Codinus, Orig. ConstanLinop., p
5. Voici le texte de Codinus [ap. Banduri, Imp. Orient., t. I, p. 125-6) : nXaTTouffi xai auTTiv eçnntov, Stt Aîveiaç 6 ulbç aût/jç uXcOcraç [isypt t?,? Sucteox;, u.ETa toOto t'Ttira) èu£êr(, xcù ttjv a/)T£pa ÈTifiriacuo toioutm àyâXjiaxt. Dans le même paragraphe, Codinus parle d'une statue romaine de Vénus portant un peigne et raconte, à ce sujet, une histoire ridicule; mais cette statue n'a rien à voir avec l'Aphrodite équestre et M. Bernoulli a fait erreur en les confondant (Aphrodite, p. 412). Non moins erroné est son renvoi à Servius (ad Aen., I, 720), qui mentionne en passant la Venus equestris, mais non une statue de cette divinité.
CLELIA ET EPONA 55
l'on n'aurait pas songé à l'attribuer à l'époque d'Enée. Mais comment les ciceroni savaient-ils que cette image était féminine? Une statue aussi archaïque devait nécessairement être vêtue; les formes féminines du corps, seins et hanches, qui ne sont pas marquées avec insistance dans l'art grec avant le ive siècle et ne le sont presque pas dans l'art primitif, ne pouvaient être indiquées suffisamment pour permettre de reconnaître le sexe. Il suit de là que la figure de Laurente trahissait son sexe par son attitude ; elle devait donc être assise non à califourchon, iceptôdc&rjv, mais de côté, /.axà ^Xeupav1, c'est-à-dire à la mode des femmes, muliebriter9', mode qui doit être aussi ancienne que l'équitation ellemême, par des motifs d'hygiène et de convenance.
Une autre statue du même type et non moins primitive d'aspect existait à Rome. C'était une image exposée en plein air, au point culminant de la Voie Sacrée, in summa sacra via, du côté du Palatin. Les uns y reconnaissaient la vierge romaine Glélie, d'autres sa compagne Valérie, fille de Publicola 3. Denys d'Halicarnasse dit formellement qu'elle n'existait plus de son temps, ayant péri dans un incendie qui prit à des constructions voisines '; on a toutefois supposé qu'elle avait été rétablie ou remplacée au Ier siècle '.
Suivant la légende que Tive Live et Plutarque ont popularisée 6, la vierge romaine Clélie avait été livrée en otage avec d'autres à Porsenna, chef des Etrusques (407); elle s'échappa, traversa le Tibre et revint à Rome. Les Romains, ne voulant pas manquer à la foi jurée, la rendirent à Porsenna; celui-ci, admirant le courage de la jeune fille, la traita avecgrande estime et lui offrit un cheval richement harnaché. On croyait généralement qu'elle s'était échappée