‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 122 sur 198 · Lettre du 25 mars 1199 (Vacandard, U Inquisition, p · texte numérisé non relu

Lettre du 25 mars 1199 (Vacandard, U Inquisition, p

dénoncent leurs enfants et leurs époux » '. Frédéric II, tout scélérat qu'il était, n'a rien écrit de pareil.

3° Si l'Église, dit-on, n'avait pas créé l'Inquisition, les princes du xme siècle auraient entrepris de réprimer l'hérésie et empiété sur les droits et les devoirs de l'Église en matière spirituelle. — C'est la thèse de Msv Douais, évêque de Beauvais. « L'Inquisition, suivant ce prélat, est sortie de la situation trop dure que Frédéric II aurait voulu imposer à la papauté en menaçant de prendre en main lui-même la répression de l'hérésie... Il ne fallait point laisser la puissance séculière mettre le pied sur ce terrain ; autrement, on eût entretenu chez elle la tentation de connaître de la doctrine » s. Mais d'abord aucun texte — Msr Douais le reconnaît lui-même — ne confirme cette hypothèse : « Les documents connus et publiés, dit-il, ne montrent pas directement le pape Grégoire IX en quête d'un moyen pour enlever à Frédéric II l'hérésie comme crime juridique et le trouvant dans l'institution du juge délégué permanent » 3. Non seulement ces documents n'existent pas, mais ils ne peuvent pas exister, puisque Frédéric II s'est inspiré d'Innocent III et que l'empereur a toujours marché d'accord avec Grégoire IX en ce qui touchait la répression de l'hérésie. Une autre objection est plus concluante encore. Frédéric II meurt en 1250; si l'Inquisition n'avait été fondée que pour arracher de ses mains le glaive spirituel, pourquoi lui a-t-elle survécu de six siècles et n'a-t-elle reçu ses plus grands développements qu'après sa mort?

4° L'Église n'a pas versé le sang; les peines qu'elle a infligées aux hérétiques sont bénignes ; c'est le bras séculier qui a sévi, malgré les appels de l'Église à sa clémence.

Cet argument apologétique date de loin ; il est condamné par les textes historiques de la manière la plus décisive; mais, pour le discuter utilement, il faut d'abord préciser ce qu'on entend, dans l'Église romaine, par l'horreur du sang.

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