‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 125 sur 198 · Bergier, Dict. de Théologie, s. v., p · texte numérisé non relu

Bergier, Dict. de Théologie, s. v., p

du sang, mais par quelques textes formels de la Bible comme celui d'Ezéchiel : « Je ne veux pas la mort du pécheur », par la parole de Jésus ordonnant à saint Pierre de remettre l'épée au fourreau, par le mot de Jésus défendant d'arracher l'ivraie avant la moisson'. Déjà saint Thomas d'Aquin, le premier théoricien de l'Inquisition, se tirait d'affaire en disant que les hérétiques sont livrés à la mort non par l'Église, mais par le bras séculier. Un de ses contemporains écrit : « Notre pape ne tue personne et il n'ordonne de tuer personne ; c'est la loi qui tue ceux que le pape permet de tuer, et ce sont eux-mêmes qui se tuent en faisant des choses pour lesquelles ils doivent être tués »\ Joseph de Maistre a repris cet argument, en y ajoutant celui de l'exhortation à la clémence, cette « fiction juridique » dont j'ai déjà dit un mot : « Séparons et distinguons bien exactement, dit le noble Savoyard, lorsque nous raisonnons sur l'Inquisition, la part du gouvernement de celle de l'Église. Tout ce que ce tribunal montre de sévère et d'effrayant, et la peine de mort surtout, appartient au gouvernement : c'est son affaire, c'est à lui et c'est à lui seul qu'il faut en demander compte. Toute la clémence, au contraire, qui joue un si grand rôle dans le tribunal de l'Inquisition, est l'action de l'Église, qui ne se mêle des supplices que pour les supprimer et les adoucir ». Et ailleurs : « Jamais le prêtre n'éleva d'échafaud, il y monte seulement comme martyr ou consolateur ; il ne prêche que miséricorde et clémence et, sur tous les points du globe, il n'a versé d'autre sang que le sien. » Passons de Joseph de Maistre, qui écrivait en 1815, à Mgr Douais, qui écrivait en 1906 3 : « L'Inquisition sépare l'hérétique du sein de l'Église, avec laquelle il a voulu rompre en retombant dans l'hérésie; mais elle ne veut pas sa mort ni même un supplice entraînant l'effusion du sang. C'est affaire au bras séculier... La sentence contenait toujours un appel à la modération du bras séculier. L'Inquisi-

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