‹ Cuisine artistiqueChapitre 19 sur 51 · M -CS · texte numérisé non relu

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GROSSES PIECES DE PATISSERIE

eu fer ou eu bois, destinée à souteuir Fabiiisse supérieure sur laquelle repose le puits. Cette abaisse peut être eu pâte d’office, masquée eu pastilage ou sablée au sucre de couleur; elle est ornée d’uue double bordure eu pastillage.

Les quatre corues d'abondance groupées autour de la tringle, et paraissant souteuir la coupe, peuvent être exécutées en pastillage ou en carton-pâte ; elles sont de forme allongée et miuce : à défaut d'un moule semblable, ou peut eu faire un en plâtre, et mouler les cornes eu carton-pâte; pour les mouler eu pastillage, le moule doit être eu ler-blauc, et eu deux pièces, mais sans moulures, uni, car le décor saillant peut être appbqué en deniier lieu.

Le carton - pâte est préparé avec du papier ramolli et broyé, mêlé avec de la craie et de la colle forte, mais au lieu de le fabriquer soi-même, mieux vaut l’acheter tout préparé; il est toujours plus beau, car les fabricants opèrent à l'aide de machines broyeuses, qui rendent la pâte extrêmement hsse et élastique.

L’embouchure des cornes d’ahoudauce est ornée d'une petite hordure , et garnie avec des fleurs en sucre, entremêlées avec des feuilles vertes.

Le puits fixé sur la coupe, peut être eu nougat ou eu pastillage; dans les deux cas, il est formé dans un moule eu cuivre, qu'on peut acheter chez les fabricants; mais, s'il n’est pas en nougat, il peut facilement être exécuté en carton .glacé, masqué en pastillage, et décoré au cornet. Les deux soutiens du seau peuvent être exécutés soit eu sucre coulé à la cuiller, soit eu pastillage. S’ils sont eu sucre, la pouhe, le seau et la corde, doivent être de même matièrê; eu ce cas, le creux du puits peut être rempli avec du sucre fllé â la jetée.

Aflu de donner plus de rehef et d'élégance à cette pai'tie de la pièce, il convient de la fixer sur un tambour vide, masqué eu pastillage.

Si le puits est en nougat, il peut être servi seul, comme pièce de pâtisserie, soit dans un dîner, soit sur un buflet de bal; eu ce cas, il doit être posé sur un fond -d’appui, un peu plus large, masqué en pastillage, et celui-ci entouré de petits gâteaux; le vide du puits est alors empli avec de la crème fouettée ou des fruits glacés; s'il est serri sur un buflet; mais il peut être garni avec une plombière ou une glace, s'il est servi dans un dîner.

Dessix 320. GRAND SOCLE A P.VLMIER.

Cette pièce, exécutée et rendue dans les conditions que le dessin représente, est d'un eftet très- flatteur.

Le corps principal du socle se compose d’un grand pied de coupe, exécuté eu carton-pâte,

fixé sur une double abaisse . formant gradin. Pour donner la solidité voulue à la pièce, le pied de

coupe et sa base doivent être traversés par une tringle en bois, fixée sui’ le centre de la base

principale posant sur quatre pieds : cette tringle doit aussi traverser le palmier et arriver jusqu’à

la hauteur de l'abaisse supérieure, sur laquelle est posé le gâteau. Mais, au-dessus du pied de coupe,

est disposée une abaisse en bois clouée à cette tringle, afin de la souteuir vigoureusement. Le palmier U. 38

peut-être formé sur une cliarpente en carton-pâte ou en carton glacé; l’abaisse qui le surmonte doit avoir sur le centre, une ouverture juste du diamètre de la tringle en bois, de façon qu’elle se trouve serrée et maintenue à celle-ci, à l’aide d’une traverse: avec ces précautions la pièce ne vacille pas.

Le pied de coupe et les gradins sont masqués en pastillage; le pied est décoré avec des ornements en relief; l’abaisse qui le surmonte est ornée d’une double bordure. Les quatre sujets disposés en saillie contre le pied de coupe, sont en sucre; ils sont coulés en plusieurs pièces, puis fixés à distance égale, et reliés entre eux par des ornements en pastillage. L’abaisse inférieure est ornée d’une jolie bordure montante.

Les tiges du palmier sont imitées à l’aide de bandelettes en pastillage, les unes se détachant du tronc, les autres montant jusqu’au niveau de l’abaisse; la bordure de celle-ci est formée avec de longues feuilles imitées en pastillage, légèrement courbées, mais très -évasées, de façon à simuler les palmes de l’arbre, dont la base de l’abaisse imite le tronc: cette bordure est originale, et de bon effet. L’abaisse est en outre ornée d’une bordime montante, en pastillage.

Le gâteau tixé sur le centre de l’abaisse supérieure est un napolitain, simplement décoré avec quatre rangées de cerises confites ou imitées en pâte d’amandes, glacées au cassé, disposées en lignes perpendiculaires. 11 est surmonté d’une abaisse en pâte d’oftice, ornée d’une bordure pendante, en pastillage. Cette abaisse supporte une jolie aigrette en sucre, fixée sur le centre d’une petite abaisse également en sucre, de forme bombée, entourée d’une chaîne de petites boules imitées eu sucre filé fin.

SUNMAlltE DE LA rLANCIlE SOIXANTE-DIXIÈM E.

Diî.ssm 321. SOCJÆ AUX FLEÜllS. Di;ssin 322. SUCLE AUX FLUTTS.

Dessix 321. SOCLK AUX U LEURS.

Les deux sujets de cette planche, ayant entre eux une pièce ornementale en stcatoplastique pourraient, sur la table d’un buffet de bal, constituer un groupe central parfaitement en harmonie.

L’un ou l’autre de ces socles peut fort bien figurer comme pièce de milieu sur la table d’un diner.

Le corps du socle supportant le vase est exécuté en carton glacé; il est construit sur deux abaisses hexagones, formant gradin ; reliées par une tringle centrale; il est tout simplement formé de six bandes en carton, plus longues que larges, coupées exactement sur le même modèle, échancrées des

GROSSES PIECES DE I^ATTIRSEPIE

(leux côtes, plus larges sur le bas (pie sur le liant. Elle sont assemblées, en les coupant en dedans; elles sont ensuite collées à la gomme, et placpiéc'S en pastillage blanc, mince. La jonction des angles est dissimulée au regard avec des liserons en pastillage rose; sur chacune des faces du socle peut être a])i)li(pié un ornement en iiastillage: une couronne, un écusson, levés à la planche ou poussés au cornet. Les griffes, portant le socle, sont aussi masquées en pastillage.

Les six Aigles, posés debout sur les angles de l’abaisse inférieure, sont coulés (m sucre blanc, ils sont fixés à l’aide de fils de fer et du pastillage. Le haut du socle est orné d’une bordure à jour.

Le vase que le socle sui)portc, est moulé en i)astillage ou en carton-pâte, dans un moule (m deux pièces; il peut aussi être en bois tourné, mais très -léger et vide sur le haut; il est solidement fixé sur une base en bois massif de forme hexagone; le vase et la base sont masqués en i)astillage blanc, et décorés avec des oi'nements levés à la planche; ceux-ci peuvent être nuancés, mais il est préférable de les laisser blancs. Les anses sont rapportées; elles sont ou levées à la planche ou éxécutées au cornet sur verre, en deux pièces, sur un fil de fer; elles sont également fixées au vase à l’aide de fils de fer.

Les fleurs dont le vase est garni, constituent la véritable valeur de la pièce, en raison de leur difficile exécution; j’entends des fleurs bien imitées, car la parfaite imitation seule, les rend méritoires. Mais, qand il s’agit d’aborder la confection d’un bouquet semblable à celui réprésenté ici, il est évident qu’il ne faut pas en être à son coup d’assai; il convient de ne pas se dissimuler qu’on aborde un travail minutieux, lent, réclament une étude suivie, persévérante. La reproduction du dessin peut bien indiquer comment les fleurs doivent être groupées , mais elle ne saurait contribuer à en faciliter l’exécution; et d’ailleurs, les descriptions les plus précises seraient encore insuffisantes à atteindre ce résultat. Il est de ces sujets qu’on ne peut apprendre, qu’en les voyant exécuter, et en les pratiquant les fleurs sont de ce nombre. Un avis qu’on peut donner comme règle à ceux qui débutent, aussi bien qu’à ceux qui sont déjà initiés à ce travail, c’est d’exécuter d’après des modèles en nature: c’est la seule méthode à suivre, si on veut arriver à une imitation parfaite, surtout par rapport à leurs nuances; car une fleur bien imitée ne serait ni complète, ni agréable à voir, si le coloris laissait à désirer.

Toutes les fleurs peuvent être imitées, soit en glace, soit en pastillage; mais dans ce nombre infini, il ne faut choisir que celles se prêtant le mieux à l’emploi qu’on leur destine, soit en raison de leur forme, soit en raison de leurs nuances.

Les fleurs les mieux adaptées à composer un bouquet varié, sont: les différentes espèces de Roses, les Dahlias, les Tulipes, les Campanules, les Myosotis, les Lilas, les (eillets, les Fuchsias, les Boules de neige, les Bluets, les Fleurs d’oranger, les Jasmins, les Asters, fleurs étoilées; les Liserons des champs, les Potentilles, les Pensées, les Camélias, les Narcisses, les Belles de nuit, les Hortensias bleues, blanches et roses, les Giroflées. '

Les fleurs en glace sont exécutées au cornet; les roses et boutons de rose, les pensées, les camélias, réussissent fort bien; ces fleurs sont poussées à l’aide d’un cornet à douille i)late, sur un bouton en pastillage.

Les fleurs en pastillage sont exécutées à la maiu; celles à pétales, telles que les roses, les dahlias, les œillets, les narcisses, les pensées, sont formées sur un houton fixé à l’extrémité d’une baguette en bois, piquée debout. Les pétales sont prépai’ées, une à une, dans la forme voulue, puis

groupées contre le bouton fixé à la baguette. C’est ainsi qu’elles sont séchées ; en les retirant de la baguette, elles sont ornées d’un pédoncule, et assujeties à un fil de fer plus où moins, fort, mais peint en vert, atin d’imiter la tige. Il est des cas cependant, où les pétales des fleurs doivent être modelées sur une forme: telles sont celles des tulipes. Celles des lys par exemple, ayant une forme courbe, sont modelées à la main , mais elles doivent cependant sécher sur une forme.

Les fleurs de nuance uniforme , les roses jaunes ou rouges , les myosotis doivent être exécutés avec du pastillage nuancé, en teinte de la fleur même, tandis que celles dont les nuances sont variées doivent être exécutées avec du pastillage blanc, et coloriées ensuite à l’aide d’un pinceau.

L’assemblage du bouquet s’opère séparément, sur un gros fil de fer droit, auquel viennent se rattacher les tiges des autres fleur.-; celles-ci exigent d’être groupées avec beaucoup de précaution; les nuances et les espèces doivent être distribuées avec goût, et offrir au regard une variété agréable; elles doivent être entremêlées avec des feuilles vertes artificielles. Les tiges inférieures doivent être serrées de façon à pouvoir être enfilées à une tige en fil de fer, fixée sur le centre intérieur du vase.

Cette pièce mesure la hauteur de 1 mètre et 30 centimètres : le socle 40 centimètres, le vase 40, le bouquet 50.

Dessin 322. SOCLE AUX FRUITS.

De même que le précédent sujet, celui-ci peut être servi comme milieu de table dans un dîner, ou comme i)ièce ornementale sur la table d’un butt'et de bal; quelle que soit la i)laco qu’on lui assigne, il doit produire bon effet.

Le corps du socle est monté sur une abaisse en bois posant sur quatre pieds, et portant sur son centre une tringle en fer, arrivant jusqu’à la hauteur de l’abaisse sur laquelle les fruits sont dressés.

Les (piatre cornes d’abondance formant la partie inférieure du socle , ii’ayant aucun effort à faire, peuvent être exécutées en carton-pâte; à défaut de moule spécial, on peut en faire un en plâtre ; mais un moule en fer-blanc], â surfaces unies et en deux pièces, n’étant ni difficile â obtenir, ni coûteux â acquérir, il est préférable de le commander au premier ferblantier venu, car alors les cornes peuvent être moulées en pastillage, tandis que si le moule est en plâtre, ou ne peut les e.xécuter qu’eu cartonpâte. Quelle (lu’en soit la nature, elles sont posées debout sur une base formant gradin, mais avant d’être ornées et garnies ; elles prennent appui contre la tringle en fer , dissimulée au regard par quelques oi’nenients en pastillage. L’embouchure des cornes est ornée avec une petite bordure; le vide est garni avec des fleurs ou des fruits imités, en sucre ou en pastillage. L’abaisse inférieure et le premier gradin sont bordés en pastillage; l’espace libre entre la bordure et le premier gradin est garni de petits gâteaux. L’abaisse placée immédiatement au-dessus des coiiies, est ornée d’une double bordure. C’est sur cette abaisse que pose la coupe aux fruits, dont la partie supérieure est également ornée d’une double bordure â jour.

Les fruits sont comme les fleurs, ils doivent être bien imités, sous ])einc de ne produire aucun effet. Les gros fruits: les poires pommes, i)êches, ananas, i)euvent être modelés en pastillage ou coulés

GROSSES PIECES DE PATISSERIE

on sucre cuit: dans le deux cas, ils sont vides. Les fruits en pastillage exigent d’être glacés avant d’être coloriés; ils doivent d’abord être masqués avec de la glace -royale très -claire, légèrement nuancée en jaune; ils sont ensuite coloriés. La couleur rouge des pêches et des poires, est donnée avec du beau carmin en poudre, appliqué avec un tempon en ouate, après avoir légèrement biunecté les surfaces, simplement avec l’haleine. Les raisins peuvent être imités en pastillage ou en pâte d’amandes, cuite, blanche ou nuancée; en ce dernier cas, ils sont d’un très -joli effet s’ils sont glacés au sucre au cassé; les grains doivent être glacés séparément, puis formés en grappe sur une charpente quelconque, en les collant au sucre cuit. Les feuilles de vigne sont artiticielles; la couronne de l’ananas est imitée en pastillage nuancé.

Les fruits sont symétriquement dressés contre une charpente en carton de forme conique, mais plate sur le haut, en les collant ou en les accrochant à l’aide de petites pointes en fer, dont la charpente est munie: l’ananas pose sur le haut de cette charpente, coupée droite.

Les sujets en sucre sont coulés dans des moules en i)lâtre. Il n’est pas plus difficile de couler le sucre que de couler la stéarine. Il s’agit d’abord d’avoir de bons moules, et de cuire le sucre au point voulu: cette opération est d’ailleurs fort simple.

Il faut couper le sucre; le mettre dans un poêlon, le mouiller à peine avec de l’eau tiède et un peu d’acide citrique ou de vinaigre blanc. Quand il est dissout, le cuire au degré de la plume; le retirer et le graisser légèrement en le frottant contre les parois du poêlon avec une cuiller en bois.

Les moules dans lesquels on coule le sucre doivent être démontés et trempés à l’eau froide pendant 10 minutes, puis bien égoutés, assemblés et serrés avec une grosse ficelle.

Si on coule des figures, il ne faut pas négliger de remuer le sucre dans le moule, avec une petite baguette en bois, afin d’en chasser l’air que le liquide peut contenir, si non il y aurait des vides dans le sujet; en tout cas, il convient de reverser le sucre du moule dans le poêlon aussitôt que le sujet est formé: plus on laisse le sucre dans le moule, plus la croûte devient épaisse; or pour les gros sujets, il convient de tenir plutôt la croûte mince.

Si on coule des colonnes, il convient, aussitôt que le sucre commence à se figer; de glisser dans le vide du moule une petite tige en osier ronde et bien droite, en la posant d’aplond) et tout à fait au centre du moule. Le sucre doit refroidir avec cette baguette, afin que la colonne acquière une i)lus grande solidité.

Les sujets en sucre coulés, si le sucre est blanc et lisse, sont toujours d’un très-joli effet.

En i)Atisserie, les vraies pièces- montées sont bien celles (pii, dans une certaine mesure, représentent un monument qnelcompie, ancien on moderne: temples, kios(jiies, ruines, celles entin , dont la construction toiiclie ])lns ou moins an domaine de rarchiteetnre; tons les autres «genres de jiièces ornementales, les socles, les g-radins, les coujies, les vases, ne sont en somme (pie des pièces secondaires.

Si l’art de construire des pièces -montées de pâtisserie, n’impliipie pas jiour le jiâtissier l’obligation absolue d’être un peu arcliitecte, il lui impose celle du moins, d’atapiérir les connaissances nécessaires jionr éviter le danger de tomber dans des errements regrettables, car il est urgent (pie ces })ièces, destinées à tigiirer dans un milieu luxueux soient, si non jiarfaitcs, du moins irréjirocliablcs au point de vue des règles élémentaires, exem])tes entin de ces défauts trop évidents, ipii décélent visiblement l’incompétence du praticien: ]\Iais pour (pie celui-ci jniissc espérer d’atteindre ce résultat, il doit s’y préjiarer jiar l’étude; car il est impossible d’admettre (pie la bonne volonté lui siiftira pour arriver d’un trait à la perfection : riiliision serait dangereuse, il doit s’en défendre.

Les pièces-montées sont, il est vrai, d’un travail minutieux et comjiliqiié ; cependant, elles n’offrent véritablement de sérieuses difticiiltés que pour ceux qui les abordent un peu à la légère, sans se rendre conqite des exigences qu’elles comportent, sans les avoir suftisamment réfléeliies, étudiées.

Que de fois il m’est arrivé de voir des liommes laborieux , animés du désir de bien faire, se livrant avec ardeur â ce genre de travail sans iionvoir arriver â un résultat satisfaisant, jiar ce motif que, abandonnés à eux-mêmes, sans guide, sans notions précises jioiir se diriger, ils marchaient forcément dans le vague, épuisant leurs facultés par des efforts impuissants. Ce sont là des exemj)les (pie je n’ai jamais perdu de vue, car ils étaient pleins d’enseignement. En vérité, c’est une déeejition bien écoeurante, bien triste ])Our un homme

PIKCKS- MONTÉES DK PATlSSEllIE.

qui, ayant éprouve le désir ou le besoin de produire un sujet remanpiable, doit huiubleinent s’avouer qu’il u’a pu atteindre le but reelierebé , eu dépit même de son travail et de son opiniâtre volonté.

Pour entreprendre l’exéeution d’une pièee-montée, quel([u’en soit le o-cnre, il faut non seulement i)Osséder les eonnaissanccs néeessaires, mais aussi disj)Oser des moyens, des tâeilités, des instruments indispensables â ee travail.

A moins d’étre â meme, par ses eonnaissances spéeiales, de dessiner ou eomposer un sujet, le parti le plus simple est de elioisir un modèle authentique, d’en étudier les proportions avec soin, en modifiant les détails s’il y a lieu , selon les ressourees qu’on a sous la main, tout en restant eependant dans la combinaison du sujet. Des que le plan est arreté, il faut se mettre à l’œuvre avec résolution, et marcher droit â son but, sans impatienee, sans excès de zèle, mais surtout sans se rebuter des obstacles qu’on rencontrera: le succès est â ee prix !

Les pièces-montées d’aujourd’hui sont toujours exécutées en pastillage; autrefois, on employait la pâte d’amandes gommée; on employait même le nougat. La pâte d’amandes cuite, est encore employée dans la confection de certaines pièces mangeables que les confiseurs-pâtissiers exécutent, et qui ne sont pas sans mérite: j’en reproduirai plus loin une série. Mais la pâte d’amandes gommée, est tout â fait tombée en désuétude; et en vérité, elle possède moins de qualités que le pastillage; elle est moins blanche, elle a moins de résistance et de durée, elle exige un travail plus coûteux et plus long. On croyait autrefois qu’elle prenait mieux les couleurs que le pastillage, c’est tout simplement pareeque les couleurs qu’on employait alors étaient défectueuses, car le pastillage prend parfaitement toutes les nuanes; mais d’ailleurs, celui destiné aux pièces-montées étant généralement ou blanc ou de nuance tendre, il n’y a lâ aiieiine espèce d’inconvénient, et aucun motif pour lui préférer la pâte d’amandes gommée. ‘

Quant au nougat, il n’est par sa nature, ni assez souple, ni assez malléable, pour se prêter â la confection des grandes pièces-montées; il convient tout au plus â celles des pièces peu volumineuses, peu compliquées; par exemple, les coupes, les corbeilles, les cornes, les casques, e’est-â-dire pour tous les sujets pouvant être formés dans des moules en métal, tous ceux enfin, comportant une petite quantité de matière, et n’exigeant pas dy détails minutieux. L’exécution des grandes pièces en nougat, présente beaucoup d’ineonvenients; en premier lieu c’est que, si le nougat n’est pas préparé d’un seul coup, s’il est cuit â diftérentes reprises, on peut compter que les cuissons seront de nuances disparates, inégales de ton, et par conséquent dans l’impossibilité de concourir ensemble â la construction de la < même pièce, sans jurer, sans blesser le regard: ce point est capital. Une autre difficulté.

c’est que le noug-at ne peut être travaillé et eou})é qu’alors qu’il est encore chaud ; il faut doue l’employer aussitôt qu’il est préparé, et l’employer vivement, sans retard; froid, il n’est plus propre à être ni moulé ni coupé, et il ne peut être réchauffé sans noircir. En présence de tant d’obstacles , on est obligé de se demander s’il est vraiment nécessaire de les affronter volontairement pour le simple plaisir de les combattre, mais sans profit pour l’art, et eu somme, pour n’aboutir qu’à un résnltat douteux ou tout au moins sans importance réelle ; à mon avis, je le répète, le nougat doit de préféfence être moulé.

Les grandes })ièces-montées sont généralement posées sur un rocher imité, soit en pastillage, en sucre soufflé, en petits choux, en amandes, en meringue, soit enfin en biscuit de couleur : tous les genres sont acceptables. Ces rochers sont toujours montés sur une charpente en pâte d’office, en carton, surtout en bois. Mais les pièces elles- mêmes sont quelquefois construites sur une charpente plus ou moins simple ou compliquée, selon le genre des pièces, selon leurs dimensions. Les chari)entes des pièces-montées sont de deux genres, celles d’abord dont le rôle se borne à servir de support intérieur, et celles qui, dans certains cas, s’appliquent à la construction même des pièces; les premières sont en bois, les dernières sont en carton blanc, glacé. Le carton glacé jonc souvent nn grand rôle dans la construction des pièces-montées, dont il simplifie le travail, et contribue à leur solidité autant qu’à leur durée; mais il exige d’être emjdoyé avec discernement; du reste cette remarque s’ajqdiquc indistinctement à tous les auxiliaires employés: le bois, le fer, le carton, la pâte d’office, quels qu’ils soient, leur présence doit être dissimulée au regard, elle ne doit même pas être soupyonnée.

L’ornementation de la pâtisserie comporte ])eu de licence, elle est naturellement renfermée dans de certaines limites, dont elle ne doit pas sortir; il faut surtout qu’elle conserve son véritable cachet; l’associer à des sujets d’une autre nature, argentés ou dorés, en cristal, en plâtre ou en porcelaine; c’est en diminuer la valeur. Si le hasard met sous la main du praticien un sujet détaché dont il peut faire une application convenable, il lui est facultatif de l’imiter avec la matière qu’il emploie; avec du sucre coulé ou du pastillage; mais il doit bien se garder d’employer le sujet lui-même, qui dans son état naturel ne pourrait que nuire à l’ensemble de la pièce.

11 ne faut pas s’y tromper, nos produits n’ont qu’une valeur /relative, qu’ils tiennent de leur nature même; ils brillent surtout par leur genre exceptionnel, leur type particulier, original, différant, tranchant ostensiblement avec les produits des arts positifs ; voilà pourquoi il faut éviter de les confondre. Le répertoire culinaire est assez vaste, nos ressources assez abondantes et variées pour suffire aux besoins les plus exigeants. Contentons-nous donc de les cultiver avec soin, en les multipliant, en les perfectionnant, mais sans les allier à des

PIEGES -MONT^^ES DE PATISSERIE

clénieiits hétérogènes, qui, eu altérant leur véritable earaetère, tendraient à en affaiblir et en diminuer le mérite.

Une pièce ornementale, peut sans inconvénient être présentée sur une base en métal, lui servant d’assise: une plate-forme, un dormant, un plateau quelconque argenté ou doré; mais la pièce elle- même, dans son ensemble et ses détails, doit rester pure de tout mélange: quiconque se départit de cette règle fondamentale, court le risque de se rendre ridicule aux yeux de ceux qui, sans être des artistes consommés, aiment cependant Fart pour Fart, et qui jugeraient sévèrement ces puérilités. Le premier soin d’un artiste comprenant sérieusement son rôle, consiste à ne jamais donner prise à la critique qui se justifterait par des écarts incompris: il doit rester dans le vrai, afin d’éviter de tomber dans l’absurde.

La collection que je reproduis danc ce chapitre est des plus variées; non seulement tous les genres s’y trouvent représentés, mais les sujets qui la composent ont le mérite d’être nouveaux et inédits; ce qui leur donne quelque valeur, ce qui doit les rendre doublement intéressants aux yeux des praticiens, c’est qu’ils sont tous exécutables, puisque la plupart d’entre eux : ou ils ont servi de modèle à l’exécution ou ils ont été dessinés sur nature. Sans doute, j’eusse pu en augmenter le nombre, mais j’ai cru qu’il était préférable de m’arrêter à cette juste limite, eu dehors de laquelle tout est confus: mon but étant d’instruire, je me suis imposé l’obligation de n’admettre aucune démonstration hasardée.

A cette série des pièces de premier ordre, j’en ai ajouté une autre, moins imjjortante, moins luxueuse, mais presqu’aussi étendue, et dont la simplicité même des sujets sera un motif de plus pour la faire apprécier.

îSUMMAllUÎ DE LA TLANCHE SOIXANTE

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