Ibid., p
volume : « Prise en elle-même, dit-il plus loin1, et comparée à d'autres procédures, la procédure inquisitoriale se trouve être, pour les garanties d'équité, dans un état d'infériorité incontestable : le secret de l'enquête, l'instruction poursuivie en dehors du prévenu, l'absence de débats contradictoires, la torture, ce sont là des formes juridiques qui sentent vraiment le despotisme et la barbarie. » Et ailleurs2 : « La procédure inquisitoriale marque un recul sur la procédure criminelle en vigueur au moyen-âge. » Que ce recul soit le fait de l'Église, c'est ce que reconnaît M&r Douais luimême : a L'instruction ou enquête secrète, inquisitio, par opposition à l'information publique à la suite de l'accusation, n'a fait qu'assez tard son entrée dans la procédure : c'est des tribunaux ecclésiastiques qu'elle a passé dans les tribunaux civils'. » La cause est entendue; c'est l'Église qui a créé et propagé la procédure la plus inique qui ait jamais désolé le genre humain.
Un moyen de justification très répandu consiste à dire : « Tu en es un autre » ou « inquisiteur toi-même ». Les apologistes en ont beaucoup abusé. L'abbé Bergier écrivait, avant la Révolution française : « Nous félicitons volontiers les Français et les Allemands de n'avoir point ce tribunal chez eux; mais nous assurons hardiment que si les philosophes incrédules étaient les maîtres, ils établiraient une inquisition aussi rigoureuse que celle d'Espagne contre tous ceux qui conserveraient de l'attachement pour la religion ». C'est bien, en effet, ce qui arriva en 1793; les prêtres non assermentés furent persécutés par les mêmes moyens que Louis XIV avait employés contre les protestants et l'on put voir là une conséquence déplorable de l'éducation intolérante donnée à la France par l'Église et la monarchie catho-