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de la philosophie grecque; on n'excuse pas les holocaustes de l'Inquisition.
Comme l'Inquisition d'Espagne est la moins mal connue du public et qu'elle a duré presque jusqu'à nos jours, les apologistes en ont parlé de préférence et ont essayé de faire croire qu'elle était toute politique et non religieuse, qu'il fallait lui faire un sort à part. « Ne pensez pas, s'écriait M?r Frayssinous, que je vienne faire l'apologie de l'Inquisition d Espagne; mais je n'y vois qu'une institution locale et particulière, un tribunal dont il n'est pas permis de faire retomber sur l'Église universelle les excès qui ont pu le souiller »'. Pour démontrer qu'il n'en est. rien, que l'Inquisition d'Espagne est le produit du fanatisme de l'Eglise romaine, il suffirait de rappeler que deux papes ont félicité Torquemada de ses massacres, que les trois sectes qui se partageaient l'Espagne ont vécu en paix jusqu'au jour où les moines envoyés de Rome y ont allumé la guerre religieuse ; mais je me contente de traduire ces lignes significatives d'un historien catholique estimé, le professeur Funk' : « L'Inquisition d'Espagne a eu en première ligne et essentiellement un caractère ecclésiastique. Les empiétement du pouvoir séculier permettent tout
1. Frayssinous, Défense du christianisme, i. II, p. 275. Voir aussi Lacordaire, Vie de S. Dominique, 5e éd., p. 105 : « Entre ces deux tribunaux (les tribunaux civils et ceux de la péniteoce chrétienne), les papes voulureut-établir uu tribuual intermédiaire, un tribunal de juste milieu, uu tribunal qui pût pardonner, modifier la peine prononcée, engendrer le remords dans le criminel et faire suivre pas à pas le remords par la bonté; un tribunal qui changeât le supplice en pénitence, l'échafaud en éducation et n'abandonnât ses justiciables au bras fatal de la justice humaine qu'à la dernière extrémité; ce tribunal exécrable, c'est l'Inquisition, ?ion pas V Inquisition espagnole, corrompue par le despotisme des rois d'Espagne et le caractère particulier de cette nation, mais l'inquisition telle que les papes l'avaient conçue, telle qu'après beaucoup d'essais et d'efforts ils l'ont enfin réalisée, en 1542, dans la congrégation romaine du Saint-Office, le tribunal le plus doux qu'il y ait au monde, etc. ». Dans un ouvrage récent sur l'Inquisition (d'ailleurs mis à l'index), M. Th. de Cauzons nous a resservi la même doctrine sur la supériorité du tribunal de l'Inquisition, où il s'agissait de correction, non de vengeance, où les juges laissèrent « autant qu'ils le purent » parler leur cœur. L'abbé Vacandard estime que ces lignes paraîtront, à certains critiques « porter un caractère de franche apologétique » (Revue du clergé français, Ier sept. 1912, p. 590).