Servius, ad. Bucol., IV
5. KotXta, Hesychius, s. v. ; cf. Crusius, Unlersuchungen su Herondas, p. 129. La preuve qu'il s'agit bien de xeuXîa =: venter est fournie par l'histoire de la Lacédémonienne dans Plutarque [Mor., p. 241 b) : àvaTupaalw] xx\
à leur tour, en rompant le jeûne, comme pour en recevoir une nouvelle vie '.
L'histoire de Déméter à Eleusis ayant été calquée sur les rites des mystères pour les expliquer, bien loin qu'elle puisse en être l'origine, on est fondé à croire, puisque les mystes buvaient le cycéon au sortir d'un jeûne, que l'absorption de ce liquide régénérateur était précédée d'un éclat de rire, motivé par quelque exhibition analogue à celle qui avait réussi à dérider la déesse. Dansl'hymne homériqueà Déméter, cet épisode est atténué par l'esprit de discrétion et d'euphémisme qui caractérise toute cette littérature déjà courtoise et savante ; mais ce sont encore les bouffonneries non spécifiées d'une femme (appelée lambè par Homère) qui arrachent un éclat de rire à la déesse. Les polémistes chrétiens des premiers siècles se sont fort scandalisés de cette histoire, dont ils ont fait un reproche sanglant au paganisme, oubliant qu'il en est d'aussi fâcheuses dans l'Ancien Testament et qu'une religion qui dure et se transforme ne saurait être rendue responsable de quelques survivances grossières d'un lointain passé. Ici encore, on est bien surpris de trouver quelque chose d'analogue dans le Kojiki ou « livre des choses anciennes », publié au Japon, d'après de vieilles traditions orales, en 712. Au milieu du désordre produit par les ravages du dieu des tempêtes, la <f femme terrible du ciel » relève le cordon de son vêtement jusqu'au-dessus de sa ceinture; alors « les 800 myriades de dieux rient en même temps ». Cette curieuse analogie ma "été obligeamment signalée par M. Marcel Hébert2.
Nous connaissons aujourd'hui, grâce à une découverte de M. le professeur Diels, le type plastique attribué par l'art grec à Baubo '. Ce n'est pas, comme on le répétait depuis Millingen ', une femme nue assise sur un porc, par la raison
1. Voir l'article Cycéon de Fr. Lenormant, dans le Dictionnaire des antiquités de Saglio.
2. D'après Revou, Anthologie de la littérature japonaise, p. 34, auquel ce rapprochement a échappé.
3. Diels, Arcana cerealia (cf. Rev. archéoL, 1907, t. II, p. 166 et Per.Jrizet, Bronzes Fouquet, p. 42).
4. Voir l'article Baubo, de Fr. Lenormaut, dans le Dictionnaire des antiquités.
que les statuettes de ce genre, assez nombreuses, ne montrent jamais de vêtements retroussés. Des figures en terre cuite trouvées à Priène nous ont révélé la vraie Baubo, sous l'aspect d'une femme sans poitrine et sans tête, ainsi formée qu'à la surface du ventre découvert est modelée une tête dont la draperie retroussée forme la chevelure (fig. 1). Le geste de Baubo, qui viole un des tabous sur lesquels repose la société humaine, doit être expliqué comme un acte magique, un exorcisme, destiné à mettre en fuite le mauvais démon dont est possédée Déméter. Plutarque attribue le même geste à des femmes lyciennes, qui, menacées tout ensemble par Bellérophon et par un raz de marée, chassèrent à la fois, en se dévoilant, l'envahisseur et le fléau naturel : héros et flots reculèrent épouvantés1. L'antiquité nous a conservé deux histoires analogues"*; mais il est plus intéressant encore d'en rencontrer deux autres dans la lit-
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térature épique de l'Irlande. Les femmes de la culie de Priène. cour du roi Conchobar se dévoilent pour arrêter la fureur de Cuchulainn ; le héros irlandais recule aussi devant une vieille nourrice qui se défend par le même prestige. M. d'Arbois a très justement rappelé, à ce propos, l'histoire de Bellérophon et des femmes lyciennes3.