‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 19 sur 198 · Plut., Conv. sept, sap · texte numérisé non relu

Plut., Conv. sept, sap

sible aux sons de la lyre', alors que la lyre d'Orphée avait charmé tous les autres animaux; il y avait un dicton Svoç Xùpaq à/.cJwv, pour signifier un rustre complet, un bélître. C'est, disait-on, comme ennemi des Muses et de la musique que l'âne était immolé à Apollon. Plus tard, la rivalité de la cithare et de la flûte, sans doute aussi celle de la Grèce et de l'Asie, donna naissance à l'idée d'une lutte musicale, lorsque l'âne Marsyasse fat humanisé en un Silène. Je ne voudrais pas attacher d'importance au rythme binaire du braiement de l'âne, qui pouvait être comparé, par un partisan intolérant de la cithare, aux sons orgiastiques des doubles flûtes, ni au fait, attesté par Pline, que les os d'âne servaient à la fabrication des flûtes2. Une thèse logiquement déduite comme la mienne ne doit pas être compromise par des hypothèses. Retenons donc ceci : l'âne est immolé à Apollon en vertu d'un vieil usage religieux; on explique la colère du dieu par le caractère antimusical de l'âne; à l'âne succède le Silène qui fait partie du cortège de la Mère des dieux 3, où l'instrument par excellence est la flûte, où l'âne intervient, jusqu'à la fin de l'antiquité, comme porteur des objets du culte v. Si donc le Silène aulète est immolé à Apollon citharède, c'est que la cithare d'Apollon l'a emporté sur la flûte de Marsyas. Les polémiques athéniennes sur la valeur relative de la cithare et de la flûte 3 ont exploité le mythe, mais ne l'ont certainement pas créé.

L'étude d'une légende doit se terminer toujours par un essai d'étymologie. Personne ne connaît la langue phrygienne, ni celle de la contrée d'Asie où vinrent s'établir les Bryges ; mais il est certain que bien des mots de ces langues

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