Th. Reiuacb, lieu, des Études grecques, 1896, p
pas réduit les proportions de la statue et de la colonne dans une mesure très notable, sachant bien que son client ne s'en plaindrait pas. Aurait-on voulu qu'il figurât, sur le champ de son vase, un donateur presque invisible aux pieds d'une grande statue?1 A mes yeux, le fait seul que la statue paraît en plein air, juchée sur une colonne, prouve qu'elle était en bronze et tout au moins de grandeur naturelle; on n'exposait pas ainsi des statuettes, et je ne pense pas non plus qu'ont eût abandonné aux intempéries une statue en marbre d'Athéna, nécessairement polychrome. Les Korai de l'Acropole ont dû être protégées elles-mêmes autrement que par le parasol (iat}viom5ç), qui devait surtout les défendre contre la fiente des oiseaux2.
Avec presque tous les historiens de l'art, j'ai attribué à Ilégias, dans ce qui précède, une statue en bronze d'Athéna. Cette attribution se fonde sur deux passages de Pline. D'abord, au livre XXXIV (3 49), il énumère rapidement Hégias, à côté d'Alcamène, de Kritios et de Nésiotès, parmi les sculpteurs en bronze; la date qu'il donne (vers 445) est certainement trop basse, mais l'association du nom d'Hégias avec ceux des auteurs du groupe des Tyrannicides (476) est suffisante pour corriger l'erreur». Puis, au £ 78 du même livre, on lit : Ilcy'ue Minerva Pi/rrhitsque rex laudatur et celetizuntes pueri et Castor ac Pollaxante xdem Iovis Torumtis*. Brunn a fait observer il y a longtemps que le Pi/rrhus rex
1. Un céramiste athénien n'aurait pas eu recours à un expédient si puéril s'il lui avait pris fantaisie de représenter un Athénien aux pieds de l'Athéua Prornachos. Qu'on prenne donc la peine de voir combien est rapetissé, sur toutes les œuvres des arts plastiques, le cheval de Troie, instar rnontis equus!
2. Mon opinion a été contestée par M. Lechat {Revue des Études anciennes, 1908, p. 161 et suiv.). Il est certain que nous attachons aujourd'hui aux restes de polychromie sur les sculptures antiques une tout autre valeur que les Grecs eux-mêmes. Pourtant, il me semble évii'eut que, ceteris paiibus, ils devaient plus volontiers exposer à l'air et à la pluie des bronzes que des marbres.