CHAPITRE II
Théoriquement on sait que, dans des conditions physiques identiques, à une même solution définie d’un corps quelconque correspond un coefficient de conductibilité électrique absolu et invariable, ou mieux, encore, une constante caractéristique.
De plus, toute modification produite dans la composition de la solution (toutes autres conditions restant fixes) apporte un trouble dans ce coefficient et dans cette constante. |
Pratiquement, nous allons donc chercher comment se comportent, àl'égard deces principes, nos solutés aqueux officinaux.
Avant d'entreprendre ces recherches, nous avons jugé très important de nous fixer dans le choix de la méthode à adopter pour ces expériences. Nous avons d'abord étudié et pratiqué les deux méthodes généralement usilées :
1° Celle dite de Kohlrausch (1), où la décomposition électrolytique est supprimée par l'emploi des courants alternatifs, et où le zéro est obtenu par le silence d’un téléphone convenablement disposé au point de mesure.
(1) KouzrAUScH, Annales physique et chimie, XIV, p. 41. — Wied Annalen, t. VI, p. 15, p. 145-210.
ho CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRIQUE DES SOLUTÉS AQUEUX
> Celle employée couramment (1) par MM. Bouty et Berthelot, dans leur longue série d'intéressantes déterminalions, où le phénomène de polarisation est annulé par une disposition ingénieuse d’électrodes spéciales de Paalzow où le zéro est lu d’une façon très exacte, à l’électromètre capillaire de Lippmann.
MM. Bouty et Foussereau (2) ont montré que par la méthode des courants alternatifs, dans des expériences consécutives et dans des conditions aussi identiques que possible, les résultats pour une même solution pou-
1 Ve valent varier de rs et que pour des solutions très étene
dues ils pouvaient même être illusoires. De plus, on ne peut oublier que les lames de platine servant d’électrodes sont, en certains cas, attaquées par les électrolytes. Cependant, on doit reconnaître qu’elle est très expéditive, et c’est là probablement la raison qui l'a maintenue en faveur, en certains laboratoires.
Avec la méthode de MM. Bouty et Berthelot, ces inconvénients sont écartés ; mais il faut opérer avec les précautions les plus minutieuses, car, en raison même de l'extrème sensibilité de l'électromètre. les moindres erreurs sont rendues perceptibles. Pour donner toute l'exactitude désirable à nos résultats, c'est cette méthode que nous avons choisie.
Voici ledispositif de M. Bouty (3), adapté spécialement par M. D. Berthelot (4; d’après la description suivante :
(1) Bouryx et BERTHELOT, Comptes rendus Académie des Sciences, t: LXXXIIT, p.197:
(2) Boury et FousseREAU, Journal de physique, 2° série,t. IV, p.419,1885.
(3) JAMIN et Boury, Cours de Physique, 4 édition, t. IV, p. 201.
(4) BERTHELOT, Thèse sur la Neutralisation des acides et des bases,