‹ Cuisine artistiqueChapitre 25 sur 51 · ESS1N 351. F O N T A I N E M O I ) E K N E · texte numérisé non relu

ESS1N 351. F O N T A I N E M O I ) E K N E

La forme de cette pièce est carrée, mais légère cependant. Elle est exhaussée sur une plateforme quadrangulaire, à trois gradins, fixée sur un rocher, et portant à chaque angle un petit vase sur socle. Le corps principal de la pièce est formé de trois étages; le premier, est celui de la fontaine; le second, est fermé sur les quatre faces par un châssis à vitraux; le troisième est ouvert, il représente une imitation de petit temple à colonnes, entouré d’une balustrade à jour, posée en saillie.

La fontaine proprement dite, jette de l’eau sur les quatre faces, dans des bassins adossés à la plate-forme: l’eau est imitée avec du sucre filé. Cette partie de la pièce, de même que la plate-forme sont exécutées sur une charpente en carton, plaquée eu pastillage, et fixée sur une abaisse en bois. Tous les détails d’ornement sont en relief, nuancés de teinte lilas.

La pièce intermédiaire entre la fontaine et le petit temple, est à pilastres; ceux-ci sont ornés de chapiteaux, et portent sur une base saillante; ils sont exécutés en pastillage blanc, et ornés avec des détails nuancés. Les vitreaux sont exécutés au cornet sur une plaque en verre, ils sont masqués sur l’arrière avec des feuilles en gélatine nuancée.

La galerie saillante entourant la colonnade, est fixée sur une abaisse en bois mince; elle est reliée à ses angles par un socle de forme carrée, sur lequel est fixée une jolie coupe en pastillage; la partie inférieure est ornée avec une guirlande pendante, en fleurs imitées. Les colonnes sont également reliées par des guirlandes de fleurs. L’entablement que siqiportent les colonnes est peu saillant; il est surmonté d’un couronnement à gradin, sur le haut duquel est disposé un petit belvédère dont la toiture se termine en pointe.

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PIECES -MONTÉES DE PATISSERIE

Dessin 352. PAVILLON SUR UN ROCHER.

Le rocher de cette pièce est exécute en pastillage blanc, orné de mousse verte et de feuillage; il est construit sur une charpente de forme circulaire pouvant être percée sur les côtés, afin de domieiplus de légèreté à la pièce : il doit être fixé sur une abaisse bordée en pastillage.

Le pavillon est exhaussé sur une plate-forme hexagone, percée par un escalier donnant accès sur le rocher. Le pavillon lui-même est aussi de foi’me hexagone; la façade principale est percée d’un portail à arceau, fermé par un châssis à jour, exécuté au cornet, et masqué sur l’arrière avec des feuilles en gélatine ; les autres façades sont percées chacune d’une fenêtre également à arceau , et à vitreaux ; les fenêtres et le portail se trouvent encadrés entre deux colonnes dont le chapiteau est à moulures superposées, et le fût taillé en pointe, à sa naissance.

L’entablement du pavillon se compose d’une frise décorée, et d’une sorte de corniche saillante, coupée en créneaux.

Sur chacun des angles fiotte une banderole. Le toit est coupé en talus , et plat sur le haut, de façon à former la plate-forme sur laquelle pose la partie supérieure de l’édifice, composée d’un petit belvédère, hexagone, mais à arceaux ouverts, de forme ogivale; ce belvédère est entouré d’une balustrade, et surmonté d’un entablement crénelé; sur le centre de celui-ci, est fixée une petite tourelle de forme circulaire, également à créneaux et percée de quelques fenêtres; sur le haut de cette tourelle fiotte un étendart. Cette partie du pavillon est exécutée en pastillage blanc; mais le corps principal de la pièce est tout simplement en carton blanc, glacé, car les ornements nombreux qui le décorent étant appliqués en relief, le dissimulent au regard. Les colonnes et leur base peuvent être exécutées en sucre coulé ou en pastillage.

Cette pièce, en raison de ses détails nombreux, peut être de deux nuances: blanc et rose; le fond reste blanc, les détails seuls doivent être nuancés.

Dessin 353. BELVÉDÈRE.

Cette pièce est d’une grande légèreté, sa forme est élégante, car elle présente beaucoup de jours ; son exécution offre peu de difficultés.

Le belvédère est fixé sur une plate-forme hexagone formant balustrade, mais dont la moitié des pans sont fondus, et contournés de façon à livrer passage à un escalier. La plate-lorme elle-même est fixée sur un rocher percé à sa base en imitation de grotte, entourée de chaque côté par un parapet. ^Mais ce rocher doit être fixé sur une abaisse en bois reposant sur quatre pieds, et bordée. Les quatre angles de la plate-forme sont ornés d’un petit vase garni de feuilles de cactus; les deux rampes sont terminées par un pilier carré, surmonté d’une boule.

Le corps du pavillon est de forme carrée, et chacune des façades est percée par une porte à arceau, ornée de vitrages encadrés; ceux-ci sont imités avec des feuilles en gélatine blanche ou jaune, appliquées sur l’arrière. Cette pièce peut être exécutée en pastillage nuancé en bois d’acajou.

CITISINE ARTISTIQUE.

Ce pavillon est encadré dans une colonnade détachée formant une galerie ouverte tout autour; les colonnes sont lisses et fluettes; elles sont surmontées d’un entablement à arceaux, supportant la toiture; celle-ci est de forme hexagone, coupée en pointe; elle se termine par une flèche, à laquelle flotte une oriflamme. Cette toiture est tout simplement exécutée sur une charpente en carton ; mais le carton est plaqué, soit avec des bandelettes en pastillage, disposées à cheval, soit avec une bande en pastillage levée à la planche ; elle est entourée, à sa base, d’un entablement pendant, divisé en panneaux, correspondant à l’hexagone de la toiture; ces panneaux sont décorés au cornet, et chacun des angles est orné d’un if auquel est adaptée une petite banderole flottante. Sur le centre de chaque façade est suspendue une petite bouquetière.

Ces trois pièces-montées peuvent être classées au nombre des plus élégantes; mais en l’état où la gravure les représente, elles ne sont jjar le fait, vues qu’à moitié. Il est évident qu’elles auraient un aspect plus gracieux si elles étaient reproduites dans les mêmes conditions (pie celles des deux jiremières idanches de cette série.

Kii pâtisserie, les détails de ronienieiitatioii sont, par leur nature et leur forme, variés et multiples. Les plus usuels, les ])lus apparents, sont ceux eu gdaee-royale , eu sucre tilé, et ceux eu ])astillao;e.

Les détails d’ornement, sous leur forme simple et presque futile, jouent cependant un grand rôle. Ce n’est pas avec ces détails (pi’on confectionne les j)ièces, mais c’est avec eux qu’on les tinit, qu’on les embellit, qu’on leur donne cette légèreté attrayante, cette coquetterie qui les rend si agréables au regard. Une ])iècc-montéc, un socle, une sultane, une coupe, uu vase, avant d’étre ornementés, bordés, embellis, de ces petits détails sans valeur ap})arente, paraissent lourds, sans élégance: qu’on les entoure avec une simjde guirlande, une boi'dure, une aigrette, leur aspect cbange, leur lourdeur disparaît! Tel est eu somme, le rôle que jouent les détails d’ornement dans les pièces en pastillage, en glace, ou en sucre.

Tous ceux qui se sont occupés de l’ornementation de la ])âtisserie; pièces -montées, socles ou gradins, savent i)arfaitement que leur exécution devient, si non impossible du moins excessivement gênante, sans l’auxiliaire des plancbes gravées, La question de leur utilité lie saurait donc être mise en doute; elles ii’ont pas seulement le mérite d’abréger le travail et les recberebes du praticien, de rendre ses produits ])lus réguliers et plus élégants, mais elles ont aussi celui de faciliter ses projets, en élargissant le cercle de ses combinaisons. Pour lui, il ne s’agit donc pas de savoir s’il en aura s’il doit en avoir; il s’agit de savoir coibbien il en aura: peu ou beaucoup, selon ses moyens, selon le soin qu’il mettra à les recbereber. S’il est prévoyant, il s’occupera de bonne heure à les recueillir, à les glaner peu à peu, soit eu les achetant, soit en prenant des empreintes pour les couler en souffre ou les faire exécuter ])ar les graveurs. Eu agissant ainsi, il se trouvera un jour possesseur d’une collection variée, pouvant lui rendre des services d’autnut plus im])ortauts ipie cette collection

sera plus complète, ])liis choisie. Si au contraire il néglige ce soin, il ne tardera pas à s’a])ercevoir du préjudice de son imprévoyance.

J’ai dit plus haut que les planches étaient en hois gravé, on bien coulées en sontfre. La gravure des planches ne peut être exécutée que ])ar des graveurs ou tout au moins par quelqu’un ayant la connaissance et la pratique de cet art. Mais les graveurs s’occupant spécialement de ce travail sont rares; c’est par ce fait que, ne sachant à qui s’adresser, les pâtissiers se bornent le plus souvent à prendre des empreintes eux-mêmes à l’aide desquelles ils obtiennent des reproductions plus ou moins parfaites. Mais dans une ville comme Paris, dans un grand centre, il y a cependant quelque chose de mieux à faire que se risquer, après beaucoup d’etforts, â n’obtenir qu’un médiocre résultat; c’est de s’adresser tout simplement à ceux qui font la spécialité des sujets coulés, à l’usage des pâtissiers et des contiseurs; on est ainsi plus sûr de trouver et d’obtenir ce que l’on cherche.

Aux pièces en pastillage et aux socles, mais aux socles surtout, les ornements qui leur donnent le plus de coquette légéreté, ce sont les bordures à jour, correctes, élancées. Aux pièces en glace-royale, ce sont les feuilles et les fleurs en pastillage ou en glace. Aux pièces en sucre, ce sont les pompons, les aigrettes.

Dans ce chapitre, je ne m’occuperai que des détails d’ornements en pastillage, pouvant être levés sur des planches gravées ou sur des reproductions.

Je traiterai plus loin les ornements en sucre tilé, ainsi que les liserons et les bordures en pastillage, de même que celles en glace-royale, dont la collection sera trèscomplète. Les différents sujets représentés sur ces trois planches, peuvent recevoir diverses applications pour celui qui sait en tirer parti; ils ont ceci de particulier, que tous ont été dessinés de grosseur naturelle d’après des planches originales; on peut donc les donner comme modèle aux graveurs sur bois s’occupant de cette spécialité.

C’est lâ le but qui m’a guidé en les produisant dans de telles conditions. J’aurais pu certainement en réunir un plus grand nombre, mais n’ayant voulu donner que des sujets authentiques, je me suis borné aux plus utiles.

J’ai souvent eu occasion de signaler aux pâtissiers qui s’adonnent â l’étude de l’ornementation , l’indispensable nécessité des planches gravées. Ce})endant , je ne crois pas superdu de renouveler ce conseil; car il faut bien le reconnaître, ce n’est qu’avec leur concours qu’ils arriveront â des résultats satisfaisants, et qu’ils pourront progresser. 11 en est des j)lanches gravées, comme des moules en plâtre ou en cuivre, comme des emporte -pièces, des eou])e-pâtes, et des couteaux; ils constituent le bagage manuel de l’ouvrier; ce sont ses outils, il ne doit jamais s’en séparer; car c’est en les maniant, en les ayant sans cesse sous les yeux, en se familiarisant en (piehpie sorte avec eux, qu’d

DÉTAILS D’ORNIOMKNTS DE LA l'ATISSElUE.

apprendra à mieux les eoiinaître, et (pi’il finira par approfondir toutes les ressourees (pi’au moment donné il peut en tirer.

La difficulté de faire graver des planches, au moins autant ([ue le jirix qu’il faut y mettre, oblige les praticiens à prendre des empreintes pour les couler en souffre. (Jefte oi)ération réussit généralement bien, mais ces phinelies sont toujours fragiles. Pour éviter cet inconvénient, j’engage les hommes qui s’occupent de rornementation à faire exécuter ces reproductions à l’aide de la galvanoplastie; ils obtiendront ainsi des matrices très -exactes et peu coûteuses; pour les rendre durables, il suffit de les encadrer dans du plâtre ramolli, absolument comme on ferait d’uncymatrice en souffre.

J’ai connu différents praticiens qui faisaient eux -mêmes ees reproductions à l’aide d’une pile électrique; mais le prix de revient est si minime, qu’à moins d’opérer pour son propre plaisir, il est préférable de les faire exécuter par des hommes compétents, qui en font leur métier.

SOMMAlltE UE LxV l'IvANCllE aUATlUÎVINGT-TKOl.SlÈME.

Dessins 354 à 3G9.

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