‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 40 sur 198 · Ed. Lemaire, t. VII, p · texte numérisé non relu

Ed. Lemaire, t. VII, p

ailleurs : comités bellique fugaeque, dit Pompée aux sénateurs qui l'avaient suivi, après Pharsale, jusque sur la côte de Gilicie'.

Ainsi, pour dire les choses sans périphrases poétiques, Ovide, sur le chemin de l'exil, eut l'ennui d'être volé par ses serviteurs. Ce point acquis, on comprend à merveille l'enchaînement des idées dans les vers que j'ai cités plus haut. Ovide est condamné par l'empereur à partir pour Tomes (un distique). Il ne doit pas indiquer la cause trop connue de sa disgrâce (un distique). Ses amis l'ont abandonné, ses serviteurs se sont montrés malfaisants et il a souffert des maux pires que sa fuite même (un distique). Pourtant, son âme s'est affermie contre les malheurs et en a triomphé (un distique). On voit qu'il ne reste rien de l'explication ordinaire qui veut compléter par le témoignage d'Ovide sur l'indignité de ses amis et de ses serviteurs le peu qu'il dit, en manière de prétention, sur la cause de son exil. J'ajoute que si l'on avait besoin d'un argument de plus à l'appui de l'opinion que je soutiens, on le trouverait dans l'épithète nocentes. Ovide est un écrivain excellent, même en exil, et n'emploie pas d'épithètes déplacées. Un serviteur qui dépouille son maître fugitif peut à bon droit être qualifié de nocens, malfaisant ; mais s'il avait simplement bavardé hors de propos, Ovide l'aurait qualifié de loquax. Les mots famulosque loquaces auraient parfaitement terminé le vers.

L'hypothèse de Boissier sur la cause secrète de l'exil d'Ovide n'est pas moins inadmissible que toutes celles où l'on met en cause soit les mœurs d'Auguste, soit les mœurs d'une princesse de sa famille. Ovide, dont les vers écrits à Tomes étaient lus à Rome et y parvenaient sans difficulté, avec les cachets mêmes dont il munissait ses lettres', n'au-

i. Pharsale, VIII, 262.

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