LUCE
LUCE (Maximilien), né à Paris en 1 858. Expose au Salon des Indépendants et au Salon d’ Automne.
J’avoue que j’ai toujours considéré avec la plus vive émotion le travail des usines. Les fumées, les forges, les rouges d’incendie, le martèlement des pilons — -, le magnifique jeu des courroies en pleine course, les chaudières que l’on ouvre et que l’on ferme, les feux qu’on attise à furieux coups de ringard, les wagonnets que l’on pousse, les machines que l’on entend geindre, vagir, glapir, s’essouffler, haleter; les hommes qui activent, le torse nu et ruisselant, ce puissant labeur; tout cela vaut pour moi tous les spectacles du Monde.
Aussi, je ne peux oublier le peintre Luce qui a peint tout cela, autrefois; comme je ne peux
CUBISTES , FUTURISTES ET PASSÉISTES
oublier le peintre qui a représenté les rues du vieux Paris qu’on éventre. Là, encore, Luce a peint de très belles toiles et a dessiné — arec quel amour! — les moindres détails des anciennes façades, la qourbe des ponts, l’enchevêtrement des toits, le fléchissement des murailles dont les pieds s’effondrent.
Paysagiste — à la campagne — Luce est moins à son aise; il peint lourd et opaque; ses figures, ses portraits sont, également, trop appuyés, trop vulgaires, parfois. Au début de sa vie de peintre — nettement néo-impressionniste — le procédé de la touche divisée — appliquée sévèrement à l’atelier — accentua encore cette vulgarité certaine ; alors que tant d'esquisses peintes « sur le motif » apparaissent presque légères, aérées et délicatement spontanées.
Au fond, c’est le violet — cette couleur si aisément affreuse! — qui contamine beaucoup de toiles de Luce. Il en est de même, du reste, chez presque tous ses amis, les néo-impressionnistes endurcis. Seul, Paul Signac sait apprivoiser cette redoutable couleur, qui, à côté des autres couleurs, fait si aisément penser — lors-