‹ Cultes, mythes et religions (volume 2)Chapitre 53 sur 198 · Voir Frazer, Golden Bough, t. I, p · texte numérisé non relu

Voir Frazer, Golden Bough, t. I, p

2. Fragm. Hisl. Graec, t. II, p. 30; Farnell, Cutis, t. I, p. 179.

3. Firmicus Materuus, De errore relig., 27; cf. Frazer, ibid.,t.\, p. 226, qui cite beaucoup de cas où la promenade divine se termine par la combustion ou l'immersion de l'image.

LE RIRE RITUEL lli

aux forces naturelles et en stimuler magiquement les énergies. Ainsi, à Eleusis, l'hiérophante et la prêtresse accomplissaient, dans une retraite obscure, l'union du dieuetde ladéesse dont ils jouaient le rôle '. A Athènes, la femme de l'archonte roi épousait chaque année, à la fête des Antesthéries, le prêtre de Dionysos, et Aristote désigne même l'édifice public où se consommait leur mariage \ Il est probable que le prêtre de Zeus intervenait de même à Platées, au terme de la fête, pour achever la réconciliation commencée sur la route; mais, dans les textes de Pausanias et de Plutarque, il n'en est pas question. Ces auteurs se bornent à décrire le cortège nuptial et la substitution, au cours de cette procession, d'une fiancée pleine de vie à l'image de bois.

Le trait sur lequel je veux insister est le rire de la prêtresse qui, dans le rituel de Platées, représente Héra. Les anciens expliquent ce rire par la joie enfantine que cause la découverte d'une plaisanterie innocente et par l'agréable émotion d'une jalousie subitement dissipée; mais cette plaisanterie, cette jalousie même sont autant de fictions des exégètes, non moins que le second accès de jalousie d'Héra, s'acharnant sur l'image et la faisant disparaître par le feu. En réalité, le rire de la déesse signifie ici le retour à la vie ; ne parlonsnous pas, aujourd'hui encore, des premiers sourires du printemps? Bien plus, un de nos poètes a parlé du rire, le sourire ne lui suffisant pas :

Tandis qu'à leurs œuvres perverses Les hommes courent, haletants, Mars qui rit, malgré les averses, Prépare en secret le printemps...

dit Théophile Gautier. Le rire ne marque pas seulement la vie, mais l'intensité, la plénitude de la vie; c'est pourquoi Homère parle du rire de la terre verdoyante 3 et aussi du rire

1. Asterius, 'Eyxwfjnov, p. 1136; cf. Farnell, Cuits, t. II, p. 69.

2. Aristote, Resp. Athen., III, 5 : xrjç toO ficLGilziaç Yuva,x°S "h au[j.|xi|t; ÊvTocûôa ycveTOU tô> Acovu<to> xot o yâ.\Los. Cf. [Dera.], c. Neaer., c. 75, p. 1371. Voir Frazer, Golden Bough, t. I, p. 229.

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