‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 140 sur 198 · Revue archéol., 1907, II, p · texte numérisé non relu

Revue archéol., 1907, II, p

a vu une obscénité raffinée dans un texte où il est simplement question de l'aversion superstitieuse des Cathares pour la chair de certains animaux.

Ce que je viens de dire suffit à réfuter les allégations de M. Guiraud et d'autres apologistes qui ont insisté sur ce qu'on appelle « les théories anticatholiques, antipatriotiques et antisociale » des Cathares'. « La répression, dit M. Guiraud 2, était une mesure de défense sociale autant que religieuse ». Et cependant le même auteur concède que « par une heureuse inconséquence, les Albigeois admettaient la plupart des devoirs individuels qu'impose la morale chrétienne 3 ». Tout en observant que les doctrines cathares ne nous sont guère connues que par leurs persécuteurs ou « des aveux arrachés par la torture » *, le même professeur conclut qu'il est impossible de ne pas imputer à leurs enseignements « un caractère immoral et antisocial. » C'est exactement ce que les païens, aux trois premiers siècles de l'Empire, ont dit du christianisme qu'ils connaissaient mal. D'ailleurs, on doit objecter aux apologistes qui usent de cet argument le silence absolu, ininterrompu de l'Église. Jamais elle n'a dénoncé le caractère antisocial du Catharisme — on lui aurait répondu en alléguant ses armées de moines — mais seulement sa tendance anticatholique. L'Église aurait eu cependant beau jeu à présenter ses adversaires, à l'exemple des païens diffamant le christianisme, comme les ennemis du genre humain. En second lieu, suivant la remarque de M. Vacandard lui-même s, Frédéric II, Grégoire IX et S. Thomas sont d'accord pour ne point faire un sort à part aux Cathares, mais pour placer toutes les hérésies sur le même plan. Les inquisiteurs étaient si bien de leur avis qu'ils poursuivaient jusqu'après leur mort, en les faisant exhumer et brûler, des hérétiques qui, étant morts, ne pouvaient plus

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