Douais, p
lique. Aussitôt après la Restauration, M«r Frayssinous s'exprimait ainsi' : « Je voudrais savoir quelle secte a le droit de jeter ici la première pierre à ce tribunal! Chez les nations qui embrassèrent la Réforme, que d'édits sanglants portés contre les catholiques ! » Et l'orateur cite Servet, Arminius, Barnevelt. « Nous dirions à la secte incrédule du dernier siècle : Vous convient-il de reprocher à l'Espagne les anciens autodafé, à vous dont les principes et la conduite devaient amener une inquisition capable de faire en trois ans plus de victimes que n'en ont pu faire en trois siècles toutes les Inquisitions de la domination espagnole ! » Il est presque inutile de relever cette exagération ridicule du nombre des victimes de la Révolution; mais je n'attache d'importance qu'à l'argument. — « L'exécution des hérétiques, dit Funks, ne fut pas une innovation de l'Inquisition; elle était en usage depuis longtemps, en Orient comme en Occident : elle se prolongea au-delà du moyen-âge, môme dans le monde protestant ». On fait même honneur à l'Église de n'avoir immolé que des hérétiques, et non des infidèles, oubliant que la société chrétienne avait besoin de l'activité commerciale des Juifs et que des massacres légaux de Musulmans en Espagne auraient provoqué des représailles terribles contre les chrétiens soumis au Grand Turc. « Si l'Église, écrit le R. P. Lagrange3, a jugé à propos de réduire certains hérétiques par la force, elle n'a jamais admis qu'on imposât la foi aux infidèles, comme l'ont fait régulièrement les Asmonéens, qui ne donnaient aux vaincus que le choix entre la circoncision et la mort. » Pourquoi le P. Lagrange ne remonte-t-il pas jusqu'à Josué? En ce qui concerne les Juifs, il n'est pas douteux qu'ils ont donné au monde l'exemple de cette intolérance religieuse qui s'est ensuite retournée si cruellement contre eux. En ce qui concerne les persécuteurs protestants ou soi disant philosophes, il est évident qu'ils ont suivi de détestables maximes, mais que ces maximes leur
1. Frayssinous, Défense du christianisme, t. 11, p. 181, 282.