‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 43 sur 198 · Tacite, Annales, III · texte numérisé non relu

Tacite, Annales, III

de l'empereur ou d'un membre de sa famille devint un crime de lèse-majesté, passible des plus sévères châtiments*. Au cas où mon hypothèse sur l'exil d'Ovide serait la bonne, on comprendrait qu'Auguste ait interdit les consultations de ce genre; on comprendrait surtout que Tibère, directement mis en cause par le scandale de l'an 8*, ait pris des mesures rigoureuses pour en éviter le retour et pour assurer la punition de ceux qui solliciteraient du ciel, à l'avenir, des indiscrétions de nature à troubler la paix publique (16 ap.

Les textes d'Ovide sur sa faute, allusions mêlées de réticences, sont comparables aux mailles d'un filet qui doivent arrêter au passage toutes les hypothèses contraires à la réalité des faits.

Je crois — mais d'autres l'ont cru avant moi, et c'est un avertissement dont je tiens compte — que mon explication répond suffisamment à tout ce que dit et implique Ovide, qu'elle s'accommode également de ce qu'il tait et s'accorde avec un fait historique qui s'est produit la même année, le bannissement de la seconde Julie*. « Quand donc finira-t-on, écrivait en 1901 M. Ehwald, le meilleur connaisseur des œuvres d'Ovide en Allemagne, de reprendre sans cesse à nouveau ces choses impossibles à éclaircir, d'augmenter le nombre des combinaisons nouvelles, non moins indémontrables que les précédentes5? » Alors même que ce pessimisme serait justifié, l'attrait des mystères historiques est plus fort que toute défense d'y toucher; il provoque une curiosité presque passionnée dont on peut dire avec unepoé-

1. Paull., V, 21 (P. F. Girard, Textes de droit rom., 3° éd., p. 422 : Qui de salute principis vet de summd reipublicae mathematicos hariolos haruspices vaticinatores consulil, cum eo, qui responderit, capite puniatur); cf. les art. Maiestas dans Pauly (t. IV, p. 1455) et dans le Dict. des antiq. de Saglio.

2. Date qui semble absolument certaine depuis le mémoire de Graeber (1881). Ovide partit pour l'exil au mois de décembre.

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