‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 143 sur 198 · Cor., 5, 3a · texte numérisé non relu

Cor., 5, 3a

tion spirituelle; mais livrer un hérétique à Satan pour la destruction de sa chair, c'est tout autre chose que l'excommunier : c'est l'envoûter, c'est le rendre malade, l'affliger d'une infirmité douloureuse par un procédé magique. Les critiques libéraux l'ont reconnu : il s'agit, comme dit Schmiedel, d'un « miracle punitif », d'un Strafwunder; il s'agit, dit Deissmann1, d'un appel aux mauvais esprits, que les païens invoquent contre leurs ennemis en plaçant des tablettes chargées d'imprécations dans les tombes. Saint Paul magicien ! Saint Paul envoûteur ! Saint Paul invoquant le démon contre les hérétiques ! Voilà bien le premier inquisiteur chrétien, mais qui, ne disposant pas du bras séculier, a recours à des procédés de magie noire que les inquisiteurs catholiques du xve siècle eussent pour le moins punis du cachot.

La colère de saint Paul contre Hyménée et Alexandre a servi d'exemple à ses successeurs. « Je m'étonne, écrit saint Jérôme, qu'un évêque, dans la paroisse duquel Vigilance passe pour exercer la prêtrise, se fasse le complice de sa folie; je m'étonne qu'il ne brise pas ce vase inutile de sa verge apostolique et de sa verge de fer, pour le livrer à la destruction charnelle, afin que son esprit soit sauvé*. »

Notez que saint Jérôme, l'ami et le directeur de belles dames romaines, était un homme sévère pour lui-même et doux pour les autres ; admirez à quelle férocité il se dégrade quand la haine théologique a mordu son cœur !

Nous avons vu qu'aucun système d'apologie ne lient debout, que les arguments des apologistes s'entre-détruisent et que le recours aux textes historiques les plus certains en démontre, à qui sait lire, la vanité. Ce qui n'est pas vain, ce qui demeure, ce qui est fondé sur les textes et la tradition,

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