‹ Crustacés décapodes (Sergestides) provenant des campagnes des yachts Hirondelle et Princesse-AliceChapitre 14 sur 77 · C. Siades Mastigopus · texte numérisé non relu

C. Siades Mastigopus

(PI. rx, fig. 4a-4k; PL. 1v, fig. ra-rb)

a. Stade agé. — Le spécimen (58° 26’ lat. N., 19° long. W.) qui a servi de type pour les figures 4*-4%, mesure 12", le troisième maxillipède 6.2"%, la quatrième patte 1.7"%, la cinquième o.8"", Le rostre est assez long, environ aussi long que le second article antennulaire. |

Les yeux sont un peu plus grands que chez l’adulte, subglobuleux, incolores, avec une partie noire interne de taille très modérée ; les pédoncules oculaires sont rectilignes, longs, la distance depuis la base de leur article distal jusqu’au bord frontal de l'œil étant égale au premier article antennulaire. Celui-ci (fig. 4) est plus de trois fois aussi long que large, c’est-à-dire plus étroit que chez l'adulte ; la dent marginale est plus grande, plus saillante, placée uñ peu avant le tiers proximal de l’article; au delà de cette dent le bord externe est un peu convexe, l’article de largeur moyenne et un peu atténué distalement à l'extrémité, où il ne fait pas saillie sous forme d’un lobe arrondi dépassant l'insertion du sécond article, comme chez l'adulte. Le second et le troisième articles réunis sont seulement aussi longs qué le bord interne du premier article ; le second article est légèrement plus court et plus épais que le troisième, mais distinctement plus grêle que chez la femelle adulte. Écaille antennaire plus étroite que chez l'adulte, environ 5.5 fois aussi longue que large, faiblement atténuée depuis le milieu jusqu’à l'extrémité, qui est très arrondie, avec la dent un peu plus longue et placée un peu plus en arrière

que chez l'adulte; la moitié proximale du bord externe faiblement convexe, la distale légèrement concave.

Sur le troisième maxillipède, le dactyle (fig. 4) est moins grêle que chez l'adulte ; sur le spécimen figuré, les deux segments proximaux sont bien définis, leur somme est un peu plus courte que le reste de l’article, sur lequel aucune segmentation n'est visible. La protubérance ischiatique de la première et de la seconde patte tout à fait rudimentaire ; les pinces bien développées sur la seconde et la troisième patte, presque semblables dans l’ensemble à celles de l'adulte, avec les deux doigts égaux et la paume non élargie. Quatrièmes pattes courtes et très peu développées, avec des soies extrêmement rares. Cinquièmes pattes à peine moitié aussi longues que les précédentes, à demi rudimentaires, avec des articulations distinctes mais pas de soies.

Les cinq pléosomites antérieurs, chez les spécimens de 12 à 12.57, généralement sans épines dorsales ; chez ceux de 11-12", on trouve fréquemment une petite épine à l’angle postérieur des quatrième et cinquième pléosomites ; le sixième avec généralement une petite épine horizontale partant de l’angle supérieur. Ce segment légèrement plus long que les deux précédents réunis. Exopodite des uropodes (fig. 4°) presque 6 fois aussi long que large, diffèrent de celui de l’adulte en ce qu'il a la dent plus rapprochée du milieu du bord externe, sa portion glabre étant à peine deux fois aussi longue que sa partie ciliée. Telson (fig. 4°) très différent de celui de l'adulte ; du milieu à l'extrémité il est un peu atténué, très graduellement, l'extrémité est de largeur moyenne, transverse, même un peu concave, et chaque angle prolongé en une dent grêle, bien visible; deux épines sur le cinquième distal de chaque bord latéral.

b. Stade jeune. — Le spécimen (58° 26’ lat. N.) qui a servi de type pour les figures 4° et 4’ de la PI. nr, 1-1? de la PI. 1v, est long de 7" (rostre inclüs), et son troisième maxillipède est long de 3.4"®. Le rostre (fig. 4°) est très allongé, atteignant un peu au delà de l'extrémité du premier article antennulaire, avec des spinules sur sa partie distale. Épines supraorbitales longues, épines hépatiques extrêmement longues et grêles, Organe dorsal très visible, arrondi, un peu plus large que haut.

Yeux un peu plus grands que chez la larve âgée, mais leurs pédoncules nettement plus longs, le bord frontal de l'œil atteignant presque l'extrémité du second article antennulaire.

Premier article antennulaire très différent de celui de la larve âgée ; sa partie proximale est plus large que longue, occupant à peine plus de 1/5 de l’article, avec la dent externe grande, large, aiguë et tournée en dehors; au delà, l’article est assez étroit et s’atténue vers l'extrémité, avec son bord externe droit ou légèrement concave ; les deux articles distaux du pédoncule sont subégaux en longueur et'épaisseur, leur somme étant un peu plus courte que le premier article ; flagelle inférieur légèrement plus court que le troisième article. Écaille antennaire (fig. 4°) beaucoup plus étroite que dans la larve âgée, entre 8 et 9 fois aussi longue que

large, avec les bords latéraux presque parallèles ; la partie terminale est prolongée en un lobe presque aussi long que large, du fait que l’épine marginale naît bien avant l'extrémité, et cette épine est quelque peu courbe, sétiforme distalement et presque deux fois aussi longue que la largeur de l’écaille.

Les pinces des pattes sont rudimentaires, de même que les membres des quatrième et cinquième paires.

Tous les pléosomites armés d’épines (fig. 45. Les épimères des cinq pléosomites antérieurs ont chacun une assez courte épine, presque verticalement dressée, au point le plus bas du bord. Le premier et le second pléosomites chacun avec une minuscule épine dorsale dirigée un peu en avant; les trois suivants chacun avec une épine dorsale assez longue près de l’angle postérieur, celle du quatrième somite plus longue que les autres et toutes un peu ou assez obliques. Sixième somite presque aussi long que les quatre précédents ensemble, avec une épine sub-horizontale, assez courte, partant de l'angle supérieur, et une petite épine à chaque angle postéro-latéral. Pléopodes de la cinquième paire avec l’endopodite très développé ; les autres pléopodes avec l’endopodite un peu ou beaucoup moins de moitié aussi long que l’exopodite, sans soies. Exopodite des uropodes (PI. 1v, fig. 1°) plus étroit qu’au stade âgé, entre 7 et 8 fois plus long que large, avec l’'épine marginale très longue, naissant seulement un peu au delà du milieu. Telson (fig. 1?) très différent de celui du stade âgé ; les trois cinquièmes distaux de chaque bord latéral sont très concaves, et le telson est visiblement plus large à l'extrémité qu’à quelque distance de celle-ci; la partie terminale consiste en deux lobes étroits, assez divergents, séparés par une large incision arrondie au fond et aussi large que longue ; chaque lobe se termine en une assez longue épine, et la partie distale de chaque bord latéral du telson a deux petites épines, tandis qu’une troisième épine marginale se trouve un peu avant le milieu du telson.

D. Stades Acanthosoma.

(PL. 1x, fig. 5a-5e; PI. 1v, fig. 2a-2c)

Deux stades sont d'ordinaire bien distincts ; comme une vue dorsale est donnée du stade jeune en entier, on peut le considérer d’abord. Nous avons à vrai dire examiné un spécimen unique, plus petit que le stade jeune et différent par quelques particularités, mais il est difficile de dire s’il représente un stade séparé du précédent par une mue. Il sera examiné séparément plus loin.

a. Stade jeune. — Le spécimen dessiné (fig. 5°), capturé à la Stn. 1630, est long de 5, rostre compris. La carapace est courte et non comprimée, mais plutôt déprimée, avec ses parties latérales tournées en dehors plutôt qu’en bas. Elle porte en tout dix épines, à savoir le rostre, une épine dorsale médiane au bord postérieur, trois paires d’épines aux bords antérieurs et latéraux, et une simple

paire en dessus, assez distante du bord; finalement, une protubérance médiane arrondie, l’ « organe dorsal », est présente à l'extrémité postérieure du premier tiers de la carapace. Rostre beaucoup plus long que la carapace, avec plusieurs spinules sur sa moitié distale, en outre, une longue épine juste au delà de la base, en dessus, dirigée en haut et surtout en avant. La paire d’épines naïssant du bord frontal de la carapace sont environ aussi longues que les ophtalmopodes avec les yeux, courbes, avec plusieurs spinules, dirigées en avant et en dehors, homologues des épines supraorbitales du Mastigopus. La paire d’épines naissant de la surface considérablement au dedans et au-dessus des bords latéraux sont certainement les homologues des épines hépatiques aux stades postérieurs ; elles sont seulement moitié aussi longues, environ, que la paire frontale et à peu près aussi longues que les deux paires latérales, qui naissent respectivement un peu avant et très peu après le milieu de chaque bord latéral; ces trois paires portent des spinules. L'épine médiane postérieure ressemble aux précédentes, mais est dirigée en haut et surtout courbée en avant.

Les yeux avec leurs pédoncules sont aussi longs que la carapace, mais ressemblent par ailleurs à ceux du jeune Mastigopus, subglobuleux.

Les pédoncules antennulaires dépassent à peine les yeux et ne sont pas distinctement articulés ; le flagelle supérieur mesure à peine un tiers du pédoncule, il est indivis, avec une couple de soies sensorielles ; le flagelle inférieur est très petit. Écaille antennaire assez courbée, très étroite, avec les bords subparallèles : sur la partie la plus distale du bord externe et sur l'extrémité, on trouve 5 épines, dont deux très longues ; le flagelle antennaire est seulement 2.5 fois aussi long que Pécaille, avec la moitié distale divisée en quelques articles, l'extrémité spinifère, finalement une épine proximale et une distale sur le bord interne. (Les pièces buccales figurées sont décrites p. 26-27).

Les troisièmes maxillipèdes et les trois paires antérieures de pattes (tous appendices omis sur la fig. 5*) ont l’endopodite assez distinctement segmenté ; sur le troisième maxillipède il est néttement plus épais et aussi plus long que sur les trois paires suivantes, qui n’augmentent pas de longueur de la première à la troisième. L’endopodite des quatrième et cinquième pattes beaucoup plus court que les précédents, et notablement plus court que le long exopodite.

Les cinq pléosomites antérieurs ont chacun une longue épine spinuleuse naissant de l’épimère, et une semblable épine, verticale et dorsale, près du bord postérieur, mais sur les deux premiers somites surtout, le processus dorsal est plus court que les latéraux ; en outre, le premier segment montre, près du bord antérieur, une obtuse protubérance sublatérale, se projetant en avant et en dehors. Sixième somite presque aussi long que les quatre précédents réunis, avec un long processus dorsal à l’extrémité, et chaque angle postéro-latéral saillant sous forme d’une petite épine. Les pléopodes antérieurs plus court que les processus latéraux, les paires suivantes un peu et graduellement décroissantes, de sorte que la cinquième

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paire est environ égale à l'épaisseur du somite ; cette paire porte un exopodite et un endopodite, ce dernier moitié aussi long que le premier, alors que l’endopodite manque de la quatrième à la seconde paire incluse. Uropodes avec l'endopodite seulement un peu plus court que l’exopodite ; ce dernier est étroit, et l'épine est placée quelque peu avant le milieu du bord externe. Telson quelque peu plus court que l'endopodite des uropodes (fig. 5*) ; il montre (PL 1v, fig. 2°) plusieurs traits caractéristiques, encore visibles quoique beaucoup moins développés chez le jeune Mastigopus ; il est seulement deux fois aussi long, sur la ligne médiane, que large ; au delà du milieu, les bords latéraux sont très concaves, l'incision terminale est très profonde, chaque lobe ou rame, assez courbe, possède deux épines à chaque bord de chaque moitié distale et se termine en une forte et longue épine, presque aussi longue que la ligne médiane du telson ; ces deux épines sont parallèles, leur base n'est marquée par aucune suture et l'endopodite des uropodes les dépasse légèrement ; le telson porte en outre une paire d’épines latérales placées à la naissance de la concavité des bords latéraux.

b. Stade âgé. — Il diffère du précédent par plusieurs détails. Il est d’abord plus grand ; le spécimen (Stn. 1639) qui a servi aux figures 2° et 2? mesure 5.9", rostre compris. La plupart des épines de la carapace et de l’abdomen sont, en proportion, plus courtes qu'au stade précédent. Sur les antennules, les pédoncules dépassent un peu les yeux et les articulations sont visibles ; le flagelle supérieur mesure presque la moitié du pédoncule, il est articulé ; le flagelle inférieur est beaucoup plus long qu’au stade jeune. L’écaille antennaire a perdu son armature distale ; elle montre seulement une très longue épine (fig. 2!) forte, un peu spinuleuse et courbée, naissant un peu avant l'extrémité ; elle est l'homologue de la dent marginale de l’adulte, mais mesure presque la moitié de la longueur de l'écaille elle-même. Le fouet antennaire est beaucoup plus long et dépourvu d’épines. , R

Les pléopodes (fig. 2*) sont longs, ceux de la première paire seulement un peu plus courts que la somme des quatre premiers sonutes, les trois suivants de longueur un peu décroissante, le cinquième notablement plus court; sur la cinquième paire l’endopodite est plus long que le pédoncule et un peu plus court que l’exopodite ; sur la quatrième paire, l’endopodite est seulement le quart environ de l’exopodite, tandis qu'on ne peut découvrir aucun endopodite à la base du très long exopodite de la troisième et de la seconde paire. L’exopodite des uropodes a son épine marginale placée un peu avant le milieu. Le telson est moins large en proportion de sa longueur et moins rétréci derrière son milieu qu’au stade précédent ; les épines terminales sont seulement moitié aussi longues que la ligne médiane du telson.

c. Spécimen très jeune. — Il a été capturé près de Monaco et mesure 3.97%, de la base du rostre (qui manque) à l'extrémité des épines du telson. Il diffère du stade jeune décrit plus haut en ayant tous les pléopodes beaucoup plus

courts, seulement moitié aussi longs que l'épaisseur de leur somite ; en outre, les pédoncules oculaires sont un peu plus longs, et les yeux un peu plus larges qu'au stade jeune.Les épines terminales du telson atteignent un peu au delà de l’endopodite des uropodes et sont un peu plus longues que la ligne médiane du telson, qui a sa moitié proximale plus de moitié aussi large que la longueur de Ja ligne médiane.

La seule différence importante entre ce spécimen et ceux du stade jeune réside dans le développement des pléopodes. Ces appendices courts et très délicats peuvent-ils graduellement, sans nouvelle mue, assumer la taille et la forme de ceux du stade jeune, c'est ce qu’on ne saurait décider sans l'examen d’un matériel beaucoup plus étendu. Les autres différences peuvent ou non être attribuées à des variations individuelles. De sorte qu'il est peut-être préférable, pour l'instant, de ne pas établir un troisième stade Acanthosoma, et de s’en tenir aux deux stades normaux.

E. Occurence et Distribution.

Les localités énumérées, plus de trente, montrent que S. arcticus est commun dans la Méditerranée à l'ouest de 6° long. E., il a été capturé plusieurs fois dans l'Atlantique à la hauteur de l'Espagne et surtout de l’ouest de la France mais Ja grande majorité des spécimens proviennent d’un petit nombre de stations plus proches de l'Amérique, du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse au lointain sud-est du Grand Banc de Terre-Neuve, en outre, on voit qu'il n’a été recueilli dans aucune station au sud de 35° lat. N. — O. Sund (1920) le cite de nombreuses stations, la plupart situées dans une aire de l'Atlantique entre 35° lat. N..et 48° lat. N., quelques-unes un peu à l’ouest et au nord de l'Écosse, mais aussi d'une station située aux Canaries, fait d’un intérêt tout spécial. Il est abondant à l’ouest et au sud-ouest de l'Irlande (Kemp, 1910) ; il a été pris à l'ouest des îles Orcades (Ortmann, 1893), au sud-ouest et au nord des Färôer, au sud et à l’ouest de l'Islande, il se rencontre plus au nord dans le détroit de Danemark, entre l'Islande et le Grônland, par 65° 20° lat. N. (Hansen, 1908) et dans le détroit de Davis par. 64° 22° lat. N. (Stephensen, 1912). Sur la côte de Norvège, il se rencontre au moins jusqu'au TFrondhjem Fjord (G. O. Sars, 1882). Sur la côte est d'Amérique, ïl a été bien des fois recueilli, entre 41° 35° et 33° 42° lat. N. (S. J. Smith, 1882, 1884, 1886). Dans la Méditerranée, il se rencontre à l’est d'Ischia (Chun, 1889), de Messine (Riggio, 1905 ; Thiele, 1905) et dans l'Adriatique méridional (Pesta, 1918).

Illig (1914) -énumère quatre stations pour de petits Mastigopus dans l'Atlantique tropical ouest entre r7° lat. N..et 17° lat. S., mais ses déterminations, si l’on en juge par ses notes concernant les spécimens, ne sont peut-être pas toutes correctes. — Un seul spécimen adultea été noté par 37° 17 lat. S, 53° 52’ long. W., à la hauteur de Montevideo (Hansen, 1903) ; Doflein et Balss (1912) ont vu quatre spécimens

| ie) Su de Punta-Arenas, détroit de Magellan ; Stebbing (1905) note des spécimens du Cap (Afrique du Sud). Enfin trois spécimens capturés par le CHALLENGER au sud de l’Australie et déterminés par Bate comme S. ailanticus ont été rapportés par moi (1903) à S. articus.

Comme occurence bathymétrique, j'écrivais(r908): «les observations mentionnées du T'HOR montrent clairement que l'espèce n’est pas une forme du fond, mais une forme pélagique ; les grands ou très grands spécimens ne sont cependant jamais pris près de la surface, les plus grands sont toujours capturés, en règle générale, au moins par 250 brasses de profondeur, et 1ls descendent probablement plus bas encore. ». Ceci agrée avec les constatations de Sund (1920) : « Il semble que les spécimens parfaitement adultes ne montent pas notablement au delà de 500" de la surface » ; par son « tableau des captures » on peut voir qu’une seule femelle, petite, peut-être adulte, mais un grand nombre par contre d’Acanthosoma, de Mastigopus et de spécimens immatures ont été pris à des profondeurs n’excédant pas 300”, et souvent ne dépassent pas 100". Les stations et localités de la liste de Monaco sont, sauf quelques exceptions, au delà de 500", mais chaque spécimen capturé par moins de 500" est immature où larvaire. Wasserloos (1908) qui a examiné les stades larvaires sur du matériel provenant de divers fjords norvégiens près de Bergen et d’Aalesund, dit que les stades Protozoé et Zoé sont capturés par moins de 10°, et que les spécimens d'Acanthosoma et de Mastigopus viennent de plus grands fonds, 200 à 250%. « En conséquence, les œufs paraissent se développer dans les couches superficielles, et les larves, pendant leur développement, tombent dans des couches plus profondes, de sorte que les Mastigopus se rencontrent au-dessous de 100". » Les stades jeunes étaient capturés entre fin mars et le 16 avril, les stades âgés en juin et dans la première semaine de juillet.

F. Remarques.

S. arcticus, comme adulte ou immature, est facile à séparer de toutes les autres espèces nord-atlantiques, par les articles des pédoncules antennulaires et les étroits exopodites des uropodes ; en outre le petasma du mâle diffère fortement de celui de toute autre espèce. Comme le petasma se montre lui-même offrir, chez les Sergestides, les caractères les plus délicats et les plus cruciaux entre espèces très semblables ou même à peine séparables, il est nécessaire d'étudier très soigneusement cet organe chez tout mâle adulte provenant de l'Atlantique sud, du détroit de Magellan, de l'Afrique et de l'Australie du Sud, etc., afin d’être certain que les spécimens provenant de ces localités, ou d’autres encore plus distantes, et absolument semblables à S. articus, appartiennent bien réellement à cette espèce, ou au contraire à quelque autre non encore reconnue. Lorsque j'ai étudié le matériel du CHALLENGER au British Museum, il y a presque 20 ans, je n'avais pas encore découvert l'importance du petasma chez Sergestes, et il ne serait pas impossible,

que des spécimens de l'Australie du Sud, par exemple, appartinssent à quelque espèce non encore nommée. — S.similis Hansen, du Japon, fut séparé (1903) de S. arcticus par le rostre, le bord antérieur de la carapace et les branchies postérieures ; il est probable que le petasma montre aussi des différences appréciables.

Comme synonymie, il y a peu à dire. Riggio (1905) a publié la description, avec des figures imparfaites d’un Sergestes qu'il a déterminé comme « S. arachnipodus de Nat. (ex Cocco) ». D'après la maigre figure du petasma, il doit s'agir de S. arcticus ; la description de Cocco (1832) de Acheles arachnipodus, qui m'est inconnue, est probablement sans valeur; j'ai vu le travail de de Natale, mais sa description et ses figures sont trop imparfaites pour en tenir compte, et en conséquence, le vieux nom S. arachnipodus doit être abandonné.

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