‹ [Cu]lture des petits fruits [microforme]Chapitre 4 sur 6 · L F PERTE · texte numérisé non relu

L F PERTE

bonne qualité; mi-saison; plante vigoureuse; coulants abondante; feuillage assez bon, rouille fortement.

William Belt (T'ar.)—De forme irrégulière; les premiers fruits sont cordiformes et les autres coniques pointus; gros fruit d’un rouge vif, riche; graines passablement saillantes; chair d’un rouge vif, riche, fondante, acidule, d’un bon goût, ferme; excellente qualité; tardive; plante vigoureuse; coulants abondants; feuillage entre assez bou et bon, rouille ertre fortement et gravement.

Insectes et maladies,

Le fraisier compte peu d’ennemis dangereux parmi les ‘nsectes st les maladies. Nous ne décrirons ici que les plus dangereux de ces ennemis. La plupart des renseignements concernant les insectes sont extraits des rapports et des bulletins de l’entomologiste et botaniste des fer:res expérimentales fédérales; ceux qui concernent les maladies sont empruntés au bulletin relatif à la culture des fraises du même auteur.

Vers blancs.—Les vers blancs font souvent des dégâts dans les fraisières et causent parfois de grands ennuis aux horticulteurs. Toutefois, si l’on connaît les habitudes de cet insecte, on peut le tenir en échec en appliquant les traitements recommandés. Voici la méthode: ne prendre qu’une seule récolte de fraises dans une même plantation et la labourer ensuite. On détruit ainsi l’insecte en l’'empêchant de passer par toutes les phases de son développement. On préparera la terre destinée à la fraisière en y cultivant quelques récoltes à laquelle le ver blanc ne s’attaque pas, et qui ne favorisent pas le séjournement de celui-ci dans le sol.

Comme la culture, près des plantations de fraisiers, de produits que le ver blanc recherche particulièrement, peut causer l’envahissement de la fraisière par cet insecte, la description suivante qu’en fait le docteur C. Gordon Hewitt, entomologiste fédéral, sera très utile à ceux qui voudront combattre cet ennemi-là.

“ Ces insectes, devenus adultes, sont connus dans le midi sous le nom de mouch: ou hannetons de mai. Dans le nord, où elles n’apparaissent qu’en juin, on les appelle hannetons de juin. Ils infestent les prairies naturelles et, comme le ver fil de fer, font de grands ravages dans les récoltes subséquentes. Ils sont quelquefois si nombreux qu’ils détruisent de vastes étendues d’herbe et l’on trouve parfois des pelouses complètement détruites par ces vers qui s’attaquent aux racines. Il n’y a que la larve qui soit nuisible; le hanneton adulte l’est aussi. En Europe ces hannetons apparaissent souvent en grand nombre, traversant le pays comme un nuage de sauterelles et dévorant toute la végétation. L’insecte adulte se nourrit surtout du feuillage des bois francs, chêne, érable, châtaignier, saule, frêne, etc. Il aime particulièrement les feuilles du pommier, surtout celles des jeunes arbres. L’insecte adulte est donc aussi nuisible que sa larve, le ver blanc. Il arrive ordinairement au Canada au mois de juin; de là son nom. Il vole généralement la nuit. Au mois de juin, vous verrez souvent un énorme insecte qui s’attache à vos vêtements; c’est la mouche de juin ou, comme on l'appelle ailleurs, le hanneton. Il se nourrit du feuillage des arbres et dépose bientôt ses œufs dans le sol, un seul à la fois, et à une profondeur de un à trois -suces. Les larves ou vers blancs éclosent et se nourrissent d’abord des racines tenures, comme celles du fraisier, de l’avoine, du blé ou autre céréale. Quand arrive l’hiver, ils s’enfoncent dans

le sol où ile séjournent à l’état de larve. Comme le ver fl de fer, ils vivent plusieurs années, ordinairement trois ans. C’est dans leur deuxième et quelquefois dans leur troisième année qu'ils font surtout des ravages, en dévorant les plus grosses racines. C’est là qu’on s'aperçoit de leur Présence, Comme je l'ai dit, les vers blancs passent deux ou trois ans dans le sol où ils s'enfoncent plus profondément, se creusant une cellule où ils se changent en chrysalides.”

Le charençon du fraisier —Le charançon du fraisier fait souvent de grands dégâts dans les fraisières en coupant les tiges florales tout près des boutons. Le vers de cet insecte se nourrit du polien des fleurs, et la femelle, après avoir pondu un œuf dans le bouton, en coupe le pédoncule pour l'empêcher de se développer. Le bouton non épanoui tombe sur le sol et le ver du charençon se développe à l’intérieur. Il n# a par année qu’une seule génération de cet insecte, Cet insecte apparaît au mois d'août et se cache ensuite dans la mousse ou parmi les broussailles, où ils demeure à l'état léthargique jusqu’au printemps suivant. Les variétés de fraisiers que choisissent les femelles pour 3 déposer leurs œufs sont celles qui produisent la plus grande quantité de pollen, car @’est surtout de pollen que les larves se nourrissent, Les variétés de fraisiers à fleurs pistillées sont les seules qui ne soient pas attaquées ; c’est pourquoi, lorsque les charangons du fraisier sont très nombreux, les producteurs font bien de planter le plus grand nombre possible de variétés à fleurs pistillées et seulement autant de plantes à fleurs parfaites qu’il est nécessaire pour la fécondation.

Le charençon du fraisier passe l’hiver sous forme d’insecte parfait, s’attaquant aux boutons de fleurs juste avant leur épanouissement. Lorsqu'on observe la présence du charançoi au printemps, il est bon, quand cela est possible, de couvrir de toile à fromage les rangs des plantes à fleurs parfaites, jusqu’à ce qu’elles soient bien épanouies. On prétend que la destruction des hannetons a donné de bons résultats. Si l’on veut employer ce moyen il faudra planter, à proximité des planches, des plantes qui produisent le pollen, les disposant en rangs, et quand elles sont couvertes d'insectes, y appliquer une solution de savon à l’huile de baleine, une solution d’une livre dans cinq gallons d’eau, ou employer l’émulsion de pétrole.

Vers gris (cultworme).—Les vers gris, surtout les espèces grimpantes, font souvent des dégâts dans les fraisières. Ils exercent leurs ravages la nuit; les dommages causés aux feuilles et aux racines sont apparents le matin, mais les vers eux-mêmes ont disparu. On peut généralement les trouver cachés à la surface du sol près des plantes qu’ils ont attaquées.

Remède.—Quand on a à souffrir des dégâts des espèces grimpantes ou non grimpantes, ou quand les feuilles ou les racines sont endommagées, le remède le plus efficace est l'application d’un poison composé d’un mélange fait dans la proportion d’une demilivre de vert de Paris et de cinquante livres de son. Il faut humecter légèrement le son avant d'y ajouter le vert de Paris afin que les deux se mélent mieux. Ce son empoisonné, dont les vers gris sont très friands, est répandu à la surface du sol autour des plantes.

Rouille.—Cette maladie occasionne des dégâts considérables parmi quelques variétés de fraisiers en réduisant la surface saine des feuilles et en diminuant la vigueur des plantes, Qur les plantes ainsi affaiblies le fruit ne peut se développer normalement, la récolte est grandement diminuée et le fruit est de qualité inférieure.

Les coulants sont aussi moins nombreux et moins vigoureux. Quelques variétés souffrent beaucoup plus que d’autres de cette maladie et, là où s’exercent ses ravag:4, on doit choisir les espèces qui y sont le moins sujettes. On trouvera les renseignements nécessaires à cet égard dans la description des variétés donnée dans cette conférence. On a observé que les fraisiers cultivés sur un sol argilo-sableux souffrent plus gravement de la rouille que les plantations faites en un sol argileux. Le premier symptôme de la maladie est l'apparition sur .es feuilles, au commencement de l'été, de taches pourprées ou d’un brun roux. Vers la fin de la saison de la cueillette, et même à la misaison, ces taches sont devenues très nombreuses. Petites d’abord, elles grandissent rapidement et se rejoignent souvent, couvrant ainsi une grande partie de la feuille, qui finit par se faner. A mesure que les taches grandissent, le centre en devient blanc et de P se détachent des milliers de spores qui, transportées sur les autres feuilles et plantes, propagent la maladie. Plus tard dans la saison, les spores d’hiver se développent dans ces centres, mais celles-ci passent l'hiver dans de petits sacs attachés à la feuille. Ces sacs ne permettent pas aux spores de s'échapper avant le printemps, et c’est alors qu’elles causent la première infection.

Une application bien faite de bouillie bordelaise enrayera cette maladie, Mais il faut commencer les aspersions juste avant la naissance de feuilles au printemps, pour détruire les spores d’hiver. On fera une deuxième aspersion aussitôt que les fleurs seront tombées, et une troisième immédiatement après la cueillette, et, si on le peut, une quatrième plus tan. Les nouvelles plantations doivent être aspergées de cette bouillie durant la saison, à intervalle assez fréquents pour que le feuillage en reste constamment couvert.

Certains cultivateurs fauchent et brûlent le feuillage dès que la cueillette est terminée. Nous avons tenté une expérience à la ferme centrale pour déterminer la valeur de cette méthode. Cet essai rorta sur vingt-neuf variétés. On en brûla une partie, et on en laissa intacte une aut-e partie, d’égale superficie. On constata que lorsqu'il y avait sur les rangs une quantité exc:ssive de paillis le feu endommageait quelque peu les couronnes des plantes. Le regain des plantes brûlées fut abondant et sain, mais la rouille s’y montra bientôt. Touteiois, à la fin de la saison, les plantes qui avaient été traitées étaient beaucoup plus saines que celles qui ne l’avaient pas été. Dans les petites plantations il serait bon de faucher le feuillage et, après l’avoir râtelé de le brûler en tas, à l’endroit où il y a le moins de danger d’endommager les plantes.

Mildiou du fraisier.—La maladie connue sous le nom de mildiou du fraisier est peu répandue en ce pays. Cependant elle a fait des dégâts considérable dans une certaine localité de la province de l'Ontario, et comme elle peut se répandre rapidement, nous avons cru bon d’en parler ici. Quand cette maladie est grave le fruit est couvert de mildiou et devient impropre à la vente ou à la consommation. Souvent le producteur ne constate la présence de la maladie qu’après que le fruit est atteint, mais, généralement, elle commence à la surface inférieure des feuilles, lesquelles finissent par s’enrouler. Pour tenir cette maladie en échec, il faut commencer à apaliquer le traitement de bonne heure, car il est impossible de bien asperger les plantes quand le fruit se développe, bien qu’on puisse alors appliquer du carbonate ammoniacal de cuivre. Pour l’aspersion du feuillage, on peut employer la bouillie bordelaise ou du soufre sublimé en proportion de : re partie de chaux à deux parties de soufre. Il est important que la surface inférieure des feuilles et même le sol en soient bin recouverts, . 20143—2

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pour que les spores soient détruites. Ces spores sont dispersées aux premiers jours du printemps; elles sortent de petits sacs où elles ont passé l'hiver. Elles éclosent rapidement et attaquent les feuilles. Comme cette maladie ne s'étend que sur la surface des fouilles, on peut facilement la tenir en échec ei le traitement est appliqué en temps opportun.

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