‹ Crustacés décapodes (Sergestides) provenant des campagnes des yachts Hirondelle et Princesse-AliceChapitre 3 sur 77 · LATE: US · texte numérisé non relu

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dans l'Atlantique tempéré nord, au moins dans l'aire de Monaco, nos connaissances sont beaucoup plus imparfaites touchant l'Atlantique tropical, l'Atlantique tempéré sud et aussi l'Océan Indien. Quand au vaste Pacifique, la connaissance que nous avons de sa faune est presque dans l'enfance.

Toutes les espèces des trois genres se rencontrant dans l'aire de Monaco sont non seulement des animaux nageurs, mais aussi des formes de haute mer, sauf, à un certain degré, une seule espèce : Lucifer Faxonït Borr. qui a été à plusieurs reprises capturé loin d'aucune côte, mais aussi par exemple, dans l'une des petites îles de la Vierge, et dans une baie peu profonde, il a été capturé une fois en grand nombre, avec des spécimens larvaires de tous stades mélangés aux adultes, ce qui prouve qu'il se reproduit également dans cette station.

On remarque de grandes différences dans les profondeurs où vivent, généralement, les adultes des différentes espèces. Toutes celles de petite taille, mesurant de 11 à 25%, à l'exception d'une seule, vivent près de la surface, au moins pendant la nuit. Ces espèces proviennent cependant d’un grand nombre de stations ; parmi elles, Sergestes atlanticus M.-Edw., a été capturé à 65 places dans l'Atlantique tropical et tempéré-chaud, par quelques capitaines de la marine marchande danoise faisant des collection pour l’Université de Copenhague, il y a cinquante ou 80 ans. Ils avaient un filet tiré derrière leur vaisseau à voile, et, autant que j'aie pu le savoir, généralement de nuit. Une seule espèce de petite taille fait à vrai dire exception, Sergestes pectinatus Sund, car jamais un spécimen adulte n'a été capturé près de la surface. Mais les capitaines en question, en ce qui concerne les grandes espèces, n’ont jamais réussi à capturer qu'un seul spécimen d’une seule espèce. Et comme les Mastigopus âgés, de plusieurs et probablement de presque toutes les espèces, vivent dans les couches superficielles de l'Océan, non loin de la surface, nombre de ces stades larvaires ont été décrits et figurés comme adultes par divers auteurs, parfois 20, 40 ou cinquante ans avant qu'aucun zoologiste n'eût décrit l'adulte.

Quant aux espèces de plus de 25", les adultes se trouvent rarement, ou très rarement près de la surface ; ils habitent des niveaux intermédiaires ou profonds, ce dernier cas étant probablement le plus fréquent. On peut considérer comme établi que les grands spécimens, de 45 à 94"* (la plus grande taille relevée pour l'Atlantique) ont été capturés par 750 à 1500 mètres, ou même davantage. La collection de Monaco comprend un splendide matériel de spécimens adultes ou sub-adultes, appartenant aux grandes ou aux plus grandes espèces, et plusieurs fois aussi riche que n'importe quelle autre collection du même ordre. Il n’y a guère d'exception, à un certain degré, que pour les beaux matériaux recueillis en 1910 par la MICHAEL-SARS North-Atlantic deep-sea Expedition, et étudiés par Oscar Sund (1920).

Avant de dire un mot de la distribution des Sergestides dans les autres aires de l’Alantique nord, un autre point doit être mis en relief. Plusieurs auteurs

mére (en particulier S. F. Smith, Faxon, Stebbing, Kemp, Pesta), ont publié des figures des organes copulateurs mâles, ou petasma, chez un petit nombre d'espèces ; mais, sauf une seule exception, toutes ces figures ont été obtenues du petasma dans sa position normale, c’est-à-dire replié ; aucun n’a tenté une étude réellement détaillée et comparative de l’organe et de son armature dans l'état déplié et déroulé, de sorte que la plupart des figures publiées jusqu'ici sont de faible valeur. En étudiant les Sergestides de l’expédition hollandaise du SzBOGA (publiés en 1910), recueillis dans l’Archipel Indien, et comparant les adultes avec des spécimens de l'Atlantique, j'ai observé que le petasma diffère beaucoup d’une espèce à l’autre, même chez celles qui sont, par ailleurs, le plus étroitement alliées ; j'ai fait en conséquence une étude détaillée, avec figures, du petasma de diverses espèces des quatre genres et dénommé leurs éléments constitutifs, processus, lobes, etc. Cet organe s’est ainsi montré, comme chez les Fuphausiacea, celui qui fournit les meilleurs caractères et les plus usuels, chez presque toutes les espèces. Et non seulement les espèces sont, de ce fait, mieux définies, mais aussi leur nombre en est accru. Par exemple Sergestes Ediyardsii Kr., qu'on croyait auparavant habiter l'Atlantique et l'Océan Indien, consiste en réalité en deux espèces, indiscernables l’une de l’autre sauf par l'étude très poussée des lobes du petasma et de leur armature de crochets ; le vrai S. Æ'dipardsti est, au moins jusqu'à présent, exclusivement atlantique, et l’autre forme, si étroitement alliée, S.orcentalis H.J.H., est connue depuis le sud-est de l'Afrique du sud jusqu’à l’Archipel, par 130° 1/4 de long. E., et aussi dans la mer de Chine. Depuis que j'ai découvert l'extrême importance des caractères tirés du petasma, j'ai pu m'’assurer que deux seules espèces de Sergestes, S. atlanticus Kr. et S. cornutus Kr. sont connues avec une absolue certitude à divers endroits de l'Océan Indien et de la partie adjacente du Pacifique. Une espèce atlantique, S. corniculum Kr., est connue dans la partie ouest de l'Océan Indien tandis que dans l’est se trouve une espèce très voisine, S. seminudus H. J. H. Parmi les autres espèces de l'Atlantique nord (comme S. vigilax Stimp. et arcticus Kr.) très peu certainement peuvent vivre dans l'Océan Indien. Parmi les Lucifer deux espèces seulement ont été trouvées dans l'Atlantique nord, qui habitent aussi l'Atlantique sud et l’Archipel Indien, mais dans cette dernière région on trouve de plus quatre autres espèces du même genre.

Le genre Sergestes M.-Edw. a été établi en 1830, Lucifer Vaugh. CN (Leucifer M.-Edw.) en 1829, Petalidium Bate en 1881. Dans l'ouvrage capital de H.M.-Edwards (1837)nous trouvons les Sergestes placés dans la tribu des Penæidæ, tandis que le genre aberrant Lucifer est placé dans la famille des Caridioides, avec Mysis et Thysanopus. Il ÿ demeure jusqu’à ce que Claus, en 1875, le mette à sa vraie place. Ces trois genres, avec Acetes M. Edw. 1830 et Sicyonella Borradaile 1910 (identique avec Aphareus Paulson 1875) constituent une famille très définie, établie par Dana (1852) et rapprochée des Penæidæ par tous les auteurs. L'histoire de ses divers genres est aussi différente que possible ; le genre

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principal Sergestes, qui comprend beaucoup plus d'espèces que les quatre autres réunis, offre à nos connaissances une histoire plus curieuse que probablement aucun autre genre de Crustacés. Mais ce sujet doit être renvoyé à l'étude de chaque genre.

On remarquera que la liste des synonymes de chaque espèce est établie en tenant compte de tout travail contenant description, figures ou contribution de quelque importance à la distribution ; tandis qu'on a omis généralement les ouvrages où les espèces en question ne sont l’objet que de remarques sans intérêt où proviennent de localités sans importance, ou contiennent probablement des erreurs de détermination. D'autre part, la liste de l'entière littérature sur la famille a été faite aussi complète que possible, à l'exception de quelques compilations. (Voir l’Index bibliographique.)

PAR IMENDESCRIPTEVE

Les Sergestidæ constituent une famille bien définie alliée aux Peræide ; les deux constituent ensemble la tribu naturelle des Penœæidea, séparée par divers caractères des deux autres tribus des Decapoda Macrura : Stenopidea et Caridea, lesquels sont de facies plus ou moins Caridoïde. Pour les caractères distinctifs de ces diverses tribus et familles, le lecteur pourra se reporter au travail de E. L. Bouvier (1908).

Les Sergestidæ peuvent être caractérisés ainsi: Le corps est comprimé, un peu ou extrêmement, mais sans prolongements dorsaux des segments de l'abdomen. La carapace rappelle celle des Penæidæ par ses sillons et ses carènes, ces détails étant toutefois moins développés, et même fréquemment absents; le rostre, toujours plus court que les pédoncules oculaires, est généralement petit et parfois presque rudimentaire. Les yeux sont toujours bien développés et noirs. Le flagelle antennulaire inférieur, chez le mâle, est le plus souvent présent (il manque chez Lucifer) et présente toujours un organe préhenseur particulier. Le palpe des maxillules est inarticulé, ou absent. Sur le second et le troisième maxillipède, le basis et l’ischion sont soudés complètement. Il n'y a d’épipodites ni sur le troisième maxillipède, ni sur les péréiopodes; l’exopodite manque aux mêmes membres, et de plus au second maxillipède. La première paire de pattes ou bien n'a pas de pince, ou bien en possède une très petite (Acetes) ou une bien visible (Sicyonella) ; la seconde paire possède une pince grêle, le plus souvent extrêmement petite, ou même absente (Lucifer); la troisième paire de même (la pince est absente chez Sergesies pectinatus).

La quatrième paire de pattes est ou bien absente, ou bien comprimée, et bordée de soies natatoires. La cinquième paire, toujours de taille réduite, peut être comprimée et bordée de soies comme la précédente, ou bien extrêmement réduite et inarticulée (mâle des Aceïes) où même manquer (Lucifer, femelle des Acetes). Les branchies manquent chez Lucifer ; quand elles sont présentes, elles sont en nombre réduit, comprenant au plus une petite podobranchie et une pleurobranchie sur le second maxillipède, une pleurobranchie et une lamelle pleurobranchiale sur chacune des trois paires suivantes d'appendices, deux pleurobranchies sur chacune des troisième et quatrième pattes. Sur les pléopodes de la première paire, le petasma est toujours bien développé; le thelycum manque,

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