‹ Cryoscopie et Conductibilités Électriques des Solutés Aqueux Pharmaceutiques et des Eaux MinéralesChapitre 24 sur 26 · C. — Colloïdes inorganiques et colloïdes mixtes · texte numérisé non relu

C. — Colloïdes inorganiques et colloïdes mixtes

1° Solution au ; d'albuminate de fer (marque Byla).

2 Solution de sulfure d’arsenic colloïdal dialysé, dosant 0,640 de sulfure par litre.

avec certaines substances protéiques, renfermant 8,3 p. 100 d'argent métallique.

3° Solution au : de protargol, combinaison d'argent

4° Solution au d’argyrol. Combinaison d'argent avec

la peptone ou la caséine, renfermant 30 p. 100 d'argent mé-

tallique.

CG 0:05à:

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. 1 ae D° Solution au Fete de collargol, colloïde chimique obtenu

par Crédé, par la réaction du sulfate\ferreux et de citrate d'argent et extrait par dialyse.

Il renferme 97 p. 100 d'argent métallique.

D'autre part, en variant le titre de ces dernières solutions de colloïdes, nous avons obtenu :

Solution de protargol boot C = 0,038 Solution d’ es — 0,045 olution d'argyrol —— C — 0,045 Solution de collargol —?— — 0,046 . Solution de collargo RU EE Da Ce 0,046

Nous constatons donc :

1° Que les colloïdes organiques sont doués d’une conductibilté électrique très faible, qui ne dépasse guère celle de l’eau distillée pure;

2° Que les colloïdes métalliques préparés par voie électrique présentent une conduclibilité appréciable, bien que très faible encore ;

3° Que les colloïdes inorganiques et mixtes préparés chimiquement donnent des solutés colloïdaux doués d’une conductibilité bien supérieure.

Nous noterons que ces derniers coefficients sont très voisins entre eux et qu’ils dépendent moins de la consbitution chimique du colloïde que du poids même du colloïde expérimenté.

Ces constatations et ces considérations ont leur valeur dans l’interprétation des résultats trouvés pour les eaux minérales, et les expériences décrites plus loin mettent

en relief l'importance du rôle des colloïdes minéraux dans les eaux thermales. Pour bien la concevoir, une étude préliminaire s'impose.

Les colloïides dans les eaux minérales. — Tous les travaux parus jusqu'ici sur la constitution des eaux minérales, sur leur état de vie et de mort, suivant qu'elles sont consommées à la source ou livrées à l’exportation, sur l'impossibilité d'obtenir des résultats cliniques comparables à la source et au loin, n’ont fait que confirmer l'opinion si fortement exprimée par le maître hydrologue Max Durand-Fardel, qui s'exprime ainsi (1): « Uné eau minérale à son point d'émersion est un agrégat de principes chimiques qui se sont associés avec des caractères et dans des proportions déterminés durant sa migration à travers les couches géologiques du sol. »

L'analyse chimique vient rompre cette association, déjà compromise dans une mesure variable dès que s'est trouvé abandonné le milieu où elle régnait. Elle isole chacun des éléments constitutifs et les met sous nos yeux avec une étiquette spéciale et c’est tout ce que nous pouvons percevoir.

Ce serait une erreur de penser qu'une telle analyse, résultat d'opérations purement artificielles, nous apporte une image fidèle de ce qu'est en réalité une eau minérale ; je ne parle pas seulement des principes ignorés aujourd'hui, que leur long passage à travers les couches superposées du sol auront pu y incorporer et que des analyses plus subtiles pourront y déceler.

Nous ne connaissons pas les réactions moléculaires

(1) Application de la méthode analylique à l'étude de la thérapeutique thermale, Paris, 1890,

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que ces principes auront pu exercer les uns sur les autres, depuis leur formation dans les régions les plus profondes, voisines peut-être du feu central, jusqu’à leur apparition à la superficie, après avoir subi des températures et des pressions considérables.

Il est certain que les eaux minérales ont une caractérislique toute spéciale qui semble revêtir un caractère dynamique, et que l’on a cherché à exprimer en leur attribuant une sorte d'organisation qui se rapprocherait d'une vie élémentaire et constituerait leur puissance thermale.

De nombreuses hypothèses ont été émises pour tenter d'expliquer ces faits qui intéressent au plus haut point la thérapeutique thermale.

MM. Troost et Bouchard, en montrant que l'azote contenu dans les eaux minérales sulfureuses s’accompagne souvent d’argon et d'hélium (1), préparaient la notion de la radioactivité des eaux thermales.

Curie et Laborde précisèrent ces faits et mesurèrent effectivement la radioactivité de certaines eaux minérales, puis M. Brochet (2) avec les eaux de Plombières montrait que ces mesures faites à la source, au moment même de l'émission étaient bien supérieures aux résultats observés sur des eaux transportées et moins récentes.

M. Nodoû publiait récemment des résultats du même ordre avec les eaux de Vichy. Dans une série de recherches du plus haut intérêt (3), M. Moureu a déter-

(1) Prunrer, Médicaments chimiques, p. 126.

(2) Sur la radioactivité des eaux de Plombières, C. R., 27 janvier 1908, 146-175.

(3) Revue scientifique.

miné les proportions d'hélium, de néon, d’argon et de krypton contenues dans un grand nombre d'eaux minérales. |

Il estpossible et même probable que les phénomènes de radioactivité plus ou moins intense constatés aux sources contribuent à expliquer la puissance thermale d’une eau.

Cette hypothèse ne peut être exclusive et si d'autre part nous envisageons l’importance constatée des réactions colloïdales en biologie, nous. voulons croire que cette nouvelle notion appliquée aux eaux minérales n’est pas sans intérêt. Spring a montré que l’eau naturelle « optiquement vide » n’existait pas ; toutes contiennent, en proportions plus ou moins grandes, des colloïdes inorganiques ou mixtes. |

D'ailleurs, on conçoit, d'après l'exemple donné pour la préparation des sulfures colloïdaux (action lente de IPS sur certaines solutions salines), que des réactions du même ordre peuvent nalurellement se produire dans le sol, en même temps que les actions chimiques, qui président à l’élaboration d’une eau minérale.

Cette eau entraînera alors avec elle des substances minérales à l’état colloïdal, hydrosols (1) dont la qualité et la quantité peuvent être des facteurs importants de leurs propriétés curatives. Ces éléments n’ont jamais, il est vrai, échappé pondéralement aux analyses si scrupuleuses que nous connaissons, et nous ne” présentons aucune crilique dans ce sens; mais en présence de leur importance thérapeutique, il nous paraïtrait intéressant de procéder à un nouveau schéma d'analyse, dosant séparément :

(1) Graham Cotton et Mouton.

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1° Les éléments dialysables;

2° Les éléments non dialysables.

Nous ne pouvons, ici, qu’effleurer ce sujet abondant auquel nous avons réservé un autre cadre plus spécial. Nous n'avons voulu signaler ces considérations qu’à ütre indicatif, et à l’occasion de l'application de la méthode des conductibilités électriques aux eaux minérales.

Nous devons à l'obligeance de M. le directeur de la Compagnie des eaux minérales de Châtel-Guyon d’avoir pu étudier les variations de conductibilité électrique sur l'eau de la source Gübler.

Par ses ordres, en effet, il a été fait, en vue des expé-

riences qui suivent, un prélèvement scientifique à cette source. Il nous a été possible ainsi de suivre les modifications, à partir du moment où elle est émise.

Lorsque cette eau nous est parvenue (24 heures après son prélèvement), son aspect normal était trouble.

Une certaine quantité de substances organiques et minérales qui y étaient en suspension se déposaient rapidement. Nous les avons éliminées par décanlation, après un repos de 24 heures.

L'eau ainsi expérimentée était claire.

Sa conductibilité électrique était :

Puis nous avons soumis à la dialyse cette même eau décantée et claire, et la partie dialysée (1) exempte de colloïdes nous a donné :

(1) Nos dialyses ont été faites soigneusement à l'aide de sacs de viscose (Leune). 1

D'autre part, nous avons répété ces recherches sur l’eau du commerce embouteillée depuis plusieurs mois. Après décantation, nous avons trouvé :

Cette même eau dialysée pour éliminer les colloïdes a donné :

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