‹ Crustacés décapodes (Sergestides) provenant des campagnes des yachts Hirondelle et Princesse-AliceChapitre 9 sur 77 · PAR DR · texte numérisé non relu

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disant que de futures recherches décideront si ces organes sont spécialement innervés ou non », Kemp écrit : « parfois une bande nerveuse communiquant avec le photophore à pu être suivie, mais le mode exact de son entrée dans l'organe n'a pu être découvert », ce qui est un réel progrès, mais en vérité assez faible. Finalement, je dis que la surface interne de l'organe « semble recouverte d'une mince assise (f) de tissu conjonctif, mais que je n'ai pu voir sur ce matériel ancien, si cette couche était ou non pigmentée ». Kemp dit: « la quatrième et dernière assise consiste en un certain nombre de cellules irrégulièrement disposées autour et en arrière du réflecteur » et il n’a pu y découvrir de pigment. On voit que les coïncidences entre Kemp et moi sont assez considérables; quant aux « désaccords » nous verrons comment un plus récent auteur décrit ces structures.

A. Terao (1917) a publié un mémoire très détaillé sur les photophores d'une autre espèce qu'il nomme S. prehensilis Bate (mais dont le nom, certainement erroné, doit être changé, comme je l'ai dit, en celui de S. Jucens nom. nov.). L'auteur japonais a vu l'animal vivant et décrit l’intéressante fonction des photophores ; il a pu fixer du matériel frais, etc. Nous pouvons en donner ici un bref résumé au point de vue des différences entre Kemp et moi. En ce qui concerne la lentille, Terao s'éloigne considérablement de nos descriptions, sans que je puisse décider s’il s’agit d’une structure propre à l'espèce ou d’une autre raison. L'assise épaisse de grandes cellules derrière la lentille, d'après ses expériences, est bien photogène, mais les noyaux de ces cellules ne sont pas, comme le dit Kemp, situés près de la lentille, mais bien à mi-chemin, ce qui s'accorde mieux avec mes figures qu'avec celles de Kemp ; la mince assise décrite et figurée par moi comme paraissant exister entre la couche précédente et la lentille est décrite par Terao comme « épithélium de la lentille » et, si Kemp a omis cette assise, il a vu en revanche ses noyaux, mais 1l en fait les noyaux des grandes cellules de l’assise épaisse, n'ayant pas vu les noyaux réels de cette couche. Les cellules « extrêmement indistinctes » que Kemp situe entre l’assise photogène et le réflecteur ont été vues aussi par Terao, qui en fait une « membrane basale »; c’est la seule partie que j'aie en réalité omise. Parlant de la structure du réflecteur, Terao dit qu'il a vu à son tour les lignes signalées par moi et par Kemp, « mais sur les seuls spécimens conservés au formol » ; plus loin 1l dit n’avoir pas vu les nombreux noyaux piriformes décrits et figurés par Kemp, mais, « dans des coupes faites sur du matériel bien préservé », il trouve que «le réflecteur consiste en un réseau dense de protoplasme à mailles fines, contenant quelques petits noyaux irrégulièrement distribués ». J’ai dit que le réflecteur était « sans trace de structure cellulaire » ; il est très naturel que je n’aie pu voir les quelques « petits noyaux » sur un matériel ancien et non fixé spécialement, cependant la figure que je donne diffère beaucoup moins de celle de Terao que de celle dessinée par Kemp. Terao trouve un manteau pigmentaire et une thèque, « laquelle est simplement une couche dense de tissu conjonctif » et il ajoute que le pigment « disparaît très vite »

dans l'alcool. J'ai dit qu’il s'agissait de tissu conjonctif et qu'aucun pigment n'avait pu être rencontré sur mon « matériel ancien ». Enfin, Terao n’a pu déterminer « le mode exact d’innervation » des photophores.

Le travail de Terao semble avoir été très soigneusement fait, sauf en ce qui concerne la bibliographie, et contient une foule de détails. La description de la lentille chez l'espèce étudiée diffère considérablement de celle de Kemp et de la mienne, et, pour les quatre ou cinq autres assises, 1l y a plus de concordance dans les détails essentiels entre entre sa description et la mienne qu'entre Kemp et moi.

J. Description des espèces.

Toutes les espèces connues jusqu'ici peuvent être divisées en deux groupes :

Groupe I. — Troisième maxillipède au plus aussi long, le plus souvent un peu ou beaucoup plus court que la troisième paire de pattes; le premier article rarement, les second, troisième et quatrième articles jamais épaissis en proportion de ceux de la troisième paire; le propodite un peu plus long ou un peu plus court que le dactyle, et ces deux articles avec de nombreuses soies ou faibles épines le long de leurs deux bords.

Groupe Il. — Troisième maxillipède foujours beaucoup plus long, et parfois plus de deux fois aussi long que la troisième paire de paiïtes, ses quatre articles proximaux beaucoup plus épaissis — et partiellement renflés — que ceux de la troisième paire de païtes; le propodite beaucoup plus long, et jusqu’à trois fois aussi long que le dactyle ; l’un et l’autre ont un de leurs bords complètement glabre ou avec un petit nombre d’épines, tandis que le dactyle surtout montre, sur l’autre bord, de nombreuses épines le plus souvent inégales. La partie de ces diagnoses imprimée en italique s'applique non seulement

aux spécimens adultes et immatures, mais encore aux stades Mastigopus.

Espèces du premier groupe.

Celui-ci comprend la majeure partie des formes, soit 10 espèces pour l’Atlantique nord seulement. On peut remarquer que dans toutes les espèces le carpe des premières pattes est beaucoup plus long que le propodite. Dans la majorité des espèces, deux pleurobranchies vraies existent au-dessus de la troisième paire de pattes, et chez trois espèces seulement la seconde de ces branchies est remplacée par une lamelle.

Ce groupe peut être divisé en deux tribus par deux caractères excellents :

A. Sur l’exopodite des uropodes, la partie ciliée occupe beaucoup moins de la moitié du bord externe. Sur les pinces de la seconde et de la troisième paires de pattes, le doigt fixe est presque aussi long que le mobile, et ne montre jamais, pas plus que la paume, aucune série longitudinale de

lose MPIImEUSCs ie INSERT ARS EEE APS CES EEE Espèces 1-0. CA RA ETS

B. Sur l’exopodite des uropodes, la partie ciliée occupe plus de la moitié du bord externe. Sur les pinces des seconde et troisième paires de pattes, le doigt fixe est visiblement plus court que l’autre, et une rangée longitudinale de soies plumeuses très longues existe sur le bord libre du doigt fixe et la Fa

Del

portion pal AT LR ne luna déni Re 2 0 Les espèces atlantiques de la tribu A peuvent être séparées par la clef suivante :

I. Troisième article antennulaire aussi long, ou même plus long que le premier, toujours grêle. Petasma avec sa partie médiane très large et très courte, de sorte que ses lobes naissent près de l’extrémité distale de l’insertion de la partie adhésive ; pas de crochet terminal sur le processus unciné. (Epines supra-orbitales et hépatiques distinctes ou bien développées, aiguës, cinquième paire de pattes sans soies natatoires le long du bord supérieur des deux articles distaux).

1. Rostre assez court. Premier article antennulaire avec la moitié distale de son bord externe quelque peu convexe. Article distal du 3me maxillipède divisé en 6 segments.

Petasma avec processus ventral sous forme d’une assez grande lame tianetIaire MAR, EE ON PNR pa AE. Fa NES SRE dure ve 41

2. Rostre assez long, plus long que dans aucune autre espèce. Premier article de l’antennule avec la moitié distale de son bord externe légèrement concave. Article distal du 3me maxillipède divisé en 4 segments. Petasma: sans processus ventral,.!.,,,..,..,.,.,.....444 4 « S, corratus Kr:

IT. Troisième article antennulaire beaucoup plus court que le premier, dans beaucoup d'espèces assez épais. Petasma avec sa partie médiane plus ou moins allongée, de sorte que ses lobes naissent loin au-delà de la partie distale de l'insertion de la partie adhésive; processus unciné terminé par un crochet. /

1. Épines supra-orbitales bien développées. Pattes de la 5me paire sans soies natatoires le long du bord supérieur des deux articles distaux. Troisième article antennulaire, vu d’en dessus, grêle dans les deux 2 ER j; sexes. Exopodite des uropodes. assez étroit, plus de cinq fois et jusqu’à pi D'ÉNBUISS finis ation dique l'ange. ARR eh Hd canton at Oise

2. Épines supra-orbitales absentes. Pattes de la 5me paire avec des soies natatoires le long des deux bords des deux articles distaux. Troisième article antennulaire, vu d’en dessus, quelque peu et, dans beaucoup d’espèces, très épaissi. Exopodite des uropodes plus large, au plus cinq fois aussi long que large.

a. Yeux très petits,à peine plus larges que l'extrémité des pédoncules oculaires ; article distal de ces pédoncules grêles, s’élargissant à peine, ou faiblement, depuis la base juqu’à l'œil. Second et ’ surtout 3me article antennulaire très peu épaissi. Au-dessus de la 3me paire de pattes une seule branchie réelle et une lamelle branchiale. Tégument très membraneux.................... S. mollis Smith.

b. Yeux au moins assez grands, et nettement plus larges que les pédoncules ; article distal de ce pédoncule s’élargissant : j beaucoup depuis la base jusqu’à l’œil. 3me et surtout 2me- article antennulaire très épaissi. Au-dessus de la 3me paire de pattes deux pleurobranchies réelles. Tégument soit un peu membraneux, soit chitinisé.

AL PRET EE ns et

«. Corps sans organes lumineux.

+ Rostre tout à fait court, bas et obtus. Pédoncules oculaires montrant sur le bord interne, près de l’œil, une protubérance subcylindrique, aussi longue ou * | plus-langue-que. large Lien EM Siren iisERTe Jerfia

++ Rostre plus long, plus haut, avec ‘l'extrémité jamais

obtuse, mais se terminant en une dent triangulaire, ou acuminée, aiguë. Pédoncules oculaires avéc la protubérance assez petite, moins haute que large, ou absente.

$. Troisième maxillipède avec le propodite et le

dactyle non segmentés. Pédoncules oculaires avec uné très distincté protubérance près de l'œil, mais plus large que haute. Écaille antennaire avec l’épine marginale attéignant considérablement au-delà du bord transverse terminal. Espèce de taille moyenne.........

3me maxillipède avec le propodité et le dactyle

segmentés, ce dernier avec 5-7 segments.

Pédoncules oculaires avec un tubercule rudimeéntaire ou nul. Écaille antennaire avec l’épine latérale atteignant au plus — et rarement — aussi loin que le bord terminal

convexe. Très grandes espèces.

* Rostre n'étant latéralement pas beaucoup

plus long qu’épais, avec une dent triangulaire à la partie supérieure du bord oblique terminal. Sillon cervical distinct COPSALE MEANS RARE LE URSS

** Rostre latéralement environ deux fois

aussi long qu'épais, avec le tiers distal acuminé. Sillon cervical à peine visible COS AERIENTE NN SEA MR ent ane

B. Corps avec de nombreux organes lumineux, convexes,

js

vitreux, brillants, sur la surface inférieure, en outre, de semblables organes sur le côté inférieur des pédoncules oculaires, de l’écaille anténnaire, de la plupart des autres appendices, etc.......:.,,.......

Sergestes atlanticus H. Milne-Edwards

1830. Sergestes atlanticus, H. Mine-Enwarps {1830}, p. 346, pl. x. (Adulte).

H. Mue-Epwarps {1637), p. 428. (Adulte).

Frisii, H. Krôyer (1855), p. 26. (Adulte).

ancylops, H. KrôYER {1855}, p. 32. (Mastigopus). Frisii, H. KRÔYER, {1859), p. 235, 276, 285, pl. 1, fig. 1 a-v. (Adulte).

ancylops, H. KrôvEr (1859), p. 262, 280, 285, pl. 11, fig. 8, a-e. (Mastigopus). atlanticus, Spence BATE (1888), p. 389, pl. Lxvin-Lxix. (Au moins partiellement).

ancylops, Srence BATE (1888), p: 413, pl. Lxxv, fig. 2 (Mastigopus).

S. crassus nom, nov.

(S. splendens Sund).

D, Fir FE

S. grandis Sund.

S. robustus Smith.

S. splendens H:J.H: p.21

ovatoculus SPENCE BATE (18868), p. 408, pl. Lxxiv, fig. 2. (Mastigopus). atlanticus H. J. Hansen (1896), p. 951 (adulte), 952. (Mastigopus).

ae

H: J. HANSEN /1903), p. 58.

G. Izzre (1914), p. 350, fig. 2. (La figure réprésente le stade Acanthosoma

le plus âgé).

O. Sun» (1920), p. 7, fig. 4.

Campagne de 1885 : Stn. 6 (3 août), surface. Açores. Filet fin. Un Mastigopus. Campagne de 1887 : Stn. 134 (20 juillet), surface; 29!

22° 30. Mer des ONE

) ja | 3 TT AR

Sargasses. Chalut de surface. Une femelle adulte et 14 spécimens immatures ou Mastigopus — Stn. 137 (21 juillet), surface, 21" 30-22". Mer des Sargasses, chalut

de surface. Huit spécimens, adultes et Mastigopus. — Stn. 139 (22 juillet), surface, 22° 15-23° 15. Mer des Sargasses. Chalut de surface. 2 mâles, 1 femelle, 2 spécimens immatures. — Stn. 142 (25 juillet), surface, 21-21" 30. Mer des Sargasses. Filet fin

en soie. Un Mastigopus. — Stn. 145 (26 juillet), surface, 21" 30-22", Mer des Sargasses. Chalut de surface. Cinq Mastigopus. — Stn. 148 (28 juillet), surface, 21" 30-22" 30. Mer des Sargasses. Chalut de surface. Huit Mastigopus.

Campagne de 1888 : Stn. 208 (31 juillet), surface, 21" 20-21" 45. Ouest des Açores. Filet fin en soie. Un Mastigopus. — Stn. 246 (29 août), surface, 21"-21" 30. Acores. Près de Prainha. Chalut de surface. Un mâle.

Campagne de 1804 : Stn. 430 (6 juillet), surface, 22"20-23", Ouest du Maroc septentrional. Chalut de surface. 3 spécimens sub-adultes, 4 Mastigopus. — Stn. 434 (7 juillet), surface, 22" 15-23, Ouest du Maroc septentrional. Chalut de surface. Six Mastigopus. 1

Campagne de 1895 : Stn. 520 (22 juin), surface, 23"15-23"45. Entre Lisbonne et les Açores. Chalut de surface. Trois femelles. |

Campagne de 1897 : Stn. 815 (ro juillet), surface. Fosse de Monaco, sud des Açores, sud-ouest de Madère. Chalut de surface. Douze Mastigopus. — Stn. 822 (12 juillet), surface. Fosse de Monaco. Chalut de surface. Cinq Mastigopus.

Campagne de 1904 : Stn. 1794 (25 août), profondeur 0-3000". Entre les Canaries, les Acores et la fosse de Monaco. Filet Richard à grande ouverture. Un Mastigopus. — Stn. 1797 (26 août), profondeur 0-2000". Entre les Canaries et les Acores. Filet Richard à grande ouverture. 1 femelle, 2 spécimens immatures, 1 Mastigopus. — Sin. 1802 (27 août), profondeur o-500". Entre les Canaries et les Acores. Filet Richard à grande ouverture. Un Mastigopus au stade le plus jeune. — Stn. 1834 (6 septembre), profondeur o-1000". Açores. Filet Richard à grande ouverture. Deux Mastigopus. — Stn. 1856 (9 septembre), profondeur o-3250". Sud de S. Miguel. Filet Richard à grande ouverture. Un Mastigopus.

Campagne de 1905 : Stn. 2052 (1 août), profondeur o-4000". Sud-ouest de Madère. Filet Richard à grande ouverture. Une femelle. — Stn. 2153 (21 août), profondeur 0-2000". Sud-ouest des Acçores. Filet Richard à grande ouverture. Une femelle.

Campagne de 1911 : Stn. 3082 (28 juillet), profondeur 0-4000". Presque à mi-distance entre Gibraltar et Madère. Filet Bourée en vitesse. Un mâle. — Stn. 3118 (10 août), profondeur 0-2380". Madère. Filet Richard à grande ouverture. 1 spécimen immature, 1 Mastigopus. ‘

A. Spécimens adultes.

(PL. xx, fig. 12-19)

Le corps de cette petite espèce est assez grêle, normalement chitinisé. — La moitié postérieure de la carapace un peu comprimée, le sillon gastro-hépatique profond latéralement, mais assez faible dorsalement ; le sillon cervical rudimentaire ou absent. Rostre (fig. 1°) assez court, dirigé en avant et un peu en haut, vu de côté triangulaire, aigu, avec la plus grande, ou au moins une bonne partie du bord supérieur légèrement ou un peu convexe ; quelques variations individuelles dans la forme du rostre, toujours petit, peuvent être observées même parmi les spécimens de la même localité. Epines supra-orbitales toujours très distinctes ; épines hépatiques bien développées.

Yeux assez grands, un peu déprimés, vus d'en haut (fig. 1°) plus larges que le pédoncule et plus larges que longs, à peine aussi longs que le bord externe de l’article distal du pédoncule et, par suite, beaucoup plus courts que son bord interne ; cet article distal s'élargit beaucoup à partir de la base jusqu'à l'œil, n’a pas de protubérance interne près de la cornée et, vu de côté, son bord supérieur est légèrement convexe.

Les longs pédoncules antennulaires (fig. 1‘) ont environ les 4/5 de la ligne dorsale de la carapace. Le premier article un peu plus de 2 fois aussi long que large, avec environ la moitié proximale un peu plus large que la distale et se terminant, sur son bord externe, par une dent oblongue-triangulaire, aiguë et forte, située un peu avant le milieu ; la moitié distale du bord externe est un peu convexe. Second article assez grêle, avec son bord interne considérablement plus court que le bord externe du premier article. Troisième article aussi long, ou un peu plus long, que le bord externe du premier article, grêle, mais un peu plus épais chez le mâle que chez la femelle. — Flagelle inférieur chez la femelle petit, distinctement plus court que la partie élargie du flagelle supérieur, avec six ou sept articles. Chez le mâle le flagelle inférieur (fig. 1°) est beaucoup plus grand, et considérablement plus long que la partie élargie du flagelle supérieur, avec environ onze articles. Les articulations sont distinctes sur le pédoncule 3-articulé, et le second article un peu plus court que le premier ; les quatre articles proximaux ensemble un peu plus courts que la portion distale grêle ; le processus du troisième article, avec son épine terminale, atteint environ l'extrémité du 8" article du flagelle ; il est par conséquent très long, le processus lui-même est, vu de côté, assez épais à la base, un peu plus long qu'épais, atténué, avec deux soies, et distinct de la longue épine terminale ; celle-ci est très épaisse à la base et s’atténue vers le milieu, où elle se mantre quelque peu coudée, sa moitié distale est forte et presque droite avec l'extrémité accuminée ; le quatrième article, plus long que les trois précédents ensemble, est robuste, un peu courbé, sa partie distale fortement

élargie vers le haut en une protubérance oblique, arrondie, haute et large, et, derrière cette expansion, le bord supérieur de l’article a quelques très petites épines. L’écaille antennaire (fig. 1°) atteint distinctement au-delà du milieu du troisième article antennulaire ; elle est environ 4 fois aussi longue que large, avec le bord externe légèrement ou un peu convexe, et sa moitié distale, au moins, est considérablement atténuée jusqu'au bord terminal, qui est assez court, un peu ou même (fig. 1°) très oblique en avant, à l’épine marginale bien développée.

Les troisièmes maxillipèdes mesurent un peu moins de la moitié de la longueur du corps, et ne sont pas beaucoup plus courts que les pattes de la 3° paire. Leur moitié proximale est habituellement plus large que celle des troisièmes pattes, mais elle n’est pas visiblement épaissie, tandis que la moitié distale possède de nombreuses et fines épines le long de ses deux bords. Le propodite (fig. 1*) un peu plus court, ou presque aussi long que le dactyle, est divisé par une articulation secondaire en 2 segments inégaux. Le dactyle (fig. 1% et 1°) est divisé en 6 segments, les quatre distaux subégaux, chacun des deux proximaux double environ des précédents ; les stades Mastigopus âgés montrent que la moitié distale du dactyle est d’abord divisée en 2 segments, et, dans les grands spécimens, chacun de ceux-ci se divise de nouveau en deux. C’est ce que montrent bien les figures : les deux épines situées près de l’extrémité de chaque segment sont beaucoup plus longues à l’extrémité du 1°, 2%, 4%, qu'à celle du 3" et 5% segments ; enfin la fig. 1° montre la longueur et la forme des épines, qui diffèrent de celles des formes suivantes.

Les trois paires antérieures de pattes thoraciques ont leur propodite divisé en un certain nombre de segments. La première paire mesure environ lie tiers du corps; le propodite est beaucoup plus long que le carpe, et on ne peut y découvrir un dactyle distinct ; l’ischion montre un minuscule processus aigu sur le milieu de sa surface supérieure. La seconde paire, sur laquelle lischion porte un processus presque semblable, est un peu plus courte que la troisième, et celle-ci n’est pas beaucoup plus longue que les troisièmes maxillipèdes ; les doigts de la pince (fig. 1°) sur la deuxième paire sont subégaux, et un peu plus longs que la largeur de la paume ; les doigts, sur la troisième paire, sont beaucoup plus courts (fig. 18et 1”), le doigt mobile distinctement plus long que le fixe, et beaucoup plus court que la largeur de la paume. Ces doigts, sur les deux paires, portent à l'extrémité les soies habituelles, mais il n'y a aucune soie plumeuse sur le doigt fixe et la paume. Pattes de la 4% paire un peu plus de moitié aussi longues que celles de la 3°° ; étendues en avant, elles atteignent environ le niveau du bord frontal de la carapace. Cinquième paire (fig. 1) environ moitié de la précédente, merus (quatrième article) environ aussi long que l’ischion, ou que les deux articles distaux ensemble; ceux-ci n'ont pas de soies le long de leur bord supérieur. Le carpe est considérablement plus long que le propodite.

L’exopodite uropodial (fig. 1“) à peine 5 fois aussi long que large; la partie glabre du bord externe est presque 2.5 fois aussi longue que la portion ciliée,

et l'épine distincte. Le telson (fig. 1!) a sa portion terminale un peu arrondie, avec deux paires d’épines marginales ; la paire antérieure petite, la postérieure beaucoup plus grande, oblongue, et le bord terminal compris entre elles transverse.

Les branchies sont caractéristiques. Au-dessus de chacune des trois pattes antérieures, une branchie assez haute, et, derrière sa partie supérieure, une lamelle branchiale distincte ; la pleurobranchie antérieure de la 4% paire est distinctement plus courte que celle de la 3%, et la branchie postérieure n’a guère que les 2/3 de la hauteur de la précédente, mais avec une largeur presque égale. Les branchies appartenant aux second et troisième maxillipèdes ne méritent aucune mention spéciale.

Le petasma (fig. 1"-1°) diffère extrêmement du type trouvé dans la plupart des espèces du groupe 1. La partie externe (fig. 1") est assez petite; sa lame (lam) est très oblongue, presque deux fois aussi longue que large, avec son maximum de largeur frontalement ; son bord externe très concave, est saillant en avant et en dehors, avec un bord largement arrondi, tandis que la partie proximale de la lame se prolonge postérieurement en un triangle oblong avec l'extrémité aiguë ; le processus unciné (pu) est environ aussi long que la lame, assez grêle, atténué depuis sa base jusqu’à son extrémité subaiguë; son bord interne est quelque peu conveve, son bord externe un peu concave, tandis que l'extrémité n'a aucun vestige d’incision ou de crochet. Le tronc de la partie médiane (m) est très large et court, de sorte que sa portion distale ramifiée commence près de l'extrémité distale de l'insertion de la partie adhésive (a). Le processus basal (pb) est une très large plaque subtriangulaire avec l'extrémité interne très largement arrondie. Le processus ventral (pv) est très curieux ; il est placé au bord externe de la partie médiane, avec la forme d’une plaque ou lame triangulaire, assez grande, oblongue, dirigée en avant et en dehors; son bord antérieur est très concave, son bord postérieur presque rectiligne, et l'extrémité subaiguë. Le lobe armé [/a) est, vu de derrière (fig. 1" et 1”) recouvert par le processus ventral sauf sa portion distale ; vu frontalement (fig. 1°) ce lobe est de taille moyenne, très ovale avec l’extrémité largement arrondie, dirigée en avant, et sa surface antérieure (ou supérieure) porte environ 25 crochets assez grands. Le lobe connectif (/c) est plus grêle que le lobe armé, dirigé en avant, armé de deux crochets sur le bord interne, près de l’extrémité arrondie, et, sur sa face antérieure (fig. 1°) avec de nombreux crochets; vu par derrière (fig. 1°) ce lobe est partiellement recouvert par un processus surnuméraire, subtriangulaire et arrondi distalement, inerme. Au-delà de l’origine du lobe connectif, la partie médiane se continue en avant et en dedans par une portion épaisse, qui a son bord frontal concave, de sorte que cette partie est un peu incisée distalement, et très imparfaitement divisée en deux protubérances : l’externe, plus proximale, épaisse et courte, est probablement le lobe terminal (/#) très modifié, avec 6 crochets sur le côté frontal ; l’interne, qui peut être le lobe inerme (/i), est un peu oblongue,

avec l'extrémité obtuse, et inerme sur la face antérieure, mais à la face postérieure de ce lobe (fig. 1"), et se continuant plus en arrière, se trouve une double rangée de crochets, en tout 12 ou 14, très apparents. La partie adhésive (a) est assez grande (fig. 1"), son bord interne, avec les délicats rétinacles, est long, et son bord antérieur, près du milieu, porte une assez longue, grêle et étroite protubérance.

L'aire génitale femelle (fig. 1%) montre antérieurement l’opercule transverse {0}, presque deux fois aussi large que long, couvrant moins du tiers de la surface entre les coxæ fc), avec son bord postérieur un peu convexe. Derrière l’opercule on voit une paire de crêtes oblongues, arrondies, divergeant rapidement à l'arrière, et, plus postérieurement, une étroite crête transversale. Le côté interne de chaque coxa de la 3%° paire a, près de son bord postérieur, une protubérance arrondie beaucoup plus courte que large, et la crête transverse sus-indiquée court entre ces protubérances ; un peu plus en avant, du côté interne, le coxa a une autre protubérance, beaucoup plus petite, et avant celle-ci le bord interne est d’abord concave, puis convexe; en dedans de la partie concave la figure montre la duplicature membraneuse {m) de l'articulation. |

Rien n’est connu relativement à la couleur.

Longueur 20-28"*, Chez un grand mâle, le corps, — mesuré comme dans les cas suivants de l'extrémité du rostre à celle du telson — mesure 25.37%, le 39° maxil- HpédemarimMar piemiérebpatte 2 EMlaneEtondentr. 308, attroisrenmre matos quatrième 6.3", la cinquième 3.3".

B. Spécimens immatures.

Si l’on en juge par la différence de longueur entre les adultes et le stade le plus âgé du vrai Mastigopus, les spécimens immatures doivent traverser 2 à 3 mues au moins. Ils diffèrent des adultes non seulement en ayant l'aire génitale femelle non développée, et le petasma mâle à demi-rudimentaire ou tout au moins incomplètement développé, maïs encore en ce que le rostre, les yeux et leurs pédoncules, les pédoncules antennulaires, les écailles antennaires, etc., ont des formes intermédiaires entre les adultes et les Mastigopus âgés. Le rostre est distinctement plus long que chez l'adulte. Les ophtalmopodes sont chez les spécimens âgés un peu, chez les plus jeunes très nettement plus longs, et moins épaissis graduellement que chez l’adulte, alors que les cornées sont plus petites, de forme peu régulière, avec une sorte d'inflation au-dessus de la face externe, moins noirs aussi, le pigment étant plutôt brunâtre, gris brunâtre, et n’occupant pas la partie renflée. Les antennules sont plus grêles, l’écaille antennaire un peu plus étroite, avec le bord terminal transverse, et le bord externe droit, excepté près de la base. IT est presque inutile de mentionner de très légères différences dans les pattes et autres appendices. |

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