‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 37 sur 198 · Sylvain Lévi, Revue des Études grecques, 1891, p · texte numérisé non relu

Sylvain Lévi, Revue des Études grecques, 1891, p

7. Chaatepie de la Saussaye, Manuel d'histoire des religions, trad. fr. p. 364.

(ÎLELIA ET El'ONA

type plastique du kouros qui fut imité par les sculpteurs jaïnistes. Deux hypothèses sont possibles : ou bien, dès cette

époque, une statue d'homme nu, d'athlète ou d'Apollon, fut transportée d'Ionie en Inde et y servit de modèle à des statues de bois avant

Fig. 9. — Lion en ivoire, analogue aux figures de lions de l'Extrême-Orient, découvert à Éphèse. (Hogarth, Excavations in Ephesus, pi. 21.)

d'être copiée en pierre; ou bien, lorsque la sculpture en pierre commença en Inde, après l'ère chrétienne, on chercha, dans ce pays comme en Gaule, à se procurer des modèles remontant aux

Fig. 8. — Ivoire archaïque découvert à Éphèse ; prêtre grec (?). (Hogarth, Excavations in Ephesus, pi. 21.)

Fig. 10-13. — « Apollons » archaïques du Ptoïon, de Keratea, de Théra et d'Orchomène.

plus anciennes périodes de l'art, parce qu'on les préférait à

IIS CLKLIA Et EPONA

des modèles plus récents en raison même de leur aspect hiératique. Dans le cas de l'art jaïniste, on pourrait supposer que les sculpteurs des tirthankaras ont intentionnellement choisi des sculptures qu'ils savaient contemporaines, ou peu s'en faut, des débuts mêmes de leur secte '.

Pour en revenir à Épona, je crois que ce type d'écuyère fut imité, très peu de temps après le début de notre ère, soit de la vieille Clélia de Rome, in summa sacra via — à supposer qu'elle y existât encore — soit de quelque image analogue, comme celle de Laurente, et que la Clélia, non moins que les Kponas gauloises, se rattache étroitement à la figurine en terre cuite du vne siècle exhumée à Lusoi. Toutes ces figures reconnaissent comme ancêtre commun une idole autrefois célèbre d'une déesse chevaline, d'une déesse équestre, conservée dans quelque vieux sanctuaire arcadien.

1. M. Arthur Evans m'apprend qu'une gemme destyle insulaire a été découverte en Inde. Dès 1883, Milchhoefcr rapprochait avec raison de la déesse à tête de cheval honorée en Arcadie des représentations analogues sur des reliefs indous bien postérieurs. Seulement, là où Milcbhoefer reconnaissait une influence préhistorique de l'Inde sur la Grèce, il faut, au contraire, voir les traces d'une influeucede la Grèce archaïque (y compris la côte de l'Asie Mineure) sur l'Inde. J'ai montré que la même influence s'est exercée sur la Russie méridionale et, delà, sur la Sibérie et sur la Chine [La représentation du galop, 1901).

La Divination à Rome et l'exil d'Ovide1,

Dans la dixième élégie du quatrième livre des Tristes, Ovide raconte l'histoire de sa vie, de ses études, de ses longs succès, de ses malheurs. « Je venais d'avoir cinquante ans, dit-il, lorsque la colère de l'empereur offensé me condamna au séjour de Tomes, sur la rive occidentale du Pont-Euxin. »

Citons le texte des vers suivants :

Causa meae, cunctis nimium quoque nota, ruinae

Jndicio non est testificanda meo.

Quid referam comitumque nef as famulosque nocentes ?

Ipsd multa tuti non leviora fugâ.

Jndignata malts mens est succumbere, seque

Praestitit invictamviribus usa suis*.

Le sens littéral ne fait pas difficulté : « La cause de ma perte, trop connue de tous, ne doit pas être indiquée par mon témoignage. Pourquoi raconter l'indignité (nef as) de mes compagnons, la malice de mes serviteurs ? J'ai passé par bien des épreuves non moins cruelles que l'exil lui-même. Mais mon âme refusa de succomber à ces maux et, rappelant toutes ses forces, sut se montrer invaincue. »

Les deux vers sur les compagnons et les serviteurs d'Ovide me paraissent avoir été généralement mal compris. La question est d'autant plus importante qu'on allègue ce

1. [Mémoire lu à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres dans la séance du 9 septembre 1910 {Revue de Philologie, 1910, p. 342-349).]

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