‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 51 sur 198 · Voir les preuves daus Sainlyves, Les saints, p. 15j · texte numérisé non relu

Voir les preuves daus Sainlyves, Les saints, p. 15j

2. Je crois que l'on pourrait chercher dans la même voie l'explication de la légende du transfert de la Santa Casa de Lorette, si bien étudiée, au point de vue historique, par M. l'abbé Ulysse Chevalier (1906). 11 suffit de postuler un bas-relief ou une peinture représentant des anges qui portent à travers les airs, pour le confier à quelque prince ou évêque, le modèle d'une église avec l'inscription suivante : 7). 0. M. fteatae Muriae. Les trois lettres D. 0. M. (Deo Optimo Maximo) ont pu être lues Dom (us), c'est-à-dire « maison ». Une inscription analogue figure sur le portail de la Madeleine à Paris et je me souviens parfaitement qu'étant enfant j'ai toujours interprété les trois premières lettres par Domus. Reste à savoir si la dédicace D. 0. M. était usitée au xvc siècle; je n'en ai pas noté d'exemple jusqu'à ce jour.

Le Rire rituel1.

Plutarque, dans un ouvrage que nous n'avons plus, avait décrit la fête des Daedala à Platées en Béotie ; cette description nous a été conservée par l'historien de l'Église Eusèbe *. Comme Plutarque était béotien lui-même, on peut l'en croire. Voici ce qu'il raconte :

Héra boudait Zeus, à cause de quelque différend survenu entre eux, et se tenait cachée dans la montagne. Alors un prince du pays suggéra une ruse au dieu pour reconquérir les bonnes grâces de son épouse. Sur ses conseils, un chêne fut abattu et le tronc façonné en figure de femme ; les anciens qualifiaient de dseiala ces images de style rustique que l'on taillait ainsi dans le bois. Celle-ci fut revêtue des longs voiles d'une fiancée. On prépara le bain nuptial, le banquet; l'air résonna du son des flûtes et du chant de l'hyménée. Héra, pensant que son époux allait convoler en de nouvelles noces, ne put contenir sa jalousie; elle descendit en courant du Cithéron, suivie des femmes de Platées. Bientôt, ayant découvert la ruse, elle marqua sa joie d'un éclat de rire3 et voulut elle-même conduire la fiancée. Elle rendit des honneurs à la statue et, d'après elle, qualifia la fête de Dœdala; mais peu après, sa jalousie s'étant réveillée, elle détruisit l'image par le feu.

Pausanias dit en substance la même chose, mais ajoute quelques détails intéressants1. La statue de bois, voilée, était posée sur un char attelé de bœufs ; Héra s'approche du char,

1. [Revue de l'Université de Bruxelles, mai 1911, p. b8o-502.]

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