‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 121 sur 198 · Douais, L'Inquisition · texte numérisé non relu

Douais, L'Inquisition

censures eccléstastiques. » Par des motifs que nous exposerons tout à l'heure, il ne demande pas que leshérétiques soient mis à mort, mais il l'insinue très clairement : « D'après la loi civile, dit-il, les criminels de lèse-majesté sont punis de la peine capitale et leurs biens confisqués. A combien plus forte raison ceux qui offensent Jésus doivent-ils être retranchés de la communion chrétienne et dépouillés de leurs biens! »'. L'assimilition, par le pape, du crime d'hérésie à celui de lèse-majesté dictaitleur conduite aux princes. En 1213, le Concile de Latran fit des règles établies par Innocent III les canons de l'Eglise Universelle ; il déclara les hérétiques excommuniés et les livra aux puissances séculières afin qu'ils reçussent le châtiment mérité. Sept ans après, en 1220, Frédéric II promulgua une constitution inspirée du décret pontifical de 1199, et où le crime d'hérésie était formellement assimilé à celui de lèse-majesté. Ses juristes lui ayant appris que Dioclétien, en 287, avait porté la peine du feu contre les Manichéens, il condamna à son tour les hérétiques au bûcher dans une constitution promulguée pour la Lombardie en 1224. L'évêque de Brescia, le dominicain Guala, imposa à cette ville la loi frédéricienne de 1224. Peu après, en 1231, le pape Grégoire IX, ami de Guala. adopta cette constitution; la même année, des hérétiques furent brûlés à Rome. Ainsi, Innocent III avait inspiré Frédéric II, et le pape Grégoire IX, en adoptant cette législation atroce, la recommanda et l'imposa même à toute la chrétienté. La création du tribunal de l'Inquisition, confié à des moines dépendant directement de Rome, eut pour effet immédiat de généraliser les dispositions pénales que Grégoire IX avait introduites dans ses États. On possède de lui une bulle, intitulée Gaudemus( « nous nous réjouissons » ) qui, datée de 1233, deux ans après l'institution officielle de l'Inquisition, en célèbre les bienfaits en ces termes : « Nous nous réjouissons, écritil, que les pères n'hésitent pas à dénoncer leurs fils ou leurs femmes, que les fils dénoncent les pères, que les femmes

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