‹ [Cu]lture des petits fruits [microforme]Chapitre 3 sur 6 · LE FRAISIER · texte numérisé non relu

LE FRAISIER

Culture du f :..: ‘'anada.

De tous les fruits cultivés au Car “6e est peut-être la plus populaire. Mûre aux premiers jours de la belle sai: -ent où le besoin des frrits frais se fait vivement sentir, ce fruit savoureux . .ujet d’une très vive demande, et cette demande ne cesse que lorsque la saison est terminée et les approvisionnements épuisés. La fraise est plus populaire que beaucoup d’autres fruits, parce qu’il lui suffit d’un tout petit coin de terre pour approvisionner une famille, et que beaucoup de gens peuvent la cultiver.

Le fraisier pousse à l’état sauvage dans tout le pays, de l'Atlantique au Pacifique, et de la frontière sud jusqu’à la 64ème parallèle nord. Tous les ans on cueil'e de grandes quautités de ce fruit. Les variétés cultivées viennent bien presque partout où se trouve l'espèce sauvage, mais dans quelques districts elles exigent protection ou irrigation. Elles réussissent fort bien dans les provinces de l'Ontario et du Québec, et l’on consacre à leur culture une grande étendte de terrain. Dans le sud de l'Ontario, la saison des fruits mûrs s'ouvre au commencement de i juin; elle est plus tardive à

Fest ot au nord. A Ottaws, le premier fruit mûr a été cueilli le 17 juin, et la dernière cueillette de la variété la plus tardive a eu lieu le 17 juillet, Dans la province de Québec, la saison correspond à peu près à celle d'Ottawa, sauf dans la région du bas Saint-Laurent où elle rt beaucoup plus tardive, Le fruit n'y môûrit que vers la première semaine de juillet et la saison se prolonge jusqu’à la deuxième semaine: d'août. La saison des fraises dans les deux provinces couvre une période d'environ deux mois.

Culture: Le sol et sa préparation.

‘On devra, de préférence, établir la fraiseraie sur un sol où la neige séjourne en janvier. Une bonne couche de neige assure généralement une bonne récolte de fraises. Un bon drainage est essentiel, car les fraisiers souffriront certainement, soit en été, soit en hiver, si l’eau séjourne à la surface ou près de la surface du sol. Mais si l'excès d'humidité est funeste, le manque d'humidité est également mauvais; les fraises ne se développent pas bien dans une terre trop sèche ; il faut done un sol qui retienne Fhumidité, sans en être saturé. Les sole chauds, comme les sols sablo-argileux, produi- #ont une récolte hâtive, mais les sols argilo-sableux friables donneront généralement les meilleures récoltes, Toutefois, comme les fraisiers exigent beaucoup d'engrais, la richesse du 201 exerce une influence considérable sur leur culture.

Le sol qui produit de bonnes récoltes de racines donnera généralement des fraises @n abondance. On prendra de préférence un sol qui ne se durcit pas naturellement ou que l’on peut, par un parfait ameublissement, mettre en état de ne plus se durcir. Il est difficile de détruire les mauvaises herbes, dans un sol qui se durcit, et, également, de lui conserver son humidité en temps de sécheresse.

Un sol qui vient de produire une récolte de racines et qui, pour cette culture, a été bien ameubli et bien fumé, offrira les meilleures conditions pour l’établissement de la fraiserie. Après que les racines ou autres récoltes ont été enlevées à Vautomne, la terre devra être fouillée profondément. On fera bien, pour cela, d’employer la charrue sous-soleuse ordinaire qui ameublira la terre à la profondeur requise sans remonter le sous-sol à la surface, ce qui arriverait sans doute si on labourait profondément avec la charrue ordinaire. Le gazon de trèfle, enfoui à l’autemne, est très bon également, car le gazon, en se découvrant, fournit de lhumus, mais il faut éviter le gazon d’herbe, qui exposerait aux ravages du verre blanc. Au printemps le sol doit être bien ameubli au moyen de la herse ; on pourra le labourer, si on le juge à propos.

Le meilleur engrais pour les fraisiers est le fumier d’étable bien décomposé, employé æn grande quantité. Il ne faut pas craindre d’en trop mettre. Trente tonnes à l’acre de fumier bien pourri constituent une fumure passable. On peut l’appliquer de bonne heure au printemps, avant la plantation, et l’assimiler parfaitement au sol; ou bien le faire ærvir à une récolte précédente afin de s’assurer un sol bien propre, et dans le meilleur état possible pour recevoir les fraisiers. Le fumier vert n’est pas aussi bon que le fumier décomposé, car il peut rendre le sol trop mouble, l’exposant ainsi à se dessécher trop rapidement. Sur les terres fortes, le fumier vert donnera meilleurs résultats que sur les sols légers, mais comme les mauvaises herbes suivron probablement œon application, il est préférable d'employer le fumier consommé même sur les terres

&i l'on se sert de fumier vert, il vaudra mieux l’appliquer à l'automne; de cette manière il sera mieux mélangé au sol au moment de la plantation. Les cendres de bois sont excellentes comme engrais superficiel et au commencement du printemps, lors de hersage, on pourra en répandre de 50 à 100 boisseaux par acre, la plus forte quantité sur les terres pauvres en potasse. Quand même 9n n’appliquerait que vingt-cinq boisseaux de cendre à l’acre, les résultats seront censibles. S'il est difficile de se procures du fumier d’étable, on pourra fournir au sol de l’azote et de l'humus en enfouissant une récolte de trèfle, de pois ou autre plante légumineuse ; de la potasse, en appliquant de 200 à 300 livres de muriate de potasse à l’acre, si on n’a pas de cendres de bois; de l'acide phosphorique en mettant de 200 à 300 livres d'os moulus à ‘’acre avant le plantation.

Comme fournisseur d’azote, le nitrate de soude est également utile, à moins que l'on ne puisse se procuier l’azote sous une forme moins coûteuse, comme dans le fumier d'étable ou dans les récoltes légumineuses. Si la pousse des plantes n'est pas très vigoureuse, il est parfois bon de répandre de 100 à 150 livres de nitrate de soude à l'acre, juste avant l'épanouissement des fleurs au printemps.

Plants et leur traitement.

Si les plants doivent venir d’un endroit éloigné, il faut en faire la commande à emps pour qu'ils arrivent le plus tôt possible au printemps, dès que le sol peut être travaillé, et les mettre en terre peu de temps après leur arrivée. Il arrive souvent qu’on ne peut planter immédiatement. Quoi qu’il en soit, le colis contenant les plants doit êcre ouvert dès son arrivée, sans quoi ceux-ci sont exposés à fermenter ou à dessécher, ce qu’il faut éviter . Puis on repique les plants en pépinière ou “en tranchée” dans un sol bien drainé, Pour cela on ouvre une trancuée suffisamment profonde pour que l'on puisse recouvrir les racines des fraisiers de manière que le collet soit juste au-dessus du sol. On y pluce les plants très rapprochés, muus sur un seul rang dans la tranchée. Ensuite un creuse une autre trachée parallèle à la première et distante de six pouces, la terre soulevée servant à recouvrir 1x1 racines des plantes dans ls première tranchée. . 80l doit être fermement tas utour des racines afin que l'humidité vienne en contact immédiat avec elles. a terre n’est pas assez tassée autour des racines, les plants se dessécheront et périront tout probablement. Au besoin, on creusera d'autres tranchées purailèles aux premières. Quand le champ sera prêt pour la plantation, ces plants en pépinière auront formé de nouvelles racines et seront plus vigoureux que si on les avait plantés immédiatement dans le terrain destiné à le fraiseraie. Les meilleurs plants poux la plantation d'automne sont ceux qui ont été cultivé “en pots”. On enterre des pots de deux pouces et demi de diamètre remplis d’un riche terreau friable et dans chacun desquels on a placé un nouveau coulant. Le coulant prend racine et donne un plant vigoureux à la fin de l’été. L'avantage que ce mode de culture offre sur la culture ordinaire, c’est que, lorsan’on veut repiquer les plants, on les retire du pot avec la motte de terre qui entoure . s racines, et celles-ci ne sont nullement dérangées pendant le repiquage. Ainsi leur développement est peu retardé, les plants sont plus vigoureux et produisent plus de fruits que le autres.

I] est bon, avant la mise en place, d’enlever toutes les grandes feuilles des plants, sauf deux ou trois des plus vigoureuses. Ce procédé empêche l’évaporation trop rapide

de l'humidité de la plante avant que celle-ci ait bien pris racine, et peut souvent lui sauver la vie lorsqu'une sécheresse suit immédiatement la plantation, On peut aussi, À cette époque, couper les racines et éparses. Il est bon de couper environ un tiers des racines, Quand on le peut, il est préférable J'employer ses propres plants, ar Le ont meilleure chance de survivre que ceux qu'on se procure à distance; on peut heures, pendant qu'ils sont

résultats sont ceux de l’année

Plantation.

La plantation peut se faire à l’automne ou au printemps. Toutefois, le commenceest alors en bon état, frais et

suivante sera généralement l'humidité suffisante lors de plante à la fin de l'été ou

au’on désigne sous le nom de plantation en rangs croisés (matted row). Les plants sont placés à intervalles de 15 à 18 Pouces, ou même plus, dans des rangs espacés de trois et demi à quatre pieds. Les variétés qui produisent quantité de coulants, comme la Warfeld, la Senator Dunlop et la Splendid, n’ont pas bepoin d’être r'antées aussi serrées que celles dont les coulants sont moins nombreux, telles que la Bubach, la Buster, la Glen Mary et la William. Si l’on plante de bonne heure au printemps et qu'on ait devant soi un longue saison, on peut espacer de 24 pouces dans les rangs les variétés qui produisent quantités de coulants. On a ainsi l'avantage de pouvoir cultiver dans les deux sens pendant quelque temps, on réduit le nombre des mauvaises herbes et on assure une pousse plus vigoureuse. Dès qu’on a fixé la distance à mettre entra les plants, les lignes sont tirées au moyen d’un marqueur, puis tracées de nor à angle droit; on plante à l'intersection des lignes. Il est bon que les rangs svient longs ; les binages demanderont moins de temps. On plante à la bêche, à la truelle ou au plantoir. La plantation à la bêche requiert deux Personnes, un homme et un jeune garçon. L’homme prend la bêche, l’enfonce dans le s!, et lui imprime un mouvement de ‘va-et-vient, de façon à faire un trou. Dès qu’il la retire, le garçon met le plant en place et l’homme tasse fermement le sol alentour avec le pied. C’est là une méthode très rapide et qui réussit, pourvu que la terre soit bien tassée autour de la plante. On obtient plus sûrement une plantation parfaite en se servant d’une truelle ou d’un

plantois pour faire le trou, car on est plus certain de planter À la bonnr: profondeur et on exerce généralement plus de soin dans l’étalage des racines et dans le tasement du sol autuur des plants, En outre, avec ce mode de plantation, une seule personne suffit pour iaire les trous et placer les plants. Il faut avoir bien soin de planter de façon à ce que le collet de ;a plante soit juste à la surface du s0l après le tassement. Si le collet est trop haut, ie plant se desséchera; s’il est trop bas, il sera étouffé. En plantant, il faut avoir soin d'étaler les racines contre les parois du trou. Certains producteurs se servent de machines à planter; ces machines donnent satisfaction quand le travail est bien fait et que la saison est favorable. Lorsqu'on plante des variétés parfaites et des variétés imparfaites, un rang des premières doit alterner avec deux, trois ou quatre rangs des dernières variétés, comme nous l’avons déjà dit.

Travaux d'entretien.

Comme le valeur de la récolte dépendra principalement de la vigueur des coulants et des nouvelles plantes qui pousseront au commencement de l'été, il est très important d'activer la pousse dès les premters jours. On commercera à biner aussitôt que possible après que les plants auront été mis en place, et on passera la hou à cheval aussi souvent que cela sera nécessaire pour tenir le sol toujours propre et meuble, tant que l'instrument n’endommagera pas les coulants. Les premiers binages seront profonds afin d’ameublir le sol où les racines doivent se dévelopyer, de le réchauffer et de l’aérer, et enfin de le mettre dans le meilleur état possible pour la production des fruits. On en diminuers la profondeur dès qu’il y aura danger d’endommager les racines. Il faudra sarcler à la main de temps à autre pour détruire les mauvaises herbes et ameublir le sol autour des plantes. Il faudra pincer tous les boutons qui paraissent à la première saison afin de conserver toute la vigueur de la plante nécessaire à la production des coulants. La plupart des variétés produisent beaucoup plus de coulants qu’il n’est nécessaire, et le spécialiste ou l'amateur qui veut obtenir les plus beoux fruits fera bien de placer les coulants de manière à ce qu’ils prennent racine plus rapidement, et de détruire tous ceux qui ne sont pas nécessaires dans le mode de culture qu’il aura décidé d'adopter. Dans les provinces des prairies, où les vents retardent l’enracinement des coulants, il est important de les retenir en place au moyen de pierres, de mottes de gazon, de crochets renversés ou de toute autre manière, jusqu’à ce qu’ils uient pr'° racine.

Etablissement des rangs.

Le meilleur mode de culture générale du fraisier est la plantation en lignes croisées, qui exige moins de travail et dont les résultats, sans être parfois tout à fait aussi bons que ceux d’autres méthodes spéciales, sont néanmoins obtenus à moins de frais et donnerit plus de profits. D’autres méthodes donneront des fruits plus gros et plus beaux, plus propres à un marché spécial ou à la consommation domestique. Dana beaucoup de plantations en lignes croisées on ne se donne pas la peine de placer des coulants à mesure qu’ils se forment, mais :l est bon de le faire, cependant, cer plus tôt ils prendrorc racine, plus les plants seront vigoureux à l’automne et plus on aura de fruits ?. la saison suivante. Tout ce qu’il faut faire c’est de placer les coulants de façon à les distribuer aussi uniformément que possible afin d'économiser

l'espace, et de les recouvrir d'un peu de terre pour los tenir en place, mais en laissant découvert le bourgeon supérieur. Ils prendront alors rapidement racine. Pour obtenir les meilleurs résultats, on doit espacer les coulants d’au moins quatre à six pouces; on détruira tous les autres. Mais il est souvent difficile, en pratique, de suivre cette règle et de restreindre les coulants à cet espace, car quelques variétés produisent un grand nombre de coulants. Ce sont là, cependant, celles qui ont le plus grand besoin d’éclaircissage, car lorsque la plantation est très serrée, le fruit reste petit, La largeur du rang, à lPautomne, dépendra du nombre de coulants; mais si on a planté de bonne heure et apporté le soin nécessaire à la culture, la plupart des variétés formeront un rang de deux pieds de largeur. Cela laisserait donc entre les rangs une allée de 18 pouces de large pour la cueillette. Il y a des variétés qui, en une seule saison, couvriront de coulants tout l’espace entre les rangs; il faudra alore retrancher les coulants inutiles au moyen de la houe à bras ou du cultivateur.

Les plantations en rangs simples et en rangs doubles parallèles ne sont que des modifications de le plantation en rangs croisés. Au lieu de permettre aux coulants de se développer à volonté, on en coupe la plupart et l’on étale les autres aux endroits où l'on désire qu’ils prennent racine. Dans le rang simple on laisse de deux à quatre coulants qu’on étale, dans le sens du rang, de chaque côté de la plante-mère. Les rangs sont espacés de deux et demi à trois pieds, et les plantes-mères d'environ deux pieds et plus dans les rangs. Quand le rang est formé l’espacement entre les plantes est de six à huit pouces en rang simple.

Dans la plantation en rangs doubles, on laisse à la plante six coulants, un de chaque

côté de la plante-mère dans le sens du rang, et deux de chaque côté du premier rang, tous à ; cu près également espacés. Avec cette disposition l’espacement entre les premiers rangs devrait être d'environ trois pieds, et de deux pieds ou plus entre les

plants. .

Dans la plantation en rangs “ jumeaux ”, il y a deux rangs espacés de 16 à 18 pouces, dans lesquels les plants sont d’abord mis à intervalles d’environ deux pieds. On laisse un sentier de deux pieds, pour le binage, entre tous les rangs doubles. Les nouveaux plans sont placés à six ou huit pouces d’espacement entre les doubles rangs. Ces plantations en rangs parallèles demandent beaucoup plus de travail que la plantation en rangs croisés, mais. les résultats dédommagent souvent le cultivateur de ce surcroît de travail. En outre, le collet de la plante a meilleure chance de se développer vigoureusement, les binages sont plus faciles, le sol offre pius de suc à la plante, et, par conséquent, les fruits sont plus gros et meilleurs.

Plantations en buttes.

On peut produire de grosses fraises en cultivant en buttes. Les plants sont espacés de 12 à 15 pouces en lignes écartées de deux pieds à deux pieds et demi. Comme dans les autres méthodes on supprime les fleurs de la première saison en les pinçant avec l’ongle, et on arrête la pousse des coulants. Par cette méthode on obtient un collet robuste, et les plantes, qui ont plus d’espace, deviennent plus vigoureuse et produisent de gros fruits. La récolte est quelquefois aussi abondante que celle de la fraiseraie disposée en rangs croisés. Toutefois, quand les plantes croissent ainsi isolées, elles sont beaucoup plus exposées à souffrir de l'hiver, et ei les fraisiers cultivés en buttes

périssent en hiver, soit par le soulèvement du sol par les gelées ou par d’autres causes, il se fait de grands vides dans la plantation et la récolte en est d'autant diminuée. A moins qu’elle ne soit bien binée ou bien recouverte de paillis en été, la plantation en buttes souffrira beaucoup plus en temps de sécheresse que la plantation en rangs croisés où les collets sont mieux protégés par le feuillage. Si les buttes sont bien paillées, on récoltera de très beaux fruits, et c’est pourquoi cette méthode est quelquefois préférable quand on ne cultive le fraisier que pour la consommation domestique.

Protection en hiver.

Dès que l'hiver est arrivé et que le sol est fortement gelé, on doit recouvrir les plantes d’une légère couche de paille propre. Le meilleur paillis est celui qui ne se tasse pas trop autour des plantes; le foin de marais, qui est libre de toutes graines de mauvaises herbes, convient très bien. Ce paillis empêchera le dégel et le gel alternatifs du sol au printemps et protègera les plantes, si la neige ne recouvre pas la terre. Un paillis trop lourd peut occasionner le chauffage au printemps avant qu’on l’ait enlevé, et comme un paillis de deux ou trois pouces suffit, il est inutile d’en mettre plus. On a parfois conseillé de cultiver entre les rangs, à la fin de l’été, une plante qui retiendrait la neige en hiver; mais nous n’approuvons pas cette méthode, car les plantes étrangères absorbent l'humidité du sol aux dépens du fraisier. Dans les parties du Canada où les fleurs sont fréquemment endommagées par les gelées du printemps, il est bon de retarder la floraison autant que possible. Dans ce but, après la première chute de neige, on recouvre la neige de paille ou de branches de sapin qu’on laisse sur le sol aussi longtemps que possible au printemps. Bien que le fraisier non protégé puisse souvent résister à l’hiver, il vaut mieux ne courir aucun risque. Dès que les froids du printemps sont passés, et avant que la végétation commence, on doit découvrir les plantes et rejeter le paillis mis entre les rangs, pour tenir les fruits propres. Si le sol se durcit ou se dessèche facilement, il est bon d’enlever le paillis, de biner, et de remettre ensuite le paillis entre les rangs quand les conditions sont plus favorables à la conservation de l'humidité. Immédiatement après la cueillette, on enlève le paillis et on laboure la plantation, ou, si elle doit subsister durant une autre saison, on détruit les mauvaises herbes et on ameublit le sol de surface au moyen du cultivateur, afin de permettre aux nouveaux coulants de prendre racine. .

Renouvellement des plantations.

On obtiendra les meilleurs résultats en ne faisant qu’une seule récolte de chaque plantation. Si, par exemple, les plants sont mis en terre au printemps, la fraiseraie doit être labourée après la cueillette de l’année suivante. On fera ainsi chaque année une nouvelle plantation. Par ce système on obtient de bien meilleurs fruits, car les plantes ne sont pas aussi rapprochées dans les rangs et il est plus facile de détruire les mauvaises herbes. Partout où le ver blanc exerce ses ravages, il est très important de renouveler la plantation chaque année, car cet insecte se multiplie rapidement dans les vieilles plantations et détruit parfois presque toute la récolte. Par une culture soignée on peut tirer d’une même plantation deux bonnes récoltes, et même plus, mais, règle générale, plus la plantation est ancienne, moins la récolte sera abondante et moins le fruit sera gros. «

‘Fe : SE f :E:

Ds ns versa nnenge

: Rajeunissement des vieilles planches,

Règle générale, il est plus avantageux de prendre une seule récolte, ou tout au plus deux récoltes, dans une même plantation; mais il n’est pas toujours possible de renouveler les’ petites blantations après la deuxième récolte. I] ÿ a alors plusieurs moyens d'améliorer les vlanches. Les vieilles planches sont oninairement couvertes d'herbes

n’est pas nécessaire d’y laisser un grand nombre de plants. Un espacement de 16 à 20 Pouces entre les plants devrait donner un bon rang à l'automne. On ne doit garder que les plantes les plus jeunes et les plus vigoureuses. Il est bon d’enrichir le sol en

Arrosage.

Le fraisier demande à être abondamnent pourvu d'humidité pendant la période de la formation des fruits si l’on veut qu’il donne le plus “ort rendement. Il y a des étés où la sécheresse nuit beaucoup à la récolte, abrège la saison et diminue les profits. Si, dans de telles conditions, on avait à sa disposition de l’eau pour l’arrosage, on pourrait, dans bien des Cas, grandement améliorer la récolte.

Variétés.

Parfois une variété particulière se montre beaucoup plus productive que d’autres cultivées en même temps. On décide alors d'abandonner les autres et de ne cultiver que ceite variété-là. Puis on constate, avec surprise, que cette dernière ne produit plus que quelques fruits informes et sans valeur. Ne sachant que penser, on écrit, pour se renseigner, à la ferme expérimentale, et l’on reçoit la réponse suivante : “ Ne savez-

Vous pas que læ fleurs du fraisier peuvent être parfaites ou imparfaites, ou bisexuelles ou unisexuelles En d’autres termes, savez-vous que les fleurs de quelques variétés ont

les deux Organes, mâle et femelle, tandis que les fleurs d’autres variétés n’ont que

l'organe femelle? Si vous n’en saviez rien, inutile de chercher plus loin l'explication de ce que vous constatez.”

étamines, qui s’en détache quand le fleur est épanouie, tombe sur le pistil et opère la fécondation. Si les fleurs n’ont pa: ou Presque pas d’étamines, comme les fleurs imparfaites ou unisexuelles, la plante produit Peu ou point de fruits. Si une variété

parfaite ou bisexuelle avoisine une variété imparfaite, les fleurs des deux seront fertilisées par les insectes et les vents qui portent le pollen ou poussière de la fleur parfaite à la fleur imparfaite. Il arrive souvent que les variétés imparfaites, quand la fécondation se fait bien, produisent les meilleures récoltes. Ce fait peut porter les producteurs de fruits qui ignorent les détails que nous venons de donner, à ne planter qu’une seule variété, laquelle peut être imparfaite.

À tous les deux ou quatre rangs d’une variété imparfaite on doit, pour obtenir de bons résultats, planter une variété parfaite. La proportion dépendra de la quantité de pollen produite par la plante parfaite. Sans doute, il n’est pas du tout nécessaire de planter une variété imparfaite, car il existe nombre de bonnes variétés dont les fleurs sont parfaites. Il-est essentiel que les deux variétés parfaites et imparfaites fleurissent en même temps, Car si les premières fleurissent avant les autres, elles ne sont d’aucune utilité pour la fécondation. s

Comme il est facile de produire de nouvelles variétés de fraisiers et qu’elles portent fruit en très peu de temps, on voit paraître à chaque année, en Amérique, un grand nombre de nouvelles sortes. Sur ce nombre il y en a très peu qui excellent, ou qui soient même aussi bonnes que les meilleures variétés déjà dans le commerce. Mais souvent le producteur n’est pas le meilleur juge de la valeur relative des nouvelles variétés de semis et, par conséquent, un grand nombre sont offertes en vente chaque année. La ferme expérimentale s’est imposé la tâche de faire l’essai de ces nouvelles variétés à mesure qu’elles apparaissent et de les comparer avec les ‘espèces modèles connues. Nous publions, lorsque nous le jugeons à propos, une description exacte de ces variétés et nous indiquons le rendement que nous obtenons. Le nombre des variétés essayées au cours des vingt dernières années est de 596. Il ne nous en reste aujourd’hui que quatorze, et ces quatorze avaient été mises à l’éssai les deux premières années. Cela ne veut pas dire que toutes les autres se soient détériorées, mais plutôt que de meilleures variétés ont été introduites et ont pris leur place.

Variétés recommandées.

On introit chaque année un si grand nombre de variétés nouvelles qu’il est nécessaire de changer de temps à autre la liste des variétés recommandées, à mesure qu’on en découvre quelques-unes d’une valeur supérieure.

Voici celles que nous pouvons recommander actuellement :

Pour le commerce:—Beder Wood (parf.), Splendid (parf.), Warfield (imp.), ne convient pas aux sols légers, Williams (parf.), Senator Dunlap (parf.), Grenville, (imp.), Bisel (imp.), Sample (imp.), Buster (imp.), Pocomoke et Parson’s Beauty

sont aussi deux bonnes fraises de commerce. Dans la Colombie-Anglaise la variété Magoon est ur e des meilleures.

Pour usage domestique:—Excelsior (parf.), Splendid (parf.), Senator Dunlap :

(parf.), Lovett (parf.), Ruby (parf.), Rubach (imp.), Wm. Belt (parf.).

Voici quelques rendements obtenus à la ferme expérimentale d'Ottawa, de deux rangs entrecroisés, de 15 pieds de longueur chacun et espacés de trois pieds et demi: Le rendement moyen par acre de la variété Pocomoke, pour deux ans, fut de 9,412 livres 8 onces, et de la variété Sample, 8,841 livres 11 onces. Ce ne sont pas là des

rendements exceptionne lement abondants, car la variété Grenville, en 1901, a donné 14,818 livres 30 onces Par acre, le plus fort rendement qu’on ait encore obtenu.

Variétés les plus rustiques.

Au cours des vingt et une années dernières nous avons eu à la ferme expérimentale centrale plusieurs hivers rigoureux et nous avons pu nous rendre compte du degré de rusticité des variétés. Les fleurs du fraisier sont très sensibles au froid, et les gelées du printemps leur causent souvent de graves dommages. Il est certaines régions, de connaître lns variétés dont les boutons de fleur sont les plus rustiques. On a remarqué que, parmi les variétés les plus vigoureuses, la rusticité de la plante correspond généralement à la rusticité de

Variétés anglaises.

Nombre de variétés anglaises ont été mises à l'essai à Ottawa, mais on les a toutes trouvées trop tendres pour que l’on puise en recommander la .ulture pour le commerce et même pour la consommation domestique. Le climat de l’Angleterre est tout à fait différent de celui de la plupart des localités de notre pays; rien d'étonnant donc à ce que les espèces créées sous ce climat-là ne réussissent pas d’origine américaine doivent passer plusieurs hivers au Canada être recommandées pour la culture générale.

s chaleurs de l'été que les meilleures variétés américaines. Parmi les variétés qui ont été mises à l’essai, la Champion of England,

la Noble, et la Albert semblent être les plus rustiques. Les meilleures variétés anglaises sont supérieures en qualité aux meilleures variétés américaines, mais cependant quelques-unes des variétés les plus avantageuses du Royaume-Uni

meilleure qualité. Toutefois, les variétés anglaises sont en général beaucoup plus

. Mais quoique leur arome

autres sont d’une qualité ; mais malheureusement elles ne

Causes de la difformité des fruits,

Les difiormités des fraises ont deux ca

uses. La plus commune est l’inclémence de la température. La fleur et le fruit du f

raisier sont très sensibles aux vents et aux

froids. Parfois une partie du fruit est endommag‘e tandis qu’une autre partie, peutêtre mieux protégée, échappe et se développe aussi normalement que possible. Une autre cause de difformité est la mauvaise fécondation. Dans ce cas la fleur elle-même ne produit pas s3sez de pollen, ou bien le vent et les insectes n’:n transportent pas assez pour féconder tous les stigmates de la fleur. Une température extrêmement chaude et sèche peut aussi endommager le pollen. Les pluies. au cours de la floraison, peuvent empêcher la bonne pollination et être aussi une cause de difformité. Pour y remédier, il faut planter des variétés qui produisent beaucoup de pollen en y mêlant d’autres variétés ‘parfaites. En retardant autant que possible au printemps l’enlèvement du paillis, on protège les plantes contre les vents froids et les gelées.

Desrriptions des variétés recommandées.

Beder Wood.—Forme conique arrondie, de grosseur moyenne d’un rouge pâle; graines peu saillantes; chair pâle, fondante, acide, passablement ferme, de qualité moyenne; entre précoce et très précoce; plantes vigoureuses; coulants abondants; feuillage assez bon; subit fortement la rouille. Variété d’avenir i cause de sa précocité, ‘e sa productivité et de sa parfaite fécondation.

Bisel ( Imp.).—Arrondie, grosse, d’un rouge vif, de belle apparence; graines plutôt saillantes:; chair d’un rouge vif, fondante, sujette à se creuser, fortement acidule, passablemen‘ ferme, de qualité au-dessus de la moyenne; mi-saison, plante vigoureuse; coulants abor.dants; feuillage assez bon, mais sujet à la rouille.

Buster (Imp.).—Arrondie, grosse, d’un rouge plutôt pâle, graines incrustées; chair d’un rouge vif, fondante, fortement acidule, passablement ferme, de qualité moyenne et au-dessus de la mrgçenne; saison mi-tardive et tardive; plante vigoureuse produisant un assez bon nombre de coulants; feuillage bon, mais qui rouille fortement. Variété qui promet beaucoup. Aussi ferme que la Clyde, m‘is d’un rouge plus vif. Conserve une grosseur uniforme jusqu’à la fin de la saison; le feuillage est bon et ombrage bien le fruit.

Bubach (Imp.).—Cordiforme, irrégulière, très grosse, d’un rouge vif, à graines incrustées ; chair d’un rouge vif, fondante, acidule, entre passablement ferme et ferme, de bonne qualité; mi-saison et tardive; plante vigoureuse, coulants assez abondants: feuillage assez bon, mais que la rouille affecte entre modérément et fortement.

Excelsior (Par.).—Conique arrondie de dimension moyenne et au-dessus de la moyenne, d’un rouge foncé et lustré; graines incrustées ; chair d’un rouge vif, fondante, fortement acidule, ferme, de qualité au-dessus de la moyenne; entre précoce et très précoce; plante vigoureuse, coulants abondants; feuillage bon, mais qui rouille fortement.

Glen Mary (Par.).—De forme irrégulière, conique arrondie à cordiforme, de grosse À très grosse, rouge foncé à la base pâlissante vers le sommet; graines incrustées; chair d’un rouge vif, fondante, plutôt aqueuse. Acidule, ferme, de quselité moyenne, misaison, assez vigoureuse; coulants abondants; feuillage d’assez bon à bon, fortement sujet à la rouille.

. Greenville (Imp.).—Arrondie ou cordiforme, grosse à très grosse, rouge vif, chair

entre asez ferme et molle ; bonne qualité; plante vigoureuse, coulants abondants; feuillage bon, mais qui rouille entre

Lovett (Par.).—Conique, pointue et cordiforme, grosseur au-dessus rouge vif et lustré; chair d’un rouge vif, fondante, acidule, assez ferme et de qualité dépassant Ja moyenne; précoce à mi-saison; plante vigoureuse, mais peu de coulants;

feuillags mauvais à assez bon, souille entre fortement et gravement. Fraise productive et attrayante.

Parson’s Beauty (Par.)—Fruit conique obtus, dimension au-dessus de la moyenne rouge vif et lustré; chair d’un rouge vif, fondante, acidule, assez ferme et de queuté acidule, ferme; de qualité au-dessus de Ja moyenne; mi-saison; plante vigoureuse, coulants abondants; feuillage assez bon, rouille entre légèrement et fortement.

Pocomoke (Par.).—Fruit conique obtus, entre gros et très gros, d’un rouge vif lustré ayant une tendance à blanchir vers les bouts; graine plutôt saillantes; chair d’un rouge vif, fondante, tendre, fortement acidule, très ferme; qualité au-dessus de Ja moyenne; demi-tardive; plante vigoureuse, coulants abondants: feuillage assez bon, rouille entre fortement et gravement.

de la moyenne,

Ruby (Par.).—Conique obtus; grosseur moyenne et au-dessus d’un écarlate foncé; graines mi-saillantes; chair d’un beau rouge, d’un bon goût; bonne qualité; demi-tardive; ferme; plante coulants; feuillage sain.

de la moyenne, fondante, acidule, vigoureuse, nombreux

Sample (Imp.).—Fruit conique pointu, de forme très régulière; dimension audessus de la moyenne à grosse, rouge vif ou plutôt foncé et lustré; graines assez saillantes; chair d’un rouge vif, fondante, Presque aqueuse, acidule, assez ferme; qualité mcyenne: entre mi-saison et tardive; plante vigoureuse, coulants abondants, feuillage entre assez bon et bon, rouille fortement.

Senator Dunlap (Par.).—Fruit à col conique, cordiforme et cordiforme allongé: de dimension moyenne à grosse, rouge foncé et lustré, graines peu saillantes: chair d’un beau rouge, fondante, tendre, fortement acidule, assez ferme; qualité au-dessus de

la moyenne: précoce; plante vigoureuse, coulants abondants; feuillage assez bon, rouille fortement.

Sblendid \Par.).—Fruit arrondi, de dimension entre moyenne et grosse, d’un rouge foncé; graines incrustées; chair rouge, fondante, acide, assez ferm ; Qualité a':-dessus de la moyenne. Précoce à mi-saison ; plante vigoureuse, coulants abondants; assez bon, rouille entre fortement et gravement.

Warfeld (No. 2) (Imp.).—Conique pointu, de g-osseur moyenne, au-dessus de la inoyenne; d’un rouge foncé et luetré, graines plutôt vaillantes; chair d’un rouge foncé, fondante, acide, assez ferme; de qualité moyenne; précoce à mi-saison: plante vigoureuse, coulants abondants; feuillage assez bon, rouille entre fortement et gravement. Belle fraise productive et de belle apparence.

Williams (Par.).—Cordiforme, grosse, d’ graines plutôt eaillantes 3 Chair d’

feuillage

un rouge vif plutôt foncé, à bout blane, un rouge vif, fondante, acidule, d’un bon goût; de

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