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SOMMAIRE DE LA PLANCHE CENTIÈME

Dkrsin 441. CHAR DES CA’GNES.

Dessin 441. CHAR DES CYCNES.

Cette pièce est construite dans le même ordre que la précédente, par rapport à la forme et aux pi’oportions, car les détails dittérent.

Le socle est formé de deux abaisses en bois, reliées par deux solides soutiens; il a 1 mètre et 20 centimètres de long, sur d5 à 40 de hauteur, le sujet non compris.

La caisse du char est une imitation de grande coquille maritime, modelée de forme allongée, à laquelle adhère le petit 'i’ritou- conducteur; cette coquille est montée sur une chariiente légère, mais solide, soutenue jiar des bis de fer, et bxée à l’abaisse.

Le corps du Triton est coulé, mais retouché avec soin pour être mis en i)ose; il est bxé sur la volute de la co(iuille; pour que ce sujet i)uisse acquérir la solidité voulue, il doit être soutenu par une tringle en fer, traversant en ])artie son corps. Les bras doivent aussi être soutenus à l’intérieur avec des bis de fer. Le trident est modelé sur une petite baguette en bois. Les roues du char sont imitées avec des feuilles acpiatiques modelées en graisse verte; mais elles i)rennent appui sur une charpente en bois, dissimulée au regard. Les plantes aquati(iues et les roseaux, disposés autour et sur l’arrière du char, de même (pie ceux (pii entourent les cygnes, sont imités en graisse verte; ils sont en partie modelés sur bl de fer adhérant à l’abaisse supérieure.

Les rênes qui retiennent les cygnes au char sont imitées avec du cordon blanc naturel; les cygnes sont modelés d’aiu'ès l'antique, c’est-à-dire avec les ailes déployées; ils sont d’imitation classi(pie, (!t exécutés sur un mandrin dont le noyau adhère à l’abaisse; .ce mandrin doit être aussi léger (pie l)()ssible, abn de ne pas augmenter le poids de la lûèce: le liège est la matièi'e qui convient le mieux; mais à défaut, on peut également employer du i>ain ordinaire, de la vieille graisse ou du l>(>is léger; seulement, le pain a rinconvénient de moisir, et la vieille graisse est aussi lourde que le bois.

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I’IE(;ES OUNEMEN'I'ALES du ehoid.

Le cou et les ailes des cygnes doivent être intérieiirenient soutenus avec de solides tils de fer se rattacluint au nuindrin. Le plan sur lequel le char et les cygnes sont posés, hgurc une nappe d’eau, imitée avec une mince couche de gelée hachée, transparente et de belle nuance; mais la gelée ne doit être étalée sur la graisse qu’en dernier lieu, c’est-à-dire alors qu’on garnit la pièce.

Les deux abaisses réunies, formant le socle de la pièce, sont de dimensions différentes; celle du haut est étroite et moins large que celle du bas: l’une comme l’autre sont d’aboixl masquées, sur leur surface, avec une mince couche de graisse; puis ornées, sur leur épaisseur, avec de la graisse modelée en chiite d’eau; cet ornement au lieu d’être modelé, peut être formé par petites portions sur une matrice en plâtre; il suffit que la graisse soit lisse et ductile, et que la matrice soit légèrement humectée avec de l’eau froide.

Les deux soutiens reliant les abaisses du socle , sont masqués avec de la graisse à modeler ; mais au moment de garnir la base avec les homards et les coipiilles, ils doivent être dissimulés au regard avec des branches de persil frais. Les quatre pieds de l’abaisse inférieure sont ou argentés ou peints avec du blanc de zinc.

La garniture de la pièce se compose surtout de crustacés : c’est celle (jui s’adapte le mieux au style d’un sujet aquatique; cependant je ne vois aucun inconvénient à lui en substituer une autre; d’ailleurs, ces pièces pouvant être servies plusieurs fois dans la saison des fêtes, il est tout naturel que la garniture puisse être variée.

Le centre du char est garni d’un buisson de lielles écrevisses , groupées sur une charpente en carton, masquée de graisse verte; ce buisson est surmonté d’une grosse truffe, et entouré à sa base avec des bouquets de feuilles fraîches de persil: le vert et le rouge donnent toujours uu plus grand éclat à la blancheur de la graisse à modelei’.

L’abaisse inférieure est garnie avec des coffres vides de homards dont les chairs, coupées en tranches, sont dressées à côté sur une couche de gelée bâchée. Le bord de l’abaisse est garni avec de jolies coquilles naturelles, emplies avec de la salade de bomard; mais ces coiiuilles peuvent être simplement remplacées par une chaîne de pattes ou pi)iceft de homards ouvertes, dont les chairs posent sur une couche de gelée; elles peuvent aussi être remplacées par des coquilles de queues de homards, lietites, divisées sur leur longueur , vidées, masquées au fond avec une couche de gelée bâchée, sur laquelle les chairs des queues sont posées, le côté rouge enjlcssus. Sur le centre de l’abaisse, sont dressées quelques grosses truffés entières, pouvant sans inconvénient être supprimées, car elles ne figurent là qu’â titre d’accessoire réactif, afin de donner plus de ton â la gravure.

L’espace libre entre les coffres et les cbairs de homards , doit être masqué avec une couche de gelée bâchée, dissimulant complètement la graisse au regard.

Le char aux cygnes et le char du printemps, servis sur la table d’un buffet de liai, l’un sur lu droite et l’autre sur la gauche d’une grande pièce-montée en pastillage, peuvent en formel' le groupe central. C’est avec intention ipie les sujets ont été représentés en sens contraire sur la gravure, car c’est bien ainsi ipi’ils doivent figurer sur table, soit qu’ils semblent aller l’un contre l’autre, soit (pi’ils semblent s’éloigner. Mais, un seul de ces sujets peut fort bien figurer sur la table d’un dîner: l’un et l’autre étant finis des deux côtés, ils se trouvent exactement dans les conditions voulues puor remplir ce but.

L’exécution de ces deux sujets n’est certuinemeiit i)as des plus difficiles; cependant pour l’aborder, môme avec le secours du modèle, il n’en faut pas moins posséder quelques qualités artistiques ; il faut absolument être à même d’en modeler les parties principales, et dès qu’il s’agit d’entreprendre le modelage de sujets aussi volumineux et compliqués, mais surtout de sujets complètement détachés, tels enfin (pi’ils sont reproduits ici, il faut être bien sûr de soi-même ou alors y renoncer, car c’est un travail de longue haleine, qui doit être suivi, soutenu, et auquel il faut pouvoir sacrifier le temps nécessaire; si ce temps fait défaut, si on ne peut lui porter qu’une attention distraite, mieux vaut eu appeler à un modeleur, soit pour exécuter le sujet, soit simplement pour le finir.

En quelques séances, le premier artiste venu, opérant avec un modèle sous les yeux, saura non seulement donner au sujet la vigueur voulue, mais aussi en corriger les défauts, et en perfectionner les détails, selon les ressources de son imagination, selon (ju’il sera plus ou moins familiarisé avec la matière que nous employons , et avec le genre le mieux adapté à nos travaux. A cela près , du moment que les proportions du sujet sont établies, dès que l’artiste sait où il doit aller, qu’il marche sans être obligé de chercher sa voie, ce qui est une difficulté pour nous, n’est qu’un jeu pour lui; car au fond, nos pièces ne réclament pas le fini irréprochable des œuvres d’art proprement dites ; il suffit qu’elles soient élégantes et gracieuses, proi)ortionnées, largement esquissées. Aller au-delà, ce serait augmenter sans nécessité la difficulté d’un travail, dont la durée n’est que passagère, et dont l’expression d’ensemble supplée aisément au fini des détails : ce ne sont pas des chefs-d’œuvre (jifoii nous de mande, mais seulement des sujets dont le mérite consiste surtout dans leur originalité caractéristique.

J’ai habité Rome en des temps déjà éloignés de nous, où cette ville était à chaque saison d’hiver, le rendez-vous d’un grand nombre de faniilles opulentes, venant tout à la fois y installer le luxe de leurs maisons et celui de leur table. J’ai vu là servir de grands et beaux diners, des fêtes admirables, mais celles (pii firent le plus d’impression sur mon esprit, furent divers soupers de bal, servis dans des conditions véritablement exceptionnelles , et avec une abondance d’ornementation sans égale, d’autant plus impressionnable qu’elle se produisait sans transition, et pour ainsi dire à l’improviste. Les pièces les plus élégantes , les sujets les plus originaux, y figuraient; tout brillait, tout scintillait, tout enfin éfait admirable sur ces buffets, et les grandes sales de ces riches palais ressemblaient bien plutôt à un musée ipi’à un lieu de festin. Eh bien, tous ces chefs-d’œuvre étaient le produit d’une brigade de jeunes élèves modeleurs, qu’un des chefs de maison avait eu l’idée d’associer à ses travaux; et qui, trouvant l’occasion belle de donner une forme à leurs inspirations, s’en payaient à soubait. Au début, il y eut bien quelque confusion sur le nombre, sur le choix et l’application des sujets, plus ou moins appropriés au rôde (pi’ils étaient appelés à jouer; mais elle ne fut pas de longue durée; et bientôt, modérant l’ardeur de leur zèle, ces praticiens improvisés surent subordonner leurs productions au genre qui pouvait mieux en faire ressortir le mérite d’à-propos. L’idée était bonne, puisqu’elle fut imitée et continuée; elle se propagea si rapidement, (pie tous les bals de la saison furent servis dans les mêmes conditions de luxe et d’élégance ; ce mouvement artistique ne fut interrompu que par la dispersion forcée des hommes (pii l’avaient fait naître. Mais l’impression qu’il laissa derrière lui ne fut pas perdue, tous ceux qui l’avaient suivi surent mettre à profit ce rayon de lumière (pii venait de leur dévoiler tant de fécondes ressources, dont la cuisine allait hériter. Qui pourrait dire en effet, que cette période, si courte qu’elle tut , ne portait pas en elle le germe de l’école nouvelle qui a surgi depuis?

PIECES OKNEMExXTALES DU EllOID.

Si je inentiomie ici ce fuit avéré, c’est qu’il donne la mesure des avantages que les praticiens peuvent trouver au contact des hommes spéciaux. En présence de ce résultat, on peut se demander pourquoi on ne ferait pas aujourd’hui à Paris ce (]ui s’est fait à Rome autrefois; tout le monde y gagnerait, je crois; mais ceux (pii tireraient sans doute le plus grand profit de ces exemples, seraient surtout les jeunes gens; ce serait cette vaillante et laborieuse milice qui ne demande qu’à s’instruire, mais qui, peu familiarisée avec ces sujets de haute portée, n’ayant d’ailleurs ni l’occasion de les voir produire, ni celle de concourir à leur exécution, finissent par croire qu’ils sont réellement impossibles; et alors, au lieu de s’inspirer des modèles qu’ils trouvent dans les traités spéciaux, au lieu d’en étudier la combinaison, ou ils s’en détournent ou ils n’y prêtent qu’une attention distraite, parce qu’ils ne les croient pas exécutables. Or, procurer à ces hommes ipii représentent l’avenir du métier, la facilité de s’instruire sur les points qu’ils ignorent, ne serait pas seulement leur rendre un service éminent, ce serait aussi concourir dans une large mesure au développement et au progrès de notre art: ce service en vaut bien un autre, car il ne serait ni sans mérite ni sans résultats probtables.

SOilMAlHE DE LA l'LANGIIE OEXT ET UNIÈME.

Df.ssin 112. OlîÉJJSUUE suit UN UOCTIEK.

Dessin 442. OBÉLISQUE SUR UN ROCHER.

Cetto pièce est certaineiiieiit une des plus intéressantes et des plus ludistiques (jue rent'enne cette collection. Sa forme est gracieuse, dégagée, légère au regard.

L’exécution d’une telle pièce , exige évidemment une (certaine aptitude ; évidemment , il serait oiseux de prétendre que la bonne volonté peut suffire à triompher de la difficulté.

La pièce représente un obélisipie antiipie, posant sur un piédestal, et celui-ci sur le haut d’un rocher imité ayant la forme quadrangulaire, ouvert sur les (juatre faces. Mais cette pièce étant destinée à figurer sur la table d’un Iniifet de bal où elle n’est visible ipie de face , trois seulement des angles du rocher se trouvent ornés d’un sujet.

Ce rocher est construit sur une solide charpente en bois formant quatre arceaux, fixée d’abord sur un tambour à gradin, et ensuite sur le centre d’une large base portant sur quatre pieds, ronde sur l’avant, mais coupée droit sur l’arrière, afin qu’elle occupe moins de place. Cette base est modelée tout autour, en imitiition d’un bassin de fontaine; les surfaces sont ornées de détails en graisse, appli- (piés en relief.

Je me propose de reproduire dans l’appendice du froid, une esquisse de la chari)ente de cette pièce; mais il est bon d’observer que les blocs imitant les aspérités sont modelés sur des appuis rapportés, pouvant être en pain ordinaire, en liège ou en carton; la matière importe peu, il suffit qu’elle soit légère, afin de diminuer tout à la fois et le poids de la pièce et la (piantité de graisse.

Les trois sujets adliérant aux angles du rocher sont modelés sur des appuis en bois, fixés à la charpente. Ces sujets représentent tous l’ai iière d’une galère anti(iue, portant chacune une figure allégoriipie : celle de gauche est représentée assise, entourée des attributs du commerce; celle de droite est aussi assise; elle a une ancre à ses côtés et un filet de pêcheur dans les mains. Celle de face représeide une Minerve del)Out, tenant la lance d’une main et le bouclier de l’autre.

( )n peut remarquer sur la gravure, (pie les trois figures sont disposées de fa(;on à n’être vues (jue d’un côté; cela s’expli(pie par ce motif (pie, la iiièce étant servie sur la table d’un butfet de bal, la face seule est visible.

Pl 11)

I>IECES OKNEMENTAT.ES DU EROID.

Ces trois sujets, ou le (•oiu])reu(l , (‘oiistitueut le côté éijiiuuix de l’exécutioii; ils sont gracieux, d’un grand effet sans doute, mais c’est à condition ([u’ils soient bien modelés, bien posés: tonte la question est Là. L’exécution des galères n’offre pas de sérieuses difficultés; en tout cas, moindres que celles que présente le modelage des tignres allégoriques. C’est donc sur celles-ci (pie doit se concenti'er tonte l’attention du praticien. Pour abréger le travail et diminuer la difficulté, le haut du corps et la tête peuvent être coulés; il suffit de trouver un buste de femme dans les iiroportions voulues, eu faire le moule à l’aide de la gélatine, et le couler eu graisse: un seul moule est nécessaire; le retoucber, le mettre en pose, lui rajuster les bras et le bas du corps; enbii, grouper autour de clnupie sujet les attributs (ju’il couqxu'te: le filet de pêcbeur, adapté au sujet de droite est naturel, mais fin et blanc.

Les chutes d’eau tombant du liant du rocher, entre les sujets, sont imitées avec des baguettes eu verre tordu, légèrement courbées d’un côté.

L’obélisque et son piédestal sont aussi exécutés sur une charpente en bois mince, dont je donnerai plus loin une esquisse; cette charpente est entièrement plaquée à l’extérieur avec des bandes minces en graisse, abaissée sur un linge humide, à l’aide d’un morceau de glace lisse et plane. Les hiéroglyphes sont gravés en creux à l’aide d’une gouge; mais il n’est jias nécessaire que les ipiatre faces en soient ornées ; si la pyramide est posée dans le sens reiirésenté par le dessin, il suffit qu’il y en ait deux, puisque les autres sont à peine visibles. L’exécution de ces hiéroglyiihes, si simple en apiiarence, est jiourtant très-longue et difficile.

L’obélisipie est exécuté sé])arément ; et à . cause de sa hauteur, il ne doit être posé sur le rocher (pi’alors (pie la pièce est en place, sur la table même où elle doit figurer; mais elle doit être maintenue d’aplomb à l’aide d’une grosse cheville en bois posée en relief sur le centre du rocher, s’introduisant dans une ouverture de son même diamètre, pratiiiuée sur l’abaisse en bois fermant sa partie inférieure; (h* cette façon il peut sans inconvénient être mis en place ou enlevé du rocher, il faut simplement avoir soin de (lisi)oser sur l’arrière une agrafe en fer, pouvant en faciliter le maniement sanstoucher à la graisse.

Les angles du iiiédestal, à l’égal de celui de la colonne Trajane, sont surmontés de quatre Aigles ayant les ailes déployées, posant sur une boule. Ces Aigles sont d’un très-joli effet, et donnent beaucou]) de dégagement à l’ensemble de la pièce; ils sont coulés en stéarine, dans un moule en idâtre; ils adhèrent au piédestal à l’aide d’un gros fil de fer, car ils doivent être solidement fixés.

Le piédestal est entouré, sur sa partie centrale, d’une bandelette en graisse appliquée en relief; elle doit être bien égale en épaisseur, et correctement couiiée.

Les garnitures de cette pièce sont peu abondantes, je les ai évitées sur la gravure, afin de ne

pas encombrer la base; elles se résument dans les trois homards cuits, disposés au-dessous de chaque

galerie, et fixés contre uii appui, à l’aide de petites brochettes; ils sont ornés chacun avec un Inâtelet

garni de crevettes. Les queues de ces homard, doivent être vidées, car les chairs peuvent alors être découpées en tranches et dressées sur les coquilles ou à côté. Mais le fond du bassin , entre les homards, peut toujours être garni, soit avec des petites truites cuites, soit simplement avec de belles crevettes.

Voici les dimensions exactes des différentes divisions de la pièce: le rocher mesure 70 centimètres de hauteur, l’obélisque 70 centimètres, son piédestal 40, soit pour l’ensemble 1 mètre 80 centimètres.

8()MMA1UK DE I. l'EANCDE (JENT-DEllXIÈME.

Dessin 443. FO^'l’AINE EN STÉATO - PLASTKiUE.

Dessin 443,

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