Funk, Kirchengeschichte, p
au plus d'en faire une institution mixte. L'assertion que l'Inquisition d'Espagne aurait été essentiellement politique ne supporte pas l'examen ».
Ainsi, sous quelque face que l'on envisage la question, dans quelque domaine que l'on étudie l'histoire de l'Inquisition, la responsabilité de l'Église apparaît tout entière et la tentative cent fois répétée des apologistes de faire retomber sur les pouvoirs séculiers le fardeau de tant de crimes tourne à la confusion de ceux qui nient l'évidence. Et je n'ai rien dit des horribles persécutions contre les prétendues sorcières, déchaînées par le pape Innocent VIII, qui, au moment même où renaissait l'esprit critique, donnait une consécration officielle à la croyance absurde que des hommes et surtout des femmes pouvaient faire un pacte avec Satan! Vers l'an 1500, l'inquisiteur Bernard de Corne affirmait la réalité des phénomènes de sorcellerie et ajoutait : « La preuve en est que les papes ont permis de brûler les sorcières, ce qu'ils n'auraient pas toléré si ces personnes n'avaient été réellement convaincues d'hérésies, car l'Église ne punit que les crimes avérés. »' Si un savant inquisiteur parlait de la sorte, que ne devaient penser les ignorants et les imbéciles ! Cent mille malheureuses brûlées vives, dans l'Allemagne seule, voilà le fruit de la crédulité féroce d'Innocent VIII !
Je passe à un nouvel ordre d'arguments. L'Église n'a pris aucune initiative qui ne fût bienfaisante ; c'est le peuple qui s'est soulevé d'abord contre les hérétiques ; en instituant des tribunaux réguliers pour les juger, l'Église a soustrait les innocents aux fureurs de la foule; l'Inquisition a canalisé la haine, elle n'a été sévère que par charité. — Cette thèse ingénieuse est celle du dominicain Lacordaire; elle a été reprise par Mgr Douais. Un excellent historien laïc, Luchaire, a fait honneur à Innocent III d'avoir « régularisé