‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 26 sur 198 · Diod., V, 56 et Roscher, loc. laudi · texte numérisé non relu

Diod., V, 56 et Roscher, loc. laudi

Qu'on me permette, en terminant ce petit mémoire, de dire publiquement ici ce que j'ai déjà eu l'occasion d'écrire à plus d'un savant, en particulier à cet excellent Albert Dieterich, mort si prématurément, au mois de mai 1908, à Heidelberg. Les explications que je propose depuis plusieurs années des mythes des héros souffrants sont, ou bien d'effroyables inepties {furcht.barer Unsinn, comme on dit en Allemagne), ou des découvertes d'un certain prix; si ce sont des inepties, qu'on les réfute; si ce sont des découvertes, qu'on veuille bien les reconnaître pour telles, 11 est trop commode de traiter ces hypothèses « d'ingénieuses », et je suis si fatigué d'entendre ou de lire ce mot que celui de stupide me plairait davantage, s'il était appuyé de raisons '.

1. Je réimprime cette phrase, qui est encore vraie (1912). Mais peut-être mes mémoires font-ils quelquefois des conversions. Ainsi, rendant compte du tome II du Manuel d'archéologie préhistorique de M. Déchelette, dans sa Revue d'histoire et de littérature religieuse (1912, p. 186), M. Alfred Loisy combat l'interprétation proposée par ce savant des chariots solaires (comme celui de Seeland, mentionné ci-dessus p. 47) et ajoute : « Bien difficile de dire si ces petits chariots solaires servaient à honorer le soleil, à lui rendre un culte proprement religieux, ou n'étaient pas plutôt des objets servant à des rites magiques ayant pour but d'aider, stimuler, renforcer le soleil dans sa course, comme ces quadriges que, chaque année à Rhodes, on précipitait à la mer ». Il est impossible de mieux résumer la thèse principale de l'article qu'on vient de lire, publié en 1908; il ne manque qu'une référence à cet article.

Clelia et Epona

Les scolies vénitiennes de Y Iliade*, Suidas3 et Codinus * ont conservé le souvenir d'une statue équestre très archaïque. Ces textes nous apprennent qu'Énée, quand il débarqua sur la côte italienne à Laurente, sauta sur le premier cheval qu'il y aperçut; en mémoire de cette rencontre, il voua une image équestre à sa mère Aphrodite5. Cela signifie et cela prouve qu'il existait à Laurente une très ancienne statue représentant une femme à cheval, où les ciceroni reconnaissaient une Aphrodite équestre dédiée par Énée plus de quatre siècles avant la première olympiade. Bien entendu, il ne pouvait alors être question d'une Aphrodite ephippos ; d'ailleurs, si Enée avait réellement abordé en Italie au xne siècle, ce que pas un critique ne voudrait concéder aujourd'hui, il n'aurait pu monter à cheval, puisque l'équitation était encore inconnue aux temps homériques, tant des Troyens que des Grecs. Abstraction faite de la légende, qui n'a aucune valeur, il reste la statue qui lui a donné naissance et qui mérite de retenir notre attention.

L'image dont il s'agit devait être très grossière, sans quoi

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