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périeures sétacées, multiarticulées et ciliées, et dont les inférieures pédiformes, composées d'un article ou pédonceule, servant de support à deux divisions ou branches, terminées chacune par un pinceau de poils, et dont l’une de deux articles, avec le dernier élargi au bout, et l’autre d’un seul. Le thorax est divisé en cinq anneaux, et porte cinq paires de pattes natatoires et bifides. L’abdomen est formé de deux segmens , et terminé par deux appendices ou nageoires, en spatule,

La seconde division générale des branchiopodes lophyropes, celle ou le test est formé de deux valves, réunies par une charnière (nos osrracopes où l'ordre des ostrapodes de M. Straus), se compose de deux sous-genres, dont le premier, celui de cythérée, nous parait, depuis les belles recherches de ce savant sur le second, celui de cypris, solliciter, pour que ses caractères ne soient plus équivoques, une étude plus approfondie que celle qu’en à faite Müller, notre unique garant à cet égard. Suivant lui,

LES CYTHÉREES

(CYTHERE. Müll. — Cythcrina. Lam.)

Auraient huit pieds (1) simples et finissant en pointe; et deux antennes, pareillement simples, sétacées, composées de cinq à six articles, avec des poils épars.

On les trouve dans les eaux salées et saumâtres des bords de la mer, parmi les varecs et les conferves. (2)

(x) TL est probable qu’il n’y en a que six. pouvaient avoir pour objet que des ento- Voyez, ci-après, l’article eypris, note (1). mostracés d’eau douce, n’aient point parlé (2) Si ces entomostracés sont unique- des cythérées. ment marins , il est naturel que Jurime et Voyez Müller, Entom., genre cythere, LI “ .

d’autres observateurs, dont les recherches, et Desmar., Consid., pag. 387, 388,

à raison des lieux de leur résidence, ne LV, $.

206 CRUSTACÉS BRANCHIOPODES.

LES CYPRIS (CYPRIS. Müll.)

(PI. 55, fig. 1.)

N'ont que six pieds (1), et leurs deux antennes sont terminées par un faisceau de soie, en manière de pinceau.

Le test ou la coquille forme un corps ovalaire, comprimé latéralement, arqué el bombé sur le dos, ou du côté de la charnière, presque droit, et un peu échancré, en manière de rein, au côté opposé. En avant de la charnière, dans la ligne médiane, l’œil forme un gros point noirâtre et rond. Les antennes (a), immédiatement insérées au-dessous, sont plus courtes que le corps, sétacées, composées de sept à huit articles, dont les derniers plus courts, et terminées par un faisceau de douze à quinze soies, servant de nageoires. La bouche est composée d’un labre caréné ; de deux grandes mandibules dentées (4), portant chacune un palpe divisé en trois articles, et au premier desquels adhère une petite lame branchiale offrant cinq digitations (2), et de deux paires de mâchoires; les deux supérieures, beaucoup plus grandes, ont au bord interne quatre appendices mobiles et soyeux, et au côté extérieur, une grande lame branchiale pectinée à son bord antérieur (ec); les secondes (d) sont composées de deux articles, avec un palpe (3) court, presque conique, inarticulé, soyeux au bout, ainsi que l'extrémité de ces mâchoires. Une sorte de sternum comprimé fait l'office de lèvre inférieure (4). Les pieds sont divisés en cinq articles, dont le troisième représentant la cuisse, et le dernier le

(1) Quatre suivant M. Ramdohr, huit suivant M. Jurine ; le premier considérant les deux derniers comme des appendices du sexe masculin, et le second prenant les palpes des mandibules et la lame branchiale de chaque mâchoire supérieure (les deux premiers pieds de sa seconde division du corps , ceux qu’il dit n’ètre composés que d’un seul article, et terminés en cuiller

dentelée) pour autant de pieds. Celui-ci ne

\a) Pl. 53, fig. 1a,e, 1b, d,4.

(c)1Pl 53 tfgetre

compte pas non plus, dans ce nombre, ceux que le précédent présume être des organes sexuels ; il les regarde (pag. 161- 166) comme des filets de cinq articles, sortant latéralement de la poche de la matrice, et dont il ignore l’usage.

(2) Lèvre intérieure, Ramdohr.

(5) Fourchu dans les cypris strigata, du même.

(4) Lèvre extérieure, du même.

(ë) PL 53, fig. 1 d.

(2) Pl 5580

SECTION DES LOPHYROPES. 297

tarse. Les deux antérieurs («) sont insérés au - dessous des antennes . beaucoup plus forts que les autres, dirigés en avant, avec des soies roides , ou de longs crochets, rassemblés en un faisceau, à l'extrémité des deux derniers articles. Les quatre pieds suivans en sont dépourvus. Les seconds (4), situés au milieu du dessous du corps, sont d’abord rejelés en arrière, arqués ; et lerminés par un long et fort crochet, se portant en avant. Les deux derniers (c) ne se montrent jamais au dehors, se relèvent et s'appliquent sur les côtés postérieurs du corps, pour soutenir: les ovaires , et se Lerminent par deux très petits crochets (1). Le corps n'offre aucune articulation distincte, et se termine postérieurement en une espèce de queue molle, repliée en dessous, avec deux filets coniques ou sétacés, garnis de trois soies ou crochets au bout, se dirigeant en arrière et sortant du test (d). Les ovaires (e) forment deux gros vaisseaux, simples et coniques, en cul-de-sac à leur origine, situés, sur les côtés postérieurs du corps, au-dessous du test, et s’ouvrent, l’un à côté de l’autre, à la partie antérieure de l’abdomen, où le canal formé par la queue établit entre eux une communication. Les œufs sont sphériques. Les pontes et les mues de ces crustacés ne sont pas moins nombreuses que celles des cyclopes et autres entomostracés, et leur manière de vivre est la même. Ledermuller dit en avoir vu d’accouplés. Cependant aucun des naturalistes modernes qui les ont le plus observés n’a pu découvrir positivement leurs organes sexuels, ni être témoin de leurs réunions. M. Straus a vu, au-dessous de l’origine des mandibules, Pinsertion d’un gros vaisseau conique, rempli d’une substance gélatineuse, paraissant communiquer avec lœsophage par un canal étroit, qu’il soupçonne être un testicule ou une glande salivaire. Les individus soumis à cette observation ayant des ovaires, les cypris seraient, dans la première de ces suppositions , hermaphrodites. Mais cela est d'autant plus douteux, qu’il remarque lui-même que les mâles pourraient bien n’exister qu’à une certaine époque de Pannée, et que le vaisseau dont il parle, communiquant avec læsophage, parait avoir plus de rapport avec les fonctions digestives qu'avec la génération. (2)

(1) Dans la figure de Ramdobr, ces pieds (2) Foyez le canal alimentaire de la dan’ont que trois articles, et le dernier est phnia pulex, figuré par Jurme, X, 7, et un peu dilaté et échancré au bout, avec un Ramdohr, Monoc. tab. v, sr, d, d'et x.

crochet au milieu de cette échancrure.

(a) Pl: 55, fig. r D. e,°et fig. 1 g. (6) PI. 53, fig. 1 à, f, et fig. A. (c) PI. n3, fig. 14, £, ct fig. T 22 (dj P1:55, fo. ra etez b, h.

228 CRUSTACÉS BRANCHIOPODES.

Suivant Jurine, les antennes sont de véritables nageoires, dont ces animaux développent et réunissent à volonté les filets, selon le degré de rapidité qu’ils veulent donner à leur progression : tantôt ils n’en font paraître qu’un seul, et d’autres fois ils les éparpillent tous ensemble. Nous pensons aussi que ces filets et ceux des deux pattes antérieures peuvent tout aussi bien concourir à la respiration que ces lames des mandibules et des deux mâchoires supérieures, que M, Straus distingue par lPépithète de branchiales. Les dernières où celles de ces mâchoires me paraissent être un véritable palpe, mais très dilaté, et les deux autres un appendice des palpes mandibulaires (Voyez Jurine, Hist. des monoc., VI, 3).

D’après le naturaliste génevois précité, ces animaux, lorsqu'ils nagent, . meuvent, avec autant de rapidité que les antennes, leurs deux pattes antérieures, mais lentement quand ils marchent sur la surface des herbes marécageuses. Ces pattes, conjointement avec les deux, terminées par un long crochet ou les pénultièmes, supportent alors le corps. IT suppose que celles qui, selon lui, forment la seconde paire, sunt destinées à établir un courant aqueux el à le diriger vers la bouche : ce qui assimilerait leurs fonctions à celles des antennes inférieures, qu'il nomme antennules. Les deux filets composant la queue se réunissent et semblent n’en former qu’un seul, lorsqu'ils sortent du test; ils servent, à ce qu'il présume, à nettoyer son intérieur. La femelle dépose ses œufs en masse, en les fixant, au moyen d’un gluten, sur les plantes ou sur la boue. Cramponnée alors, à l’aide des seconds pieds, et de manière à ne pas craindre les secousses de l’eau, elle emploie environ douze heures dans cette opération, qui, dans les plus grandes espèces, fournit jusqu’à vingt-quatre œufs. Il a recueilli de ces paquets d'œufs à leur sortie, et, après les avoir isolés, il en a vu éclore des petits, et il a obtenu une autre génération sans l’intervenlion des mâles. Une femelle qui avait fait sa ponte le 12 avril, a, jusqu’au 18 mai suivant inclusivement, changé six fois de peau. Le 27 du même mois , elle a fait une seconde ponte, el deux jours après, ou le 29, une troisième. Il en conclut que ie nombre des mues de l’enfance est en rapport avec le développement graduel de l'individu ; que ce développement ne peut se manifester que par la séparation générale d’une enveloppe devenue trop petite pour loger l’animal, et que celui-ci a pour linite une grandeur déterminée qu’il lui faut atteindre. (1)

(x) Foyez Müller, Entom., genre cy- Mém. du mus, d’hist, nat. , vie, 1; Despris; Jurime, Iist, des monoc., seconde mar., Consid., pag. 380-356, rv, 1-5. divis., moro à coquille bivalve, pag. 159- M. Desmarest (Crust. fossil., xt, 8) en a

179. xvri-xix ; Ramd., Mon., 1v 3; Slraus, figuré une espèce fossile, qu'il nomme cy-

SECTION DES LOPHYROPES. 229

Les lophyropes de notre troisième division (nos CLADOCÈRES ou les daphnides de M. Straus) composent dans l’histoire des monocles de Jurine sa seconde famille. La forme de deux de leurs antennes, qui ressemblent à deux bras ramifiés et servant de rames, la faculté qu’ils ont de sauter, ont valu à l’une des espèces des plus communes la dénomination de puce aquulique arborcescente.

Le premier de ces naturalistes, qui nous à donné une excellente monographie des daphnies, sous-genre de celte division, en a établi deux nouveaux, l’un sous la dénomination de LATONE (Latona), ayant pour caractère d’avoir lès antennes en forme de rames, divisées en trois branches, d’un seul article (2); et l’autre, celui de sipa (Sida), se rapprochant des sous-genres connus de la même division à l’égard des mêmes antennes, divisées seulement en deux branches, mais dont l’une n’a que deux articles, el l’autre trois (3). Suivant lui, les daphnies se distingueraient des précédens et des lyncées, en ce que lune des deux branches des rames se composerait de trois articles, et l’autre de quatre. Cependant, selon Jurine (Hist. des monoc., pag. 92), chaque branche serait composée de trois articulations; mais il parait qu’il n’a pas tenu compte du premier, à la vérité très court, de la branche postérieure (1). Le dernier, dans tous ces lophyrapes , est terminé par trois filets, et chacun des précédens en jette un autre; ces filets sont simples où barbus. Il existe aussi deux autres antennes, mais irès courtes, surtout dans les femelles, situées à l'extrémité antérieure el inférieure de la tête, et qui n’ont qu’un seul article, avec une ou deux soies au bout.

LES POLYPHÈMES (POLYPHEMUS. Müll.)

Ont, de même que les daphnies et les lyncées, leurs antennes en forme de rames, divisées en deux branches, mais chacune d’elles est composée de cinq articles. De plus, leur tête, très distincte et arrondie, portée sur une espèce de cou, est presque entièrement occupée par un grand œil. Leurs pattes sont entièrement à découvert.

pris fève, trouvée en grande abondance (1) Daphnia setifera , Müller, Eutom.

près de la montagne de Gergovie, départe- (2) Daphia cristallina, ejusd., ibid.

4 : {a\7 >. « l’- A TS e as ment du Puy-de-Dôme, et à la balme d’Al- (3) M. Ramdohr Pa rendu dans les fi lier, entre Vichy-les-Bains et Cussac, gures rret vrr, tab. v, de ces antennes.

250 CRUSTACÉS BRANCHIOPODES.

On n’en connait encore qu’une seule espèce, le polypheme des

étangs. (1)

Selon Jurine, les pattes ne ressemblent en rien aux monocles de cette division. Elles se composent d’une cuisse, d’une jambe, d’un tarse de deux articles, et de l'extrémité duquel sortent, celui de la dernière paire excepté, quelques petits filets. De l'extrémité antérieure de la tête saillent deux petites antennes, d’un seul article terminé par deux filets. La coquille est tellement transparente, qu’on peut distinguer tous les viscères. La matrice, lorsqu'elle est pleine d'œufs, occupe la majeure partie de son intérieur. Leur nombre, dans les fortes pontes, n’excède pas celui de dix. Lorsqu'on suit le développement graduel des fœtus, on est frappé de la prompte apparition de l'œil, comparativement à celle des autres parties du corps. Il est d’abord verdâtre et ne passe qu’insensiblement au noir foncé. L’abdomen, après s’êlre contourné sur lui-même, de derrière en avant, se replie subitement en arrière pour former une longue queue, grêle, pointue, de laquelle sortent deux longs filets articulés. L'animal nage toujours sur le dos, et le plus souvent horizontalement , communiquant à ses bras ou rames, et à ses pattes, des mouvemens vifs et répétés ; il exécute, avec beaucoup de prestesse et d’agilité, toutes sortes d’évolutions. Il est sujet, dans sa jeunesse et après ses premières mues, à la maladie de la selle (voy. ci-après); mais cette selle a toujours une figure déterminée, el ne renferme jamais les deux boules ovales qu’elle présente dans les daphnies. Réduit en captivité, ce crustacé ne vit pas long-temps, el les petits ne peuvent s'élever, du moins Jurine n’a-t-il pu les conserver après les premières mues, ni observer la suite de leurs générations. IL n’a reconnu de mâles dans aucun des individus qu’il a gardés. A la vérité, il n’a pu s’en procurer qu’une petite quantité, cette espèce étant rare dans les environs de Genève; mais il parait qu’elle est très commune dans les marais et les étangs du Nord, et qu’elle y forme des atitroupemens considérables.

LES DAPHNIES

(DAPHNIA. Müll.) (P1..73, fig. 2.)

Ont leurs rames toujours découvertes jusqu’à leur base ou l’origine de

(1) Monoculus pediculus, Tin.; Deg., culus stagnorum , Lam. ; Jurin., Monoc. Insect. , VII, xxvrri, 6-13; Polyphemus xv, 1-3; Déesmar., Consid., zrv, 1, 2.

oculus, Müller, Entom, xx. 1-5 : Cephalo-

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SECTION DES LOPHYROPES, 051

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leur pédoncule, aussi longues ou presque aussi longues que le corps, divisées en:deux branches, dont la postérieure, de quatre articles, avec le premier très court, et l’autre ou l’antérieur de trois (a), leur œil est petit ou en forme de point, et si l’on en excepte quelques espèces, l’on ne voit point, comme dans les lyncées, en avant de Ini, une petite tache noire, en forme de point, que Müller avait prise pour un second œil. (1) Quoique l’organisation de ces crustacés semble, par l'extrême petitesse de ces animaux, devoir se soustraire aux regards de Pobservateur, il n’en est, guère cependant de mieux connue. Sans parler de ceux qui se sont spécialement occupés de recherches microscopiques, quatre naturalistes des plus profonds, Schæffer, Ramdohr, Straus, Jurine père, mais surloutle troisième, ont étudié ces animaux avec l'attention la plus scrupuleuse. Si quelques détails d'organisation ont échappé au dernier, les recherches de MM. Ramdobr et Straus y suppléent; Jurine, d’ailleurs, complète les ob- -servations de ceux-ci sous le rapport des habitudes, qu’il a long-temps suivies et très bien observées. La bouche (2) est située en dessous, à la base du bec; nous considérons, avec M. Ramdohr, comme un chaperon de forme allongée, la portion inférieure de la tête, que M. Straus appelle labre , et nous appliquerons cette dernière dénomination à la partie qu'il nomme lobule postérieur du labre. Immédiatement au-dessous sont deux mandibules (ce) (mâchoires intérieures, Ramd.) très fortes, sans palpes, dirigées verticalement et appliquées sur deux mâchoires (2) horizontales terminées par trois épines robustes, cornées en forme de crochets recourbés (d). Viennent ensuite dix pattes, ayant toutes le second article vésiculeux ; les huit premières (e) se terminent par une expansion en forme de nageoire, garnie sur ses bords de soïes ou de filets barbus, disposés en manière de couronne ou de peigne ; les deux antérieures paraissent plus spécialement propres à la préhension : aussi M. Ramdohr les prend-il pour des palpes doubles (lexterne et l’interne) : ce sont les mêmes pièces

(x) C’est aussi le sentiment de Ramdohr, (2) Les mächoires extérieures, dans la Monoc., pl. v, fig. rret rx, 6; et comme nomenclature de M. Ramdobr. Jurine, ill'a découvert dans la daphnia sima, n'ayant pas détaché ces parties des précéserait possible que ce caractère füt com- dentes, a supposé que celles-ci étaient acmun, quoique peu sensible dans diverses compagnées d’une espèce de soupape et espèces, à ce sous-genre et aux lyncées. d’un palpe. Hist, des Monoc., IX, fig. Schæffer avait déjà observé cette tache. 13-17.

(a) PL 73, fig. 24. (2) PL 75, fig. 2c.

(cp Pi. 53, fig. 20, 24. (d) PL 75, fig. 2e.

(e) PI. 73, fig. 20, 2/, 28,2 Ry2T.

232 CRUSTACÉS BRANCHIOPODES.

que Jurine appelle ailleurs (cyclopes) des mains. Dans les figures qu’ils en ont données, les soies terminales paraissent être barbues : nous ne voyons pas dès-lors pourquoi ces appendices ne pourraient pas servir à la respiration, propriété (1) que M. Straus r’accorde qu'aux suivantes, parce que celles-ci ont de plus au côté interne une lame qui, à l'exception des deux dernières, est bordée d’une rangée de soies, en manière de peigne, et pareillement barbue, à en juger d’après les figures de Jurine et de M. Ramdohr. Les deux dernières pattes (e) ont une structure un peu différente, et M. Ramdohr les distingue sous le nom de serres. L’abdomen, ou le corps proprement dit, est divisé en huit segmens, parfaitement libre entre ses valves, grêle, allongé, recourbé en dessous à son extrémité, et terminé par deux petits crochets dirigés en arrière. Le sixième segment présente en dessus une rangée de quatre mamelons, formant des dentelures, et le quatrième une sorte de queue (2). Les ovaires sont placés le long des côtés, entre ce segment et le premier, et s’ouvrent séparément près du dos , dans une cavité (matrice, Jurine) située entre la coquille et le corps, où les œufs restent quelque temps après la ponte.

Müller a donné le nom d’ephippium ou de selle à une grande tache obscure et rectangulaire qui, à certaines époques de l’année, et surtout en été, se montre, après la mue des femelles, à la partie supérieure des valves de la coquille , et que Jurine attribue à une maladie. Selon M. Straus, cet éphippium présente deux ampoules ovalaires, transparentes, placées l’une au-devant de l’autre, et formant avec celles du côté opposé deux petites capsules ovales, s’ouvrant comme une capsule bivalve. Il se partage, ainsi que les valves dont il fait partie, en deux moiliés latérales, réunies par une suture le long de leur bord supérieur ; son intérieur en offre un autre semblable, mais plus petit, à bords libres, si ce n’est le supérieur, qui tient aux valves, et dont les deux moitiés jouant en charnière l’une sur lPautre, présentent les mêmes ampoules que les battans extérieurs. Chaque capsule renferme un œuf à coque cornée et

(x) Suivant M. Straus, les cypris et les cythérées ne sont point de véritables branchiopodes , attendu que leurs pattes n’ont point de branchies; mais, comme nous l'avons déjà observé , les soies ou poils des deux antérieures et celles des antennes,

pourraient , tout aussi bien que celles des

(a) PI. 53; fig. 2%.

palpes et des premières mâchoires, remplir les fonctions branchiales.

(2) Nous omettons d’autres détails d’organisation , parce que les uns ne peuvent être saisis qu'au moyen de figures, et que les autres paraissent être communs à la

plupart des branchiopodes.

Eve

CRE PT ETAPE pr US

SECTION DES LOPHYROPES. 255

verdâtre, semblable, du reste, aux œufs ordinaires, mais demeurant plus long-temps à se développer et devant passer l'hiver sous cette forme. À l’époque de la mue, l’éphippium, ainsi que ses œufs, est abandonné avec la dépouille dont il fait partie : elle sert d’abri à ces œufs pendant le froid. La chaleur du printemps les fait éclore, et il en sort des pelits absolument semblables à ceux que donnent les œufs ordinaires. Schæffer a dit qu’ils peuvent rester fort long-temps dans l’état de dessiccation sans que le germe soit altéré; mais aucun de ceux que M. Straus a conservés dans cet état n’est éclos. Ils sont absolument libres , ou sans adhérer les uns aux autres, dans les cavités qui leur sont propres. Selon Jurine, ils peuvent, en été, éclore au bout de deux ou trois jours. Sous le climat de Paris, où M. Straus les a observés à toutes les époques de l’année, il faut au moins cent heures. Le fœtus, vingt heures après la ponte, n'offre qu’une masse arrondie et informe , sur laquelle on remarque, quand on Vexamine de près, les rudimens obtus des bras, en forme de moignons très courts et imparfaits, collés contre le corps; la tête ni l'œil ne sont visibles; le corps, vert ou rougeâtre, el ponclué de blanc comme les œufs, ne fait encore aucun mouvement. Ce n’est qu’à la quatre-vingt-dixième heure, et lorsque l’œil a paru, que les bras et les valves se sont allongés, que le fœtus commence à se mouvoir. A la centième heure, il est déjà très actif; enfin à la cent dixième, il ne diffère du petit venant de naître, qu’en ce que les soies des rames sont encore collées contre leur tige , et que la queue des valves est fléchie en dessous, et reçue entre les bords inférieurs de ces pièces. Vers la fin du cinquième jour , la queue, qui termine les valves dans le jeune âge, et les soies des bras, se débandent comme un ressort , et les paltes commencent alors seulement à s’agiler. Les petits étant en état de paraitre au jour, la mère abaisse aussitôt son abdomen, et ils s’élancent au dehors. Des œufs nouvellement pondus et placés dans un bocal , où M. Straus les a suivis, se sont développés de la même manière. Jurine nous a aussi donné, sur les changemens progressifs des fœætus des daphnies, des observations analogues, mais faites en hiver; et comme les petits ne sont éclos que le dixième jour, il a eu Pavantage de pouvoir mieux saisir et préciser ces développemens. Le premier jour, l'œuf présente une bulle centrale, entourée d’autres plus petites, avec des molécules colorées dans les intervalles. Ces molécules el ces bulles paraissent destinées à former, en s’agglomérant, en se rapprochant du centre et finissant par disparaitre, les organes. Le sixième jour , la forme du fœtus commence à se prononcer ; le septième , l’on distingue la tête et les pattes; le huitième, l'œil parait ainsi que l'intestin ; le suivant, l’on commence à distinguer le réseau de cet œil; les bulles ont presque entièrement disparu, à l'exception de la centrale, qui occupe le canal alimentaire, sous le cœur; le dixième, le développement du fœtus

254 CRUSTACÉS BRANCHIOPODES.

est terminé, le petit sort de la matrice, et reste un moment immobile.

Les mâles, du moins dans les espèces observées par M. Straus, sont très distincts des femelles. La tête est proportionnellement plus courte; le bec est moins saillant ; les valves sout moins larges et moins gibbeuses supérieurement , et bâillantes en devant, de sorte qu’elles présentent en cette place une large ouverture presque circulaire. Les antennes sont beaucoup plus grandes, offrent l'apparence de deux cornes dirigées en dessous, et que Müller a considérées comme les organes sexuels de ce sexe. M. Straus n’a pu découvrir ces parties sexuelles; mais il a remarqué que l’onglet terminant le dernier article des deux pattes antérieures {les secondes, en supposant que les rames soient les premières) est beaucoup plus grand que dans la femelle, qu’il a la forme d’un irès grand crochet, fortement recourbé en dehors, et que la soie du troisième article est également beaucoup plus longue; ces crochets lui servent à saisir la femelle. Les mamelons du sixième segment de l’abdomen sont beaucoup moins sensibles et sous la forme de tubercules, dans le premier âge. Aux antennes inférieures près, plus longues dans les mâles, les deux sexes se ressemblent presque, et les deux valves de leur coquille se terminent, dans l’un et l’autre, par un stylet dentelé en dessous, arqué vers le bas, et d’une longueur égalant presque celle des valves. A chaque mue, ce stylet se raccourcit, de sorte qu'il ne forme plus, dans les adultes, qu’une simple pointe obtuse.

Les mâles sont très ardens à la poursuite de leurs femelles, et souvent du même individu.

Un seul accouplement féconde la femelle pour plusieurs générations successives et jusqu’à six au moins, ainsi que l’a constaté Jurine. M. Straus, remarquant que les orifices des ovaires sont placés très profondément sous les valves, et que dès-lors aucune partie du corps du mâle ne pourrait y atteindre, soupçonne qu’il n'existe point chez lui d’organe copulateur, et qu'il se borne à lancer la liqueur fécondante sous les valves de la femelle, d’où elle s’introduit dans les ovaires; mais Panalogie semble repousser une telle conjecture (1). Jurine a vu leur accouplement, qui dure au plus de huit à dix minutes. Le mâle, placé d’abord sur le dos de la femelle, la saisit avec les longs filets de ses pattes antérieures; se portant ensuite vers le bord inférieur de la coquille de celle-ci, et approchant la sienne de son ouverture, il y introduit ces filets, ainsi que les crochets ou harpons de ses pattes. Il rapproche ensuite sa queue de celle de sa compagne, qui d’abord se refuse à ses désirs, court avec une grande vitesse,

(1) Foyez Jurine, Hist. des monoc., pag. 106 et suiv.

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SECTION DES LOPHYROPES. 235

le transportant avec elle, mais qui finit par céder. De petits corps, en forme de grains colorés en vert, en rose ou en brun, selon les saisons, composant les ovaires, remontent graduellement dans la matrice et y deviennent des œufs. Jurine observe que les mâles de la D. puce sont en petit nombre, comparativement à celui des femelles; qu’au printemps et en été, on n’en trouve que difficilement, tandis qu'ils sont moins rares en automne.

Environ huit jours après leur naissance, les jeunes daphnies changent pour la première fois de peau, et continuent ensuite la même opéralion, tous les cinq à six jours, selon le plus on moins d’élévation de la température;, non-seulement le corps et les valves, mais encore les branchies et les soies des rames se dépouillent de leur épiderme, Ce n’est qu’à la troisième mue que ces crustacés commencent à produire. Leur ponte n’est d'abord que d’un seul œuf, puis de deux ou trois, el augmente progressivement, et va même jusqu’à cinquante-huit dans une espèce (D. magna). Un jour après la ponte, la femelle change de peau, et l’on trouve dans les tégumens qu’elle abandonne les coques des œufs de sa dernière ponte. Un moment après, elle en fait une nouvelle. Les jeunes d’une même portée sont presque toujours du même sexe, et il est assez rare de lrouver dans une portée de femelles deux ou trois mâles, et wire versa. Mai: sur cinq à six portées des mois d'été, il s’en trouve au plus une de mâles. On rencontre souvent des individus dont les tégumens sont d’un blanc laiteux , opaque et épaissi, sans que pour cela ils en paraissent affectés ; au renouvellement de leur test, on n’aperçoit sur lui que de légères traces de cette altération, et qui se manifestent par des rugosités.

Ces crustacés cessent de se reproduire et de muer aux approches de VPhiver, et finissent par périr avant le commencement des gelées. Les œufs contenus dans les éphippiums, et qui avaient été pondus pendant Pété, éclosent dès les premières chaleurs du printemps suivant; bientôt les mares sont de nouveau peuplées d’une infinilé de daphnies. Plusieurs naturalistes ont attribué la couleur sanguine que ces eaux prennent quelquefois , à la présence de myriades de la D. puce; mais M. Straus dit n’avoir jamais observé ce fait, et que celte espèce est en tout temps peu colorée. Le matin et le soir, et même pendant le jour, lorsque le ciel est couvert, fes daphnies se tiennent habituellement à leur surface. Mais dans les grandes chaleurs, et lorsque le soleil donne avec ardeur sur les mares ou eaux stagnantes qu’elles habitent, elles s’enfoncent dans l’eau, et se tiennent à six ou huit pieds de profondeur ou davantage; souvent on n’en voit pas une seule à la surface. Elles naÿent par petits bonds, plus ou moins étendus, suivant que leurs rames sont plus ou moins longues , et que le bouclier recouvrant le devant de leur corps déborde plus ou moins, la grandeur de cette saillie pouvant gèner leurs mouvemens.

256 CRUSTACÉS BRANCHIOPODES.

Au témoignage de M. Straus, leur nourriture consiste exclusivement en petites parcelles de substances végétales, que ces animaux trouvent au fond de l’eau , et très souvent en conferves. Ils ont constamment refusé les substances animales qu’il leur a offertes. Il leur a souvent vu avaler leurs propres excrémens, entraînés par le courant d’eau que produit laction de leurs pattes, et qui portent leur aliment ordinaire vers leur bouche. Les crochets qui terminent l’extrémité de leur queue leur servent à nettoyer leurs branchies.

La Daphnie puce, la plus commune de toutes (Monoculus puler; Lin.); Pulex aquaticus arborescens, Swamm., Bib. nat., xxxt1; le Perroquet d'eau, Geoff., Hist. ins., Il, pag. 455 ; Schæff., Die Grün., arm., Polÿp., 1755, 1, 1—8; Straus, Mém. du Mus. d’hist. nat., V, Xx1X, 1—20; Jurin., Mon., vini—xi, à, selon M. Straus , le bec grand , convexe; les soies des rames plumeuses; le premier mamelon du sixième segment en languette ; les valves dentelées au bord inférieur, terminées par une queue courte, obtuse dans les femelles. Ce dernier caractère la distingue d’une autre espèce avec laquelle on l’a confondue, la D. longue epine (D. longispina, Slr., Deg. insect., VIT, xxvir, 1—4). La femelle est longue de quatre millimètres. (1) A

Le dernier sous-genre des lophyropes est celui de

LYNCEE, (LYNCEUS. Müll. — Chilodorus. Leach.)

Qui ne se distingue guère du précédent que par ses rames, évidemment plus courtes que la coquille, et dont la portion inférieure ne fait point ou presque pas de saillie. Selon M. Straus, les articulations de leurs branches seraient plus nombreuses que dans les sous-genres précédens. Tous ont au-devant de leur œil une petite tache qui a l'apparence d’un autre œil. Le bec est proportionnellement plus prolongé que celui des daphnies, courbé et pointu. (2)

(x) Voyez, pour les autres espèces, le longispina, Ramd., Monoc., v-vir. Mémoire précité de M. Straus ; Müller, (2) Voyez Müller, Entom., G. lynceus ; Entom., et Jurine, Hist. des monocles, Jurine, Monoc., pag. 151-158,et Desmar.,

seconde famille, pag. 185-88, et pag. 181- Consid., 375-378.

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