Voir Kremmer, De catalogis heurematum (1890), p
en Attique, l'attribuait à Athéna; l'autre, phrygienne, l'attribuait à Marsyas1. En présence de deux traditions différentes, les anciens essayaient volontiers de les mettre d'accord. Les Athéniens ne pouvaient enlever à leur déesse tutélaire le mérite de l'invention; mais ils tinrent compte de la trouvaille, supïjjjux, attribuée au Silène, en prenant dans un autre sens le terme qui lui en faisait honneur. J'ai montré, il y a quelques années, que dans les vieilles listes de découvertes, supT^ata, où se complurent plusieurs historiens du ve siècle, entre autre llellanicus2, le verbe trouver, euptetetv, fut tantôt entendu d'une invention, tantôt d'une découverte fortuite. Ainsi il existait deux traditions sur le Phrygien Midas : suivant l'une, il aurait inventé l'ancre des navires; suivant l'autre, il aurait découvert une ancre de navire sur une montagne, où sa présence témoignait d'un ancien déluge. L'invention de la flûte, assignée à Marsyas par les Phrygiens, se réduisit, pour les Athéniens, à la découverte par Marsyas de la double flûte jetée à terre par Athéna. Dans le groupe de Myron, sculpté vers 450, Marsyas est au moment de ramasser les flûtes lorsqu'il est effrayé par l'apparition d'Athéna. Cette légende sauvegardait à la fois le respect dû à des textes déjà vieux et ce que nous appellerions aujourd'hui la priorité de la déesse attique dans l'histoire d'une ingénieuse invention.
Le second épisode de la vie de Marsyas a été sans cesse enjolivé de détails nouveaux; réduit à ses données essentielles, il peut se résumer ainsi. Marsyas, très fier de ses talents d'aulète, défie Apollon, qui joue de la cithare; un concours a lieu, le dieu l'emporte et, dans un mouvement de colère, il saisit Marsyas, l'attache à un pin et l'écorche tout vif. Plus tard, on imagina que le concours avait été jugé par les Muses, par Athéna, par le roi Midas, par les habitants du pays3; on raconta aussi les procédés subtils et peu loyaux