‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 144 sur 198 · Hieron., Epist · texte numérisé non relu

Hieron., Epist

c'est la prétention de l'Église romaine, qui se dit une société parfaite, de gouverner les esprits par la terreur et de les dompter, quand il le faut, par des sévices. Cela est parfaitement logique, à tel point que l'Inquisition, avec son funèbre cortège, nous apparaît non point comme un épisode inexpliqué, un accident dans l'histoire de l'Église, mais comme le fruit le plus naturel de son génie. Toute tentative d'apologie devient dès lors inutile : on n'excuse pas un pommier de produire des pommes, ni la belladone de sécréter du poison.

En quoi le génie du catholicisme difïère-t-il donc de celui des religions antiques, à qui l'on peut dire, malgré quelques cas isolés d'intolérance, que l'esprit de persécution était étranger? Un savant dominicain, le R. P. Lagrange, va nous l'apprendre ' : « Si les religions païennes ont été généralement accueillantes les unes pour les autres, c'est qu'aucune d'elles n'était bien sûre de son affaire... Ceux qui croient à la multiplicité des dieux n'en sont pas à compter quelquesuns déplus... Quant à l'Eglise, si elle s'est montrée sévère, quelquefois dure dans la répression de l'hérésie, c'est parce qu'elle se croyait seule en possession de la vérité nécessaire au salut de ses enfants. »

C'est bien cette prétention qui explique tout, d'où découlent tous les crimes de l'Inquisition d'église comme ceux des inquisiteurs laïcs qu'on a vus depuis à l'œuvre. Assurément, des motifs plus bas, comme l'appétit du bien d'autrui, ont pu contribuer à rendre l'intolérance plus agressive, l'exercice du pouvoir coercitif plus impitoyable; mais la cause réelle, la vraie source du mal, c'est la prétention à l'infaillibilité, dont le concile de 1870 a fait un dogme au profit du pape, mais que l'Église, en tant qu'Église, a toujours revendiquée pour elle, comme un bienfait de l'inspiration divine dont elle se prévaut.

Le jour viendra où l'on se demandera avec étonnement comment une Église, dont les forfaits, les faux, les dépré-

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