Pausanias, IX, 3 (édit. Frazer, t. V, p. 19 sq
HO LE IîlHE HITUEL
déchire les vêlements de la fiancée et reconnaît la fraude, après quoi elle se réconcilie avec Zens.
Nous avons ici évidemment, dissimulée sous une légende explicative, la description d'un vieux rituel que l'on observait encore en Béotie du temps de Plutarque. A un certain moment de l'année, on plaçait sur un char attelé de bœufs une statue de bois parée comme une fiancée ; le char s'ébranlait au milieu des chants et de la musique; la prêtresse d'Héra, suivie des femmes platéennes, descendait de la montagne vers le char, écartait le voile de la statue, éclatait de rire, puis prenait elle-même la tête du cortège, probablement en montant sur le char, et, la cérémonie terminée, brûlait ou faisait brûler la statue.
De Zeus, dans ce rituel,, il n'est pas question ; c'est qu'il n'y figurait pas. La mise en scène, que les anciens ne comprenaient plus, représente le retour à la vie d'une déesse de la végétation. Elle est supposée absente, parce qu'elle est irritée, exactement comme la Déméter d'Eleusis affligée par l'enlèvement de sa fille1. A Platées, cette déesse est nommé Héra; dans le centre primitif du culte d'Héra, à Argos, les épis sont appelés « fleurs d'Héra » 2, ce qui suffit à prouver que la déesse personnifiait la fécondité du sol. Lorsque la prêtresse, qui déchire le voile de la statue, éclate de rire, c'est la déesse elle-même qui renaît subitement à la vie. La combustion finale de la statue, image de la déesse endormie ou morte, est un rite dont on connaît de nombreux exemples; ainsi, en Sicile, dans le culte de Perscphone, on promenait une image en bois de la déesse et on la brûlait le quarantième jour3.
Le mariage de la déesse et du dieu, ce que nous appelons, d'après les Grecs, Y hicroyamic , était généralement le second acte des drames sacrés qu'on célébrait pour servir d'exemple