PL
Se distingue des précédens par la diversité de formes de leurs pattes, dont les antérieures, en nombre indéterminé, sont ambulatoires ou propres à la préhension (7, et dont les autres, lamelliformes ou pinnées, sont branchiales et natatoires (*). Mais c’est sûrtout par l'absence
de mandibules et de mâchoires ordinaires, qu'ils s'eloi-
(a) PL. 56, fig. 2,65 pl. 77, fig- La, ©, ë. (e) PL. 56, fig. 2, 28:
248 CRUSTACÉS PÆCILOPODES.
gnent de tous les autres crustacés ; tantôt ces parties sont remplacées par les hanches hérissées de petites épines des six premières paires de pieds (*) ; tantôt les organes de la manducation consistent, soit en un siphon extérieur, en forme de bec inarticulé (”), soit en quelques autres instrumens propres à la succion, mais cachés ou peu distincts.
Leur corps est presque toujours recouvert, en totalité, ou en grande partie par un test en forme de bouclier, d'une seule pièce dans la plupart, de deux dans quelques-uns , et offrant toujours deux yeux lorsqu'ils sont distincts. Deux de leurs antennes | chéliceres, Latr.) sont, dans plusieurs,.en forme de pince, et en font les fonctions. Le nombre de leurs pieds est de douze dans le plus grand nombre (1), et de dix ou de vingt-deux dans presque tous les autres. Ils vivent, pour la plupart, sur des animaux aquatiques, et plus communément sur
des poissons.
Nous partagerons cet ordre en deux familles. ()
(1) Quatorze, dans plusieurs, selon semblent être des plus favorises, n’ont que M. Leach; mais celles qu’il considère alors douze pattes. comme les deux premières me paraissent (2) Elles forment deux ordres dans mon ètre deux antennes imférieures. Les argu- ouvrage sur les familles naturelles du règne les, qui, sous le rapport de la locomotion ; animal.
(a) PI. 56, fig. 2b, 2e. (2) PL 95, fig. ra, rb, ete.
FAMILLE DES XYPHOSURES. 249
La premiere, celle
DES XYPHOSURES .
(XYPHOSURA.)
Est distinguée de la suivante par plusieurs caractères: il n’y a point de siphon; les hanches des six premières paires de pattes sont hérissées de petites épines, et font l'office demächoires (*);lenombre des pattes est de vingtdeux; les dix premières, à l'exception des deux antérieures des mâles, sont terminées en pince à deux doigts, et insérées, ainsi que les deux suivantes, sous un grand bouclier semi-lunaire ; celles-ci portent les organes sexuels, et ont la forme de grands feuillets (*), de même que les dix suivantes, qui sont branchiales et annexées au-dessous d’un second test, terminé par un stylet très dur, en forme d'épée, et mobile. Ges animaux, en outre,
sont errans. [ls composent le genre
DES LIMULES , (umurus. Fab.) (Planche 76.)
Dont les especes ont reçu dans le commerce le nom de
(a) PL. 56, fig. 2. (8) PI, 96, fig. 2 g.
250 CRUSTACÉS PÆCILOPODES.
crabe des Moluques. Le corps suborbiculaire, un peu allongé et rétréci postérieurement, est divisé en deux parties, recouvert par un test solide de deux pièces, une pour chaque division, très creux en dessous, offrant en dessus deux sillons longitudinaux, un de chaque côté, et au milieu du dos une carène. La première pièce du test, ou celle qui recouvre le devant du corps, est beaucoup plus grande que l’autre, forme un grand bouclier semi-lunaire, rebordé, portant en dessus deux yeux ovales, à facettes très nombreuses, en forme de peüts grains, situés, un de chaque côté, sur le côté extérieur d'une carène longitudinale, et à l'extrémité antérieure de celle du milieu et commune aux deux pièces du test, deux petits veux lisses (1) rapprochés: ces carènes sont armées de quelques dents ou tubercules aigus. La duplicature de ce test forme en dessous, à son extrémité antérieure, un rebord-plan, très arqué et terminé inférieurement par un double arc, avancé en maniere de dent au centre de réunion (*). Immédiatement audessous de cettesaillie, dans la concavité du bouclier, est un petit labre renflé, caréné au milieu, terminé en pointe, et audessus duquel sont insérées deux petites antennes, en forme de petites serres didactyles et coudées au milieu de leur longueur, à la jonction du premier article et du suivant ou de la pince proprement dite. Immédiatement au-dessous sont insérées et rapprochées par paires, sur deux lignes, douze pattes, dont les dix premieres, les deux ou quatre antérieures des màles seules exceptées, terminées en pince didactyle, et dont l’article radical est avancé intérieurement en maniere de lobe, hérissé de petites épines, et fait l'office de mâchoire (*). La grandeur de ces pattes augmente progressivement ; si l'on
(1) Un de chaque côté de la dent terminant cette carène.
(a) PL 56,.fig, 2. | (4) PE 96, fig. 24.
FAMILLE DES XYPHOSURES. 251
en excepte celles de la cinquième paire, elles sont composées de six articles, en y comprenant le doigt mobile de la pince. Celles-ci (*) ontun article de plus, et différent en outre des précédentes en ce qu’elles ont extérieurement à leur base un appendice arqué et rejeté en arrière, de deux articles, dont le dernier comprimé et obtus; que leur cinquième article est terminé, au côté interne, par cinq petits feuillets mobiles; cornés, étroits, allongés, pointus et mobiles, et de plus en ce que les deux doigts de la pince sont mobiles ou articulés à leur base. Les deux pièces situées dans l’entre-deux de ces pattes, que M. Savigny considère comme une languette, ne me paraissent étre que deux lobes maxillaires de ces organes, mais détachés ou libres. Le pharynx occupe l'intervalle compris entre toutes ces pattes. Les mâles sont distingués des femelles par la forme des pinces qui terminent les deux ou quatre pattes antérieures : elles sont renflées et dépourvues de doigt mobile. Les deux dernières pattes de ce bouclier sont réunies et sous la forme d’un grand feuillet membraneux, presque demi-circulaire, portant les organes sexuels à sa face postérieure (°) , et offrant au milieu d’une échancrure du bord postérieur deux petites divisions triangulaires, allongées et pointues, qui paraissent représenter les doigts internes des pinces; des sutures indiquent les autres articulations. La seconde pièce du test, articulée avec la précédente au milieu de son échancrure postérieure et remplissant le vide qu’elle forme, est presque en forme de triangle, tronqué et échancré angulairement à son extrémité postérieure. Ses bords latéraux sont alternativement échancrés et dentés, et les échancrures, à partir de la seconde, offrent chacune, dans leur milieu, une épine allongée et mobile; il y en a six de chaque côté. Dans la concavité in-
(a) PL 76, fig. 2c. @) PL 76, fig. 2/
‘ 030 CRUSTACÉS PÆCILOPODES.
férieure sont renfermés et disposés par paires, sur deux séries longitudinales, dix pieds-nageoires presque semblables, pour la forme, aux deux dernieres pattes, mais unis simplement à leur base, appliqués les uns sur les autres, et portant à leur face postérieure les branchies, qui paraissent composées de fibres très nombreuses et très serrées, disposées sur un seul plan, les unes contre les autres (*). L'’anus est situé à la racine inférieure du stylet, terminant le corps. D’après une observation qui nous a été communiquée par M. Straus, lintérieur du premier bouclier ne présente, outre le cerveau, qu'un seul ganglion, le sous-œæsophagien (1). Les deux cordons nerveux se prolongent ensuite dans l’intérieur du second bouclier, n’y forment, à l’origine des pattes branchiales, que de faibles ganglions qui jettent des rameaux sur ces organes. Suivant M. Cuvier, le cœur, comme dans les stomapodes, est un gros vaisseau garni en dedans de colonnes charnues, régnant le long du dos et donnant des branches des deux côtés. Un œsophage ridé, remontant en avant, conduit dans un gésier très charnu, garni intérieurement d’un velouté cartilagineux, tout hérissé de tubercules, et suivi d’un intestin large et droit. Le foie verse la bile dans l'intestin par deux canaux de chaque côté. Une grande partie du test est remplie par l’avaire dans la femelle, par les testicules dans le male.
Ces crustacés atteignent quelquefois deux pieds de longueur; ils habitent les mers des pays chauds et se tiennent le plus souvent sur leurs rivages. Il me parait qu'ils sont propres aux Indes orientales et aux côtes de l'Amérique. Ici on désigne
(1} Les deux pieds antérieurs pourraient six derniers, leurs pieds-mächoires ; ceux représenter les mandibules des décapodes ; du second bouclier répondraient aux pieds les quatre suivans, leurs mächoires, et les thoraciques.
(a) PI. "6, fig. 2
FAMILLE DES XYPHOSURES, 255
l'espèce qu'on y trouve (Limule cyclope) sous la dénomination de poisson casserole, parce qu’elle en a en quelque sorte la forme, et qu'en enlevant les pattes son test peut servir à puiser l’eau. Au témoignage de M. Leconte, naturaliste des plus instruits et qui a si fort contribué par ses recherches et ses découvertes aux progrès de l'entomologie, on la donne à manger aux porcs. Les sauvages emploient le stylet de leur queue à faire des flèches: on en redoute la pointe. On mange leurs œufs à la Chine. Lorsque ces animaux marchent, on ne voit point leurs pieds. On en trouve de fossiles dans certaines couches d’une ancienneté moyenne. (1)
Les uns ont les quatre pieds antérieurs terminés, du moins
dans l’un des sexes, par un seul doigt.
On ne connait qu’une seule espèce de cette division et que j'ai vue figurée sur des vélins chinois, c’est le Zimule hétérodactyle, servant de type au genre tachypleus du docteur Leach. (2)
‘ Dans les autres, les deux serres antérieures au plus sont seules monodaciyles. Tous les pieds ambulatoires sont didactyles, au moins dans les
femelles.
Cette division se compose de plusieurs espèces, mais qui, vu le peu d'attention qu’on a donné à la forme détaillée de leurs parties, aux différences de sexe et d’âge, des localités qui leur sont propres, n’ont pas encore été caractérisées d’une manière rigoureuse et comparative. C'est ainsi, par exemple, que le limule que l’on trouve communément en Amérique, vu dans son jeune âge, est blanchâtre ou de couleur blonde, avec six denis fortes tout le long de l’arête du milieu supérieur du test, et deux autres également fortes et pointues sur chaque arèête latérale du bouclier ou de la première pièce du test; tandis que dans les individus les plus âgés, et qui ont quelquefois plus d’un pied et demi de long, la
(1) Knorr., Monum. du déluge, I. pl.
x1v ; Desmar., Crust. fossil., XI, 6,7. Il semblerait, d’après ees figures, que les épines latérales de la seconde pièce du test ne forment que des dents plus petites, au
lieu d’épines, s'articulant par leur base;
mais ces articulations ont peut-être disparu.
(2) Ce limule est probablement le kabutogant ou unkia des Japonnais, et représentant, sur leur zodiaque primitif, la constel-
, lation du Cancer.
254 CRUSTACÉS PÆCILOPODES.
couleur est d’un brun très foncé ou presque noirâtre, et que les dents, particulièrement celles du milieu, s’oblitèrent presque. Ici encore Îles bords latéraux de la seconde pièce du test ont de fines dentelures qui sont nulles ou peu sensibles dans les premiers. On rapportera aux jeunes individus le Limule cyclops de Fabricius et le L. de Sowerby de Leach (Zool. mise. LXXIV) ; son Zimule à trois dents et le Lèmule blanc de M. Bosc; el aux seconds individus, ou les plus grands, mon Zimule des Moluques (monoculus polyphemus, Lin.; clus., exot., liv. 6, Cap. 14, pag. 128; Rumph., mus., XII, a. b.), que j'avais d’abord distingué spécifiquement, dans la croyance que ces grands individus habitaient exclusivement ces iles. Dans les uns et les autres, ou à tout âge, la queue est un peu plus courte que le corps, triangulaire , finement dentelée à l’arête supérieure, sans sillon prononcé en dessous. Nous désignerons cette espèce sous le nom de limule polyphème. Ces derniers caractères la distingueront de quelques autres décrites par moi et M. Leach ( Foyez la seconde édition du nouveau diet. d’hist. naturelle; Desmarets( Consid., pag. 344—358).
La seconde famille, celle
DES SIPHONOSTOMES ,
(SIPHONOSTOMA.) (Planche 37-79.) Ne nous offre aucune espèce quelconque de mâchoires.
Un sucçoir ou siphon, tantôt extérieur et sous la forme
d'un bec {1) aigu. inarticulé, tantôt caché ou peu distinct,
(x) La composition de ce bec n’est pas encore bien connue, Il est évident, d’après la figure qu'a donnée Jurine fils de l'argule foliacé, qu'il renferme un suçoir ; mais en est-il ainsi de celui des autres, et quel est le nombre de ses pièces ? C’est ce qu'on
ignore. Je présume cependant que ce si-
phon se compose du labre, des mandibules et de la languette, qui forme la gaine du suçoir. Dans l’entomostracé précédent, les quatre pieds antérieurs, et dont la forme est très différente de celle des suivans, correspondraient aux quatre machoires des
décapodes.
FAMILLE DES SIPHONOSTOMES. 255 üent lieu de bouche(*). Le nombre des pattes ne s'élève jamais au-delà de quatorze. Le test est très mince, et d’une seule pièce. Ces entomostracés sont tous parasites.
Nous partagerons cette famille en deux tribus.
La première, celle des caziGines ( Caligides, Vatr.), est caractérisée par la présence d’un test, en forme de bouchier ovale ou semi-lunaire (”) ; par le nombre des pieds visibles, qui esttoujours de douze (ou de quatorze, si, avec M. Leach, on prend pour tels ceux qui sont pour moi deux antennes inférieures); par la forme et la grandeur du ceux des dix dernières paires, qui sont, tantôt multifides, pinnés ou terminés en nageoire, et très propres, à toutes les époques et dans l'état adulte, à la natation; tantôt en forme de feuillets, ou larges et membraneux. Les côtés du thorax ne présentent jamais d'expansions en forme d'ailes, rejetées en arrière, et renferment postérieurement le corps.
Lei le corps, offrant en dessus plusieurs segmens, est allongé, et se rétrécit postérieurement, pour se terminer en manière de queue, avec deux filets ou deux autres appendices saillans, au bout; cette extrémité n'est point recouverte par une division des tégumens supérieurs, en
forme d’une grande écaille arrondie. et fortement échan-
{a) PL 97, fig. ra, 1h, te, ete. (é) PI. 957, fig. 1, 2, 3: pl. 98, fig: 1, 2; 3; 4°
256 CRUSTACÉS PÆCILOPODES.
crée au bord postérieur. Le test occupe la moitié au moins de la longueur du corps. Cette subdivision com-
prendra deux genres de Müller.
Le premier, celui
D’ARGULE, (arçuzus. Müll.)
(PL. 78, fig. :.)
Avait d’abord été désigné par nous sous le nom d’ozole, et décrit d’une maniere incomplète. Jurine fils a depuis observé l'espèce qui lui sert de type, avec l'attention la plus scrupuleuse, l’a suivie dans tous ses âges, et nous en a donné une monographie qui ne laisse rien à désirer. Il a restitué à ce genre le nom que Müller lui avait primitivement imposé.
Les argules ont un bouclier ovale, échancré postérieurement, recouvrant le corps, à l'exception de l’extrémité postérieure de l'abdomen, portant sur un espace mitoyen, triangulaire, et distingué sous le nom de chaperon, deux yeux, quatre antennes très petites, presque cylindriques, placées en avant, dont les supérieures, plus courtes et de trois articles, ont à leur base un crochet foit, édenté et recourbé; et dont les inférieurs, de quatre articles, avec une petite dent au premier. Le siphon est dirigé en avant. Les pieds sont au nombre de douze. Les deux premiers se terminent par un .empàtement annelé transversalement, élargi circulairément au bout, strié et dentelé sur ses bords, offrant à l'intérieur une sorte de rosette formée par les muscles, et paraissant agir à la maniere d’une ventouse ou d’un sucoir (*). Ceux de la paire sui-
(a) PL 58, fig. 14.
; FAMILLE DES SIPHONOSTOMES. 257
vante sont propres à la préhension, avec les cuisses grosses, épineuses, et les tarses composés de trois articles, dont le dernier, muni de deux crochets. Les autres pieds se terminent par une nageoire, formée de deux doigts où pinnules allongés, garnis sur leurs bords de filets barbus; les deux premiers de ceux-ci, ou ceux de la troisième paire, en y comprenant les quatre précédens, ont un doigt de plus, mais recourbé. Les deux derniers sont annexés à cette portion du corps qui fait postérieurement saillie hors du test ou la queue. Les femelles n’ont qu’un seul oviducte, et recouvert par deux petites pattes, situées en arriere de ces deux palettes. L’organe considéré comme le pénis du mâle est placé à l'extrémité interne du premier article des mêmes pattes, près de l’origine des deux doigts. Sur le même article des deux pattes précédentes, et en regard avec ces organes copulateurs, est une vésicule présumée séminale. L’abdomen, en considérant comme tel cette partie du corps qui s'étend en arrière, depuis les pattes ambulatoires, le bec et un tubercule renfermant le cœur, est entièrement libre, depuis sa naissance, sans articulations distinctes, et se termine immédiatement apres les deux dernieres pattes par une sorte de queue, en forme de lame, arrondie, profondément-échancrée ou bilobée, et sans poils au bout : c'est une sorte de nageoire. La transparence du corps permet de distinguer le cœur. Il est situé derrière la base du siphon, logé dans un tubercule solide, demi-transparent et formé d’un seul ventricule. Le sang, composé de petits globules diaphanes, se dirige en avant, sous la forme d’une colonne, qui se divise bientôt en quatre rameaux, dont deux vont directement vers les yeux, et deux autres vers les antennes; ceux-ci, réfléchis ensuite en arrière et réunis aux premiers, forment de chaque côté une seule colonne qui descend vers la ventouse, en contourne la base et disparaît. Un peu au-dessous des deux pattes suivantes, l’on distingue, de chaque côté, une autre co-
us ] CRUSTACÉS. 33
949 CRUSTACÉS PÆCILOPODES.
lonne sanguine, qui se recourbe en dehors, s'étend ensuite près des bords dn test, et, arrivée près des deux avant-dernières pattes, se replie en avant et cesse d’être visible. Une autre colonne, et où le ‘sang, ainsi que dans la précédente, va de devant en arrière, parcourt longitudinalement le milieu de la queue ; elle se réunit postérieurement à deux autres courans que l’on observe sur les bords de cette queue, mais allant en sens contraire où paraissant ramener le sang au cœur. Jurine fils a évité d'employer le mot vaisseau, parce que le sang chassé dans la partie antérieure parait s’y répandre et s’y disséminer, de manière à faire croire que les globules du sang sont dispersés dans le parenchyme de ces parties, plutôt que d’être contenus dans des vaisseaux particuliers. Mais, d’après ce que nous avons dit à l’égard de la circulation des décapodes, on voit qu'ici le sang se distribue d’abord de la même maniere, et les courans ou colonnes dont nous venons de parler semblent indiquer l'existence de vaisseaux propres. Aussi cet habile observateur convient-il après que la circulation ne se fait point partout d’une manière aussi diffuse que dans la partie antérieure du test, où cependant elle paraît, selon nous, s'effectuer comme dans les décapodes. Le cerveau , placé derrière les yeux, lui a paru divisé en trois lobes égaux, un antérieur et deux latéraux. La partie antérieure de l’estomac donne naissance à deux grands appendices, divisés chacun en deux branches, qui se ramifient dans les ailes du test. Les matières alimentaires et de couleur bistrée qu’ils contiennent rendent ces ramifications sensibles. Le cœcum est pourvu, vers son origine, de deux appendices vermiformes.
Les mâles sont tres ardens en amour, ce qui leur fait souvent prendre un sexe pour l’autre, ou les fait adresser à des femelles pleines où mortes. Ils sont placés , dans l’accouplement, sur leur dos, auquel'ils se cramponnent au moyen de leurs pieds à ventouse, et ils restent dans cet état plusieurs
hé à tt” oi là
sé. cf ricnamult. - jf fe Date
FAMILLE DES SIPHONOSTOMES. 259
heures. La durée de la gestation est de treize à dix-neuf Jours. Les œufs sont unis, ovales, et d’un blanc de lait. Ils sont fixés, avec un gluten, sur les pierres ou autres corps durs, soit en ligne droite , soit sur deux rangs , au nombre d’un, à quatre cents; étant pressés les uns contre les autres, leur forme en devient presque hexagonale.
Vingt-cinq jours apres la ponte, et après avoir d’abord pris une teinte Jaunâtre et opaque, on commence à y distinguer les yeux et quelques parties de l'embryon. Au bout ensuite d'environ dix jours, ou vers le trente-cinquième après la ponte, la coquille se fend longitudinalement, et le petit ou tétard vient au monde. Il n’a guère alors que trois huitièmes de ligne de long. Sa forme, en général, ressemble à celle qu'il aura dans l’état adulte, mais ses organes locomotiles présentent des différences essentielles. Müller l’a décrit dans cet état, sous le nom d’arqulus charon. Quatre rames ou longs bras, dont deux placés au-devant des yeux et les deux autres derriére, terminées chacune par un pinceau de soies flexibles et pennées , que l'animal meut simultanément, et au moyen desquelles il nage facilement et par saccades, sortent de l’extrémité antérieure du test; elles ne représentent point les antennes, puisque l’on voit aussi ces derniers organes. Les pieds à ventouse sont remplacés par deux fortes pattes, coudées pres de leur extrémité et terminées par un fort crochet avec lequel ce crustacé peut se cramponner sur les poissons. D'autres pattes, propres à l’état adulte, celles de la seconde et de la troisième paire, ou les deux ambulatoires et les deux premières des natatoires , sont les seules qui soient développées et libres ; les suivantes sont comme emmaillottées et appliquées sur l'abdomen. Le cœur, la trompe et les ramifications des appendices de l’estomac sont distincts. La première mue, qui s'opère au moyen d’une rupture de la face inférieure, ayant eu lieu , les rames ont disparu, et toutes les pattes na-
260 CRUSTACÉS PÆCILOPODES.
tatoires se montrent. Trois jours après arrive la seconde mue, : : qui ne produit aucun changement important. Mais à la troisième, qui s'opère deux jours après, l’on commence à apercevoir vers le milieu des deux pattes antérieures, le commencement de la formation des ventouses. À la quatrième mue, qui a également lieu au bout de deux jours, ces mêmes pattes sont enfin transformées en pattes a ventouse, en conservant néanmoins le crochet terminal. Au bout de six jours, nouveau changement de peau, et apparition des organes générateurs de l’un et l’autre sexe; mais il faut encore une mue, retardée de six Jours, pour que ces animaux puissent se réunir et se multiplier. Ainsi la durée de leur état d'enfance ou de leurs . métamorphoses est de vingt-cinq jours. Ils n’ont cependant encore atteint que la moitié de leur grandeur. D’autres mues, et qui se font tous les six ou sept jours, sont pour cela nécessaires. Jurine s’est assuré que les femelles ne pouvaient devenir meres sans l'intervention des mâles. Celles qu'il avait isolées ont péri d’une maladie s’annonçant par l'apparition de plusieurs globules bruns, disposés en demi-cercle vers la partie postérieure du chaperon, et qui se forment, à ce qu'il parait, dans le parenchyme, puisque les mues ne les détruisent point. | La seule espèce connue de ce genre, l’Argule foliacee (Jurine fils, Ann. du Mus. dhist. nat. VIT, xxXV1; Monoculus foliaceus, Linn.; argulus delphinus et argulus charon, Müll., Entom. ; argulus delphinus, Herm. fils, Mém. apter., V, 8, VI, 11; monoculus gyrini, Cuv., Tabl. élém. de Phist. nat. des anim. , pag. 454; ozolus gasterostei, Lat., Hist. nat. des crust. et des ins., IV, xx1x, 1-7; Desmar. Consid. L., 1 ; pou du gastéroste, Baker, Microsc., IL, xx1v) (a), se fixe sur le dessous du corps des iélards des grenouilles, des épinoches ou gastérostes et suce leur sang.
Son corps est aplati, d’un vert jaunâtre clair, et long d’environ deux lignes et demie. Hermann fils, qui avait très bien décrit ce crustacé dans
(a) PL 58, fig. 14. +
FAMILLE DES SIPHONOSTOMES. 261
son état parfait, et qui cite un manuscrit de Léonard Baldaneur, pè-
cheur de Strasbourg, portant la date de 1666, où le même animal est » . , 2 :
figuré, dit qu’on ne le rencontre guère dans les environs de cette ville
que sur les iruites, et qu’il leur donne souvent la mort, surtout à celles
des viviers; on le trouve aussi sur les perches, les brochets et les carpes. , Q . ; LE D . . .
Il ne la jamais ROPDDATE sur les ouïes. Ainsi que les gyrins, ce crustacé
se tourne sur lui-même en manière de girouette. I1 dit que son corps
est divisé en cinq anneaux, mais peu distincts sur le dos.
LES CALIGES (cauçus. Müll.)
(PI. 77 et 78, fig. 2, 3.)
N’ont point de pattes à ventouse; celles des paires antérieures sont onguiculées; les autres sont divisées en un nombre plus ou moins considérable de pinnulés, ou en forme de feuillets membraneux (*). Le test laisse à découvert une bonne partie du corps, qui se termine postérieurement, dans la plupart, par deux longs filets (*), et dans les autres par des appendices en forme de nageoire ou de stylet. (1)
Le nom de poux de poissons, sous lequel on les désigne collectivement, nous annonce que leurs habitudes sont les mêmes que celles des argules et des autres siphonostomes. Plusieurs naturalistes ont considéré les filets tubulaires de l'extrémité postérieure de leur corps comme des ovaires ; jai quelquefois trouvé des œufs au-dessous des pieds postérieurs et branchiaux, mais jamais dans ces tubes. On ne voit d’ailleurs d’oviductes extérieurs, ainsi prolongés, que dans les femelles
(1) Leur entre-deux offre aussi souvent beaucoup moins saillans.
quelques autres appendices, mais petits ou
(a) PI, 97, fig. ra. (&) PL 77, fig. 1,7
262 CRUSTACÉS PÆCILOPODES.
qui doivent pondre leurs œufs dans des trous ou des cavités profondes: or, les femelles des caliges ne sont point dans ce cas. Müller et d’autres zoologistes ont remarqué que ces crustacés redressent et agitent ces appendices. Nous pensons avec Jurine fils, et telle est aussi l’opinion de son père, qu'ils servent à la respiration, de même que les filets du bout de l'abdomen des apus. (1)
Les uns, dont tous les pieds sont libres et annexés, à l’exception des deux derniers, à la partie antérieure du corps (céphalothorax, Latr.), recouverte par le bouclier, où quelques-uns au moins des pieds postérieurs sontgarnis de filets nombreux et pennacés, où le siphon n’est point apparent, ont l’abdomen nu en dessus, etterminé par deux longs filets, ou par deux stylets ; ils composent le sous-genre
DES CALIGES proprement dits.
(CALIGUS. — Caligus, risculus. Leach..) (2)
(PI, 97, fig. 1, 2, 3.)
Dans tous les autres, le dessus de Pabdomen est imbriqué, ou cette parlie du corps est renfermée comme dans une espèce d’étui formé par les
(1) On trouve dans le tome troisième (p.
343) des Annales générales des sciences physiques, imprimées à Bruxelles, un extrait des observations de M. le docteur Surriray, sur le fœtus d’une espèce de calige qu’il croit être l’elongatus, et qui est trés commune sur l’opercule de lorphie (esox belone). Ce naturaliste nous apprend qu'ayant froissé les deux filets de la queue de ce crustacé, il en fit sortir beaucoup d'œufs transparens et membraneux, renfermant chacun un fœtus vivant très different de sa mère, et dont 1] donne la descripüion. De ces observations, l’on pourrait déduire que ces filets sont des ‘espèces d’o-
viductes extérieurs. Mais n’y at-il pas eu
ici quelque méprise, car J'ai étudié avec beaucoup d’attention ces mêmes organes sur plusieurs individus conservés, à la vérité, dans de la liqueur, et je n’y ai jamais
découvert aucun corps.
(2) Caligus piscinus, Lat.; Caligus curtus, Müll. , Entomost. , xxt, 1, 2 ; Monocuius piscinus, Linn. ; — Calligus Mulleri, Leach.; Desmar., Consid., L, 4 ; sur la morue. L’oniscus lutosus de Slabber (Encyclop. méthod. atl. d’hist. natur., ccexxx, 7, 8,) parait, à raison des appendices en nageoires de la queue, devoir former un sous-genre propre. Le hinocle à queue en
plumet de Geoffroy pourrait y être place.
Mutensets À dora i Dé
MR Lis
FAMILLE DES SIPHONOSTOMES. 263
dernières pattes, qui ressemblent à des membranes, et se replient en dessus.
Parmi ces derniers, il en est dont les antennes ne sont jamais avancées en manière de petites serres, dont tous les pieds sont libres, et dont les derniers n’enveloppent point le corps en manière d’étui membraneux. Ils forment les sous-genres suivans. |
. LES PTERYGOPODES,
(PTERYGOPODA. Latr. — Nogaus ? Leach.)
Qui ont l'extrémité postérieure du corps terminée par deux espèces de nageoires: des pieds pinnés ou digités sur le dessous du post-abdomen, ou de la seconde division du corps non recouverte par le bouclier , et un bec distinct. (1) |
LES PANDARES.
(PANDARUS. Leach.)
(PI. 58, fig. 2.)
Qui ont deux filets à l'extrémité postérieure du corps; les pattes de la première et de la cinquième paire onguiculées, et les autres digitées, mais dont le siphon n’est point apparent. (2)
‘ LES DINEMOURES.
(DINEMOURA. Latr.)
Ayant aussi deux longs filets à l'anus, mais dont le siphon est apparent. Leurs deux pattes antérieures sont onguiculées; les deux suivantes se terminent par deux longs doigts; les autres sont en forme de feuillets
: membraneux. (3)
(x) Une seule espèce vivante, trouvée sur clop. brit., suppl. I. xx. Forez, pour
4 2Q 6 2Q : n ; r 4 p É Fr le requin. Voyez le genre nogaus, Desmar., d’autresespèces, Desmar., ibid., pag. 339. Consid., pag. 340.
(2) Pandarus bicolor, Leach; Desmar., , : Monoculus salmoneus, Fab.
L, 5;— Pandarus Boscii, Leach, Ency- xXxI, 3 415
(3) Caligus productus, Müll., Entom.
264 CRUSTACES PÆCILOPODES.
Le dernier sous-genre de cette sous-division, celui
D'ANTHOSOME
(ANTHOSOMA. Leach.) (PI. 90, fig. 3.)
Se rapproche du précédent quant à l’existence d’un siphon, et quant aux deux filets du bout dela queue; maïs il s’en éloigne, ainsi que de ceux qui le précèdent, à raison de deux de ses antennes portées en avant , en forme de petites serres monodactyles, et des six dernières pattes, qui sont membraneuses, réunies inférieurement, repliées latéralement sur le postabdomen , pour lenvelopper en manière d’étui; celles de la première et de la troisième paire sont onguiculées; les secondes se terminent par deux doigts courts et obtus. (1)
Là le corps est ovale, sans appendices saillans, en manière de queue composée de filets ou d’appendices en forme de nageoires, à son extrémité postérieure. Une portion de tégumens supérieurs forme d’abord et par devant un bouclier, ne recouvrant pas sa moitié antérieure, plus étroit qu'elle, arrondi et échancré antérieurement, élargi et comme bilobé à l’autre bout; puis viennent successivement trois autres pièces ou écailles arrondies et échancrées postérieurement, dont la seconde, la plus petite de toutes, est presque en forme de cœur renversé , et dont la dernière et la plus grande est voütée. Les quatre pieds postérieurs sont en forme de lames et réunies par paires (*); celles de la première et de la troisième sont onguiculées ; les secondes ont leur extrémité bifide. Le siphon est apparent. Les œufs sont recouverts par deux grandes pièces
ovales, contigués, coriaces, placées sous l'abdomen, et le surpassant en longueur.
(1) Anthosoma Smithii, Leach ; Desm. , Consid., r, 3; Caligus embricatus, Risso.
(a) PL 98, fig. 4 a.
FAMILLE DES SIPHONOSTOMES. 265
Tels sont les caractères du genre
DES CÉCROPS (cecrors. Leach.)
(PL. 78, fig. 4.)
Dont on ne connait qu'une seule espèce qu’on a trouvée fixée aux branchies du thon et du turbot, le Cécrops de Latreille (Leach, Encyclop. brit., Supp. 1, pl. xx; 1,3, mâle; 2 , 4, femelle; 5 , antennes grossies; Desmar., Consid., L, 2).
La seconde tribu , celle des LerNæÆIFoRMES (Lernœiformes, Lat.), se compose d’entomostracés encore plus rapprochés que les précédens, par leurs formes extérieures, des lernées. Le nombre des pattes discernables n’est que dix (x), et ces organes sont, pour la plupart, fort courts et point ou peu propres à la natation. Tantôt le corps est presque vermiforme, cylindracé, avec le segment antérieur simplement un peu plus large , et muni de deux pinces didactyles, avancées; tantôt, à raison de deux expansions latérales en forme de lobes ou d’ailes, rejetées en arrière du thorax, et de deux ovaires postérieurs, il forme une petite masse quadrilobée. Cette tribu se compose de deux genres. Le premier, celui
DE DICHELESTION
(prenezesriom. Herm., fils.)
(PL 79, fig. 2.)
Nous présente un corps étroit et allongé, un peu dilaté en
(x) Il y en a probablement deux de plus, une forme particulière, qui les fait méconcomme dans les sous-genres précédens ; naître. mais elles sont ou très peu distinctes, ou sous
266 CRUSTACÉS PÆCILOPODES.
devant, composé de sept segmens, dont l’antérieur (le cor-
selet, Hermann) plus large, rhomboïdal, formé de la tête et
d’une portion du thorax réunies. Il porte : 1° quatre antennes
courtes, dont les latérales filiformes, de sept articles, et dont
les intermédiaires, avancées en manière de petits bras, de
quatre articles, avec le dernier en forme de pince didactyle ;
2° un siphon inférieur, membraneux et tubulaire; 3° trois
sortes de palpes difformes (deux pieds multifides?) de chaque
côté, situés sur une éminence; {4° quatre pattes propres à la
préhension , dont les deux premières formées d’une cuisse
et d’une jambe, et terminées par divers crochets’ inégaux et dentelés, et dont les secondes consistant en une cuisse renflée,
terminée par un fort onglet (*). Les second et troisième segmens sont presque lunulés, et portent chacun une paire de pieds formés d’un article, terminé par deux sortes de doigts dentelés au bout (‘). Au quatrième segment est attachée une
autre paire de pattes, la cinquième et dernière, mais sous la forme de simples vésicules ovales divergentes et immobiles , et qu'Hermann présume être plutôt des ovaires que des
pattes. Ce segment, ainsi que le suivant , sont presque carrés.
Le sixième est beaucoup plus long et cylindrique. Le septième
et dernier est trois fois plus court , presque orbiculaire , aplati et terminé par deux petites vésicules. Les yeux ne sont
point distincts. j
Le Dichelestion de l’esturgeon (Dichelestium sturionis, Hermann fils, Mém. apterol., pag. 125, v. 7, 8; Desmar. Consid. L., v.) (c) a environ sept lignes de long sur une de large. Le second segment, prolongé de chaque côté en une papille obtuse, et les quatre suivans sont rouges au milieu, et d’un jaune blanchâtre latéralement. Les pattes ne paraissent point lorsqu'on voit animal en dessus. Il s’insinue profondément dans la peau, etrecouvreles arcs osseux des branchies, mais sans se placer, à ce qu’il paraït, sur leurs peignes. Hermann en a recueilli
(a) PL 59, fig. 2 a. (&) PL. 50, fig.2 28. ; (c) PL 79, fig. 2.
FAMILLE DES SIPHONOSTOMES. 267
jusqu’à douze sur un seul poisson. Deux ou trois de cenombre, des mâles peut-être, étaient d’un tiers plus courts que les autres, et avaient le corps courbé; l’un de ces douze individus vécut trois jours. Ces crustacés se tournent beaucoup et avec vivacité. Ils s’accrochent très forte ment au moyen de leurs pinces frontales.
LES NICOTHOËS
(nicoraos. Aud. et Milne Edw.) (BL 90, fig. 1.)
Terminent la classe des crustacés, et s’en distinguent par leur forme hétéroclite. Ils n’offrent, à la vue simple, qu’un corps formé de deux lobes réunis en manière de fer à cheval, en renfermant deux autres; mais, observés au microscope, l’on découvre que les deux grands lobes sont de grandes expansions latérales du thorax, en forme d’ailes, presque ovales et rejetées en arrière; que les deux autres lobes sont des ovaires extérieurs ou des grappes d’œufs analogues à ceux des cyclopes femelles, insérés, un de chaque côté, au moyen d’un court pédicule , à la base de l'abdomen; et que le corps de l'animal se compose des parties suivantes : 1° une tête distincte, portant deux yeux écartés, deux antennes latérales, courtes, sétacées, de onze articles, ayant chacun un poil au côté interne, avec la bouche (*) formée d’une ouverture circulaire, faisant l'office de ventouse, et accompagnée, de chaque côté, d’appendices maxilliformes (pieds antérieurs) ; 2° un thorax de quatre segmens, ayant en dessous cinq paires de pieds, dont les deux antérieurs terminés par un fort crochet, bidenté au côté interne, et dont les huit autres, composés d’un grand article terminé par deux tiges presque cylindriques, presque égales, garnies de soies et de trois articles chaque; 3° un abdomen
(a) PI. 79, fig. re.
allant en pointe, de cinq anneaux, dont le premier, plus grand, donnant naissance aux sacs ovifères , et dont le dernier terminé par deux longs poils. Les expansions latérales ne paraissent être qu’un développement excessif du quatrième et dernier anneau du thorax. On aperçoit dans leur intérieur deux espèces de boyaux partant de la ligne moyenne du corps, et que l’on peut considérer comme deux cœcums ou divisions du canal intestinal, qui auraient fait hernie. Ils sont doués de mouvemens péristaltiques très prononcés. Nous avons vu, en parlant des argules, que leur estomac offrait aussi deux cœcums, qui se ramifiaient dans l'intérieur des ailes de leur test, et peut-être les expansions thoraciques des nicothoés sont-elles deux lobes analogues. (1)
Nous devons la connaissance de la seule espèce, composant :
le genre
La Nicothoe du homard (Nicothoë astaci. Annal. des Sc. nat., déc. 1826, XLIX, 1, 9) à MM. Victor Audouin et Milne Edwards. Elle est longue d’une demi-ligne sur près de trois lignes de largeur, y compris les prolongemens thoraciques. Elle est de couleur rosée, plus tendre sur les sacs ovifères, avec les expansions jaunâtres. Elle adhère intimement aux branchies du homard, et s'enfonce profondément entre les filamens de ces organes. On la trouve en petit nombre, et simplement sur quelques individus. Tous les Nicothoés observés par ces deux naturalistes étaient pourvus d’ovaires ; il est probable que ces crustacés peuvent nager, avant que de se fixer, et que leurs lobes thoraciques aient acquis leur développement ordinaire ; de même qu’à l’égard du corps des ixodes, il pourrait être le produit de la surabondance des sucs nutritifs.
(1) On pourrait dès-lors placer ce genre près du précédent.
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