu de la face externe de la main. Dans quelques spécimens de ce lot, l'épine qui occupe le bord postérieur de la suture cervicale est nulle où rudimentaire.

13 août, n° 124, 629 mètres ; Acçores : lat. N. 38°25", long. O. 31°4". Sable, roches.

Une femelle avec des œufs.

16 août, n° 128, 998-960 mètres; Açores : lat. N. 38°7', long. O. 2932". Sable, coquilles, Globigérines.

Deux petits mâles et six femelles munies d'œufs. Le céphalothorax de la plus crande femelle mesure avec le rostre 11 millimètres.

Arenirés. — La M. heteracantha Ortmann, la W. militaris Hend. et la M. propinqua Faxon appartiennent au même groupe que la W. Sancti- Pauli; elles ont essentiellement les mêmes ornements en saillie, et présentent comme elle deux épines, dont l’une terminale, sur le bord interne du méropodite des pattes-mâchoires postérieures. Autant qu'on peut en juger par les figures et les descriptions des auteurs, ces quatre espèces ne peuvent guère se distinguer lune de l’autre, sauf la W. heteracantha qui se caractérise par ses veux très peu dilatés el par ses épines sous-orbitaires remarquablement courtes. La #/. propinqua est une

espèce beaucoup plus grande, à rostre plus court et à épines sus-orbi-

(TALISMAN. — Cruslacés.) 38

taires plus longues; mais, d'après M. Faxon, ce caractère s’atténue chez les individus de taille médiocre. Quant à la A. militaris, nous ne voyons pas comment on pourrait la distinguer de la #. Sancti-Pauli, et de même que M. Henderson a été conduit à réunir à la A7. maitaris la M. vitiensis et la ÀL. curoirostris qu'il en avait d'abord séparées, de mème il est probable qu'une comparaison attentive des types permettra de confondre la M. militaris avec la M. Sancti-Pauli. Nous avons nousmêmes éprouvé des embarras analogues ; la 4. Sancti-Pauli étant très variable, nous avions d’abord désigné sous le nom de A. Bourget les spécimens de cetteespèce recueillis par l« Hirondelle » ; mais une étude attentive de ces exemplaires et de ceux recueillis par le « Talisman » nous à permis de reconnaître notre erreur (1).

DisrriBurion. — Si nos hypothèses sont fondées, cetle espèce serait cosmopolite comme la A7. nucrophthalma. L'« Hirondelle », le « Travailleur »etle « Falisman » l'ont recueillie en abondance depuis les Acores jusqu'à la côte d'Afrique, par des profondeurs variant entre 454 et 1050 mètres, et le « Challenger » l’a draguée, entre 10 et 60 brasses, au voisinage de l'île Saint-Paul. La A7. militaris a été trouvée en divers points du Pacifique, aux Philippines etaux îles Andaman entre 140 et 550 brasses ; la A1. propinqua habite le golfe de Panama par des fonds compris entre 389 et)11 brasses; enfin la 4/. heteracantha provient du Japon, où elle est sublittorale.

CoLoraTiox. — Thorax et abdomen de couleur rouge pourpre avec un certain nombre d’aires violettes symétriquement disposées. Quoique moins foncées, les pattes présentent la même teinte rouge, mais on y distingue de nombreuses taches de coloration bien plus claire.

D'après des aquarelles relevées à bord de l « Hirondelle » et de la « Princesse-Alice », pattes et test seraient d'un rouge orangé vif, avec des aires de teinte moins foncée.

(1) Dans le Lexte et dans l'explication des planches de notre mémoire sur les Cruslacés de

l'« Hirondelle », l'espèce qui nous occupe est désignée sous son vrai nom ; mais on (rouve encore la désignation de M. Bourgeti au bas de la planche VIH.

GALATHEIDÆ. 299

Munida bamffica, PEXNANT.

PI. XXIX, fig. 17 (var. fenuimana, Sars).

1777. Astacus Bamfjius, Pennant, Brit. Zoo!., p. 17, pl. IL fig. 25.

1782. Cancer bamfficus, Herbst, Arabben und Krebse, LIT, pl XX VI, fig. 8.

S14. Galathea bamfjia, Leach, Edimb. Encycl.. 1 NI, p. 398.

LS5S. HMunida bamffia, W. Stimpson, Proc. Acad. nat, Se. Philad., p. 238.

1899. Munida bamffia, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Result. des camp. scient. de EU « Hirondelle » (supplément) e4 de la « Princesse-

Alice », fase. XIE, p. 75 (ubi syn.).

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