‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 164 sur 198 · Bouchot, Le Cabinet des Estampes, p. vi · texte numérisé non relu

Bouchot, Le Cabinet des Estampes, p. vi

3. F. Courboin, Inventaire des dessins, photographies et gravures, etc., Lille, 1895.

Les notices manuscrites éparses sur ces trois feuilles m'apprenaient que la grande statue avait été découverte à Baalbek par Joyau, mais ne me fournissaient aucune indication sur ses destinées ultérieures. Je me mis donc en campagne pour compléter ces renseignements

L'architecte Joyau, pensionnaire de la villa Médicis, avait entrepris, en 1865, de relever l'état actuel des édifices de

Fig. 1. — Statue découverte à Baalbek. Dessin de Joyau (Recueil Armand).

Baalbek et d'en essayer la restitution. La maladie, me dit son ancien camarade, M. Moyaux, aujourd'hui membre de l'Académie des Beaux-Arts, l'empêcha de donner suite à la seconde partie de son projet; il se contenta de soumettre à l'Institut des états actuels, sans aucun mémoire explicatif. Ces documents sont conservés à la bibliothèque de l'École des Beaux-Arts, qui possède aussi de nombreuses aquarelles de sa main. Le plan de Baalbek, dressé par Joyau, a été publié, à l'article Baalbek, dans le Dictionnaire de la Bible,

ouvrage en cours d'impression sous la direction de M. l'abbé Vigouroux. J'ajoute que Waddington, dans ses Inscriptions de la Syrie, a pu tirer parti de quelques estampages faits par Joyau à Baalbek et communiqués par ce dernier à C. de Saulcy '.

Je savais qu'un autre pensionnaire de la Villa Médicis, M. Redon, avait repris, en 1889, les études de Joyau et adressé à l'Institut une restitution des édifices de Baalbek, dont une photographie d'ensemble a paru en 1890 dans la Revue Y Ami des Monuments'- . M. Redon étant architecte du Louvre, j'allai l'interroger sur la statue dont j'avais trouvé la photographie dans le recueil dArmand. Il me répondit qu il n'avait rien vu de tel à Baalbek, mais qu'il connaissait une photographie reproduisant une statue assise analogue et qu'il avait acheté cette photographie à Beyrouth.

Guidé par cette indication, je me procurai aisément une épreuve du cliché en question, qui porte la signature du photographe-éditeur Bonfils et la légende : « 474. Statue à Baalbek ». Cette photographie d'ensemble est différente de celle qui figure sur la pi. 10 du recueil d'Armand, ayant été prise sous un autre angle : mais elle reproduit, sans contestation possible, la même œuvre d'art. Toutefois, la tête diadémée qui, sur le dessin de Joyau, surmonte le corps du sphinx à gauche du trône, ne paraît pas sur la photographie de Bonfils (fig. 2).

J'eus alors l'idée de consulter la Syrie d'aujourd'hui de M. Lortet, dont le chapitre relatif à Baalbek a paru en 1882 dans le Tour du Mo?ide* et j'y trouvai une allusion brève, mais suffisamment précise, à la découverte de la statue qui m'occupait :

« Il est certain que des fouilles bien dirigées dans cette partie de l'acropole (celle où l'on voit « un magnifique souterrain de construction romaine ») donneraient les plus grands

1. Waddington, Inscriptions de Syrie, n08 1881, 1886 a. — Cf., sur d'autres travaux de Joyau, Radet, Histoire de l'École française d'Athènes, p. 143, 248.

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